Archive for mai, 2013

Micke l’anosmique

Posted in Oulibouf on mai 20th, 2013 by gerard – 1 Comment

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A Sabine et Michaël,

amis strasbourgeois.

     Aujourd’hui, Grand-Papy Micke fête ses nonante printemps. Le « gâteau », à son habitude, est un immense Munster recouvert de bougies. Enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, n’y tenant plus, l’ont une fois de plus interrogé sur cet amour immodéré du fromedu local. Peut-être parce qu’il sent bien que les jours lui sont maintenant comptés, il a rassemblé alors toute sa lignée autour de lui et, pour la première fois, il s’est laissé aller à raconter l’étrange histoire qu’il a su taire pendant si longtemps.

***°oOo°***

     5 Juillet 1943 ! Hitler lance l’opération « Citadelle » pour liquider le saillant de Koursk (1). C’est la première grande épreuve du feu pour les alsaciens et les lorrains incorporés dans la Wehrmacht depuis l’été 42 (1). Au huitième jour de la contre-offensive allemande, le Commandant du Régiment, le Colonel Elmumuth Sauerkraut, originaire de Niederschaeffolsheim, près de Haguenau, est tué par une grenade à fragmentation, à telle enseigne que le pauvre homme ressemble maintenant à un combiné goulash-bortsch. Pour bien montrer l’intérêt que le Reich porte à ses nouveaux enfants rattachés au GrossDeutschland, le Haut Etat-Major prend la décision de faire rapatrier sa dépouille en Alsace. Il fait très chaud, et le cadavre commence à fouetter pas mal! On s’empresse de fourguer l’officier supérieur dans une caisse vide de roquettes et on désigne le soldat Micke Koppol-Hanau pour escorter le « paquet » jusqu’au pays. Ce choix n’est pas innocent ; en effet, ce 2ème classe a une anosmie chronique totale depuis sa naissance.

Le même jour, le cuistot en chef de la Compagnie A, Boni Schourave, vient de réceptionner une livraison de 75 kilos de Munster. Comme les effectifs ont fondus lors de la bataille, il pense alors qu’il peut se permettre un klein prélèvement pour en faire parvenir une cinquantaine de kilos à sa famille et à ses amis restés à Strasbourg. Il se procure une seconde caisse vide de fusées, y entrepose le produit de son vol, fait disparaître d’un coup de pied discret la première caisse dans la Kloaka, petite rivière qui coule près du cantonnement. Il écrit le soir même à un cousin, cheminot lampiste dans la gare de la capitale alsacienne, en donnant, à mots couverts, les références du wagon qui transportera le soit-disant corps du Colonel avec une description sommaire de l’accompagnateur. Craignant les foudres de la Censure, on trouvait des phrases comme : « J’espère que tu te souviens de notre chère Citröen immatriculée KK 22 PQ et de son dernier conducteur à la tête d’abruti et aux oreilles en chou-fleur », « Reçois en pensée un demi-quintal de douceurs aussi régionales que parfumées au cumin, sans oublier la famille. », etc, etc…

Le 18 Juillet, le « cercueil », recouvert du drapeau à croix gammée, quitte le champ de bataille, sur un camion, vers la gare de Cekejandi-Cébof. Tous les « malgré-nous » encore valides sont là, rendant les honneurs à la dépouille de leur chef dans un garde-à-vous impeccable. Sauf, bien sûr, Schourave qui se marre comme un bossu près de sa roulante en pensant qu’on a jamais tant eu de considération pour un monceau de frometon. Micke est sur la ridelle et arbore sa tenue numéro 1 ; il garde son bras levé jusqu’à ce que le dernier visage connu disparaisse. Il a avec lui tous les papiers en règle : connaissement du wagon, bons de ravitaillement lors de ses différentes étapes, ordre de mission. Dans la petite gare, un train est en formation et le wagon de marchandise KK 22 PQ, spécialement réservé pour accueillir Micke et le Colonel, est déjà en place. Le chauffeur du camion et quelques soldats qui glandaient dans les environs s’occupent du transbordement. Sans oublier, au passage, de faire quelques réflexions, du genre : « Scheisse ! Mais qu’est-ce qu’il peut schlinguer le Colonel !… Mein Gott, et cette forte chaleur ne va pas arranger les choses !… Teufel! Il est heureux que le Micke ne sente rien, faire un si long voyage avec cette barbaque en décomposition ne va pas être une partie de plaisir !… » Très vite, ils disent adieu à leur camarade et s’enfuient le plus loin possible. Malheureusement, le départ ne se fera pas tout de suite, et Micke devra encore attendre 48 heures avant que le train ne s’ébranle plein Ouest, c’est-à-dire vers Kiev. Mais auparavant, il faudra fréquenter les réseaux secondaires avant les voies principales beaucoup plus sures. Et ça n’a pas raté ! Moins de 100 kms plus loin, les partisans ayant fait sauter les rails, on trouve là des équipes du génie occupées à réparer les dégâts. Encore toute une journée d’attente avant de pouvoir repartir.

