Archive for décembre, 2013

Deux énigmes résolues

Posted in Oulibouf on décembre 20th, 2013 by gerard – 1 Comment

      Dans les vieux papiers de mon père, j’ai lu une très courte nouvelle manuscrite « Une énigme écrasante » qui datait d’Octobre 1925. Mon père en est-il l’auteur ? Ou s’est-il donné la peine de retranscrire un auteur inconnu ? Je n’ai, hélas, aucune réponse à donner.

     J’ai un peu (beaucoup) rallongé la « sauce », j’ai situé l’action une douzaine d’années plus tard et à Noël, j’ai ajouté une importante péripétie, et surtout j’ai accommodé le tout à la mode provençale. Héo les gens ! Ce qui suit n’est ni du Jean Giono, ni du Marcel Pagnol, ni du Pierre Magnan… C’est juste un petit récit de Noël, sans prétention aucune, beaucoup moins humoristique qu’à l’habitude et où une légère connaissance de la « lango nostro » n’est pas inutile.village01

     C’est un de mes plus anciens souvenirs et, qui plus est, il se situe dans cette période bénie des fêtes de fin d’année.

     J’étais un petit drôle tout frais, tout neuf et tout content de vivre. Dans mon moyen village de Torchebiasse, j’attendais planplanet d’avoir six ans pour fréquenter la Communale. Mon univers, borné aux horizons de ma bourgade natale, me paraissait infini, tant j’y faisais de découvertes chaque jour, et quand bien même je ne serais pas sorti de l’oustaù familial… Oui, certes ! J’eusse encore trouvé immense mon royaume.

     Toutefois je m’y mouvais à l’aise car pour tout ce que je n’arrivais pas à m’expliquer, je le « rationalisais » personnellement par mon imagination. Ainsi se déployait autour de moi, sans crainte des contradictions, un monde incohérent pour autrui mais harmonieux pour ma gouverne, qui comportait autant de mystères qu’il y a d’ombres dans un tableau et qui servent à en rehausser la beauté. La plus grosse énigme de cette époque, c’était mon père. Je n’arrivais pas à forcer les serrures de cet être étrange. Au Cercle Laïque, il y avait un portrait en pied de Jaurès, vous enleviez la panse, vous ajoutiez une tête en hauteur et doubliez la carrure d’épaules et vous aviez, grosso modo, une idée du bonhomme. A vrai dire, il me faisait peur, cette barbe, cette tignasse, tous ces poils, j’avais l’impression d’avoir un ours comme pater familias…

     Et taciturne avec ça ! Si ma mère était une bazarette réputée, lui, au contraire, brillait par son manque de conversation. Quand il rentrait de sa journée dans les champs comme ouvrier agricole, il s’asseyait entre la pile et le fourneau et restait planté là, à écouter douteusement la TSF, les yeux dans le vague. J’avais beaucoup de peine à l’appeler « Papa » et, les rares fois où je lui adressais la parole, je le faisais souvent à la troisième personne. Son caractère bourru n’était un secret pour personne. Je me souviens d’un jour où, étant à table et engloutissant sa morue, il avait tonné : « Capelan de bonsoir ! Aline, tu n’aurais pas oublié les câpres par hasard ? » Son timbre n’était pas particulièrement agressif, mais j’ai bien souvenance que mon grand frère Jacky, mes sœurs Berthe, Armance et moi, on s’était pratiquement cagué dessus tant la voix était puissante. Je crois bien qu’il en fut de même pour maman car plus jamais elle n’oublia les câpres dans son baccalà al pomodoro. C’était ça mon père ! Ajoutez aussi des pattasses comme des battoirs… mais jamais il ne leva la main sur nous !

     On était à l’avant-veille de Noël et maman avait pris, au tout pointu de l’aube, l’autocar pour Manosque en vue de faire ses achats pour les fêtes. Sur place, nous avions bien Monsieur Binibincci, l’unique épicier-mercier-droguiste-bazar, mais le choix des articles dans sa boutique était plus que limité. Si, à la Légion Etrangère, la devise est « Marche ou crève ! », chez lui, c’était plutôt : « C’est ça ou rien ! » A Manosque, au moins, on avait de la variété, et puis, à part les fruits et les légumes, c’était nettement moins cher. Nous avions été répartis aux quatre coins du village pour la journée. Maman avait rentabilisé au maximum son déplacement, en signalant qu’elle en profiterait pour aller au dentiste (Et oueï, je sais, notre voisine d’en face, coincée du quieù, Mademoiselle Castinel, aurait objecté « chez le dentiste »… mais, que ce soit dit entre nous, je l’emmerde!)

