Archive for juillet, 2013

Parodies 07

Posted in Oulibouf on juillet 20th, 2013 by gerard – Be the first to comment

Adhémar et moi, nous nous y collons une fois de plus!PantheonAdhemarA tout seigneur, tout honneur. Et voici le Colloque sentimental de Verlaine (original:  http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/paul_verlaine/colloque_sentimental.html  – Fêtes galantes – 1869) revisité par Adhémar:

Colloque financier

Dans le grand hall solitaire et glacé

Deux ombres ont très longtemps bavassé.  

 

Leurs yeux sont lourds et leurs lèvres sont molles

Et l’on se fout totalement de leurs paroles.

 

Dans le vieux hall solitaire et glacé,

Deux spectres ont très longtemps jacassé.

 

— Te souvient-il de notre entente ancienne?

— Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?

— Ton staff s’occupe-t-il toujours du gros pognon ?

Vois-tu toujours la banque en rêve ? – Non.

 

— Ah! les beaux jours de bonheur indicible

Où nous faisions grimper la Bourse! – C’est horrible!

 

Qu’il était beau le fric, et si gros les bénefs !

— L’espoir a déjà fui, mais s’enfuit derechef.

 

Tels ils allaient, contant leurs fariboles,

Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Adhémar-Paul Vers-l’aine – 2012

Puis une adaptation très libre, et même au niveau de la métrique des vers, de La conscience de Victor Hugo (original: http://www.victor-hugo.info/poemes/158.html La légende des siècles – 1859):

L’inconscience

Lorsqu’avec ses enfants, qu’il avait eu je ne sais pas avec qui

(la Bible ne s’est pas fatiguée à nous le dire)

Vêtus par Lapidus,

bien coiffés par Carita, rubiconds, loin des députés et sénateurs,

qui votaient le mariage entre  boxeurs et masseurs,

Caïn se fut enfui de l’Assemblée Nationale

en poussant des cris d’horreur,

comme le soir tombait notre Caïn arriva caha

sur la place du Marais à Lutèce.

Son mignon fatigué et ses fils hors d’haleine

Lui dirent : c’est plein de tatas !

Couchons-nous mais ne dormons que d’un œil.

 

Caïn ne dormant pas, songeait comme un couillon.

Ayant levé la tête vers les hordes de tantes,

il vit un grand pénis, brillant au firmament,

et qui le menaçait dans l’ombre férocement.

Je suis en danger, dit-il avec un tremblement.

Il réveilla ses fils, ses filles, son bardache,

(je le proclame ici, bien que cela me fâche),

et se remit à fuir, effrayé, vers St Trop.

Il marcha trente jours, poursuivi par le zob.

ll allait, muet, sombre, attentif à tout bruit.

Après les trente jours, il marcha trente nuits !

Furtif, ne regardant jamais derrière lui,

Sans repos, sans sommeil, il atteignit Sénéquier,

et les yachts des nababs pas encore inventés.

Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr

(en tous cas plus sympa que ne l’était Assur).

Restons-y ! nous avons du monde atteint les bornes,

et de la connerie aussi, qui est énorme.

Dès la première nuit, il vit à l’horizon

Le grand pénis brillant dans le ciel de Toulon.

Alors, il tressaillit, en proie à des caguettes !

Cachez-moi, cria-t-il, la main dans la braguette

De son copain de lit qui fumait un pétard.

Tous les fils regardaient trembler l’aïeul farouche

sauf un seul qui faisait des trucs avec sa bouche.

Caïn dit à Morsi, père de ceux qui vont

sous des tentes de poil dans le désert à la con :

« Place  de ce côté la troupe des tarlouzes

et mets au premier rang l’affreux Jamel Deux-bouses ».

 

Quand la muraille humaine eut bouché l’horizon,

Vous ne voyez plus rien ? dit Jordi l’enfant blond.

Le plus beau de ses fils, mignon comme l’aurore,

Et Caïn répondit : « Je vois ce zob encore ! »

Eyro, le radoteur, parlant pour ne rien dire,

Cria : je saurai bien supprimer cette bite !

Il fit alors construire un mur de pommes cuites.

Et Caïn dit : ce zob me menace toujours.

El Assad dit, il faut faire un grand génocide

avec les habitants d’Homs et de Damas,

ramener les macchabs et en faire un grand tas

pour que l’ami Caïn ne voit plus cette hampe.

