Archive for février, 2009

Les moines stylites

Posted in Perlouzes solitaires on février 14th, 2009 by gerard – 3 Comments
« Toute colonne colonnable dans un colonnier colonnaire, en colonnant colonnativement par le colonnatif colonnesque, fait colonner colonnablement les colonnantes colonnatoires » (Les concerts Colonne? Colonna d’Istria? Yvan Colonna? Guy Ducoloné? Colonel Khadafi? Colonel Moutarde?… )

Stylite :

Encore un petit métier qui se perd !

 

Bien des étudiants croient avoir fait le calembour du siècle quand il vous déclarent, rigolards, qu’ils voudraient bien faire partie de la coterie « Les cénobites tranquilles », ou qu’ils vous posent, hilares, la question « Anachorète-vous gay? ». Franchement, j’ai de la peine pour eux, car ces genres d’astuces datent pratiquement de la soupe originelle d’où jaillit la vie sur terre. Il m’est venu à l’esprit que l’on pourrait élever le débat d’une douzaine de mètres environ en nous intéressant plutôt à une entité, également monacale, mais qui fit parler très peu d’elle: les stylites. La définition simpliste que voici cache des réalités effrayantes:
« Ascète chrétien qui passait sa vie au sommet d’une colonne, debout ou accroupi. Ces pratiques, imitées des fakirs de l’Inde, furent assez répandues en Palestine et en Syrie au IVe et au Ve siècle, où l’exemple de saint Siméon Stylite suscita de nombreux imitateurs ; elles persistèrent jusqu’au XIIe siècle. »
Une formation impitoyable: L’apprentissage qui aboutissait au C.A.P de stylite était particulièrement contraignant. Debout dès potron-minet, les élèves-bizuths devaient se tenir dans la position du héron sur une patte pendant des plombes à l’aplomb d’un soleil de plomb (Une 1ère sélection par pétage de plombs s’opérait alors!). Les dessications étaient nombreuses à ce niveau. En 2ème année, le gros orteil engagé dans le goulot d’une bouteille, ils devaient conserver la même attitude du lever au coucher du soleil. Pas question de manger, de boire, d’aller aux cagoinces, de se gratter derrière l’oreille ou d’essayer de fumer une clope en cachette des maîtres. Les défécations étaient nombreuses à ce degré. Durant la 3ème année, après avoir passé les tests anti-vertige, le postulant était hissé au sommet d’une poutre après qu’on l’eut copieusement saupoudré de poil à gratter et de poudre à éternuer. Défections, démangeaisons et sternutations étaient nombreuses à ce stade. L’examen final consistait à faire tenir le candidat, à 20 coudées du sol, sur une plate-forme où il avait juste la place de poser ses talons, avec un volumineux magazine porno abondamment illustré, le malheureux devait confectionner sur place une fiche de lecture en grec ancien soigneusement calligraphié. Ejaculations et self-éjections étaient nombreuses lors de cette étape. Les BEP et Bac-pro faisant suite à ces études n’existèrent qu’une année avant d’être supprimés, le taux de réussite ayant été de 0% alors que les taux de remplissage des morgues, cimetières et hôpitaux culminaient à 100%. Les admis, après cette sélection féroce, avaient alors 48 heures pour aller dire au revoir à Papa et Maman, prendre la cuite de leur vie, aller se dépuceler au lupanar local (« Pour un ascète, être bien monté constituait un atout de taille »(1)) et rafler tout l’Hémodium qu’ils pouvaient trouver dans les pharmacies des environs.
Un quotidien difficile: Installé sur son petit chez-soi avec des moyens divers (échelle, palan, lancer de stylite…), le nouvel ascète commençait toujours, avant de prendre ses aises, par faire le tour du propriétaire pour dresser un état des lieux.

