Archive for octobre, 2011

Escapade par le chemin des missiliers

Posted in Oulibouf, Perlouzes solitaires on octobre 20th, 2011 by gerard – 7 Comments

   Merci à Alphonse Allais (…et à sa nouvelle « En bordée » ) qui m’a un peu inspiré la petite pièce oulibouffienne qui suit, et qui, je l’espère, vous permettra de vous esbaudir quelque peu. L’action se passe à une époque, encore pas trop éloignée de nous, où tous les jeunes gens étaient tenus d’effectuer leur « Service Militaire », disons dans les années 80.

   Tonin Caffarel remplit ses obligations militaires dans la Marine Nationale. Comme il avait déchiffré deux livres de Oui-Oui dans sa jeunesse, on le sélectionna d’emblée pour l’Ecole de Maistrance. Lui qui était de la Martiale eut beaucoup de chance en obtenant une affectation, pas exagérément éloignée de la Bonne-Mère, pour le Centre d’études et d’essais des torpilles de Saint-Tropez, tout près de Cogolin. Avec son grade de Quartier-Maître, il coinçait là une bulle phénoménale en s’occupant vaguement d’un camion dont il avait, soit-disant, la responsabilité.

   Un matin de début Juillet, il fut appelé en urgence au service « Opérations ». Il y avait déjà dans le bureau de l’officier chef de service, le Maître Principal Parlesandec, un natif de Roscoff qui, comme tout bon breton, n’avait jamais absorbé la moindre goutte d’eau de sa vie, et un officier supérieur qui avait plus de galons qu’une femme-girafe birmane n’a d’anneaux. On le briefa en vitesse : Ces enfoirés de la marine embarquée avaient fait un exercice de tir la nuit précédente au large du golfe, et un de leur fichu missile Mer-Terre venait d’être retrouvé, en train de se prélasser, sur la plage de Pampelonne. Le problème était que l’arme n’était pas inerte, mais bel et bien bourrée d’explosifs à pouvoir faire ressembler la plage, en cas d’éclatement, à Verdun en 1916. Le Maître Principal emmènerait dans une jeep radio-armée Monsieur l’Ingénieur Hors-Classe ici présent, ils désamorceraient l’engin, et Tonin, aidé de trois autres appelés du contingent, le mettrait sur son camion et rentrerait aussitôt à la base.

   La mission était simple, et le petit convoi se mit immédiatement en route. Dans le cabine de conduite, Tonin dévisagea ses compagnons qu’il connaissait plus ou moins. Il y avait là Amadeo Sbirrazuoli Di Scampamorte, un tropézien d’origine corse que d’énormes pistons du lobby insulaire avait réussi à faire nommer tout près de chez lui. Il y avait aussi le chauffeur, Théodule Campègue, un languedocien vigneron dont le très conséquent appendice interjambaire, presque une infirmité, avait fini par lui donner le surnom de Dudule, en référence à la chanson bien connue dans toutes les garnisons hexagonales dignes de ce nom. Enfin un ch’ti, Walter Chambosse, un « bleu » arrivé depuis dix jours seulement, et qui ne se séparait jamais de son caméscope, complétait le quatuor du camion.

   Ils arrivèrent bientôt sur place. Le missile avait échoué sur une partie privative de la plage, le « Pam-Pam Q.Q. ». A presque cent mètres, à droite et à gauche, les gendarmes de Saint-Tropez faisaient un cordon pour contenir une foule de curieux. Au comptoir du bar désert, il n’y avait que le plagiste propriétaire des lieux qui se désolait de perdre sa recette. Bons princes, les quatre appelés lui commandèrent une bière en regardant les deux gars d’active se pencher sur le matériel défectueux issu de nos beaux arsenaux. Quelques instants plus tard, ils virent Parlesandec venir vers eux, en tenant un lourd cône en connassium iridié entre ses mains : « C’est OK les gars ! Avec monsieur l’ingénieur, on vient de dégager le système de mise à feu du missile, le voilà plus inoffensif qu’un nonagénaire dans un bordel philippin ! Comme il n’y a plus de danger, nous allons rentrer les premiers. Vous, vous n’aurez plus qu’à mettre le bidule sur le plateau et à nous le ramener ! On a prévenu les gendarmes, ces cons d’estivants pourront se remettre la couenne au soleil dare-dare !» Et il tourna les talons avec sa pièce métallique, monta dans la jeep avec le galonné et disparut dans la minute. Le plagiste était si content de la nouvelle qu’il offrit plusieurs tournées de Get 27 aux quatre bidasses.