Alors,  le  vieux  Strosh-Kane,  père des cornichons,

Proposa de bâtir un immense boxon

et de cacher Caïn au milieu des putasses.

Caïn se réjouit, exigeant qu’on le fasse.

Sur la porte on grava : Défense à Hollande d’entrer.

Quand il eurent fini de bâtir et murer,

on mit Caïn au centre, avec la maquerelle.

Mais lui restait lugubre, se grattant les aisselles.

Le zob a-t-il disparu, demanda la Casta ?

Et Caïn répondit : non, il est toujours là.

 

Pour tenter d’en finir, Caïn tout ahuri

décida de s’unir à Lolo Ferrari

La perle du boxon bâti par ses séides,

pour se cacher enfin sous ses jupes putrides.

Il dépouilla la belle de ses atours puants,

découvrit les parties préférées des amants,

puis il s’engagea seul dans cette voûte sombre.

Quand il  voulut lécher l’orifice dans l’ombre,

et qu’il vit les replis affreux de son vagin…

Le zob était dedans et menaçait Caïn !

Adhémar alias Totor Hugo – 2013autoprom09Boudiou! En faisant la poussière dans les entrailles de ma bécane, je suis tombé sur une parodie des « Conquérants » de José-Maria De Hérédia (cf http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jose_maria_de_heredia/index.html Les Trophées – 1893), je ne me souvenais plus avoir fait cette fadaise il y a six ans. Je vous la refourgue en m’excusant de ne pas coller à l’actualité, ça vous rappellera sans doute quelque chose:

Toujours de ce bon rosé Maria, extrait des « Trop faits » (comme le Camembert sans doute):

Les cons requérants

ou Les cons récurrents

ou Les quelconques errant…

 

Comme un bol de Benco, brûlant à faire mal,

Fatigués de vivre à la p’tite semaine,

De Poitiers, de Paris, Sarko et Ségolène

Partaient, ivres d’un rêv’ narcissique ou Royal.

 

Ils voulaient conquérir le merveilleux aval

Que donnent les sondages à ces deux phénomènes.

Et leurs fans, excités, psalmodiaient leur antienne

Aux forums de l’A2, TF1 ou Canal.

 

Chaque soir, en lorgnant l’accorte République,

Ils se voyaient champions du jeu démocratique,

Déambulant de fait au Palais Elysée.

 

Ou pintés_c’est navrant!_ dans un fond de poubelle,

Ils balbutiaient en choeur, étant alcoolisés,

En regardant filer leur gloire virtuelle.

Gérard – 2007

Je reviens maintenant à quelque chose de beaucoup plus récent:

Pour l’air, j’ai un faible pour Arletty plutôt que l’inamovible Juliette Gréco : http://www.youtube.com/watch?v=iJbFVar9HT0

Dans la rue des Blancs-Manteaux……Dans la rue d’Solférino
Ils ont élevé des tréteaux……………….Le PS a un château
Et mis du son dans un seau……………Occupé par des ribauds
Et c’était un échafaud…………………..Des pourris et des nigauds
Dans la rue des Blancs-Manteaux……Dans la rue d’Solférino


Dans la rue des Blancs-Manteaux……Dans la rue d’Solférino
Le bourreau s’est levé tôt………………Harlem Désir, cet escroc,
C’est qu’il avait du boulot………………Joue le rôle du bosco
Faut qu’il coupe des généraux…………D’un navire qui prend l’eau
Des évêques, des amiraux,…………….Son parti est un fiasco
Dans la rue des Blancs-Manteaux……Dans la rue d’Solférino


Dans la rue des Blancs-Manteaux……Dans la rue d’Solférino
Sont v’nues des dames comme il faut.Sont venus des rigolos
Avec de beaux affûtiaux……………….Pour planquer tous leurs pesos
Mais la tête leur f’sait défaut………….Vers Trinidad et Tobago
Elle avait roulé d’son haut……………..Mais ils nous la jouent mezzo
La tête avec le chapeau………………..Pour baiser le populo
Dans l’ruisseau des Blancs-Manteaux.Des bureaux d’Solférino