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Venait ensuite à régler le problème fondamental «primum vivere, deinde philosophare »: le ravitaillement était fourni par les collègues restés au ras des pâquerettes et les offrandes des badauds. Les déjections subissaient, bien évidemment, un classement vertical… mais il y a eu des plaintes! Un riche marchand très pieux était un jour en extase mystique juste sous l’à-pic d’une colonne occupée par un stylite qui avait la courante (Eh oui, ça arrive même aux meilleurs d’entre nous!). Juste au moment où il psalmodiait, en araméen classique: « Tout ce qui tombe du ciel est béni!», il reçut sur l’occiput et sa jolie toge toute neuve une de ces chiasses méga-liquidos dont, de nos jours, seul un gars atteint d’une sévère tourista peut se faire une idée. Ca a fait tache, ça a fait jaser… mais ça a fait aussi jurisprudence: Il fut dorénavant interdit aux stylites de poser culotte nulle part ailleurs que dans des jarrons à large goulot prévus à cet effet. Ces petites et grosses commissions étaient traitées ensuite par les Musha Merd, « femmes dévouées ainsi nommées pour les services rendus et pour leurs châles de soie verte (ancêtres des grenouilles de bénitier) »(1).
Le reste de la journée était assez monotone, entre deux prières ou méditations le stylite se relevait, faisait un peu de footing, puis reprenait le cours de ses pensées dont la préoccupation majeure était: « Qu’est-ce qu’il y a à la télé ce soir!» Ci-après, l’un d’entre-eux a toutes les peines du monde à orienter correctement son antenne:

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Le soir venu, le stylite faisait, par acquit de conscience, une ronde de surveillance pour éviter qu’on le dérangeât pendant la nuit. Puis, il s’étirait _pas trop toutefois_, baillait, clapait trois fois des mâchoires et s’endormait comme un bébé, en position foetale comme vous l’auriez deviné.

Une déontologie contraignante:
« À l’horizon désert, sinistre et monotone,
Le Stylite ascétique habite la colonne.
Brûlé par le soleil, par l’oraison courbé,
Il est là, maigre et vieux, nu sur l’étroit espace,
Sourd au bruit des vivants et sourd au vent qui passe.
Dans un céleste rêve à jamais absorbé.

En le voyant si haut, soudain les caravanes,
Pour traverser les monts, taisent leurs cris profanes :
Le chasseur d’aigles fuit et le noir chamelier
Regarde en frémissant ce spectre qu’il ignore,
Surgissant dans le soir, surgissant dans l’aurore,
Comme un corbeau lointain posé sur un pilier… »(2)

Ouais, ça c’est bien joli, mais la réalité était encore plus affreuse! Outre une obligation de prière de 35 heures tous les 2 jours (sans RTT), le stylite se devait de renseigner les passants pour leur indiquer les chemins de la foi ou le plus court itinéraire pour aller chez Monsieur Bricolage. On a cru, souvent à tort, que le stylite était toujours isolé: C’est faux! Archi-faux! Ils étaient souvent par quatre mais, bien sûr, ils ne pouvaient jouer aux 4 coins, ils se voyaient seulement. Comme ils étaient assez éloignés les uns des autres, ils gueulaient comme des chacals du désert pour se donner de leurs nouvelles. Le quarteron de stylites le plus connu se situait au grand croisement des pistes chamelières Alep-Damas (axe Nord/Sud) et Laodicée (néo Lattaquié)-Palmyre (axe Est/Ouest); grâce à des panneaux rouge et vert, il réglait la circulation de ce très important noeud stratégique de communication, en jouant le rôle de feux bicolores. Ce que ces innocents ignoraient toutefois sur ces regroupements, c’est qu’ils étaient faits exprès pour mieux les contrôler car, à leur insu, existait une « cinquième colonne » qui les espionnait et envoyait des rapports dignes de la Gestapo à une hiérarchie toujours prête à les sanctionner par un « tir de stylite » (ancêtre du jeu de massacre des fêtes foraines). Cette sévère et étroite surveillance consistait surtout à voir si, nuitamment, le stylite ne descendait pas de son perchoir pour aller aux putes, faire une petite rando de décontraction ou acheter « Télé Z ».

Une mortalité effroyable: Les risques du métier étaient d’une claire évidence dans la fonction de stylite. D’autant plus qu’ils s’interpellaient les uns les autres pour une surenchère dangereuse. Mais les critères de compétition restaient très subjectifs: « Un stylite ayant longuement persévéré (40 ans) à basse altitude (4 mètres) l’emportait sur un concurrent plus haut placé (11 mètres) mais pressé de redescendre (28 ans). »(1)
Seul point positif, le fruit de ces expériences servit plus tard dans l’élaboration du jeu-vidéo « Super Mario » et autres jeux d’arcades. Mais les accidents de travail étaient fort nombreux: une crise de somnambulisme, le vent à partir de force 8, un geste malencontreusement raté pour écraser un moustique, une grosse flatulence vous propulsant par réaction, un apprentissage inadéquat de la techtonic, etc… et vous vous retrouviez quelques mètres plus bas dans un état critique au bas mot, désespéré dans la plupart des cas! Ci-dessous: Voilà 2 exemples de ce qu’il n’était pas rare de trouver, au petit matin, au bas d’une colonne dont l’occupant avait au pied levé, mais également au pied de la lettre, fait faux-bond:

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NB: On remarquera, dans l’image de droite, que certains petits plaisantins impies ne se privaient pas de faire des soit-disant mots d’esprit à 2 deniers, ce qui entachait toute la respectabilité de la profession.

Maigre consolation: On ajouta à la formation initiale, une formation continue sous forme de crash-test mais ces stages n’étaient pas pris en compte par l’employeur (L’ Archimandrite de Damas) rarissimes furent ceux qui purent se libérer (en trouvant des intérimaires) pour y assister.
De toutes ces périlleuses menaces, la pire était la foudre; étant en un lieu élevé ces pauvres stylites jouaient le rôle de paratonnerre idéal. Comme on ne retrouvait plus rien d’eux en ce cas précis, hormis un petit tas de cendres vite dispersé par le vent, les fidèles criaient au Miracle et assuraient avec véhémence et conviction que « le doigt de Dieu » avait élu en son Saint Paradis le quidam volatilisé, on lui vouait aussitôt une dévotion toute particulière jusqu’au prochain couillon qui se ferait ultra-cramer par un éclair gigavoltaïque.
La tradition orale veut également nous faire gober que des monstres chimériques venaient aussi casser les coucougnettes de ces braves zigues (illustration ci-après); ce à quoi un historien, même moyennement doué, répond à tous ces bigots: « Oh les « cons-fit-en-dévotion» faut arrêter la fumette là! Et pourquoi pas Sarkozy faisant « Pim Pom » au lieu de « Bling Bling »? C’est de la Légende ça, M’sieurs-dames, comme votre pouvoir d’achat, capito?»

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Saint Siméon, une star et un cas à part: En fait, c’est lui qui a creusé, puis a érigé le concept de podium. Oh! Ça ne s’est pas fait tout seul! « Saint Siméon commença par descendre dans un puits et, comprenant son erreur, s’emmura dans une cabane et, comprenant son erreur, s’enchaîna à un rocher et, comprenant son erreur, grimpa sur une colonne de 5 mètres et, comprenant son erreur, monta jusqu’à 6 mètres et,comprenant son erreur, se hissa à 11 mètres et, comprenant son erreur, culmina à 25 mètres et, comprenant son erreur, s’arrêta là, pousser plus haut étant péché d’orgueil quoique techniquement O.K.»(1)
« Bon, se dit-il, la hauteur c’est fait! Qu’est-ce que je pourrais encore inventer pour me pourrir l’existence? » Et ce brave humaniste trouva: Etre un moine affamé, assoiffé, fiévreux cherchant ainsi à tuer le corps pour mieux accéder à la méditation, supprimer canotier, lunettes de soleil et crème anti-UV… Et après on s’étonne que certains connurent des illuminations, des visitations, des conversations avec les anges… S’il y eut de bons élèves, comme Daniel et Serge _ NDLR: Fayots!_ , il y eut aussi des échecs, des moines patentés (qui ouvrirent un négoce), et des moines tentés (comme St Antoine), qui furent victimes d’apparitions démoniaques et craignirent pour leur salut mental, ils présentèrent alors une lettre de démission, quittèrent le désert pour s’en aller bambocher avec les copains dans les boîtes à la mode: ils avaient aussi peu d’espace vital que sur leurs foutues colonnes, mais au moins on pouvait faire du frotti-frotta avec de chouettes gonzesses!
J’vais pas vous raconter sa vie par le détail (cf liens ci-après), j’dirais seulement: « Whââ! 40 ans sur sa colonne, fallait-il que la sienne (dite « vertébrale ») fut chevillée à l’autre! »
En savoir plus sur le funambule:

http://www.dailymotion.com/video/x6abgj_la-basilique-de-st-simeon-le-stylit_travel

http://www.scribd.com/doc/3037396/Vie-de-Symeon-Stylite

http://www.jstor.org/pss/631454?cookieSet=1

http://www.insecula.com/oeuvre/O0010890.html

http://orthodoxie.centerblog.net/561114-Saint-Symeon-le-Stylite

http://www.maison-russie.fr/invites/icone/saints_fetes/textes/symeon_stylite.html

http://www.universalis.fr/encyclopedie/T303161/SIMEON_LE_STYLITE.htm

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Guest stars: Saint Daniel et Saint Serge les stylites: http://www.maison-russie.fr/invites/icone/saints_fetes/textes/daniel_stylite.html