   Chambosse avait un peu filmé la neutralisation du bazar, mais davantage la horde de minettes qui s’amenait maintenant en courant vers eux, en mini-strings et poitrines au vent. Déjà, une foule de juillettistes entourait la bombe volante. Tous les quatre roulaient beaucoup des mécaniques pour épater les gens en prenant des attitudes héroïques de professionnels à qui on ne la fait pas. Dudule, dans l’euphorie des six Get 27 qu’il venait de s’enfiler, amena en marche arrière le camion au niveau de la chose. C’est Tonin qui manipula, avec dextérité, la grue intégrée sur le hayon arrière pour y déposer le missile. Malheureusement, celui-ci était fort lourd et le camion s’enfonça de trente centimètres dans le sable. Dudule eut beau faire vrombir le moteur, les roues patinaient maintenant en projetant des geysers de sable sur toute l’assistance. Une des charmantes baigneuses, dont le QI devait égaler celui d’une tanche du Haut-Nivernais, eut alors l’inspiration de placer un lourd lit de plage en fer sous l’une des roues pour que cette dernière put avoir une assise solide à « mordre ». Elle fut vite imitée par les autres naïades intellectuelles, et c’est une véritable double bande de roulement qui se forma miraculeusement entre le camion et la route. Tonin et Amadeo avaient aidé à la manoeuvre, manipulant plus souvent les fessiers de ces demoiselles que les lits de plage. Dudule se sortit du fech-fech comme un chef, et en moins de deux.

   Curieusement, cela fit un drôle de bruit « Crac… Crac… Crac… Crac… » Dans le rétroviseur, il put alors admirer les lits de plages qui ressemblaient tous maintenant à un « V » majuscule. Chambosse, lui, filmait en disant :« Déconnez pas les gars ! On va se faire repérer ! » Ils regagnèrent en quatrième vitesse la cabine, car le patron plagiste, frôlant l’apoplexie, était parti en courant quérir une antique pétoire sous son comptoir, et voilà qu’il leur tirait dessus à présent. Et à la chevrotine s’il-vous-plaît, tout en grommelant, juste avant d’en perdre son dentier en cadmium sulfurisé: « Oh fatche! Je vais te me les…! » Heureusement, Dudule, sous l’effet du Get 27, zigzaguait fort naturellement pour éviter les impacts…

   …Ils avaient maintenant la vieille ville à main gauche, quand Amadeo s’adressa à Tonin : « Dis-moi chef, on va passer tout près de la maison de ma mémé. Ca serait chouette de lui faire un petit coucou avec notre arme de destruction massive, d’autant plus qu’elle ne m’a encore jamais vu en uniforme ! » Tonin ne pouvait rien refuser à son pote, et les voilà engagés dans des ruelles étroites. Les rétroviseurs extérieurs passaient à un poil de lombric des murs des façades. Arrivé devant la demeure de l’aïeule, Amadeo bondit sur le klaxon pour se signaler. Le raffut occasionné fit sortir des dizaines de visages hors des fenêtres. La brave grand-mère en pleurait de joie, elle dit à son petit-fils de monter boire une petite goutte avec ses copains. Ainsi fut fait.