J-P Sartre & J. Kosma – 1944……….Gérard – 2013autopromo01

12 comic strips 07

Posted in Actualités & hors-série on juillet 20th, 2013 by gerard – Be the first to comment

comic23comic24comic25comic26comic27Brazil FloodsPUBLISHED by catsmob.comcomic30comic31comic32comic33comic34

Actu-m’en diras tant Juillet 2013

Posted in Actualités & hors-série on juillet 10th, 2013 by gerard – Be the first to comment

actu1307_01 actu1307_02actu1307_03actu1307_04actu1307_05actu1307_06actu1307_07actu1307_08actu1307_09actu1307_10actu1307_11 Les titres de l’Actualité auxquels vous avez échappé (« Personne n’obligera le pot de terre à taire ce que se permet le pot de fer de faire » (Jean Brasier 1910-2003):

1/ Nabilla n’est pas si Débilla,,, Le 11 Juillet, elle sortira un livre intitulé, bien sûr, « Non mais allo quoi ! ». Quand on sait que cette grande âme est capable de déclarer des c…ies du genre : « Je préfère de loin les shootings Américains, parce que les Américains c’est des fous, ils sont ouverts, open. Les français ils sont close, ils sont classiques. », on peut s’interroger sur l’intellect de la bimbo. Mais même si ce n’est pas elle qui l’a écrit à 100%, je suis prêt à parier qu’elle se fera un joli paquet de pognon avec des cacaphorismes du genre de : « C’est comme si j’te dis : T’as des tongues et t’arrives pas à faire tes lacets – T’es Ministre du Budget et t’as pas de compte en Suisse – T’es un Kinder et t’as pas d’surprise – T’es un léopard mais t’as pas d’rayures – T’habites Marseille , mais t’es fan du PSG – T’es un cheeseburger mais t’as pas d’fromage». Pourquoi lui en vouloir ? Arthur, en son temps, avait fait pareil avec « Ta mère, elle est tellement… que… »

2/ Kim Jong-Un fait fureur, voire führer : Il offre un exemplaire de « Mein kampf » à son Etat-Major ( http://fr.news.yahoo.com/coree-nord-kim-jong-offre-mein-kampf-à-060431561.html )

3/ Greffe d’un bras de lépreux sur un déjà-pas-bien-portant : C’est l’impression que donne l’intégration de la Croatie dans l’Union Européenne.

4/ Authentique : Ségolène Royal a fait effacer de sa fiche wikipedia toute allusion à ses amours avec Patrick Dewaere il y a longtemps ( « Alors étudiante, elle rencontre le comédien Patrick Dewaere qui va jusqu’à la demander en mariage. Mais Ségolène refuse : en effet, son nouveau nom de mariage aurait été Ségolène Dewaere ce qui lui interdisait toute ambition politique. ») MDR !

5/ C’est pas beau de se moquer : Dans l’intimité de ses proches, Sarkozy déblatère aussi sur le physique de Hollande : « Tu l’as vu, ce petit gros ridicule qui se teint les cheveux, aurait-il fait remarquer à un visiteur. T’en connais, toi, des hommes qui se teignent les cheveux ? » C’est vite oublier sa prestation télé du 29 Janvier 2012 où sa chevelure noir de jais avait fait polémique. Que voulez-vous : Carla Bruni, Nicolas blanchit, François grigri et Valé rit…

Emeline et Adalbert 17

Posted in Oulibouf on juillet 10th, 2013 by gerard – Be the first to comment

emelineQ

XVII

 Dans les longs couloirs du palais ducal dijonnais, Florian se laisse guider par Odinette. C’est une très jolie femme au corps harmonieux que l’habit de nonne dans lequel il l’avait rencontrée ne mettait pas en valeur ; dans le bliaud qui la moule Florian est émerveillé et de coquines pensées commencent à lui trotter dans l’esprit. Il aimerait en savoir plus sur elle, sur ses activités, sa vie, mais pour l’heure, il se contente d’observer un silence poli, en se laissant griser par les fragrances qu’elle dégage.

Ils se retrouvent dans un logement situé à l’extrémité du palais dont les fenêtres donnent sur un parc magnifique ou croissent des arbres et plantations florales de toutes sortes. Une jeune soubrette, affectée au service d’Odinette entretient les lieux, et en cette fin de jour, elle a préparé un copieux souper arrosé d’un succulent vin de Beaune que les convives apprécient à leur juste valeur. Florian profite de ce moment d’intimité pour évoquer sa vie, ses activités auprès du Roi et surtout, puisque sa présence le justifie, ses rapports avec Marco.