     C’est moi qui avais été projeté le plus loin, près de la maison du pégot, chez ma marraine Hermine. Il avait été entendu que, sa besogne achevée, mon père me récupérerait chez elle pour me ramener à la maison. Il était à prévoir que le retour de l’autocar ne se ferait pas avant les neuf heures du soir. En effet, le poussif véhicule devait faire le plein de passagères aujourd’hui, toutes les mamans des cantons voisins ayant eu la même idée, et il allait s’arrêter à toutes les pissotières : Les Bastidasses Depico, le Mas Thaudonte, L’Adret des Calus, Boilabierre, Saint Thure-en-Squaille, le Jas des Tchopes, Chicoulon-sur-Vinasse, Pissoly-les-Eaux, etc, etc… Et comme on était en fin de circuit… Enfin bref !

     Nous étions donc dans les jours les plus courts, huit heures venaient de sonner au clocher et il faisait nuit noire. Pour couronner le tout, il y avait une bise de chez bise, un rasoir glacial descendu directo de la montagne de Lure. Il faisait tellement froid que mon zizi en était réduit des neuf dixièmes. Je ne peux parler de l’oléoduc supposé de mon père car, en ces temps anciens, jamais au grand jamais nos géniteurs ne dévoilaient leur nudité aux nistons, alors que les parents d’aujourd’hui n’ont aucune vergogne à se balader à poil devant leurs rejetons…

     La main puissante de mon père enserrait tièdement la mienne, et j’aimais bien ça, je me laissais presque aller à une suave torpeur. Papa venait juste de me dire qu’il avait déjà fait un aller-retour à la maison dans la journée pour y déposer un petit pin qu’il avait repéré depuis quelques jours. Il l’avait coupé proprettement, cette année nous aurions donc un arbre de Noël sous notre toit. En voilà une chouette nouvelle ! Aquelo empego !

     Parce que la commune était peu riche en réverbères, nous marchions d’une flaque de clarté à l’autre. Je les aimais bien les réverbères, ces géants immobiles qui se contentent d’une jambe et d’un œil unique, mais si grand, si flamboyant qu’il jette un vaste cercle de lumière alentour. Ils me paraissaient pacifiques et bienveillants. Un peu facétieux néanmoins, car ils s’amusaient, les uns après les autres, à étirer nos ombres démesurément, puis à les raccourcir, puis à vous les envoyer tout d’un coup entre les jambes. Je me demandais parfois s’ils ne cherchaient pas à me faire tomber, je serrais alors plus fort la main de mon père et je scrutais au passage le réverbère le plus proche, j’inclinais la tête vers lui et je murmurais entre les dents « Bien le salut, réverbère ! », pensant ainsi l’amadouer.

     Tous les commerces étaient, à cette heure, fermés, leurs devantures naguère illuminées disparues sous des vantaux de bois ou des rideaux métalliques. Les rues, rendues plus obscures, et complètement désertes, à part un ou deux chiens-bordilles, n’en étaient que plus inquiétantes.

     Pourtant, en arrivant à la hauteur du salon de Lombardo, le coiffeur, il y avait un grand monsieur maigre et noir, coiffé d’un melon, qui s’obstinait à tambouriner sur le rideau du magasin. « Je voudrais bien me faire raser, Lombardo de malheur ! » répétait-il. Je reconnus celui qu’on appelait M’sieur Jouve. Toutes les fois que nous le croisions dans le village, maman me faisait faire un large crochet pour l’éviter. Je ne comprenais pas pourquoi, mais comme cela ne représentait pas, à mon sens, une énigme essentielle à résoudre, je ne m’étais jamais interrogé plus avant sur le personnage.