   Mais le camion obstruait toute la rue. D’un salon de coiffure voisin, sortit une nuée de jeunes et jolies apprenties pour se mêler à la foule des badauds agglutinée autour du véhicule. Même les clientes sortirent, et parmi elles, il y avait Amanda Lear passée se faire faire une indéfrisable sur une partie intime de son anatomie. La foule grossissait en permanence, il y avait là des photographes de « Closer », « Public », « Gala », etc… qui cherchaient vainement depuis le début de la matinée à faire des clichés intéressants. Quand Amanda Lear les vit, elle fit ni une, ni deux, et grimpa sur le camion, se rétablit sur le missile, puis se mit à califourchon sur cet énorme symbole phallique pendant que les paparazzi mitraillaient à tout va la toute nouvelle Miss Missile. Tonin, alerté, déboula dans la rue, sauta sur la ridelle et interpella Amanda : « Surtout pas un mot ! Avec votre voix grave, vous pourriez faire exploser l’engin conditionné pour être sensible aux infrasons ! _ Petit imbécile, lui répondit-elle, vous venez de me faire tellement peur que je viens d’uriner sur votre missile ! Mon indéfrisable est fichue maintenant !» Tonin, qui riait intérieurement comme un bossu, lui rétorqua que la bombe était cependant insensible au pipi de people. La belle Amanda finit par descendre, mais cela avait donné des idées salaces à toutes les arpètes femelles du salon pour monopoliser l’attention des reporters. Elles ôtèrent leurs blouses, apparurent quasiment nues… Et vas-y que je te ré-enfourche le machin, que je te le machine comme si on le caressait, l’une d’entre elles s’en fut même à une extrémité comme si elle avait un énorme braquemart entre les jambes, mais c’est sa copine de l’autre extrémité qui remporta tous les applaudissements en simulant une fellation.

   Et, tout à coup, une déflagration ! Tout le monde s’enfuit en courant, sauf quelques promoteurs immobiliers qui imaginèrent le parti qu’ils pourraient tirer de ce terrain s’il était soudain transformé en Hiroshima azuréen. Le quatuor se reconstitua pour finalement constater qu’un des pneus, placé trop près du braséro d’un étal de marchand de merguez, venait d’exploser. Ce n’était pas bien grave, mais ça rendait désormais la conduite du poids lourd très difficile à contrôler. Tonin, en chef responsable du matériel et des hommes, remonta chez la mémé pour rendre compte téléphoniquement à sa hiérarchie des évènements. Il se fit traiter de tous les noms de volatiles de la Création ; ça tombait d’autant plus mal que la dépanneuse était en panne, depuis Novembre 1976 en fait. Ordre lui fut donné de libérer, autant que faire se pouvait, la voie publique, de se garer du mieux qu’il put tout en maintenant une garde vigilante autour du missile, et qu’on allait aviser… mais certainement pas avant demain. Chambosse, de son côté, n’avait pas arrêté de filmer : la mémé, Amanda, la chevauchée des Walkyries, l’explosion, les manoeuvres… Tout en déclamant : « On va se faire repérer les poteaux ! On va se faire repérer ! »

   Avec mille précautions, Tonin et Amadeo, devant le véhicule, faisaient maintenant de grands gestes à Dudule, qui suait sang et goutte au volant, pour le guider. Par chance, il y avait une petite placette quelque vingt mètres plus loin. Dudule réussit à y garer son bahut, juste devant une maison dont la raison sociale s’étalait en grosses lettres sur une plaque de cuivre : La S.P.E.F. C’est en voyant de fort jolis minois éclore aux fenêtres qu’ils se demandèrent quel établissement pouvait abriter, en si grande quantité, de si mignons petits lots. Leur curiosité fut satisfaite lorsqu’il purent lire les petits caractères de la plaque : Société Provençale d’Escort-Figues. En fait, c’était une sorte de réservoir d’escort-girls pour les vieux à pognon qui truffaient la presqu’île. Un coup de téléphone, un coup de carte bleue, et ils tireraient leur coup avec l’accorte demoiselle qu’on viendrait leur livrer comme une simple pizza, sans surcoût. La maison avait bonne réputation mais, en ces premiers jours de Juillet, n’en était pas encore aux cadences infernales des 14 Juillet- 15 Août, ce n’était pas la morte saison, mais presque. Ni les émirs du Qatar, ni les millionnaires russes n’avaient encore mouillé dans le célèbre petit port. Sur le pas de la porte surgit un jovial hippopotame, il s’appelait Mariùsz Pànis _ on croit savoir qu’il était hongrois _, et leur fit bon accueil. De facto, le missile faisait toujours son petit effet dans le quartier, rameutant des populations diverses et variées. A telle enseigne que beaucoup de promeneurs de sexe masculin s’engouffraient maintenant chez la S.P.E.F. pour des parties de jambes en l’air dûment tarifées. Grâce à l’attraction produite par la présence du camion, Mariùsz faisait donc, de son côté, exploser le tiroir-caisse de son tout nouveau clandé.