Micke s’est organisé en posant son barda dans un coin du wagon. S’il n’est pas incommodé par les odeurs, il est par contre fortement indisposé par la canicule. Il fait une chaleur étouffante et, bien que ce soit strictement verboten, il a ouvert un panneau et s’est assis au bord du plancher, jambes ballantes, il admire le paysage tout en recevant dans le visage un souffle rafraichissant dû à la vitesse _ toute relative_ du train. Ses appendices auditifs, larges comme des escalopes de 800 grammes, contribuent également à une bonne ventilation du bonhomme. Flap-flap! Flap-flap! Flap-flap!…

Le train arrive à Kiev dans la soirée du 22 Juillet. La gare centrale est une vaste ruche bourdonnante où s’activent toutes sortes d’unités. Deux infirmiers faillissent s’étouffer de joie en constatant que le wagon de Micke est quasiment vide. L’Oberst du Service Sanitaire du secteur, immédiatement prévenu, donne l’ordre d’installer alors dix civières et une infirmière aux côtés du catafalque. En pénétrant à l’intérieur, cette dernière tourne de l’oeil et vomit tripes et boyaux. Quatre des dix blessés succombent quasi-instantanément par suffocation. Les six autres, gravement invalides, délirent à qui mieux-mieux : « Ca y est, cette fois on est dans la merde jusqu’au cou ! _ Ô Jésus! Je marche dans la vallée de la mort !_ Pitié! Je n’ai pas mérité la chambre à gaz! _ Maman ! Mais doukipudontan ? (…Dira même un aïeul à Raymond Queneau), etc, etc… » On remplace alors les quatre défunts par quatre grands blessés au visage qui sont bien obligés, énormes pansements aidant, de la boucler. Héroïque, l’infirmière finit par assurer son service, mais affublée d’un masque à gaz qu’elle ne quittera plus. Le wagon est rattaché en queue d’un train à destination de Lvov. La constitution de toutes les rames prendra presque deux jours.

Le 24 au matin, le train finit par démarrer, toujours plein Ouest. Micke expliqua à l’infirmière qu’il n’avait plus eu commerce avec la gent féminine depuis une éternité, et qu’il aimerait bien faire crac-crac avec elle. La jeune fille se récria, en disant qu’elle était née Baronne Dita Von Paraboum et que c’était pas demain la veille qu’elle accorderait ses faveurs à un demeuré peigne-cul de 2ème classe, avec d’aussi larges étiquettes de Dumbo au demeurant. Micke souleva alors juste un peu le masque à gaz, la Baronne tomba derechef dans les pommes, permettant ainsi à notre héros de faire ses petites affaires sur un jeune corps, certes inanimé, mais qui avait tout ce qu’il fallait pour le contenter. Revenue à elle, Dita remonta sa culotte, rabaissa sa jupe et promit de faire un rapport carabiné à la Prévôté Militaire où elle connaissait un voisin du cousin au barbier de son palefrenier qui était une sommité, et qu’il ferait bien de craindre le peloton d’exécution pour son immonde viol. Micke haussa les épaules, souleva de nouveau le masque, la re-besogna encore. Nouvelle engueulade peu après, re-soulèvement du masque, etc, etc… Ce petit manège dura jusqu’à l’arrivée à Lvov deux jours plus tard. Evidemment, les dix brancards n’étaient plus occupés que par dix cadavres… Dita descendit sur le quai, enleva son masque et, pour la première fois depuis longtemps, elle avala une telle goulée d’air frais qu’elle en oublia immédiatement son ressentiment. Elle s’enfuit à toutes jambes en se promettant d’émigrer au plus tôt à Cologne, pour son eau, dans un premier temps, puis, dans un deuxième temps, sur la Riviera française, à Grasse pour être précis, bourgade célèbre pour ses parfums(3).

Quelques pauvres bougres, encadrés par des SS en armes mais à distance raisonnable, évacuèrent alors les civières. Avant de reprendre sa route vers Krakow (Cracovie), Micke alla se ravitailler à la gare. Il y fit la connaissance d’une petite escouade de trois hommes de l’ex-LVF, rebaptisée depuis la veille en « Division Charlemagne » (2) et qui partaient en perme en France. Micke fut tout content de pouvoir de nouveau parler la langue d’Erckmann-Chatrian, il leur proposa de voyager avec lui, mais, bien sûr, assis sur le plancher et portes ouvertes. « Oh ! Tu sais camarade, dit l’un d’eux, je m’appelle Vandeputte et je suis du Nord, je suis habitué à la Boulette d’Avesnes, au Vieux Lille et au Maroilles. Alors, tes soit-disant odeurs dans ton wagon, ça ne peut pas me déranger ! », « Tout comme moi, plussoya le second, je suis de Vesoul et notre Cancoillotte ne sera jamais égalée ! », « Aïo !_ renchérit alors le troisième_ la Traque et le Brocciu de ma Corse natale ont toujours empêché les fridolins de débarquer chez nous, ils ont laissé ça aux ritals à l’odorat moins délicat, foi de Toussaint Chipaoli-Vaopo ! »…alsace01      « Ah ouais, tout de même, s’exclamèrent-ils à l’unisson au moment de grimper dans le wagon, c’est du brutal ! Ton Colonel cocotte  comme cent-mille diables ! …Enfin, à la krieg comme à la krieg ! » Micke passera quatre jours avec ces éphémères compagnons qui, arrivés à Cracovie, lui déclarèrent un peu penauds : « Ecoute mec ! On doit t’avouer qu’on n’ y tient plus, on croyait être blindés en la matière, mais ton cercueil a vraiment des relents innommables. On va essayer de se trouver quelque chose de plus… aéré » Et ils détalèrent sans demander leur reste…

Dans la gare, le responsable du trafic ferroviaire, en humant seulement ledit wagon à 25 mètres, crut de bonne foi qu’il était expressément destiné à une contrée voisine, distante de 65 kms. Avant de pouvoir se faire entendre, le bouzin roulant de Micke fut rattaché d’autorité en quatrième vitesse_ sans doute à cause de l’odeur _ à un train uniquement composé de wagons de marchandises ou de fourgons à bestiaux, et qui s’ébranla aussitôt.