     Je vous ai dit que j’étais un petit garçon très impressionnable. Ce cri au milieu de la nuit, cette supplication obstinée me fendit l’âme. Et puis, j’eus l’intuition d’une anomalie. Ce vieux monsieur dont je découvris soudain, à la lueur atténuée d’un réverbère éloigné, la figure dévastée, la barbe grise et hirsute, les yeux égarés ; ce vieux monsieur de noir vêtu surmonté d’un melon, et qui frappait à la porte d’un coiffeur à l’heure où tous les négoces sont clos, renversa toute ma conception du monde. Encore une fois, l’Univers me posait une énigme écrasante. Mon père s’approcha du solitaire et, ce qui m’étonna fort, lui parla comme à un enfant. « Bonsoir m’sieur Jouve dit-il avec douceur, il est trop tard maintenant pour se faire raser. Mais demain, si vous voulez, nous irons ensemble », Je compris que mon père cherchait simplement à le calmer en lui faisant une promesse qu’il ne tiendrait pas. Et pour cause ! Il se rasait lui-même (pas souvent, il faut le reconnaître) et avait horreur des coiffeurs.

     « Toi, le gorille, ne me casse pas les amandons! » lui répliqua le gisclet.  « Oh fan des putes _ avais-je pensé _ comment qu’il lui avait déparlé ce marque-mal! » Je voyais déjà ce zigue être le sosie aplati et plié en huit du « Petit Provençal » qui dépassait de la poche de la veste paternelle. Le Jouve venait de gravement « manquer » à l’auteur de mes jours, et je ne doutais plus qu’il était en train de jouer avec sa vie, ce pauvre mesquin.

     Ma stupeur allait crescendo, mon père ne se mit pas en colère et c’est sur un ton posé et engageant qu’il ajouta : « Voulez-vous que je vous raccompagne chez vous? » Et après m’avoir fait passer de sa main gauche à sa main droite, tandis que je frissonnais, il prit le bras de l’olibrius avec une douce fermeté dont je fus jaloux. « Vous êtes bien brave, vous êtes bien brave ! » marmonna alors l’autre qui venait de s’assagir instantanément. Il était surtout heureux, je crois, d’avoir trouvé un cœur à qui se confier car, du même ton plaintif, il geignit tout le long du chemin contre les coiffeurs, les sergents de ville, le Front Populaire et… mais oui, les réverbères. Il habitait chez sa sœur et son beau-frère la rue des Pénitents Beiges. Mon oncle Amédée, qui avait le Certificat d’Etudes, disait « des pertinents belges » parce qu’il y avait dans cette voie une bastide cossue où un couple de professeurs de Philosophie (Qu’es aco?) bruxellois venait y passer Juillet-Août chaque année.

     Moi, sur l’autre flanc de mon père, je me rencognais en tremblant. Il me semblait que cet homme me transmettait son angoisse à travers mon père que je constatais ému et apitoyé. Je ne comprenais pas ce qu’avait m’sieur Jouve, mais il bouleversait toutes mes notions. Il m’apparaissait jusqu’alors que les grandes personnes avaient un langage, comme les enfants ont un langage, comme les oiseaux ont un langage… Et quand les adultes parlent aux enfants, ils travestissent un peu leurs sentiments pour se faire comprendre. Or, mon père avait l’air de parler à cet homme le langage des minots.

     Voilà qui mettait la plus grande confusion dans mes idées. Le monde n’était donc pas ce palais de cristal mordoré où gambadait mon imagination ? Il venait de se fêler définitivement à la voix lamentable de ce vieux quidam en melon. Je n’étais plus fatigué, je n’éprouvais plus l’adorable somnolence d’avant la rencontre. J’avais peur, oui peur, comme si je sortais d’un cauchemar pour constater : « Ben non, mon pauvre Justin, ça n’a pas l’air d’un fichu cauchemar ! » Je me rappelle même m’être pincé pour savoir si j’étais bien éveillé. M’sieur Jouve me semblait appartenir à un autre monde dont le seul fait d’y penser me donnait des sueurs froides. Cet effroi me dominait bien encore après que nous l’ayons rendu à sa famille, qui se confondit d’ailleurs en remerciements.

     Ma main était devenu moite, et mon père dût s’en rendre compte car il me demanda : « Tu n’es pas fatigué ? Tu n’as pas trop froid ? » Alors que j’étais bien incapable d’ouvrir la bouche auparavant, ses questionnements me ramenèrent à la réalité et me rendirent confiance. Je me serrais davantage contre lui, je secouais la tête en guise de réponse, comme le petit ânon de Monsieur Berfigue. Puis, je m’enhardis :

«— Papa, qu’est-ce qu’il avait ce monsieur ?