   Comme midi était maintenant largement dépassé, Amadeo s’en fut faire choir la bobinette de chez sa mère-grand pour s’enquérir si elle n’avait pas quelque chose à faire grignoter à lui et à ses copains. Il s’en revint bientôt avec un énorme fait-tout où avait mijoté pendant des heures une appétissante daube de taureau. Mariùsz, devenu un ami, leur proposa l’ombre bienfaisante de la terrasse de son petit jardin, opposé au côté rue. Cela sentait si bon que quelques pensionnaires se risquèrent à venir les voir manger. Comme il y avait beaucoup à consommer, Amadeo les invita à partager leur repas. Les filles étaient magnifiques, elles venaient toutes de l’Europe de l’Est : des bulgares, des hongroises, des roumaines, des ukrainiennes, des russes, etc…

   Pour leur malheur _ ou leur bonheur, va-t-en savoir ? _ , la mémé avait nettement forcé sur les épices dans sa préparation. Le poivre, la coriandre, mais encore d’autres végétaux stimulants et carminatifs ne manquaient pas. Si on ajoute à l’effet aphrodisiaque que cela produisit sur tous les convives, le barack pàlinka (alcool d’abricot) que Mariùsz offrit à tous et à toutes en version tonnelet, je vous laisse imaginer les émois qui se produisirent dans les slips des uns et des autres vers la fin du repas.

   Tonin, Amadeo et Dudule sautèrent littéralement sur les jeunes filles pour leur proposer une sieste à la mêlée. Le taulier laissa faire, car il avait suffisamment engrangé de bénéfices aujourd’hui grâce à ces vaillants petits jeunes hommes. Chambosse, de son côté, se constituait une vidéothèque porno pour plus tard, pendant les longues soirées d’hiver en Artois, ce qui ne l’empêchait pas de seriner : « Arrêtez vos ahannements les gars ! On va se faire repérer ! »

   C’est évidemment Dudule qui eut la vedette tout cet après-midi-là et la nuit qui suivit. Ce ne fut qu’un cri lorsqu’une des petites pétasses mît à jour l’organe reproducteur du brave garçon. Toutes, sans exception, vinrent contempler ce qui rangeait John Holmes et Rocco Siffredi au rang de petits sifflets pour jardin d’enfants. Beaucoup se risquèrent, vainement d’ailleurs, à un ré-alésage du calibre de l’obus en question par des positions, souvent non répertoriées dans le Kama Soutra, et que la décence Humaniste et la morale judéo-chrétienne m’empêchent de vous détailler ici. Pour parfaire leur apprentissage du français, les trois lascars leur enseignèrent, en joignant les gestes aux paroles, la chanson bien connue concernant ce cher Dudule, surtout la partie relative au refrain bien entendu. De son côté, Chambosse filmait toujours, en essayant de ne pas se faire repérer par tous les acteurs de cette épique mélodie. Quand vint l’heure du dîner, et pour ragaillardir nos trois compères quelque peu flageolants, Mariùsz entreprit de leur servir un bortsch de sa composition à base de gingembre, de corne de rhinocéros et de spanish fly, le tout arrosé d’une décoction de bois-bandé qu’un client antillais lui avait offerte la semaine précédente. De facto, force est de constater que, ni l’après midi, ni la nuit, quelqu’un ne vint surveiller le missile. Il faut dire que l’intérêt dudit engin passa un peu au second plan en soirée, car un splendide feu d’artifice était offert, sur le port, aux populations par une grande marque de prothèses dentaires en carbure de tungstène.

   Vers minuit, la placette était quasiment vide, nos marins tentaient des abordages de tout bord, majoritairement par la poupe d’ailleurs, dans l’accueillante maison, et personne ne se souciait plus du camion et de sa cargaison. C’est malencontreusement vers cette heure-là qu’ Egésippe Troncasse, Adjoint au Maire chargé des concessions des cimetières tropéziens, passa en vélo près du véhicule. Quand il distingua, sur le plateau, le missile bardé de grosses annonces « DANGER » jaunes sur fond cacateux, son sang se coagula dans la foulée. Vite, il téléphona au Maire pour lui signaler quel terrible engin meurtrier se tapinait (Attention les loulous : Verbe venant de « tapinois », et non de ce qu’on pratiquait dans la maison jouxtante) au coeur de sa ville. Effrayé, le Maire téléphona au Préfet. Ce dernier alerta le Ministère de l’Intérieur qui répercuta l’information au Ministère de la Défense et au Premier Ministre. Le chef du Gouvernement prit sur lui d’appeler l’Elysée pour faire réveiller Monsieur le Président de la République, et lui apprendre quelle terrifiante menace de dévastation planait sur Saint Tropez. Le Président, en chemise de nuit et bonnet de coton, remit prestement dans son clapoir son râtelier en titane anodisé, et sut prendre ses responsabilités en ordonnant des mesures appropriées…

