Archive for février, 2010

Mémoires de jeunesse de Casanova

Posted in Perlouzes solitaires on février 20th, 2010 by gerard – 6 Comments

Gigaproduction a le privilège de vous présenter, ce mois-ci, un récit original (parce qu’inédit, et réciproquement) du plus grand séducteur de tous les temps. Cette autobiographie passionnante est une contribution de qualité pour l’édification, voire l’érection, des générations montantes. 

Mémoires de Casanova jeune

ou

Comment je me les suis toutes faites

Au crépuscule de ma vie, moi, Don Juan Casanova De Belgueule, il m’a semblé indispensable de témoigner pour la postérité de ce qu’il m’est advenu durant mon enfance et mon adolescence. Tout ce pan de ma vie a été ignoré par les chro-niqueurs, les joui-nalistes, les pénis-toriens, bref, tous ces ai-je-à-cul-hâte-heure précoces qui ont voulu ne mettre en exergue que mes exploits fornicatoires de jeune homme, de mâle adulte et d’homme mûr. C’est une injustice que je me dois de réparer pour honorer la mémoire de celles qui m’ont fait connaître mes premiers émois amoureux. Comme je viens juste de souffler ma 98ème bougie, je ne peux prétendre me lancer dans une longue recherche romanesque de haut-vol; je me contenterai, pour peu que mes méninges ne me trahissent pas, de dresser une petite galerie de portraits de celles à qui je dois tant…

Arabelle Motte De Saint-Doux, mon premier amour!

Je devais avoir 6 ou 7 ans, je venais juste de finir « Le Capital » de Karl Marx, lecture indigeste s’il en est; pour m’égayer un peu, je m’étais alors amusé avec « Boule de suif » de Maupassant; puis j’étais allé prendre l’air au Jardin Zoologique respirer la chlorophylle et admirer les éléphants. Il y avait là un rapin qui faisait des portraits moyennant finance. Justement, il attaquait un tableau de dimensions conséquentes en essayant d’appréhender la totalité d’une jeune beauté blonde qui me subjugua du premier coup d’oeil. Ses appâts débordants, son regard de truie apeurée, sa petite moue de phacochère bodybuildé… j’en fus bouleversé! Pour la première fois de ma vie, je comprenais ce que le mot « féminité » signifiait… il en fut de même pour le mot « jumbo-jet », mais ceci est une autre histoire. Le portraitiste était littéralement en train de « massacrer » la mignonnette, je me mis derrière lui et, malgré mon jeune âge, j’insistais pour qu’il suivît mes conseils:

La chère petite m’en fut reconnaissante en me décochant le même regard que celui d’une baleine atteignant l’orgasme dans l’Atlantique Nord. Impressionné par ma conviction véhémente, le dessinateur se résolut à m’écouter. Il finit par produire une oeuvrette charmante et qui approchait la réalité sublime et sexy de ce chérubin femelle (Taille XXXXL… Ah ouais, quand même!):

Sa mère s’approcha, elle semblait, elle aussi, tout droit sortie d’un dessin de Dubout, et, voyant que son gros tas s’était fait un nouveau compagnon, elle nous paya une glace à chacun. Je léchais voluptueusement ma boule unique, quand la fillette, engloutissant la 14ème boule de son cornet, me demanda: « Comment tu t’appelles? » Je ne pus m’exprimer dans l’immédiat, car les barrissements des pachydermes qui nous environnaient répondirent à ce qu’ils croyaient être un appel du chef du troupeau… Bref, la glace _ c’est une image _ était rompue, nous étions devenus amis, très amis, intimement amis.

Dans les jours qui suivirent, nous nous revîmes souvent au Jardin. Nous allions jouer à Papa-Maman ou au Docteur et au Malade dans les buissons, à l’abri du regard des gardiens. Quand les fourrés étaient trop inextricables, je la laissais galamment passer devant, puis m’engageais à sa suite dans la trouée miraculeusement apparue. Comme tous les gosses de cet âge-là, on s’amusait principalement à touche-pipi. Si Arabelle n’avait aucune peine pour squeezer à mort mon petit oiseau, j’eus, par contre, de mon côté, les pires difficultés à trouver un itinéraire potable pour atteindre sa case-trésor. Ah! C’était le bon temps! Et dire que cette boulette m’a largué comme un boulet parce que, soit-disant, je ne faisais pas le poids…

Ma première expérience de triolisme BDSM avec Mocha Dégueulay et Tinette Playne:

Très peu d’années plus tard, mes parents m’inscrivirent chez les scouts. Quelle joie de pouvoir faire mon 1er Camp d’été, tout seul, comme un grand! Enfin, quand je dis « seul », c’est un bien grand mot! La troupe était mixte, et il semble que j’avais tapé dans l’oeil de deux chefs de patrouilles féminins. Elles me faisaient un rentre-dedans pas possible et moi, en bon petit scout de base « Toujours prêt », obéissant et respectueux de la hiérarchie, je dus passer par des épreuves terriblement erotico-porno-gymniques pour gagner mon premier badge de « Castor Outillé ». Mes deux initiatrices, elles, avaient déjà reçu depuis bien longtemps leurs noms de totems. Je crois me rappeler que pour l’une c’était « Loutre Imbaisable », et pour l’autre « Cageot Déconsigné », mais je n’en jurerai pas, c’était il y a si longtemps!…