         _Et vous, chère  Odinette, si  vous me permettez de vous appeler  ainsi, qui êtes-vous ? Je ne connais de vous que votre inoubliable parfum.

Cette remarque la fit sourire ; elle prit alors la main de son hôte et le conduisit vers une douillette chambre parée de tentures colorées dans laquelle une cheminée dispensait une douce tiédeur. Et là sous les yeux émerveillés de Florian elle se dépouilla de son bliaud apparaissant complètement nue.

        _ En religieuse, vous étiez charmante, le bliaud vous conférait une allure enchanteresse, ainsi parée de votre seul parfum vous êtes féérique.

        _ Florian mon ami, vous êtes un charmeur et un si joli compliment mérite récompense.

Florian fut récompensé comme il se doit et Odinette ne put qu’apprécier la maestria dont, en réponse, il fit preuve.

Après quelques délicats préliminaires, faits de tendres frôlements, d’effleurements furtifs, d’enlacements passionnés, vinrent les embrassades enfiévrées, bientôt suivies de folles étreintes aptes à faire naitre des fourmillements précurseurs à d’autres ébats menant vers l’extase. Quand Florian s’immisça dans l’antre feutrée qui s’était ouverte, impatiente de le recevoir, Odinette montra aussitôt  par ses longs gémissements toute la satisfaction qu’elle en avait éprouvée. Au cours des longs va et vient qui suivirent, elle fut à plusieurs reprises frappée par un bienfaisant plaisir ;  Florian se donna alors le droit d’exploser à son tour.

Ils s’endormirent comme s’endorment tous les amants après l’amour, terrassés par le plaisir.

Lorsqu’ils revinrent à la réalité, Odinette, couchée sur le ventre exposait une croupe musclée, que Florian regrettait d’avoir un peu trop délaissée jusqu’ici. Avec  douceur, il caressa cette splendide anatomie, pendant que la jeune femme l’informait de son rôle dans la disparition de son ami Marco.

Odinette, fille de petit artisan aisé, avait eu de privilège de poursuivre des études dans une institution monacale. C’est là qu’elle avait connu celle qui devait devenir la Duchesse de Bourgogne du temps où elle était simple pensionnaire  au couvent dans l’attente de prononcer des vœux de religieuse. Toutes deux avaient sympathisé et échangé maintes confidences. Lorsqu’elles se séparèrent, les deux amies promirent de ne jamais perdre le contact.  Et de fait, Odinette devint, le moment venu, l’une des suivantes de cette amie devenue  Duchesse de Bourgogne.

Un jour qu’elles évoquaient de vieux souvenirs, la Duchesse émit le désir de retrouver la Sœur Bénédicte dont elle n’avait plus aucune nouvelle. L’idée vint à Odinette de partir à la recherche de cette nonne qu’elle avait vaguement connue autrefois. Et pour dissimuler la raison  de ses prospections, elle adoptait souvent pour aller et venir, le costume des moniales que tous  respectent en général.

–        _ Je me suis heurtée à quelques difficultés mais j’ai finalement retrouvé cette Sœur qui vivait des jours malheureux dans un couvent où elle servait, pour expier ses fautes, de bonne à tout faire. Heureusement, grâce à la bienveillante intervention de la  Duchesse, sa situation a bien changé. Demain nous irons lui rendre visite ; elle vous parlera de Marco.

*****

Et pendant que Florian allait de découvertes en découvertes, au manoir de Coursy, Emeline surveillait avec attention les travaux d’embellissement qu’on y avait entrepris. Chaque jour elle inspectait avec le maître d’œuvre l’avancée de l’ouvrage et chaque jour ce dernier assurait, répondant aux légitimes questions d’Emeline : « Tout va très bien Madame la Marquise ».

Note de l’éditeur: Ce qui tend à prouver que l’expression que l’on croit devoir à Monsieur Paul Misraki, est en fait une phrase datant du Moyen-Age, que le génial Raimondo, notre érudit, a retrouvé au cours de ses recherches historiques. Qu’il soit ici assuré de notre gratitude pour sa contribution aux Sciences humaines en général et à Gigaproduction en particulier.