   Il allait être cinq heures du matin, tout semblait calme et désert dans le quartier. C’était sans compter avec l’intégralité d’une Compagnie de la Gendarmerie Mobile, en tenue de combat, fusil d ‘assaut à la hanche et semelles de crêpe qui venait quadriller silencieusement la charmante petite place. Puis, en une poignée de secondes, ces unités d’élite firent sauter la porte de la S.P.E.F., investirent toutes les chambres où chacun dormait d’un sommeil Ô combien réparateur, expulsèrent à coups de pieds dans le fondement les quatre appelés du contingent, les alignèrent le long du camion en les tenant en joue pendant que nos braves pioupious remettaient tant bien que mal pantalon et vareuse, ils ne mouftaient pas plus que l’aurait fait Mère Téresa faisant passer un casting à une troupe de Chippendales. On entendit alors un formidable ronflement avant de voir surgir un gigantesque tracteur en tenue camouflée, il remorqua facilement le camion jusqu’aux boulevards extérieurs, beaucoup plus larges. Là, une équipe de super-mécaniciens du Génie changea la roue défaillante aussi prestement qu’on le fait dans une course de Formule « 1 » Un apocalyptique convoi se constitua alors : Devant, il y avait un V.A.B. (Véhicule de l’Avant Blindé), des écoutilles on voyait sortir FAMAS et mitrailleuses, puis venait le camion au missile avec le quatuor qui n’en menait pas large, Tonin eut quand même l’esprit de l’escalier en s’adressant à Chambosse : « Ah dis donc ! Là, je crois qu’on a été repérés ! », en queue, il y avait un V.A.B. (Véhicule de l’Arrière Blindé) hérissé également d’engins létaux ; sur chaque flanc, des dizaines de motos de la Gendarmerie, quelques-unes avaient même un side-car où s’épanouissaient des mitrailleuses lourdes de 12,7 mm, des mortiers ou des lance-roquettes. Pour couronner le tout, deux hélicoptères de l’A.L.A.T. survolaient la redoutable caravane. Chambosse devenait enragé de ne pouvoir filmer tout ce cirque, car l’indicateur d’enregistrement de film affichait alors une saturation autant irrémédiable que définitive. L’ensemble était aussi discret qu’un voyage du Pape à La Mecque. Les quelques autos qu’on croisait étaient immédiatement stoppées et tenues de se ranger sur le bas-côté. Les conducteurs, médusés par ce cauchemardesque accompagnement, eurent des réactions bien humaines, de sorte que les médecins tropéziens s’étonnèrent tous d’une pandémie diarrhéique chez leur patients dans les jours qui suivirent.

   Le Colonel commandant les unités d’intervention fit son rapport, par radio, à qui de droit, soulignant que le missile était aussi inerte que le bigoudi de Frédéric Mitterrand consultant une revue « hard » de dames en tenues suggestives. Le Président de la République, vexé de s’être trop vite affolé, se défaussa en passant sa colère sur le Premier Ministre. Lequel souffla très fort dans les bronches des ministres. Celui de l’Intérieur passa un savon carabiné au Préfet qui, à son tour, agonit d’injures envers le Maire. Quant au pauvre Egésippe, il ne comprit jamais pourquoi on le destitua de sa charge d’Adjoint pour le mettre technicien de surface dans les pissotières tropéziennes pour le reste de sa mandature.

   Le Chef d’Etat-Major de la Marine, un Amiral cinq étoiles, excusez du peu, conseillé par ses services de communication, conclut que « La Royale » ne sortirait pas grandie par cette affaire si elle venait à s’amplifier, en faisant passer le Quartier-Maître Caffarel en Conseil de Guerre par exemple. Aussi recommanda-t-il « de ne pas faire de vagues » en enterrant l’histoire, et de ne surtout pas inquiéter les quatre marins mis en cause.