Par la barbe de Saint Ethique, tout cela vous paraît peut-être bel et bon, mais oyez et voyez en quel état on récupérait le stylite exceptionnellement défuncté de mort naturelle (Attention! Le texte est pas mal gore et risque de heurter la sensibilité des plus jeunes!): http://sourcesmedievales.unblog.fr/2008/05/06/la-mort-de-saint-daniel-le-stylite/ (Beurk!)

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La communauté féminine, tellement oubliée qu’on en a perdu l’appellation: On manque cruellement de référentiels fiables, ne fut-ce que pour les nommer, sur les nonnettes qui embrassèrent cette dure profession. On en est réduit à des hypothèses: la styline Renaud pour la plus archaïque, les stylotesses de l’air pour les plus haut perchées, les styliennes pour celles qui fouettaient un max, les stylotantes à cul qui finissaient par être solidaires de leur colonne par le fondement, toute une théorie de stylistes Einstein relativement bien implantées à Vaduz???…
On sait seulement que la Mère Supérieure se faisait appeler « La Colonnelle » (Mais attention! Avec 2 « n », comme dans « hypallage »). Qu’elles avaient un langage ordurier, ne cessant de se traiter l’une l’autre de « colonne de base », de « sale colonnarde » ou de « grosse colonnasse »…
Contrairement à la tradition, c’est surtout dans les Pays Baltes, et non au Moyen-Orient, qu’on fait référence à elles avec des nomenclatures, là encore, fort diverses: Stylette au nid près de Riga (allusion à son « home, sweet home » qu’elle avait réussi à douillettement aménager), Styleste honnie à Tallin (…car non aimée par des populations frustres restées très terre-à-terre), la plus célèbre étant la stylitue Annie qui commença sa vie romainement à Vilnius, puis dans un autre petit bourg… et qui deviendra Kaunas (C’est pas gentil pour elle!).
Privilège considérable sur leurs collègues masculins, elles avaient l’immense avantage de pouvoir choisir, quelquefois sur catalogue, mais la plupart du temps dans une Grande Surface, la colonne sur laquelle elles devaient s’emmancher.

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Un peu vicelardes sur les bords, mais complètement dans le dedans, elles finissaient souvent, avec beaucoup de doigté (ci-dessous, à gauche), par porter leur intérêt sur des modèles qui n’étaient pas ceux de Madame-Tout-le-Monde, portant haut le pavillon (ci-dessous, à droite, une stylette en dard) de leur ordre.