Adalbert Flavien Gaétan de Coursy avait regagné la Cour de France pour y assurer ses fonctions de Grand Veneur auprès de son roi ; Emeline, de ce fait, se sentait parfois un peu seule et quémandeuse de tendresse. Aussi organisait-elle des fêtes, au cours desquelles, il se trouvait toujours une bonne âme pour lui apporter un peu de bien-être dans l’intimité ; elle inventa pour l’occasion, le menuet de la marquise, qui, on le sait,  comporte toujours plusieurs figures…

*****

Florian, tout en écoutant le récit d’Odinette, n’avait cessé de caresser la magnifique croupe qui s’offrait à lui. Au fil des minutes sa main devenait de plus en plus fureteuse et ses doigts plus insinuants

        _ Mon cher Florian si vous continuez ainsi, je sens que je vais bientôt exploser.

Et de fait, elle explosa. Et même elle explosa à plusieurs reprises. Enfin repue, elle remercia son bienfaiteur ; une bouche goulue, une langue tournoyante, infligèrent  à Florian ce merveilleux supplice dont le propre est de libérer les trop-pleins d’énergie.

Le lendemain, deux cavaliers, dont une nonne revêtue de bure grise, la tête enserrée dans une guimpe blanche, se dirigeaient vers Saint Apollinaire, situé à quelques lieues de Dijon, au couvent des Ursulines. En chemin ils croisèrent des paysans qui, avec déférence, saluaient cette religieuse que Florian regardait respectueusement par égard au costume qu’elle portait, mais qui ne pouvait oublier cette dualité capable de  transformer en une impétueuse furie, celle qui prenait parfois l’allure d’une auxiliaire de Dieu.

Au couvent, ils rencontrèrent Sœur Bénédicte, devenue par l’intermédiaire de la Duchesse de Bourgogne  abbesse de la communauté ; elle conta sa malheureuse aventure avec le jeune prêtre qui avait fait battre son cœur.

 » Lorsque nous nous sommes aperçus que j’étais enceinte, mon jeune amant organisa notre fuite. Nous nous retrouvâmes à Padoue où il avait fait ses études théologiques. Hélas pour moi, il disparut soudainement, me laissant seule, à la veille d’accoucher. Des religieuses me recueillirent par charité dans l’attente de mes couches, mais il était hors de question qu’elles se chargent de cet enfant du péché qu’on déposa, comme cela se fait d’ordinaire, dans le porche d’une église. Dès lors je n’ai plus jamais entendu parler de cet enfant, qui pour moi restait l’enfant de l’amour. »

  Sœur Bénédicte observa un long silence, durant lequel elle se remémora la vie pénible qui désormais fut la sienne ; comme une quelconque sœur converse elle fut affectée aux travaux ménagers les plus pénibles qui soient, afin d’expier  le péché de la chair qu’elle avait commis.

       _  Heureusement ces douloureuses années sont révolues. Grâce à mon amie la Duchesse et aux incessantes recherche d’Odinette, je vis des jours heureux et j’ai enfin le bonheur de connaitre mon fils….

   _ Dont je ne sais toujours pas ce qu’il est devenu, interrompit Florian.

     _   Ne soyez pas préoccupé pour lui, le Duc de Bourgogne, à la demande de son épouse, mon amie,  l’a enrôlé parmi les écuyers.

      _  Actuellement, il est à Chevigny, non loin d’ici, où il s’occupe des chevaux de l’écurie ducale,  ajouta Odinette.

Durant le voyage de retour à Dijon, Florian resta pensif ; il ne pouvait effacer de son esprit le récit de Sœur Bénédicte ; il n’admettait pas le sort cruel qu’on lui avait infligé et déjà il avait en tête quelques projets de représailles.

On imaginera volontiers l’allégresse qui s’empara de Marco lorsqu’il retrouva enfin son ami Florian, venu en compagnie d’Odinette, dans la petite cité de Chevigny.

Marco travaillait dans les écuries ducales, s’initiant, aux diverses tâches de la filière équine.  Sans cesse par voies et par chemins, les grands personnages de l’époque, se devaient de prêter une attention  particulière à ce moyen de transport usuel en entretenant des écuries où l’on soignait ces animaux chargés de leurs déplacements. Le duc de Bourgogne possédait, à quelques lieues de son palais, à Chevigny, de luxueuses écuries que menait d’une main de fer, depuis quelques décennies un oncle d’Odinette, Jehan. C’est lui qui ce matin-là accueillit les visiteurs.