Moins d’une heure plus tard, Micke constata que le convoi ralentissait, un panneau signalait le nom de la localité : Auschwitz-Birkenau. Le train s’engagea alors sur un aiguillage qui lui fit quitter le réseau principal. Au bout de quelques minutes, il stoppa. De tous les autres wagons descendirent des malheureux aussitôt pris en charge par des gestapistes vociférateurs. Un officier vint vers Micke, un mouchoir sur le nez, et l’apostropha pour lui demander qu’est-ce qu’il venait f… dans les parages. Micke exhiba tous ses documents. « Houlà ! _ dit l’Hauptsturmführer_ le Chef de Gare de Cracovie s’est foutu dedans et vous a mal orienté ! Le problème est que ça ne va ne pas être simple de régulariser votre cas. Vous connaissez la bureaucratie du Reich, pour rétablir la situation, ça va être baumwolle (=coton), il va falloir du temps ! » Du temps, du temps… D’accord, mais jamais notre Micke n’aurait pensé rester dans cet enfer trois semaines. Oui, oui, vous avez bien lu : Trois semaines !!! C’est en supputant ce qu’il se passait dans cet horrible endroit qu’il se fit la promesse de déserter au plus tôt cette armée de fous et de criminels.

Arrivé le 1er Août, ce n’est finalement que le 21 de ce même mois que son wagon put être acheminé de nouveau vers Cracovie, et attelé à un train en partance pour Breslau (=Wroclaw aujourd’hui). Les tortionnaires avaient fini par s’habituer à lui, consigné dans son wagon, et même à le prendre en sympathie ; ils lui lancèrent une dernière vanne au moment de partir : « Il était temps que tu dégages, ton odeur commençait à faire sérieusement concurrence à celle de notre camp ! »

Quitter la Pologne et franchir la frontière du Reich n’apporta pas un grand soulagement à notre ami. Le train se traînait lamentablement, faisant des arrêts fréquents dans des gares minuscules, voire en rase campagne. Son convoi n’était pas prioritaire face aux renforts qu’on dépêchait vers l’Est, et l’approvisionnement en charbon était difficile et aléatoire. Il lui fallut quatre journées entières pour atteindre Breslau. Micke, pendant ce périple, put observer que la gueule des civils, et même celle des militaires, n’affichait pas une joyeuse béatitude. Au contraire, les gens avaient plutôt une mine soucieuse, sans doute que les nouvelles du front de l’Est ne comblaient pas les espérances du Grand-Etat-Major et des populations. Cela renforça Micke dans son intention de se carapater de ce piège à cons dès que possible.

Il atteignit donc Breslau le 25 Août. Là, on le prit en charge sur un train « civil » pour Dresde, toujours en queue bien évidemment.

De délais en reports, de suspensions en retards, il ne quitta la capitale de la Silésie que le 28 Août. Il commençait à trouver le temps long, mais finit par se consoler en se disant qu’il valait mieux être là où il était plutôt que dans un corps à corps avec les popofs. Il se demanda même combien de ses camarades alsaciens étaient déjà tombés, sous l’uniforme feldgrau, depuis son départ.

Le train marchait bien et il arriva à Dresde au milieu de la nuit du 29 au 30. Beaucoup d’animation autour de lui, les gens venaient se réfugier en masse dans cette ville jamais bombardée auparavant (4). La gare était engorgée et on ne put extirper son plateau que deux jours plus tard pour l’acheminer vers Nuremberg. Il s’était amusé de la foule qui faisait un large crochet lorsqu’elle approchait son wagon. Malgré cela, 90% des passants n’arrêtaient pas de dégobiller, des vieillards firent des arrêts cardiaques et des femmes enceintes accouchèrent prématurément.

Il arriva à Nuremberg pour le 1er Septembre, tout semblait maintenant aller beaucoup plus vite. On ajouta sa voiture à une correspondance pour Stuttgart, et fouette cocher ! Le hic se produisit six heures après : Grand centre industriel, la ville aux centaines d’usines, le tout quasiment en ruines, était la ligne de mire idéale des raids des alliés, et la plus grande confusion y régnait. Les voies de communication constituant des cibles de choix, c’était un véritable chaos dans un cercle d’une quinzaine de kilomètres autour de la capitale badoise. Des équipes de cheminots de la Reichbahn, des compagnies entières de KG (5), des volontaires des jeunesses hitlériennes et des civils plus ou moins bénévoles (ou, si vous préférez, plus ou moins réquisitionnés)  s’activaient pour réparer au mieux les dégâts occasionnés par des bombardements répétés. Le train suivait alors à toute petite vitesse des arabesques capricieuses, il revenait même quelquefois en arrière… Cette valse-hésitation prit deux jours entiers avant que Micke ne se fasse repérer par les régulateurs de Stuttgart, complètement dépassés par les évènements. Encore deux jours d’attente avant qu’on n’attelle son pestilentiel équipage à un train à destination du GrossParis via Strasbourg. C’est le 4 Septembre à minuit que Micke franchit enfin le Rhin au pont de Kehl.