Une nuit, sous la tente de ma patrouille, alors que les copains dormaient, je me délectais, à la lueur de ma lampe-torche, de « Critique de la raison pure » que mon parrain Ferdinand m’avait offert pour mes 9 ans. Ces deux salopes rouées surgirent, traînèrent mon duvet_ avec moi dedans_ jusqu’à une petite clairière baignée par la pleine lune, m’en extirpèrent _ à ma grande disconvenance, je dois avouer que j’étais nu _, m’attachèrent avec des branches de ronciers, m’installèrent sur un nid de fourmis rouges, me frottèrent tout le corps avec des orties… « Bah, me disais-je intérieurement, il faut bien que des thons pareils aient quelque satisfaction dans leur pauvre existence! » Mais c’était compter sans la cruauté raffinée de ces épouvantails sabbatiques: Voilà-t-y pas qu’elles se campèrent devant moi et commencèrent à déchirer lentement, une à une, toutes les pages du bouquin de ce cher Kant! Je les implorais, je hurlais, je me débattais (Ouch! Ca faisait mal!), je pleurais… bref, c’était tellement jouissif que je finis par éjaculer! Ce fut ma première découverte de bondage, de sado-masochisme, de fétichisme, toutes ces amusettes dont je fis un grand usage plus tard. Sans doute pour se faire pardonner d’avoir exagéré un chouïa, les deux « maîtresses » m’offrirent, le lendemain, « Justine ou les malheurs de la vertu » de Sade, une édition bon marché qu’elles avaient dégotté dans la brocante d’un bled voisin. Je dois avouer que cette littérature ne me consola pas et me parut bien fade…

Jeanne Hélédandufond-Quibègne, une chick(=poulette) plutôt chic(ot):

Deux années passèrent, je rentrais en 6ème dans un collège éloigné de mon domicile, je devais prendre le bus, puis le métro pour rejoindre mon établissement. Lors de la correspondance, j’avais un temps mort d’une douzaine de minutes que je mettais à profit pour lire une babiole. Ce jour-là, c’était « Guerre et Paix », j’en étais au dernier chapitre quand mon attention se focalisa sur une charmante silhouette aux longs cheveux. Quand elle se retourna, je ne sais pas pourquoi, mais il me vint instantanément à l’esprit d’offrir une chanfreineuse à mon bricoleur de père pour sa fête.

Nous pénétrâmes ensemble dans la rame de métro, elle me sourit… aussitôt, toutes les vitres du wagon se rayèrent. Ce sourire me dévoila le complexe industriel stomato-dentaire le plus sophistiqué qu’il me fut donné d’admirer dans ma longue existence. Nous bavardâmes suffisamment pour se donner rendez-vous le jour même pour un five o’clock.

Elle arriva en retard au salon de thé car, s’excusa-t-elle, elle avait voulu enlever ses lunettes et avait perdu du temps en m’attendant vainement chez un tripier dont elle avait confondu l’entrée avec notre point de ralliement. L’incident fut vite oublié, elle était très élégante dans une robe en jute imprimée (on pouvait lire: Bintje Top Quality 35 kg), elle était aussi très bien élevée en piquant les gaufrettes avec son nez plutôt qu’avec ses mains. A part les inévitables postillons dus à la conformité de son anatomie maxillo-buccale, ce fut un plaisir de deviser devant une tasse de Darjeeling. Un autre incident, mineur je vous rassure, émailla cette première rencontre: Au moment de partir, toujours par coquetterie bien féminine, elle enleva encore ses hublots de 3 cm d’épaisseur, elle ne vit donc pas une petite marche et s’étala par terre, la tête en avant, de tout son squelette, les rainures qu’elle pratiqua avec ses dents sur le parquet avaient bien, elles aussi, 3 cm, mais de profondeur cette fois.

Ce fut, dans l’ensemble, un flirt assez poussé… Heureuse époque! Elle faisait sauter, toujours avec ses dents, les capsules de Coca-Cola et les couvercles de pots de confiture d’alberges. Je lui avais trouvé un délicieux sobriquet « pied-de-Bichette », mais un jour, elle se vexa quand je lui demandai d’ouvrir une boîte de raviolis à sa façon bien particulière. C’en était fini, elle avait désormais une dent contre moi. Nous nous quittâmes fort sèchement, en cadeau de rupture, elle m’offrit, par dérision, un minuscule opuscule, guère épais, « 28 siècles de victoires militaires italiennes ». « Ô trahison! Ton nom est femme! »

Jet de gourme avec Douky Pudontan, une pétasse qu’on pouvait suivre à la trash:

Mes parents étaient partis pour un week-end en stage de sophrologie pakistano-mongole dans le bas-Morvan. Je m’apprêtais à passer un samedi soir bien pépère, en dégustant « Les fleurs du Mal » quand la sonnette retentit. C’était mon oncle Empédocle qui venait sans doute s’assurer que tout allait bien, il m’annonça tout de go: « Juju, habille-toi, nous sortons, c’est ce soir que tu le perds!» Je rangeais très précautionneusement mon livre, et le suivis dans l’underground de la grande cité. J’aimais bien tonton Empédocle, un célibataire bambocheur et dissolu qui connaissait tout de la faune phocéenne du vice, en étant presque aussi corrompu que la Police et presque aussi honnête que la pègre. Il m’emmena devant un nightclub glauque, le « Kicékékon Célohême », il refila un bifton à l’aboyeur pour me laisser entrer (J’avais beau être grand pour mon âge, j’avais quand même le minois d’un minot de 5ème), je franchis alors le seuil de cet univers interlope. Ce dernier adjectif n’était pas usurpé, en effet, il y avait là des lopes, des anti-lopes, des nyctalopes, des cyclopes, des maris trompés de Fallope, tout ça accros à la clope, et surtout une palanquée de salopes. On y voyait aussi clair que dans le trou du cul de Yannick Noah, des blues sirupeux vous dégoulinaient sur la couenne comme le caramel sur un flan et des remugles de bergerie kosovar vous agressaient les narines. Tonton se dirigea vers une des entraîneuses affalées au comptoir, et il s’entretint à voix basse avec elle quelques instants. La patarasse me toisa du bas en haut, puis dans le sens contraire et hocha la tête. Il revint vers moi et me dit: « Tu vas suivre la dame, tu vas voir, elle est très gentille, et elle a l’habitude d’essuyer les plâtres avec les emplâtrés tout neufs comme toi! De plus, je te l’ai choisi spécialement parce qu’elle est très saine!» Je fis défiler dans ma tête la liste des départements, et décidais de la classer sans discussion en « Seine-Inférieure* ».