        _ Je suis aise,  ma chère nièce, de te voir décemment vêtue  et non avec cette robe de bure, véritable repoussoir de concupiscence.

        _ C’est la raison pour laquelle j’en suis revêtue  lorsque je voyage seule : ce costume assure ma protection. Mais aujourd’hui je suis en excellente compagnie, avec Florian parti à la recherche de son ami Marco.

        _ Soyez le bienvenu et permettez-moi de vous de vous féliciter pour avoir distingué, par-delà les monts un garçon courageux et qui apprend avec facilité l’art de panser les chevaux.

Marco et Florian tombèrent dans les bras l’un de l’autre, heureux d’être enfin réunis après de longues semaines sans nouvelles l’un de l’autre.

        _ Comme je suis heureux de te retrouver, mon Marco, d’autant que je te sais en de bonnes mains et satisfait de cette nouvelle situation.

       _  Je suis, tu t’en doutes, plus  à mon aise ici,  dans les écuries du duc de Bourgogne  que sur les voiliers vénitiens.  Depuis ma rencontre avec cette étrange religieuse ma vie a été transformée.

Et Marco conta à son ami ce qu’il  avait vécu depuis ce fameux soir, où  dans les quartiers malfamés de Dijon il trainait son ennui : ses retrouvailles avec une mère, fut-elle  nonne, malheureuse femme au destin peu ordinaire, sa vie dans ces  écuries où il découvrait le plaisir de s’occuper des  destriers du duc, sa connivence avec Jehan, le maitre des lieux qui l’entourait de toute sa sollicitude.

        _ Je ne pensais pas te revoir, je te croyais reparti avec le roi, consacré à de nouvelles tâches.

        _ Tu te trompais ; ta disparition m’a tout de suite alarmé et je dois dire que la « Sœur Odinette » s’est ingéniée à  guider mes recherches.

L’expression fit bien rire, et il vint à l’esprit de Florian, quelques images de cette nonne particulière dont il ignorait les sentiments profonds en matière religieuse mais dont la vie sexuelle bénéficiait d’une longue expérience.

*****

Alors qu’en Bourgogne Florian et Marco se grisaient, tout à la joie des retrouvailles, au palais royal de Paris où il résidait, s’octroyait  une petite sieste crapuleuse en compagnie d’une dame d’atours de la reine, qui savait avec virtuosité calmer les ardeurs du Grand Veneur. Après une longue série de tâte-moi partout les deux coquins s’adonnaient à cette posture qu’Adalbert avait baptisé la sauce Grand veneur ; l’expression  faisant bien rire la blonde dispensatrice de cette fantaisie. On arrivait  presque  à la conclusion, lorsque soudain un écuyer s’en vint frapper à la porte.

            _ Qu’est-ce que c’est, hurla Adalbert !

        _ Monsieur le Marquis, le roi souhaite votre présence en son cabinet privé le plus rapidement possible.

Certes, cela ne faisait pas les affaires d’Adalbert, mais lorsqu’un roi demande, il faut savoir obéir rapidement. La blondinette fut navrée de cet imprévu ; il  venait mettre fin à quelques autres réjouissances qu’elle avait en tête. Adalbert avait l’art de consoler les affligés et avant  de rejoindre le roi il ordonna a son écuyer de vouloir bien éteindre l’incendie qui couvait en cette jouvencelle ; après une petite tapette sur ses fesses rebondies, un petit câlin à ses seins et à la duveteuse toison de son sexe,  il se pressa auprès de son souverain.

Le roi avait le visage sombre des mauvais jours, préoccupé sans doute par quelque difficulté que rencontrent les chefs d’Etat dans la conduite de leur tâche.

        _ Dites-moi Marquis,  vous m’aviez bien raconté qu’une fille naturelle du roi de Chypre avait épousé un bâtard du comte de Savoie ?

        _ Oui Sire ; le souverain chypriote, avait confié  à Florian cette encombrante progéniture dont il souhaitait se débarrasser en la cloitrant dans un monastère vénitien.

        _ J’avoue que le procédé manque un peu d’élégance, mais c’est bien souvent ainsi que l’on résout ces cas un peu difficiles.