Il atteignit la gare centrale de Strasbourg une demie-heure plus tard. « P… de b… de m… ! _ s’exclama un responsable du trafic_ On t’attend depuis plus de six semaines ! Qu’est-ce que t’as bien pu branler pendant tout ce temps ? L’embrouille, c’est qu’on est aujourd’hui Dimanche, et que ça va être duraille pour prévenir les autorités qui devaient faire une cérémonie de réception pour ton Colonel à la mords-moi-le. D’autre part, tu peux pas rester là, tu schlingues comme c’est pas Dieu possible, même l’haleine de chacal de Goebbels, avec toutes ses dents cariées, semble une fragance de rose en comparaison. Je vais t’envoyer en stand-by à la gare de triage et de réparations de Neudorf (6), en attendant d’aviser qui de droit… Oups ! En parlant « d’aviser », ça me fait penser qu’il y a un gars de la boîte qui m’a demandé de le prévenir de ton arrivée ; Philou Schourave, ça te dit quelque chose ? » Micke fit, bien sûr, une réponse négative et accepta l’idée d’être remisé provisoirement au dépôt.

Une fois détaché, une sorte de Decauville trimbala le wagon jusqu’à Neudorf. « Hé Trouduc _ lui lança le chauffeur_ je vais te mettre en isolement sur une des voies désaffectées et loin de tout, parce que, ben mon salaud, je peux t’assurer que ta puanteur dépasse de loin le collecteur des égouts de toute la ville ! Si tu veux te restaurer ou te décrasser, t’as une cantine et un foyer de cheminots à 150 mètres derrière toi. » Micke remercia et sourit. Si tout se passait bien, ce serait la dernière nuit qu’il aurait à passer avec le cadavre. Il se rendit à la cantine, but force bières en engloutissant une monstrueuse choucroute dégoulinante de garnitures plus grasses les unes que les autres…

Lundi 6  Septembre 1943 (1): Micke se réveilla tardivement, son repas de la veille le rappela à la réalité, son estomac gargouillait terriblement et une envie irrépressible de se rendre aux chiottes lui tordait les intestins. Ce qu’il fit, mais, dans sa hâte, il oublia de refermer la porte coulissante du wagon… Comme il faisait encore très chaud, c’est torse nu qu’il se rendit en courant aux goguenots du foyer.

« C’est parfait, pensa Philou Schourave, voici donc bien le wagon KK 22 PQ, le gars que je vois s’en éloigner a bien les esgourdes en couvercle de lessiveuse. Le cousin Boni a fait du bon boulot ! A moi les 50 kilos de Munster pour améliorer l’ordinaire des miens ! » L’homme, muni d’un diable conséquent, s’approcha du wagon et, pour fêter son larcin, fit la seule chose absolument verboten qu’il ne fallait pas faire : Il se roula une cigarette…alsace02     On était alors aux alentours de midi et le grand bombardement de l’aviation anglo-américaine commença (1). Philou perçut les éclatements, mais c’était encore lointain, vers le centre de Strasbourg et de sa gare principale. Il haussa les épaules et, pour allumer sa cigarette, craqua une allumette. La déflagration fut prodigieuse : le wagon, le Colonel (Oh pardon ! Je voulais dire le Munster) et le Philou furent atomisés en une fraction de seconde. Micke, pantalon baissé, était à cet instant-là sur le trône et, ayant fini sa vidange, avait entrepris de tirer la chasse d’eau. Il pensa un instant que son geste était responsable de l’énorme explosion qui s’ensuivit en se retrouvant tout couillon avec la chaîne du caguoince à la main et presque plus de murs autour de lui. Le souffle considérable de la détonation fit également que son pantalon fut « soufflé » lui aussi, il se retrouva tout nu au milieu des décombres de la gare de Neudorf, complètement anéantie. Rien, rien, il ne restait plus rien du wagon, de son barda et de son malheureux Colonel, si ce n’était qu’un cratère de belle dimension ! Voyez aussi comme la guerre peut amener des situations bizarres : Ce même souffle dévastateur lui avait malmené les oreilles comme des volets claquant dans la tempête, il souffrit d’ailleurs quelque temps d’une surdité passagère ; par contre, ce grand déplacement d’air fit également un grand miracle, il lui déboucha les sinus pour la vie !

Micke, un peu sonné mais désormais non anosmique, fut secouru alors par la Défense Passive. La Rote Kreuz (=Croix Rouge) lui donna une couverture pour envelopper sa nudité. On l’envoya en observation à l’hôpital de Hautepierre. Il se fit passer pour un simple d’esprit (Avouons qu’il ne força pas beaucoup sa nature!) et le personnel, ayant d’autres chats à fouetter, l’examina sommairement, puis le laissa tranquille. C’est là qu’il se dit que le moment était venu pour lui de fausser définitivement compagnie à la Wehrmacht. A la morgue de l’hosto qui regorgeait de victimes, il s’habilla de bric et de broc avec les vêtements des uns ou des autres. Il y avait affolement général dans l’hôpital, et personne ne fit attention à ce gars qui en sortait, il avait pourtant des étagères à mégots remarquables. Il prit la direction de Colmar, à pied, vers son petit village reculé de Mittlach, au fin fond de la vallée de Metzeral. Le voyage serait long mais au moins, là-bas, la famille et les amis le cacheraient jusqu’à la fin des hostilités…

Le lendemain, «L’Elsässer Zeitung », le quotidien local à la botte des nazis, stigmatisa les alliés de faire une guerre « sale et immorale »(sic) en ayant utilisé une atroce nouvelle arme de destruction massive sur la gare de Neudorf. Un seul impact, certainement équivalent à plusieurs kilotonnes de TNT, avait pratiquement rasé toutes les infrastructures ferroviaires. Radio-Londres, bien que n’y comprenant que dalle, ne démentit pas…