Nous sortîmes ensemble de l’établissement par une petite porte qui donnait sur une arrière-cour noire et suintante d’humidité crasseuse. Nous passâmes devant une batterie de boîtes à ordures, faisant ainsi fuir une escouade de chats et toute une compagnie de rats. L’odeur était difficilement supportable, à tel point que je demandais à la grognasse qu’est-ce qui pouvait causer des exhalaisons aussi immondes. « Je ne sens rien, rétorqua l’anosmique, en tout cas, ce n’est pas moi, je me suis parfumée à « Soir de Mechta » de Gourbi!» Voyez comme on peut se tromper, moi, j’aurais plutôt parié pour « Zyklon B » d’ I.G. Farben…

Nous accédâmes ensuite à une chambrette sous appentis dont le grand ménage devait dater du départ des allemands en Août 44. « Viens que je te lave la p… mon lapin! » Je fus fort étonné que cette hétaïre au quart de SMIG** connût jusqu’à l’existence du savon. En dessous douteux, elle s’allongea sur un sommier dont le dessus de lit ressemblait à un imsperméable qui aurait servi à toute l’Armée Rouge, puis elle me fit signe de la rejoindre. Je ressentis ce qu’un type normalement constitué doit avoir à l’esprit au moment de franchir le pas décisif lors d’un saut à l’élastique. Comme Jules César au franchissement du Rubicon (« Alea ejacula est! ») ou un kamikaze vivant sa dernière seconde, je la percutai dans un état second. Il faut reconnaître que la tchopiasse fut des plus accommodantes et qu’elle remplit fort convenablement sa prestation, de mon côté ce fut pas mal non plus, disons qu’avec un masque à gaz sur le museau, cela aurait été parfait! L’amour faisandé, soit, jusqu’à la nécrose, non! Montre en main, l’office fut expédié en moins de 10 minutes…

En se rhabillant, la radasse me confia que mon oncle avait déjà rémunéré la passe. Une question me brûlait les lèvres, et je finis par lui demander pourquoi elle ignorait si magnifiquement l’usage de la salle d’eau, du bidet, du gant de crin, des produits saponifiés, des sels de bain, etc… Elle répondit qu’elle avait, en bonne petite chrétienne dévote, fait un voeu à Notre-Dame de la Garde: Tant que son proxo serait aux Baumettes, elle ne se laverait pas. J’appris par tonton Empédocle, que je rejoignis bientôt, que son Jules en avait pour perpette, et, philosophe et poète, il conclut pour elle: « …Car vois-tu, chaque jour, je pourris davantage, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain…»

Rentré à la maison, je me fis un récurage total en restant plus d’une heure dans la salle de bain, je me nimbais ensuite de tous les déodorants que je pus trouver, puis je ressortis mon Baudelaire (conditionné) et l’ouvrit à une page, au hasard, c’était « Une charogne*** »…

*= Qui devint, quelques années plus tard, Seine Maritime.

**= Ancêtre de notre RSA actuel.

***= http://www.trigofacile.com/jardins/muses/poemes/charogne.htm

La môme Crevette: Rose Pink:

Encore presque une paire d’années, et me voilà en vacances à Blankenberge, en Belgique. Nous étions fin Juillet/début Août, au plein coeur de l’été flamand. J’étais descendu sur la plage vers 10 heures, et je comptais bien lire toute « La comédie humaine » de Balzac d’ici le déjeuner. J’en étais à « La vieille fille »(1836), quand je fus hypnotisé par une apparition merveilleuse. Telle Vénus sortant de l’onde, une sorte de crustacé rose virant au gris, puis au bleu était en train d’émerger de la Mer du Nord pour regagner le rivage. Je me précipitai pour proposer ma canadienne à cette naïade en passe de congélation. C’est en me remerciant dans la langue de Shakespeare que je compris avoir à faire à une shrimp hors-norme. Elle avait effectivement la tête d’une crevette, la démarche d’une crevette, la carnation de la crevette (son maillot était également aussi rose que son prénom), le charisme de la crevette et même… l’odeur!

Ma nouvelle girlfriend me fit passer de mémorables vacances. Si, au lit, elle tirait son épingle du jeu (pendant que je la tirais avec la mienne), je dois confesser que, dans les autres circonstances de la vie, elle était con, très con, incroyablement con, super-méga-con! Une recordwoman dans le genre! Quelques exemples vous feront mieux appréhender son niveau de connerie: Waterloo était une victoire (j’étais roulé par terre de rire!), elle écrivait « langage » avec un « u » entre le « g » et le « a »(je me faisais pipi dessus d’hilarité!), elle soutenait, sur ma mobylette, que la priorité était à gauche (je faisais des embardées terribles tellement je pouffais!), etc, etc…

Quels bons moments nous avons passés! La fin des vacances fut un déchirement: En reconnaissance, je lui offris un livre de recettes sur les cent manières d’accommoder la crevette (je n’avais eu le temps que d’en pratiquer 36 avec elle!), et elle, de son côté, me fit cadeau d’une édition anglaise non expurgée du « Kama Sutra »(en gentilhomme bien élevé, je me gardais bien de m’esclaffer une fois de plus, et de lui dire que son fichu bouquin avait un cuir énorme sur la couverture, il manquait en effet un « o » entre le « s » et le « u »!)

Brenda Siétranpay, phasme jusqu’au bout des ongles:

Quelques mois plus tard, je rentrais en Seconde au Lycée Lévoile… Une fin d’après-midi, je promenais notre chien Exterminator, tout en lisant mon bréviaire « La Légende des Siècles »(que je connaissais pratiquement par coeur), quand mon compagnon à quatre pattes se mit en arrêt devant un poteau de stationnement en lançant son fameux « Graôôôr! Graôôôr! » qu’il produisait chaque fois qu’il repérait un os. Attention, ce n’était pas un arbuste ou un réverbère! Non, un simple pieu qui me fit douter de la santé mentale du cabot. Sortant alors de l’ombre dudit poteau, m’apparut alors une femme-liane à l’étisie prononcée, et au regard inquiet.