        _ C’est la raison pour laquelle, nous avons, avec l’accord du comte de Savoie et sous l’égide du prélat de Chambéry, trouvé une solution plus humaine agréée par tous, en mariant ces deux enfants naturels qui avaient l’un pour l’autre une réelle inclination.

        _ Par tous, sauf par ce roitelet chypriote, qui soudain se découvre des sentiments paternels et m’enjoint d’intervenir pour qu’on retrouve sa     chère enfant, dont il manque de nouvelles.

        _ Permettez-moi Sire mon roi, de trouver cette envie bien tardive et surtout incompréhensible.

        _ A cela près que cet âne couronné menace de se faire assister par les Turcs pour récupérer la chair de sa chair ;  et je n’ai pas besoin que les ottomans viennent visiter mon royaume.

L’entretien se poursuivit et  l’on jugea opportun de faire appel pour organiser une mission à Chypre, au savoir-faire de Florian.

       _  Marquis, nous approchons de l’hiver, aucune chasse n’est prévue dans l’immédiat ; vous allez donc me retrouver ce feu-follet de Florian et lui apporter mes ordres. Avant de partir voyez mon trésorier, il vous remettra des lettres de créance pour couvrir les  frais de cette expédition.

Adalbert Flavien Gaétan de Courcy prit donc la route du sud en direction de son manoir où il pensait retrouver son ami. Mais, on le sait, Florian était à Dijon à la recherche de Marco. Emeline calma la déception de son époux trouvant les mots nécessaire pour temporiser.

        _ Adalbert, soyez sans inquiétude, mon cousin m’a promis de repasser par ici lors de son retour sur Paris. En l’attendant, nous allons nous payer une petite lune de miel, dont je rêve depuis longtemps.

Dans les jours qui suivirent, notre Marquis fit preuve de toute son imagination pour renouveler les délices de l’intimité et sa Marquise n’eut aucune peine à le suivre dans cette merveilleuse voie. Que ce soit dans les bois, les divers salons  du manoir, les étroits escaliers en colimaçon ou devant la cheminée, ils firent quelques mémorables prouesses telles : le retour de l’enfant prodigue, ou le marathon de Coursy  sans oublier la grimpette aux peupliers.

Florian en route pour Paris fit étape à Coursy. On avait tant de choses à se dire que la soirée se prolongea et comme Florian avait rapporté de Dijon quelques bouteilles de ce nectar qui fait la renommée des abbayes  bourguignonne, on trouva vite le sommeil, sauf peut-être Emeline qui montra assez d’énergie pour se  procurer un petit délassement manuel, ces petits frottis intimes qu’elle appréciait et ne rechignait pas à exécuter.

Florian, tôt levé, s’en vint aux écuries afin de panser un cheval qui allait le conduire vers la Provence. Il avait décidé de  rejoindre Chypre par la Méditerranée en contournant la Sicile, pour s’éviter la traversée des Alpes afin de  gagner la Mer Adriatique. Il était assuré de trouver à Marseille l’un de ses nombreux navires qui assuraient le commerce avec l’Orient.

Occupé à brosser soigneusement sa monture il n’entendit pas venir à lui une femme, qui n’hésita pas à  venir se serrer dans son dos :

        _ Alors, beau damoiseau, on a oublié la vieille Aglaé ?

Florian songeait à la réponse qu’il devait faire. Il gardait de cette servante le souvenir d’un intime moment des plus agréables qu’il avait vécu avec cette femme mûre à l’allure et aux  formes aptes à éveiller les plus  indifférents. Il ne répondit rien, mais la prenant dans ses bras, il la déposa avec ferveur sur  un douillet tas de foin ; il sut alors lui montrer que son charme restait intact, qu’il n’avait rien oublié d’elle, et désirait renouveler la romance d’autrefois.

Aglaé répondit par le  » aaaaaaaaaaa !!!!!   » des amantes comblées.

Raimondo (à suivre)

 

Galerie d’Art 01

Posted in Actualités & hors-série on juillet 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment

art1art2art3art4art5art6art7NB: On peut cliquer sur l’image pour l’agrandir.art8art9art10

Concours permanent: Apport personnel 8

Posted in Actualités & hors-série on juillet 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment

Puisqu’il n’y a toujours personne qui veut se risquer, je me fais plaisir avec un peu d’autopromotion:autopromo08