…En 1957, lors d’une réunion d’anciens combattants « malgré nous », monsieur Koppol-Hanau, cafetier-conseiller municipal à Mittlach, recroisa la route de monsieur Boni Schourave, repris de justice récemment libéré. Ce dernier lui rappela le « bon vieux temps » (?) de Koursk, mais surtout, il lui révéla le véritable contenu de ce qu’il convoya sur des milliers de kilomètres…

***°oOo°***

     Son récit fini, toute la maisonnée part dans d’immenses éclats de rire, à en faire trembler les cloisons. On allume alors le « gâteau », Grand-Papy Micke se penche au-dessus et secoue la tête par deux fois. Le vent produit par ses antennes paraboliques latérales éteint instantanément les bougies, tout le monde applaudit ce tour de force en s’esclaffant… Les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants se tapèrent encore sur les cuisses pendant au moins trois jours…

Gérard – 2013

  1. = Authentique.
  2. = LVF : Légion des Volontaires Français. La Division Charlemagne fut réellement créée le 23 Juillet 1943.
  3. = Nota Bene de Gérard C., historien-généalogiste : Cette brève liaison eut des conséquences curieuses. La Baronne Dita tomba enceinte de Micke et finit par mettre au monde une fille, Bertha . Dans les années soixante, cette demoiselle fit les belles nuits du « Crazy Horse Saloon », à Paris, grâce à un numéro sulfureux de strip-tease « nazi » très olé-olé. (NB: Cliquez, éventuellement plusieurs fois, sur l’image pour avoir sa taille originale)alsace04
  4. = Ce qui sera, hélas, le cas les 13 et 15 Février 1945 (1).
  5. = KG : Kriegsgefengener (Prisonniers de Guerre).
  6. = Neudorf est un faubourg de Strasbourg, aujourd’hui complètement intégré dans l’agglomération, et comprenait effectivement un dépôt ferroviaire et un triage dans les années 30/40.

Nota Bene final de Gérard C., fin gastronome : J’aime, j’adore le Munster !alsace03

 

Rappels dans la même veine: http://gigaproduction.fr/2008/12/14/journal-intime-deva-braun/ en Novembre 2008, et http://gigaproduction.fr/2010/09/20/angelique-wehrmacht/ en Septembre 2010. Si le coeur vous en dit!

Actu-m’en diras tant Mai 2013

Posted in Actualités & hors-série on mai 10th, 2013 by gerard – 2 Comments

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Les titres de l’Actualité auxquels vous avez échappé (« Personne n’obligera le pot de terre à taire ce que se permet le pot de fer de faire » (Jean Brasier 1910-2003):

Quelques petites blagues pour vous faire réviser votre anglais:

1/ Vocabulaire: -Barman, make me Shbakcnjvfhnlfwlfgweg with lemon.

-Shbakcnjvfhnlfwlfgweg with what?

2/ Horrible: Whats the difference between Boy Scouts and Jews ?

Boy Scouts come back from camp.

3/ Bon sens: It doesn’t matter if you’re black, white, old, young, tall, short or even if you’re from another country.

It’s what’s INSIDE that counts.

I love you refrigerator.

4/ Exotique: Tarzan leaves the jungle, comes to civilization, and applies for a job.

Interviewer: Name?

Tarzan: Me Tarzan.

Interviewer: Married?

Tarzan: Wife Jane.

Interviewer: Children?

Tarzan: Son Boy.

Interviewer: Anything else to your name besides Tarzan?

Tarzan: Tarzan, King of the Jungle.

Interviewer: Jane’s Whole Name?

Tarzan: Jane’s Hole named Pussy.

5/ Philosophique: Descartes walks into a bar, the barmen asks « Can I get you a drink? »

Descartes replies, « I think not » then instantly vanishes.

Emeline et Adalbert 16

Posted in Oulibouf on mai 10th, 2013 by gerard – Be the first to comment

emelineP

XVI

Emeline ne trouvait pas le sommeil.

 Ayant décidé d’intervenir pour empêcher le mariage de Guillemette avec un vieux barbon, fut-il riche comme Crésus, elle imaginait  divers stratagèmes  sans trouver celui  qui puisse convenir à coup sûr. Son esprit occupé à la réflexion, ne prit pas garde que ses petites mains s’étaient mises  à pianoter sur son entre cuisses, ses doigts fouineurs s’immisçant dans quelques recoins secrets, provoquèrent des ondes bienfaisantes qui  finirent par déclencher l’orgasme libérateur et la mener au pays des rêves.

La nuit ne semblait pas  avoir apporté conseil et le  lendemain, elle évoqua la question avec Albine ; cette dernière eut le sourire railleur de ceux qui ont en tête une idée originale, apte à contourner les difficultés.

–         N’oubliez pas comtesse que je suis issue de cette lignée des gens du voyage, ces gitans comme on dit parfois, capables d’embobeliner les badauds, les gogos et autres gobe-mouches.

–         Aurais-tu une  idée pour contrecarrer cette union contre nature ?  

–         Une, peut-être, plusieurs sûrement. Je vais déjà aller me vêtir pour  rendre visite à ce vieux birbe.