Je rassurai aussitôt la brindille sur les intentions du clébard, malgré que celui-ci salivât de façon incivile. Pour la rasséréner davantage, je voulus lui offrir un cordial dans un bar voisin, elle choisit un cocktail-Martini Mais sans doute encore sous le coup de la peur, elle avala le noyau de son olive, le tenancier me dit alors que j’avais intérêt à l’amener dare-dare aux urgences de la Maternité la plus proche car ma compagne semblait prête à accoucher… J’ignorais superbement cette plaisanterie douteuse, et entrepris de faire plus ample connaissance avec ce fil dentaire…

Ce fut une amourette bizarre qui s’ensuivit. Lorsque nous faisions l’amour, j’avais l’impression de jouer au Mikado. Je me souviens que nue, on voyait le jour à travers elle. Je me souviens encore qu’elle voulait que nous allions en vacances ensemble à Büchenwald (Elle avait même acheté des pyjamas rayés en prévision). Je me souviens toujours de nos jeux innocents dans les rues, quand elle passait derrière les affiches pour les décoller.

Notre histoire finit bêtement: Figurez-vous qu’elle s’était mis en tête de faire un régime. Eh bien! Elle disparut! Oui, oui, elle disparut littéralement, elle s’auto-néantisa; je n’eus même pas le temps de lui faire cadeau d’un paquet de sticks salés qui lui faisait en général cinq semaines, et qu’elle adorait.

Pilar Da Pilos Della Pilosita Hirsutiva, dite « Barbapu », une fille au poil!

J’avais pris comme 2ème langue le portugais, et j’avais une correspondante brésilienne. Dans le cadre d’échanges scolaires, elle vint en France pour une quinzaine de jours pendant les vacances de fin d’année. Son arrivée correspondait avec la venue, dans ma ville, d’une grande exposition de fourrures. A l’aéroport, je faillis la rater car je croyais assister au débarquement de manteaux de tout poil. Une espèce de Capitaine Caverne s’extirpa de la pelote centrale pour me sauter au cou. Mes camarades n’étaient pas mieux lotis que moi, il y avait là les senhoritas Barbara Dégù, Baccanta, Baffi, Ruflaquetta, Mustacha, Barbapapa, etc… Toute une collection de groupies de Demis Roussos et de Pollux du « Manège Enchanté »! L’une d’entre elles était albinos et des tas de gamins la coursaient dans le hall en criant:  «Papa Noël! Papa Noël! » Dans l’automobile familiale, même Exterminator était impressionné; et dire que ce fut lui que l’on accusât quand on retrouva, dans les mois qui suivirent, des poils dans la voiture, sur le canapé du salon, dans la coupe de fruits… et même dans mon propre lit! Elle avait le sang chaud-bouillant, nous étions jeunes, et ce qui devait arriver arriva. Je me la suis fourrée comme les autres. Pour notre premier baiser, je fus fort surpris car ce n’était pas un cheveu qu’elle avait sur la langue: Non mes amis, sa langue entière était chevelue!

A travers ses sourcils broussailleux comme le maquis corse, un regard de braise vous incendiait le caleçon comme un pyromane insulaire. Ah Tudieu! Elle avait de la santé! J’ai dû puiser dans mes réserves pour assurer. Le soir du Réveillon du Nouvel An, elle s’était rasée de frais (on évacua tout de même 2 sacs-poubelles plein de mèches, de touffes, de toupets…), elle pétait d’énergie (cf photo ci-dessus) alors que j’avais plutôt les jambes entre parenthèses et le tonus d’un bradype amazonien. Jamais je ne fus plus content de voir les vacances se terminer, quelques jours de plus et on aurait pu me ramasser avec un buvard. Tout de même, je lui suis redevable d’un tas de spécialités que je resservis plus tard: le tour-niqué de Manaus, le tourne-vice carioca (avec ou sans bas), la brouette de Bahia, « les ovos sobre Recife », la position Belo Horizonte, le matos du Mato Grosso, « voir Pelotas et mourir », j’en passe et des plus compliquées… Comme cadeau d’adieu, je lui offris un beau livre d’Art illustré sur « Les poilus de 14/18 ». Chère Pilar! Que de doux souvenirs de cet hiver où, pelotonné contre vous, dans votre chaude fourrure, je me figurais être Jason à la recherche de la Toison d’Or. 

Ma première expérience interraciale et homosexuelle avec Donat-Sim Metrick:

Ces histoires de poils m’avaient troublé, je m’en étais confessé à l’aumônier du Lycée, un ancien séminariste canadien, qui exerça ensuite en Irlande et que de sombres affaires de pédophilie avaient mis sur la touche chez nous (mais ça, je l’ignorais à l’époque!). Il me proposa, pour apaiser mes interrogations existentielles, de me faire voir Jésus et de me prêter une version intégrale de la Bible, un pavé qui devait bien faire 4 kilos. Nous nous rendîmes dans sa cellule pour prendre le livre (entre mes bras)… En fait, ce que je pris (entre mes jambes) fut tout à fait autre chose. Quant à son Jésus, comme on dit à Lyon, j’en eus plein le… euh! la vue! Bah! Je me dis alors qu’il fallait de tout pour faire le monde de Notre-Seigneur, et qu’il fallait aussi élargir mon horizon! De facto, l’élargissement subi n’était pas celui escompté au premier abord…

Et puis, il faut dire que mon petit ami n’était pas mal après tout: Musclé, bien bronzé (Berlusconi dixit), « ouvert » à tout et à tous, la parole _ entre autres_ pénétrante. J’aurais pu tomber plus mâle! Il avait un léger défaut sur la face, mais au moins ce n’était pas le visage de Monsieur-tout-le-monde:

Je m’enquis un jour de cet état de chose, en lui demandant s’il n’avait pas été démoulé trop chaud ou bercé trop près du mur quand il était bébé. Il me certifia que non, bien au contraire, il fut jadis plutôt beau gosse, mais par humilité envers le Seigneur, c’est lui-même qui s’était porté volontaire pour une opération de chirurgie inesthétique que des apprentis charcutiers lui firent au tranchoir et au couteau à larder.