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« Ah mes vieux gars y’a plus de bons pros de nos jours! »: Après la mort de Siméon, les stylites prirent du recul (« Aaaargh! Non, pas çaaaaaaaa… Plotch! ») et s’interrogèrent sur le bien-fondé de toutes ces ascèses (17, 18, 19…). Il s’ensuivit une très grave crise des vocations. Mais, comme d’habitude, ce sont les manigances syndicales qui ont surtout mis à-bas la profession. La puissante URSSAF (Union Rétrograde des Syndicats de Stylites Absolument Fouteurs-de-merde) présenta un cahier de revendications haut comme la colonne trajane. Les épiscopats de Damas, Alep, Ephèse, etc, soucieux de maintenir la tradition et la fréquentation touristique cédèrent sur tous les points sauf un, le dernier:
1. Revoir les colonnes et l’échelle des scalaires à la hausse: No problemo, on céda facilement sur ce point et une revalorisation des colonnes fut généralisée, cette réévaluation fut hautement appréciée.
2. Meilleure protection sociale: Mettre un parterre de matelas autour des colonnes s’avéra inefficace, on opta pour un harnais de sécurité mais on ne savait où l’accrocher…
3. Congés: Une convention collective fut signée qui autorisait chaque stylite a bénéficier, chaque année, d’un séjour de 15 jours sur une colonne d’ « entertainment and fun », droite comme un « i » et spécialement aménagée (parcours de golf 18 trous notamment…), rapidement surnommée la colonne « i » de vacances.
4. Droit à la mobilité de l’ Emploi: Beaucoup se plaignaient d’avoir toujours le même panorama sous les yeux. Une solution fut trouvée en mettant désormais une poignée de colonnes sur tous les navires syriaques partant des ports de Césarée, Lattaquié (ex Laodicée), Tyr, etc… Ce n’est donc pas d’aujourd’hui que l’on monte des « bateaux » avec 5 colonnes à la hune. A l’usage, cette amélioration se révéla calamiteuse car, au moindre petit coup de roulis, je connais bien des passagers, pourtant haut-placés, qui mouillèrent plus que la chemise, le cilice ou leur complément capillaire.
5. Célibat et érémitisme: Là, les autorités ecclésiastiques tinrent bon en prétextant qu’elles ne pouvaient qu’obéir au Second Concile de Latran (1139) et qu’il était hors de question que le stylite puisse se marier, parce que, ayant des enfants, il était impossible de les envoyer jouer dehors et qu’avoir des gosses qui vous courent dans les pattes viciait grandement l’impact des prières dudit orant. Compte tenu de leurs portées, même en portant la surface portante des sommets de colonnes à environ 1 mètre-carré, cela encouragerait au vice et , par voie de conséquence, aux familles nombreuses. D’autant plus que le bonhomme avait en permanence sa bobonne sur le dos. Les négociations tournèrent en rond!
Voilà, voilà, voilà!… On eut beau accorder des améliorations sensibles avec tout le modernisme…

  • modernstylit021

  • …de toute façon, la grande mode semblait être passée; l’inéluctable chute des effectifs accéléra les manquements aux servitudes de l’ordre et les désengagements (pour ne pas dire les désertions) furent étrangement légion. Toutefois, le stylite défroqué était marqué à vie par son passé et ils optaient tous pour des lits à colonnes de retour à la vie civile.
  • Le cénobitisme, ou l’ anachorétisme, paraissait alors une vraie partie de plaisir en comparaison du stylitisme.
    Les vraies vocations se diluaient dans la nuit des temps… Très rarement apparut un renouveau sacerdotal pour aller faire le Guignol au sommet de son sémaphore.
    En France, on ne connaît que l’exemple de Saint Walfroy, le stylite des Ardennes ( http://nominis.cef.fr/contenus/saint/2057/Saint-Walfroy.html et http://catholique-reims.cef.fr/st-walfroy.htm )
  • mais c’était au VIème siècle et donc, ça ne compte pas!
  • walfrim031

  • En Allemagne, le lombard Vultilate (ou Vulfilaïe) s’encolonna à Trêves, mais pareil: Comme c’était au VIIème siècle, ça compte aussi pour du beurre! (cf http://books.google.fr/books?id=Wm0MAAAAYAAJ&pg=RA1-PT25&lpg=RA1-PT25&dq=stylite+Vulfila%C3%AFe&source=web&ots=3cOi7edQmW&sig=sc95vMGpHAIqNNC6vdmCPEh6Drc&hl=fr&sa=X&oi=book_result&resnum=1&ct=result )
  • Place au paganisme: Après le XIIème siècle, t’as intérêt à faire de la spéléologie profonde si tu veux trouver UN exemple de stylite qui a encore la foi. La laïcité et le fugace ou, si vous préférez, le temporel et le temporaire envahirent ce beau métier, le détournant de ses buts initiaux. Les exemples sont pléthores, mais toute saveur et hauteurs de vues ont disparues… Quelques exemples pour mémoire seulement:
  • 16 Mai 1843, ça vous dit rien ça mes barons? Ce jour-là, le Duc d’Aumale s’empare de la Smala d’Abd El Kader. Louis-Philippe la fera ramener en France et, pour que nul n’en ignore de sa gloire militaire, la fera s’installer en haut de la Colonne Vendôme, chameaux compris. L’émir Abd El Kader, à qui sa petite famille commençait à manquer, se constitua prisonnier 4 ans plus tard et rejoignit les siens sous le ciel francilien. C’était une véritable attraction, les familles bourgeoises en faisaient le but de leur promenade dominicale. Pour quelques sous, on achetait aux marchands d’ oublies un sac de cacahuètes et aux colporteurs une sarbacane ou un lance-pierre, et on s’amusait à nourrir ces gens-là malgré les panneaux d’interdiction. Ce bordel organisé dura jusqu’à la Commune de Paris, 28 ans plus tard, lorsqu’on mis à-bas la colonne susdite. La IIIème République, qui aurait pu recaser la Smala sur la colonne de la Bastille, sut se montrer magnanime et généreuse en la relogeant, elle qui n’avait cessé de croître et de se multiplier, dans un T2 du quartier de la Goutte d’ Or, chameaux compris. C’est beau la France!
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* Les stylites de mode: Le nom prête souvent à confusion pourtant, ne vous y trompez pas, tous ces pédés du monde des fanfreluches et du falbala sont bien des stylites! La colonne qu’ils ont dans le cul non seulement est peu visible grâce à des artifices vestimentaires, mais leur donne ce déhanché caractéristique qui vous fait repérer une tantouze à 100 m à la ronde! Ci-après, Yves Saint-Laurent-le-Stylite, peu de temps avant de se faire encolonner (de frais…et à vif, non pardon: à vit, m… c’est pas ça: à vie, ouais!) en tout cas bien profond, avec le bâtonnet visible à gauche:

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* Aujourd’hui, nous avons des stylites au 1/100ème de seconde, grâce aux appareils photos numériques et aux colonnes de Buren. On monte sur l’une d’entre elles, le temps de dire « Cheese! » ou « Ouistiti sex! » et de prendre un sourire con dans une attitude qui l’est tout autant, et on redescend, croyant avoir vécu intensément la dure existence des stylites d’antan. Quelle misère!

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Ci-dessous, le berceau du stylitisme…

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Ci-dessous: Grosse déconne sur icône:

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(1)= « Saint Syméon et Cie » Joël Baqué: http://www.monsieurtoussaintlouverture.net/Histoires/JoelBaque/StSimeon.html

(2)= « Le stylite » André de Guerne (Les Siècles morts): http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Stylite

(J’vous en supplie les loulous, lisez ça jusqu’au bout, c’est à mourir de rire à force de redondances, de clichés, de pseudo-érudition, de souffle épique d’asthmatique! Bibi, il écrit des conneries, mais au moins il annonce la couleur! Là, le type se veut aussi sérieux qu’un sous-Pape qu’aurait pété une durite!)

NDLR: Un de nos lecteurs, attentif, sagace et perspicace, nous a fait, à juste titre, remarquer qu’il n’y avait pas « de haine » dans « hypallage », nous aurions pu lui faire finement observer: « Qu’est-ce que t’en sais, p’tit merdeux? » Mais non! Au lieu de cela, nous avons vertement sermonné notre typographe en chef en lui disant d’aller s’acheter une nouvelle paire de lunettes. En effet, en relisant le manuscrit original, c’est bien « cocorico » qui était expressément noté; et là, pas d’erreur possible, les deux « n » sautent aux yeux! Mille excuses de la part de la Rédaction!

NOUVELLE  ICONOGRAPHIE  ADDITIONNELLE  DU 23 MAI 2014ajout02ajout01ajout03ajout04

Paternité

Posted in BombayTV on février 1st, 2009 by gerard – Be the first to comment

obama02.jpg1/ « Tout baigne! »… dans du liquide amniotique peut-être?

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2/ « Scoop » exclusif _encore!_ de Gigaproduction:

http://www.grapheine.com/bombaytv/index.php?module=see&lang=fr&code=d1be93328dd95b6a19418d020f75e3fc

3/ « Un aveu surprenant », 1ère partie:

http://www.grapheine.com/bombaytv/index.php?module=see&lang=fr&code=ad1cfe22f1986946b1cbaf4110069dd0

    2ème partie:

http://www.grapheine.com/bombaytv/index.php?module=see&lang=fr&code=cc8dc55ab34972c67ed289b3c55d6b78

La maladie du moment

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Les vieux, c’est chiant… et chieurs!

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Le permis de Pépé

Posted in BombayTV on février 1st, 2009 by gerard – Be the first to comment

« Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage »(Boileau). Y’a encore de l’espoir: Ils ont promis de le rendre plus facile…

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