Un moment plus tard, Albine revint vêtue comme elle l’était  autrefois, à l’époque ou avec les siens elle parcourait les routes de France : une longue et ample jupe multicolore et un boléro  dont le décolleté laissait entrevoir une très agréable gorge, des socques à hauts talons qui affinait la cambrure de ses reins ; elle avait libéré ses longs cheveux noirs, d’ordinaire en chignon,  qui pouvaient désormais aller et venir au gré de ses gracieux mouvements de tête.  Emeline dut reconnaitre que ce costume lui allait à ravir et un touche d’onguent sur les lèvres et les paupières termina de lui donner l’aspect féérique que l’on souhaitait.

Albine prit le chemin de la ville et se rendit à l’échoppe du vieux soupirant, qui tenait commerce de tissus de draps et de soie. Il se montra aimable avec cette cliente, dont il reconnut l’origine et savait par expérience  le goût qu’elle devait éprouver  pour les étoffes chamarrées. Albine lui sourit, pour l’amadouer, et soudain s’immobilisa, afficha un visage figé, comme soumis à une intense réflexion.

–         Que vois-je  cher  Monsieur, je lis dans vos yeux un grand changement sur le point de subvenir, un hymen qui va bouleverser  votre vie.

–         Et par quel miracle tenez-vous donc cela ?

–         Vous devriez savoir que les gens de ma race ont reçu du ciel des dons de divination que nous sommes les seuls à posséder. Je suis d’ailleurs persuadée  que vos lignes de main attestent  une union que vous souhaitez ardemment,  suite à un pénible veuvage.

Machinalement, le marchant tendit sa main et Albine put aisément poursuivre  ses fariboles. Elle laissa entendre qu’un mariage était envisagé, mais ce que le notaire avait caché, c’est qu’il projetait une union, non avec sa fille cadette, une jeune et jolie nymphette, mais avec une vieille cousine, prénommée elle aussi Guillemette, d’un âge plus que canonique, aux appâts surannés,  dont il avait la charge depuis de trop longues années  et désirait s’en débarrasser.

Le vieillard goba tout et  pris d’une furieuse  colère, projeta de se rendre auprès de ce déloyal notaire, afin de lui signifier sa façon de penser. Pour faire bonne mesure, Albine ajouta quelques billevesées et autres calembredaines, aptes à semer la zizanie entre les deux hommes et rompre définitivement tout rapport entre eux.

Durant ce temps, comme prévu, Emeline alla trouver le notaire pour lui signaler une  information concernant ce négociant sur lequel couraient de multiples bruits : il avait une fâcheuse tendance à débiter n’importe quelle stupidité prenant comme avéré la moindre ineptie, et il était urgent de ne pas tenir compte de ses divagations.

Les deux hommes se rencontrèrent, se chamaillèrent, se heurtèrent. On se  traita de félon,  d’escroc,  de canaille, d’homme sans foi, de fourbe, de traitre, de tous les qualificatifs possibles ; l’ire les submergeant, ils en arrivèrent aux mains, un  soufflet parti, suivi d’un coup de pied, et il fallut l’intervention de Guillaume pour séparer les belligérants et  mette fin à l’algarade de ces gérontes.

 On l’aura compris après cette altercation, l’union prévue ne se fit pas et c’était très bien ainsi. 

Il fallait fêter l’heureux évènement. Guillemette à cette occasion décida de  perdre enfin son pucelage avec son Roland ; les amoureux, après quelques   petits attouchements qui leur étaient coutumiers passèrent aux choses sérieuses et Roland  n’hésita pas  à entrer dans le vif du sujet, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi. Tout naturellement, trouvant cette caresse délicieuse,  Guillemette poussa ses premiers   » aaaaaaaaaaaa !!!!  » de plaisir, n’hésitant pas à quémander quelques reprises. Gageons que nos tourtereaux, à l’aube de leur vie sexuelle,  trouveront avec le temps  d’autres façons originales pour parvenir au septième ciel, et éviter la monotonie des actes répétitifs.

Albine toujours aussi amoureuse de son Renaud, n’hésita pas à revêtir souvent, dans leur intimité, son magnifique costume de gitane  dont il avait apprécié  l’élégance, et dont la vue produisait sur lui de très vives réactions.  Ce fut pour ces éternels amants l’occasion d’imaginer de nouvelles postures,  en particulier celle du drapier berné et surtout celle de la gitane enflammée.

Quant à Emeline, quelques jours plus tard, tous les bonheurs lui survinrent ;   Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, arriva  un soir à l’improviste accompagné de Florian. De toute évidence, l’un des deux hommes était de trop ; en bonne épouse, après s’être fait très belle pour de nouvelles retrouvailles, elle accorda pour la nuit la priorité à son Adalbert  mais Florian trouva auprès d’Aglaé, la fidèle servante, les trésors d’imagination qu’une femme d’expérience recèle en elle ; d’ailleurs, il se reprocha de n’avoir pas tenté plus tôt de lutiner cette coquine mature aux infinies ressources.

Adalbert Flavien Gaétan de Coucy fut tout aise de retrouver son castel qu’il avait quitté quelques années auparavant et apprécia toutes les améliorations que Renaud y avait apportées, tant à l’intérieur, qu’à l’extérieur. Durant le repas, il annonça la venue prochaine du roi mais se réservant de donner d’autres détails ultérieurement. On parla surtout du bon canular monté au marchand de tissus, qui fit bien rire Adalbert.

–         Renaud, mon fidèle majordome, tu taxeras ce malotru, un peu plus qu’à l’ordinaire pour lui apprendre à vouloir épouser des filles trop jeunettes pour lui.