Notre relation fut de courte durée; les gendarmes vinrent l’arrêter un beau matin, je me souviens que celui que je considérais alors comme un martyr souriait. Il eut le temps de me glisser à l’oreille, entre la cour et la sortie du bahut: « Youhou! C’est le pied! Qu’est-ce-que je vais déguster en prison! Tu vois, petit, il ne faut jamais désespérer: Les voies que nous a fait le Seigneur finissent toujours par être pénétrables!»

Bubba Bubon, dite « Bukkake », une clarinettiste d’exception:

Puisqu’on y est, je vais continuer dans ma période « nègre ». Avec le reste de ma classe de Première, nous trouvions bizarre qu’un de nos camarades, Athanase Le Floch (jordanien du côté de son père, lituanien du côté de sa mère, turfiste du côté de son facteur) soit en clinique depuis 10 jours pour un banal ongle incarné. En petite délégation, nous lui rendîmes visite un jeudi après-midi. Je n’oublierai jamais le sourire béat avec lequel il nous accueillit. Son bobo était, bien sûr, guéri et sa seule préoccupation était d’inventer chaque jour de nouveaux subterfuges pour prolonger son séjour. Il répondit à nos interrogations pressantes, en dévoilant qu’il y avait là, parmi le personnel soignant, une très jeune infirmière originaire de Bobo-Dioulasso championne du Monde des turluttes, la reine de la cornemuse baveuse, l’agrégée es-fellation des Universités _ et, par voie de conséquence, des universitaires_ , la Colonelle des Pompiers de la Région PACA, la spécialiste de la gâterie à t’en rendre gâteux, une professionnelle de la flûte à bec, etc… Nous nous moquâmes gentiment de lui en lui disant que ce n’était, après tout, qu’une suceuse comme il y en a tant. Il se récria: « Plus que ça, les poteaux! Une dégauchisseuse-née, une varlope-salope, un robot-rabot, mamma mia!!! D’ailleurs, c’est l’heure des soins, elle ne va pas tarder, vous allez voir! » Il n’avait pas fini sa phrase que Mademoiselle Bubon apparut sur le pas de la porte.

Cette gourmande jaugea d’un coup d’oeil strabique le parti qu’elle pouvait tirer de 7 ou 8 adolescents en pleine santé; elle se pourlécha les babines, ne se démonta pas et annonça: « Allons missiés, pwesto je vous pwie, alignement en wang sewé siouplaît, c’est l’heuwe du wamonage!» On ne se le fit pas dire deux fois et exhibâmes au plus vite nos services trois-pièces. Je me rappelle avoir pensé dans un premier temps: « Nom d’une pipe, pourvu qu’elle ne soit pas cannibale! », mais lorsque vint mon tour, je me pâmais et soufflais à mon voisin de droite non encore servi, fils du Consul d’Allemagne: « Rhâââ! Plus fait douceur que viol, Hans! » Cette fée de la « Flûte enchantée » était vraiment douée, tout en douceur et profondeur, du pur velours de Gênes (sauf que là, en plus de Gênes, il y avait du plaisir)… Dès le lendemain, nous alertâmes le reste de la classe, notre seul souci fut alors de seconder Athanase dans ses menteries, et de nous rendre quotidiennement par petits groupes dans cette bénéfique Cli-Nique.

On réussit quand même l’exploit d’aller ainsi jusqu’aux grandes vacances d’été. Athanase avait perdu son année scolaire, mais il ne l’a jamais regretté. On le comprend!

Muse Hédézoreur, une ch’ti inoubliable:

Cet été-là, mes parents décrétèrent que la Côte, c’était surfait; ils louèrent une maison de coron à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). C’était commode, je pouvais, entre les averses, me promener autour des terrils, m’amuser à dénombrer les centaines de nuances de gris du paysage, prendre des bains dans le canal de surverse des égouts de la commune, j’avais beaucoup de temps libre pour attaquer les « Rougon-Macquart » de Zola. Le soir du 14 Juillet, ma mère me traîna de force à un genre de Kermesse-Ducasse-Bal populaire local. Dans ces contrées semi-civilisées, on s’amuse d’un rien, et la jeunesse du pays en était encore à la danse du tapis sur les flonflons d’André Verchuren. D’une bourrade dans le dos, maman m’envoya valdinguer sur la piste. Putentraille et consternation! Un ersatz féminin de ce que dût être le héros de « La métamorphose » de Kafka m’allongea aussitôt le fameux tapis devant moi. Je fis contre mauvaise fortune bon coeur, et me mit à danser un cha-cha-cha meringué avec ma vision d’Apocalypse. En dévisageant dans un premier temps ma cavalière, je pensais que seul Frankenstein pourrait se la fader, et puis, après 8 bières et 5 godets de genièvre, je commençais à la trouver intéressante, ethnologiquement parlant, je dirais même entomologiquement parlant…

Comme j’étais pas mal embrumé par l’alcool, je finis, en ce jour de Fête Nationale, par lui faire la sienne sur un terrain vague rempli de mâchefer. Le coït fini, j’étais un peu dégrisé, elle s’en alla, mais j’entendis, comme dans un cauchemar, qu’elle me donnait rendez-vous le lendemain à 18 heures au « Bar du prolétariat triomphant »…

Curieux de nouvelles expériences, c’est donc sans état d’âme que j’allai à sa rencontre le jour suivant. Elle m’attendait déjà (Ben tiens, tu m’étonnes!) dans ce troquet où tous les habitués avaient fui en la voyant, tout en poussant des cris d’épouvante. Je dus cependant consommer une demi-bouteille de calvados avant de m’habituer à sa présence. Elle m’apprit qu’elle était déjà dans la vie active. Elle travaillait dans un salon de coiffure, et était spécialiste pour défaire les indéfrisables. Il suffisait que les clientes la voient(1). D’ailleurs, elle avait failli se faire renvoyer une fois en pénétrant impromptu dans la cabine privée où officiait seulement sa patronne pour s’occuper de la clientèle VIP; ce jour-là c’était Yvette Horner qui trônait dans le fauteuil, la vision du reflet de ma petite amie dans la glace eut pour résultat immédiat de rendre ses cheveux aussi raides que des spaghettis. On évita le procès de justesse!