   Ces consignes furent appliquées à la lettre ; mais l’infortuné Tonin fut avisé qu’on lui « sucrerait » désormais toute permission à venir. Il fut muté dans les deux jours à la petite antenne de la Marine Nationale à Saint-Pierre-et-Miquelon. Lui qui les eut bien échauffés pendant vingt-quatre heures, tira les huit mois qu’il lui restait à faire à se geler les testicules.

   Gérard- 2011 (Je tiens à préciser que j’ai effectué mon Service National dans l’Armée de l’Air, arme de prestige, où jamais, au grand jamais, un boxon pareil ne saurait se produire.)

Actu-m’en diras tant! Octobre 2011

Posted in Actualités & hors-série on octobre 10th, 2011 by gerard – 3 Comments

Adhémar assure la couverture politique de l’actualité ; de mon côté, je suis davantage tourné vers le « people » (vous remarquerez que notre « Jauni » national ne sort jamais sans sa bobonne… Oups! Pardon! Je voulais dire « sans sa bonbonne » _ d’oxygène, s’entend! _), c’est ça le partage des tâches ! Quant à Michel, n’oubliez jamais d’aller faire une visite à  http://gigaproduction.fefaine.be/2006/06/25/dictionnaire-de-mots-valises/  car il y a des nouveautés ( Fornification, Papier, Restoril, Rhézistan, Solibataire, etc…).Les titres de l’Actualité auxquels vous avez échappé (« Personne n’obligera le pot de terre à taire ce que se permet le pot de fer de faire » Jean Brasier 1910-2003):

 1/ « I bought a copy of Deep Throat the other day, I thought it was a nature film about giraffes! » (Bob Hope)

2/ « Pourquoi Johnny a-t-il l’air con ? » : Le jury de la Thèse Universitaire de Septime Falzard lui demanda de synthétiser d’une phrase l’ouvrage de 628 pages qu’il avait devant lui. Il accorda la mention Très Bien avec les Félicitations du jury pour ce lapidaire raccourci : Parce qu’il l’est!

3/ Enfin un Grand Président pour la France?  Rien n’est moins sûr! Si l’actuel fait « officiellement » 1, 68 mètre (…mais certainement moins, selon ma belle-soeur qui l’a vu de très près!), Porcinet-le-lozérien, dit « le faux-mage de Hollande », en fait 1, 69. Autrement dit tout ce pataquès pour gagner un infime petit centimètre? Non, merci! Non à la République des bas-de-caisses; votons pour quelqu’un que l’on pourra distinguer, même sans talonnettes, sur une photo du G20! Au moins, De Villepin (1, 93 m) ne déparerait pas dans le lot des De Gaulle (1, 92 m) et autres Chirac (1, 90 m)!

Leçon d’économie

Posted in Actualités & hors-série on octobre 1st, 2011 by gerard – Be the first to comment
La crise d’aujourd’hui deviendra la crise de demain (Attention! Les clips acapela ne durent pas plus de quelques semaines):

On ne guéri(ni) jamais de son enfance

Posted in Actualités & hors-série on octobre 1st, 2011 by gerard – Be the first to comment
Guérini et pourri, ça rime:

Roselyne nous l’a mis sans vaseline

Posted in Actualités & hors-série on octobre 1st, 2011 by gerard – Be the first to comment
Elle et ses potes, on devrait la prendre en grippe:

Désarroi d’un militant socialiste

Posted in Actualités & hors-série on octobre 1st, 2011 by gerard – Be the first to comment

Quoi de plus innocent qu’une interview dans une garçonnière fermée à double tour ? (Attention! Il y a 6 répliques, ne pas hésiter à rejouer le clip pour l’avoir dans son intégralité):

 

Un bon rendu de la majorité présidentielle

Posted in Actualités & hors-série on octobre 1st, 2011 by gerard – Be the first to comment
Haut( s) le( s) coeur( s)!

Le cheik en blanc…

Posted in Actualités & hors-série on octobre 1st, 2011 by gerard – 2 Comments

…un Reicheik plutôt!

http://www.grapheine.com/bombaytv/movie-fr-f7ab2ae4cc87067a1cd208bfeb6202a2.html