On se quitta pour la nuit. Dans l’escalier en colimaçon qui menait à leur chambre, Emeline se souvint de cette situation qu’elle avait autrefois vécue lors de son passage au château du chevalier Géraud. Elle décida de reproduire l’évènement et souleva bien haut son bliaud, à la grande satisfaction d’Adalbert qui s’exclama :

–         Emeline, ma très chère épouse vos fesses sont toujours aussi ravissantes, rondes à loisir, attirant les mains et le reste ; elles  me font un effet fou. Je pense…

–         Je vous en prie Adalbert, pensez moins et agissez !

Et Adalbert la gratifia d’une bonne levrette prélude à une joute qui perdura tard dans la nuit, apportant aux époux d’indicibles bienfaits. Emeline constata, une fois de plus, que son Adalbert était un homme de ressources. Entre deux reprises, alors que le couple reprenait son souffle, il annonça la bonne nouvelle, dont il avait pour elle, gardé la primeur :

–         Emeline ma mie, lorsque viendra le Roi, il y aura une grande chasse dans la forêt orléanaise, mais aussi et surtout le Roi signera un édit érigeant notre fief en marquisat. Ma chère, vous allez devenir Marquise !

–         Marquise est-ce possible ? Vous m’en voyez toute retournée…

Effectivement, ils se retrouvèrent en une position toute retournée,  inoubliable tête à queue, l’un des premiers de l’Histoire sans doute, qui apporta à chacun un mémorable orgasme et les plongea dans un délicieux sommeil.

*****

Adalbert Flavien Gaétan de Coucy prépare activement l’arrivée du Roi, avec les écuyers chargés de l’assister dans sa charge de Grand Veneur car le clou de la réception sera une chasse, divertissement très apprécié par le monarque.

Adalbert sait qu’il ne doit pas décevoir son souverain, puisqu’à la cour de France, sa soudaine faveur a fait quelques jaloux et en particulier, un certain Enguerrand de Coucy. Enguerrand et Adalbert descendent d’un même illustre ancêtre contemporain du carolingien  Charles III le simple, un certain Boves, dont une lignée fit florès en Picardie ; à côtés de ces brillants Coucy, une famille collatérale, moins connue, installée dans l’Orléanais, avait tout de même donné de valeureux guerriers à la royauté, dont le dernier en date, notre glorieux  Adalbert Flavien Gaétan.

Enguerrand, actuel chef de la branche aînée jaloux  de  ce cadet qui bénéficiait de la bienveillance royale, fit grand tapage ; le Roi lassé  par ces jérémiades, consigna cet envieux dans sa forteresse picarde, éleva le fief d’Adalbert en marquisat,  et pour éviter à l’avenir une homonymie fâcheuse source de zizanie,  il affecta du patronyme de Coursy, Adalbert et sa descendance. Au cours de sa visite, il devait signer  » l’édit de Coursy » notifiant ces décisions.

Ce nom perdure de nos jours ; c’est  la commune de Coursy aux Loges dans le Loiret. Ce qui prouve bien que Raimondo n’avance  pas que des élucubrations sans fondement, comme l’ont laissé entendre quelques lecteurs grincheux. (Note de l’éditeur)

De son côté, Emeline, fit appel à Aude et ses baladins pour assurer divers intermèdes récréatifs, que l’on présentait durant les repas, entre chaque plat. Albine avec un clan de gitans montreurs d’animaux qui campait dans les environs mit au point un spectacle au cours duquel elle n’hésita pas à montrer ses talents de danseuse.

On attendait plus que l’arrivée du Roi et sa suite.

Durant ce temps, Florian, eut l’occasion de s’entretenir avec Emeline ; il la mit au courant de ses projets immédiats : toujours à la recherche de Marco, mystérieusement disparu, il souhaitait se rendre  à Dijon auprès de la duchesse de Bourgogne et trouver la Sœur Bénédicte ainsi que le lui avait conseillé l’énigmatique nonne au parfum particulier. Depuis quelques temps déjà les deux cousins n’avaient pas eu l’occasion de s’octroyer un moment de bonheur en toute intimité. Emeline proposa à Florian de venir la rejoindre dans un des salons isolé du château. Aude s’était jointe à eux ce qui leur permit de jouer  à la triplette orléanaise assortie du triangle de Pythagore. C’est ainsi que Florian fut mis au courant de la complicité qui liait  les deux femmes et qu’il participa avec bonheur à leur intimité.

Le Roi fut enchanté de l’accueil  reçu  au Château de Coursy  et pour exprimer sa satisfaction octroya au marquis une rétribution exceptionnelle, payable par la bourgeoisie du fief, afin d’honorer Adalbert pour son nouveau titre. Parmi les divers spectacles qui lui furent présentés, le souverain apprécia particulièrement la prestation d’Albine  qu’il détaillait d’un œil concupiscent ; la jeune femme aux formes ravissantes avait éveillé en lui quelques idées guillerettes. Il pria son chambellan de l’inviter  dans ses appartements ; bien sûr, Albine se doutait de ce que cachait cette invite. Toute autre qu’elle eut été honorée d’une telle proposition ; mais s’il fut un temps où elle aurait dit oui sans hésiter, aujourd’hui, fidèle à son Renaud, elle ne pouvait se décider à le tromper, fut-ce  avec le Roi. Elle s’en ouvrit à Emeline qui, avec son amie Aude, donnèrent au souverain une nocturnale, dont il garda longtemps le souvenir et que son biographe, moine de St Denis chargé de rapporter ses faits et gestes, consigna scrupuleusement en ses manuscrits.