Encore effrayé aujourd’hui, je me demande si avoir frayé avec cette Muse là n’a pas été, au fond, ma première pratique zoophile…Malheureusement (surtout pour elle), je ne pus la fréquenter longtemps car elle me coûtait vraiment trop cher en Motilium, Primperan et alcools divers qui m’aidaient grandement à la supporter. Dommage, dommage (toujours pour elle)! Mais la santé avant tout, n’est-ce-pas?

(1)= Un panonceau sur la porte vitrée de l’établissement déconseillait fortement aux cardiaques d’en franchir le seuil.

Renée Tarin ou « l’agonie du Hindenburg »:

Je faisais ma dernière rentrée au Lycée, en Terminale L (vous vous en seriez douté). J’avais un peu la grosse tête, et donnait à fond dans le non-conformisme en me piquant de poésie. Je fréquentais un club pour avortons bourgeois déboussolés qui refaisaient le monde toutes les cinq minutes. C’est là que je vis Renée pour la première fois, ce fut un choc légumier; encore aujourd’hui, je ne peux manger des aubergines sans penser à elle.

Au début, nous fûmes seulement camarades. L’embrasser sur les deux joues me permettait de faire un peu de footing. Il faut dire qu’elle avait un appendice nasal qu’on aurait eu du mal à ignorer. Elle dépassait, et de loin, le gars du sketch de Coluche qui pouvait fumer sous la douche; Renée, elle, pouvait y jouer de la trompette (des copains farceurs parlèrent même de trombone) sans mouiller son instrument. Des yeux minuscules de taupe périgourdine et des lèvres en rebord de pot de chambre complétaient ce faciès fascinant. C’était une adepte de Tony Blair alors que je ne pouvais pas le sentir. Nez en moins (it’s a joke!), elle adorait, tout comme moi, les poètes tchétchènes du XIème siècle et la littérature lusitano-ukrainienne contemporaine. Cela nous rapprocha et nous devînmes plus intimes; un soir, dans la semi-pénombre d’une cave entièrement taguée en sanskrit et ayant en fond sonore de l’Hubert-Félix Thiéfaine, je lui roulais une pelle qui tînt du tour de force sportif. Je bénis mentalement mes parents qui m’avait antérieurement inscrit à des stages d’acrobatie chinoise, de contorsionnisme hindou et à des cours de plongée en apnée.

Nous nous retrouvâmes bien vite dans un lit à faire des bêtises. Elle obtint un A+ quand la lumière était éteinte (sinon c’était un E -, faut pas déconner non plus!). Nous étions, à vue de nez, devenus inséparables: Je l’emmenais au Zoo (un nasique entra en érection en la voyant), au Théâtre (la tirade de Cyrano la faisait sangloter, je lui tendis un drap de lit pour qu’elle se mouchât), au ciné-club (« Nez de cuir » avec Jean Marais, « La moutarde me monte au nez » avec J. Birkin et P. Richard), au Salon de l’Aéronautique (un hangar à dirigeable l’émut plus que je ne saurais le dire), c’était chouette! Elle était heureuse, je l’étais également tout en gardant d’énormes lunettes noires et un feutre enfoncé sur le crâne lorsque nous étions dehors, je n’avais évidemment pas envie que l’on reconnaisse le gars qui pouvait se sortir un tel Pinocchio-femelle.

Malheureusement, l’hiver fut très rude cette année-là et le Mistral souffla fort(1): Elle attrapa un coryza maousse-costaud, un cas d’école exceptionnel qui fut plus tard étudié dans les Facultés de Médecine. On avait l’impression qu’elle avait un clignotant de voiture de pompiers au milieu de la figure. Cet embrasement spectaculaire fut pris très au sérieux par les ORL qu’elle consulta, et qui lui conseillèrent unanimement d’émigrer au plus vite sous des cieux plus cléments. Le jour de son embarquement pour le Guatemala, c’était au moment de Noël, je lui fis cadeau d’un disque de chansons de circonstance. Je n’avais pas fait attention qu’il y avait, dans le répertoire, « Le p’tit renne au nez rouge ». Elle le prit fort mal, ses parents aussi… la fin de cette histoire a donc très mal tour-nez! Son père s’empara d’un magazine, le roula, s’en servit comme d’une massue en me courant après et en me tapant sur la tête. Je n’ai plus souvenance de l’endroit où il arrêta la poursuite, par contre, je me remémore fort bien le titre de la revue: C’était « Pif »!

(1)=…« Emphatique: Aucun vent ne peut, nez magistral,
T’enrhumer tout entier, excepté le Mistral ! »(E. Rostand, Cyrano de Bergerac)

Problèmes et tics,,, Oups pardon! « éthiques »: Rodéo avec la cousine Blette, dernière (en)fournée avant « les grandes »:

En Mai, mes parents furent invités à un grand mariage d’un cousin de cousine issue de germains très éloignés… bref, un truc compliqué en diable du côté de mon père. Malgré le nom illustre que nous portons, papa avait épousé maman par amour, il avait quasiment rompu les attaches fort lâches que nous avions avec les branches espagnoles, italiennes et bretonnes de la famille. Des voeux (hypocrites) de fin d’année, et puis basta!… Voulant sans doute flatuler plus haut que leur fondement, les parents dudit cousin avaient voulu faire les choses en grand, lancé des tonnes d’invitations avec le gîte et le couvert assurés gratos pour les invités dans les hôtels avoisinant le Château de Pinsec-Héhalo, une ruine ruineuse où ces prétentieux demeuraient. Nous arrivâmes un peu en retard pour la cérémonie religieuse, l’église de Loque-Marie-à-Quai était pleine, on nous fit signe de monter au balcon du buffet d’orgue. On était d’ailleurs pas plus mal, et j’avais une vue d’ensemble sur tous ces consanguins très « fin-de-race ». J’observais immédiatement une perruche qui se retournait souvent, levait les yeux vers moi et me faisait de grands gestes. Je demandai à papa qui était cette musaraigne agitée, il me répondit que ce devait être une espèce de cousinasse au moins au 16ème degré, issue de métissage à fortes parentés, sans doute déjà atteinte, malgré son jeune âge, de la maladie de Parkinson…

Au château, au début de la réception, nous allâmes féliciter les jeunes mariés, lui ressemblait à un panaché Sim/Pasqua et elle, elle avait la tête de Jeanne Moreau sur le corps de Laurence Boccolini. Intérieurement, je pensais que s’ils arrivaient à faire un bébé, il faudrait le mettre au pilon immédiatement. Je fus ensuite accaparé par le sémaphore vu à l’église; elle était bourrée… de tics comme c’est pas permis. Le plus beau, c’est que c’était contagieux! Bon, on ne s’en apercevait pas lorsque nous dansions le jerk, mais ensuite, lever une coupe de Champagne dans ces conditions tenait de la gageure. Je n’arrivais pas à me dépêtrer de l’agitée du bocal, aussi lui proposais-je une promenade autour des douves en espérant bien trouver une pelle pour l’assommer, à minima de la semer quelque part. C’est le contraire qui se produisit, sitôt que nous ne fûmes plus en vue des invités, elle me renversa sur le talus. Son but était évident, et je dus m’exécuter. Je comptais lui faire un rapide va-et-vient, genre navette à tisser, mais l’expérience s’avéra des plus intéressantes. A cause de ses spasmes à répétition, de ses soubresauts imprévisibles, de ses déformations faciales incontrôlées, d’un bruxisme imitant le déraillement d’un train, des moulinets hasardeux de ses bras et de ses jambes, ce fut une chevauchée de grande qualité, je dirais même fantastique. L’affaire faite, je m’estimais heureux d’en être sorti sans être éborgné ou avec des bleus sur tous les membres. Mais cette sangsue me colla aux basques tout le reste de la soirée. Je prétextais alors un mal de crâne pour demander à mes parents de rentrer au plus vite à l’hôtel.

Quelques jours plus tard, je reçus d’elle, à la maison, une lettre enflammée (quoiqu’écrite de façon saccadée et très tremblée) avec une photo (un instantané au millionième de seconde je suppose) et dans une tenue où ses intentions étaient clairement affichées:

Elle avait joint aussi un disque de Sylvie Vartan, introuvable dans le commerce, où on entendait distinctement:

« Ce soir je serai la poubelle

Pour aller gerber

Gerber

Pour mieux évincer les pucelles

Que tu as n.q…s

N.q…s »

 (Hélas! Je ne me souviens plus trop des paroles, par contre je me souviens très bien avoir balancé ce disque sur la gueule des CRS qui donnaient l’assaut à notre barricade en Mai 68; je le regrette aujourd’hui, ce vinyle-là m’aurait sensiblement enrichi en en faisant la fierté d’un collectionneur). Of course, je me gardais bien de répondre, et me plongeais dans mes révisions pour le Bac…

En guise de conclusion:

Ah oui, le Bac! Parlons-en! Je ne l’ai eu que de justesse, j’ai honte de dire que ce sont mes notes de maths et de sciences naturelles qui m’ont sauvé la mise. Et pourtant! Le sujet de philo était: « La beauté est-elle subjective? » J’avais produit une synthèse de huit pages sur tout ce que vous venez de lire précédemment, le tout en vers mallarméens. C’était une pure merveille, et je croyais avoir cartonné pour un 18/20 minimum. J’eus un 2/20! Je pense que le correcteur devait être un puceau complexé, un triste engorgé du poireau, abonné à « Témoignage Chrétien » et adepte d’un onanisme sordide de vieux rat de bibliothèque de sacristie. Peu importe, j’avais le sésame pour entrer dans l’Enseignement Supérieur. Finies les petites donzelles et les lolitas en socquettes, j’allais désormais entrer dans la cour des « grandes », les étudiantes dévergondées et les femmes matures aux fantasmes tarabiscotés. La vraie vie de mon vit allait commencer!…

…Pourtant, en me relisant, je me suis aperçu que je suis un affreux macho(1). Eh oui, mes amis, je ne vous ai parlé que des plus belles, des plus jolies, des plus délicieuses à consommer avant la date de préemption. Je me devais de les citer toutes, y compris les vraiment laides, celles qui vous foutaient la nausée, voire la colique, et même _dans les cas extrêmes_ un ictère carabiné (2) dans un rayon d’un kilomètre; citons-les donc, ces braves petites con-battantes, même si elles n’auront droit à pas autre chose que la mention de leurs noms:

1 Véronique Atouva (cf sa jumelle en 3)

2 Saka Vyende (fille d’agriculteurs à Montastruc)

3 Monique Atouva (cf sa jumelle en 1)

4 Léda Phairpeur

5 Thérèse Kiricanton (mais là, on ne voit pas)

6 Benna Hordur

7 Gorgette Gropoumont (qui compensait beaucoup plus qu’on ne pensait…)

Et puis, il y a toutes celles qu’il fut impossible de fixer sur la pellicule tant elles détraquaient aussitôt les systèmes de mise au point ou faisaient bouillonner les émulsions photosensibles, certains opérateurs, professionnels ou amateurs, décrétèrent même une grève illimitée en dénonçant les atrocités hideuses qu’on voulait les obliger à cadrer (3): Blanche Apain, Blanche Adessin, Berthe Alor(et sa jumelle Marthe), Pélagie Tédufion, Aude Boudin, Aude Pisse, Ludivine Hègre, Ida Le Tonien, Elvire Sakuti, Karine Nettebaveuse, Lucie Nagaz, Reine Oncule, Prisca Binédézance, Elisabeth Komcépié, Ella Danlbaba, Georgette Sahala-Poubel, Emma Roïde, Monique Eunitaite, Lydie O’Duvillage, Dominique Aimamancoud, Agathe Lemétier, Anne Husse, Reine Desconne, Ella Dbonéné, Yvette Huste, Rosalie Saculotte, Hélène Héprématuré, Tessa Lopetoi, Babette Hamangédufoin, Claudette Haklak, Marina Dovinblanc, Salomé Moitou, Sheila Hontedelaphamiye, Ella Danlosse, Ginette Oualtrou.