Cette nuit-là, Renaud et Aude se donnèrent avec fougue et amour : neuf mois plus tard naissait une  adorable fillette, belle comme une fée et que l’on prénomma de ce fait Viviane.

Adalbert Flavien Gaétan de Coursy, après le départ du Roi, prit ses vacances d’été octroyées par son royal suzerain ;  il put se consacrer pleinement à sa chère Emeline, ce qui ne l’empêcha pas de lutiner quelques jeunes damoiselles de la  région ravies d’avoir éveillé l’attention de leur marquis.

Florian quant à lui, se pressa vers Dijon ainsi que le lui avait conseillé la mystérieuse religieuse au subtil parfum. Au palais ducal il demanda à voir la duchesse de Bourgogne sans oublier de mentionner le nom de sœur Bénédicte ; ce fut le sésame qui lui permit d’être reçu aussitôt dans un élégant salon du palais.

–         J’ai appris que vous recherchiez Marco ; pouvez-vous m’en faire connaitre la raison afin que je puisse juger du bien-fondé de cette recherche ?

–         C’est une longue histoire mais avant tout une histoire d’amitié.

Et Florian conta par le menu, toutes les aventures qui rapprochèrent ces deux compagnons, depuis leur rencontre sur le Poséidon, jusqu’à la disparition soudaine de  Marco,  le soir du bal donné à Dijon en l’honneur du Roi.

–         La vie n’ayant  pas toujours été clémente avec ce garçon,  j’avais grande envie de le prendre à mes côté et l’aider à s’établir. Je sais, pour être un cadet de famille, qu’il n’est jamais aisé d’atteindre  un certain rang dans la vie ; imaginez ce qu’il en est  pour un enfant né de parents inconnus ! 

–         Mais sachez, cher Florian, qu’on ne peut plus dire désormais que Marco est un enfant trouvé.

Et devant l’air étonné de Florian, la duchesse se lança dans un long monologue d’explication.

 » Née dans une famille de petite noblesse, rien ne me prédisposait à devenir un jour duchesse de Bourgogne. Dès mon plus jeune âge, on me cloitra dans un couvent, charge aux moniales de m’inculquer une certaine instruction et le faire naître en moi le désir de devenir à mon tour religieuse. Je supportais assez mal cette obligation dictée par ma famille et parmi les nonnes, la sœur Bénédicte m’aida à supporter cette draconienne obligation, elle-même ayant prononcé des vœux par obligation comprenait mon désarroi.

Chaque semaine, un prêtre de la région s’en venait confesser ce petit monde clos et bien sûr, pour éviter que des idées fantasques ne viennent troubler la sainteté du lieu, on le choisissait vieux et si possible suffisamment disgracieux. Or  un jour, je ne sais trop pour quelle raison, vient un jeune abbé qui enflamma le cœur de sœur Bénédicte, le prêtre n’étant pas lui-même insensible à cette femme jeune aux attraits certains. Celle-ci me conta par le menu les moments délicieux qu’elle vécut alors, y compris celui qui conduisit les deux amoureux au nirvana du plaisir.

Ce qui devait arriver arriva : la mère supérieure, fine mouche, s’aperçu que  sœur Bénédicte ne lavait plus, comme toutes les religieuses encore jeunes, ces intimes linges mensuels que même les nonnes doivent utiliser. Il était trop tard pour prendre des mesures d’autant que les amants avaient fui ; j’étais la seule à savoir qu’ils allaient rejoindre Padoue où le jeune prêtre poursuivait des études théologiques. »

–  Et vous n’êtes jamais devenue religieuse ?

–  Le ciel a été clément avec moi : mon frère ainé trépassa  à la suite d’une chute de cheval, ma sœur ainée succomba à une épidémie de fièvre maligne, mes oncles ont péri durant les croisades ; au décès de mon père, je devins une très riche héritière convoitée pour ses nombreux domaines par la maison ducale de Bourgogne.

 

On gratta à la porte et une jeune femme élégamment vêtue se présenta. Florian ne la reconnu pas sur le champ, mais il fut frappé par ce parfum de marjolaine qu’il n’avait pas oublié, celui de cette nonne rencontrée aux portes de Paris.

–         Ne seriez-vous pas cette religieuse que j’ai…..

–         Je ne suis pas plus religieuse que vous. Je suis Odinette.

–         Et Odinette est ma femme de confiance, chargée d’assurer les menus services dont j’ai besoin,  ajouta la duchesse. C’est elle qui désormais va vous guider vers votre ami Marco.

–         Raimondo (à suivre) – 2013

La ronde

Posted in BombayTV on mai 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
Ils font tous ça, il est seulement interdit de se faire prendre:
ciné1

Le bon, la p… et l’alcoolo…

Posted in Remixito on mai 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
…les autres programmes politiques aussi d’ailleurs!
ciné2ciné3

Fiat lux

Posted in BombayTV on mai 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
Se méfier des contrefaçons:
ciné4NB: Ouais, je sais, « allumer la lumière » ça fait un peu-beaucoup pléonasme!

Dinosaure femelle

Posted in BombayTV on mai 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
La passion de toute une vie:
ciné5

Tiré par les cheveux…

Posted in BombayTV on mai 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
Nabimbobilla fait le buzz:
ciné6

Allo Nabilla, pourquoi tu tousses?

Posted in Bmovie-TV on mai 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
Elle fait décidément un tabac sur les médias:
ciné7