Voilà, voilà, voilà, je pense n’avoir oublié personne, à toutes je dis un grand merci! Obscurs petits soldats qui m’aguerrirent pour ces grandes batailles à venir et qui firent plus tard ma renommée. Vous ne les connaissiez pas, vous avez intérêt maintenant à les oublier au plus vite!

(1)= NDLR: Non, sans blague!

(2)= Ce à quoi vous auriez bien raison de m’opposer: « Il faut bien que jaunisse se passe! » Auquel cas, j’ai toujours en réserve: « C’est jaune, et ça ne sait pas! »

(3)= Cette liste a pu être reconstituée, après tant d’années, grâce à « Monsieur et Madame ont un fils »(Editions Michel Laffon 1994)

Actu-m’en diras tant! (Fév 2010)

Posted in Actualités & hors-série on février 10th, 2010 by gerard – 1 Comment

Petits veinards: Encore 10 ce mois-ci, mais je note que ce sont toujours les mêmes qui marnent. Que deviendriez-vous si Adhémar et mézigue attrappions la klumbagite (sorte d’arthrose qui ne sera découverte que dans 5 ans 10 mois et 8 jours) des métacarpiens?

NDLR: La Rédaction fait observer qu’en ces temps de crise, il n’y a pas de petites économies; et qu’il était largement superflu d’ajouter un « l » et un « w » à « clown » pour qualifier Debré-fils, encore plus servile que son père. 

Les titres de l’Actualité auxquels vous avez échappé:

1/ L’ami M. vous offre ceci:

« Did you know that during WW II, Ruth Abbagha was the top in Hamburg ? »(1)

(1)= Auquel je pourrais rétorquer qu’il est fort dommage qu’Hitler ne se soit pas appelé Pépito. Imaginez un instant la Wehrmacht marchant au pas de l’oie en scandant « Heil Pépito! » La face du conflit en eut été plus surement changée que s’il s’était nommé Effinezerb, Mourirpourtwa(Alain-Stan Houtameïn-Meufraüle), ou Thierry Tchipékaï-Kédolorès… 

2/ Non môôôssieur, c’est pas vrai, malgré ses idées, Michel Sardou n’aurait jamais pu être SS  :

* Il est loin d’avoir la taille requise.

* Il est ouvertement trop pro-yankee (cf « Les ricains »).

* Leur devise était: »Meine Ehre heist Treue »(Mon Honneur s’appelle Fidélité). Lui, il a trop bien léché le cul de Mitterand qui l’a fait Chevalier de la Légion d’Honneur, puis vint le temps de la langue marron avec Chirac qui le promut Officier de cet Ordre; aujourd’hui, il ne sait plus quoi faire pour astiquer le fondement de notre Président pour passer Commandeur.

3/ Les 2 infos haïtiennes suivantes vous sont offertes par Adhémar(tinique): « Les sauveteurs ont pu dégager le directeur des impôts. Ils l’ont remis sous les décombres. »

« Plus mort qu’une victime du séisme, tu meurs !!! »(1)

(1)= J’ajouterais qu’en fait, tout ce qu’ils veulent à E.T. c’est « Téléphoner maison! »

Hors-série: Spécial Culture-Marseille-2013 01

Posted in Actualités & hors-série on février 10th, 2010 by gerard – 1 Comment

Pour la énième fois, je me dois de rappeler ce qui est dit dans « A propos », à savoir que tout ce qui suit n’est qu’un tissu hautement fantaisiste. Rien n’est vrai, tout est faux! Il n’y a qu’un seul objectif: Tenter de vous dérider quelques instants…

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(NDLR: Hé! Ho! J’ai des amis gays, maghrébins, blacks, intellos (Euh! Désolé! Pas de râpeurs de fromage!)… alors, SVP, pas de troll, mmh?)

Pour faire une bonne « bouillabaisse culturelle »(sic), les ingrédients ci-après vous seront d’une grande utilité:

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Service Après Vente

Posted in ClassicTV on février 1st, 2010 by gerard – Be the first to comment

…une réclamation pour manque de « sex-à-pile » sans doute…

http://www.grapheine.com/classiktv/index.php?module=see&lang=fr&code=f68f43bb2cee25d848700019cd04dfe7

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Donner le change…

Posted in BombayTV on février 1st, 2010 by gerard – Be the first to comment

pour une noble cause:

http://www.grapheine.com/bombaytv/movie-fr-b117ad5153467a84ca2d47416f19357e.html

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Métempsycose-le retour

Posted in BombayTV on février 1st, 2010 by gerard – Be the first to comment

(Rappel d’Août 2006, nonobstant les accents remplacés par des duos bizarres de lettres: http://www.grapheine.com/bombaytv/play_fr.php?id=1570099 )

Chienne de vie!

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Visitez les beaux pays étrangers!

Posted in BombayTV on février 1st, 2010 by gerard – Be the first to comment

La langue n’est pas un obstacle… ou si peu:

http://www.grapheine.com/bombaytv/v2/play.php?id=135891

manif05

Aérophagie

Posted in BombayTV on février 1st, 2010 by gerard – Be the first to comment

Il faut créer des courants d’air salvateurs:

http://www.grapheine.com/bombaytv/index.php?module=see&lang=fr&code=95f5f135d16fc7d2e0659423087bd1c4

manif06

Coupe du Monde 2024

Posted in Futeboltv on février 1st, 2010 by gerard – Be the first to comment

Il faut y croire jusqu’au bout:

http://www.grapheine.com/futeboltv/play.php?id=14294

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