— Il est un peu malade ! Il ne faut pas y penser. Tu es trop petit encore. Tu ne peux pas comprendre.»

     Oh que si j’avais compris ! Et je venais, en ce soir de fin Décembre 1938, de faire deux grandes trouvailles. Primo, mon père n’était pas le grand escogriffe que j’avais toujours jugé froid et morne jusque là. Son humanité avait éclaté à mes yeux comme un milliard de milliard de réverbères, comme le soleil quoi !!! Je crois bien que c’est de ce jour-là qu’il me fut toujours agréable de l’appeler « Papa » !

     Secundo, cette soirée avait été aussi ma première rencontre avec la folie. Je ne découvris le mot que bien plus tard à l’école, mais je savais depuis ce moment ce qu’il signifiait…

     « Coquin dé Diou! Mais qui je vois qui revient de la place de l’église ? » s’amusa-t-il. « Maman ! » m’écriais-je, je me dégageais de la main paternelle et je courus vers elle pour la décharger de tous ses paquets. On s’était à peine fait la bise que le pas rapide de mon père nous avait rejoint. Il souriait, ma mère souriait de même en déclarant : « Oh Jeannot, c’est merveilleux, ma dent ne me fait plus mal ! » Devant moi, ils s’embrassèrent sur la bouche. Papa conserva sa main gauche pour prendre un maximum de paquets, mais il enserra la taille de maman avec l’autre bras. Moi aussi, j’avais maintenant des colis plein mes deux petits bras, mais c’était plus encombrant que lourd. Et puis, nous approchions de la maison. Jacky, qui avait la garde de mes deux sœurs, nous guettait à travers le carreau. Il battit le rappel, la porte s’ouvrit, ils venaient tous en galopant à notre rencontre. Toute la famille unie fit sur une même ligne la dernière vingtaine de mètres avant de franchir le seuil…

     Quel bon Noël nous avons passé cette année-là ! 

Gérard – 2013

Néo-santons et voeux 2014

Posted in Actualités & hors-série on décembre 15th, 2013 by gerard – 1 Comment

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 Toute l’équipe de Gigaproduction souhaite à tous ses visiteurs, fidèles ou occasionnels, les meilleures fêtes de fin d’année possibles: Un joyeux Noël et une bonne année 2014! Que tous vos plus beaux rêves deviennent réalité!fetes00

Bis repetita: Marseillais! Une idée de cadeau pour les fêtes? Je vous suggère le DVD de “Madame Olivier” avec les Tchapacans, pièce de théâtre qu’il me fut donné de voir un soir de Février à La Destrousse, et dont voici la bande-annonce: http://www.youtube.com/watch?v=XPXmX_wTONc Ô fatche la fendade!!!

      C’est presque devenu une tradition, je m’en vais soumettre à Médéric Gasquet-Cyrus (…qui joue d’ailleurs son propre rôle dans la comédie citée ci-dessus) quelques santons farfelus et virtuels. Si un ou deux d’entre-eux retien(nen)t son attention et qu’il me fait l’amitié d’en parler dans sa rubrique quotidienne sur France Bleu Provence (107.1 Mhz, 2 passages par jour, l’un à 7h 27, l’autre autour de 17h), je vous le signalerais plus tard à la fin du présent article: 

La spanghera :Santon féminin qui essaie de donner le change en faisant passer du chivaou pour de la vaca. On a réussi à la coincer grâce aux indices contenus dans ce vieil air provençal:

« Madame di lasagna fai mangia lei chivaou cru

Li doune la castapiane

Disoun qué n’en voulon plus

Es oun vaca-abus (bis)

Madame di lasagna fai mangia lei chivaou cru ! »

Lou boutin : Sorte de santon-pégot pauvre, pauvre, pauvre, il habitait Gratte-Semelle ; mais un jour, il se dit : « Pourquoi gratter ? », et il devint riche, riche, riche. A fait lou beuz’ pourquoi un grand nombre d’enfants de boutin l’ont suivi (pas à pas, devrais-je dire, et avec le rouge de la honte descendu jusqu’aux semelles): L’Azaya, Lana Bila et bien d’autres bimbos… Il est devenu si célèbre que les légionnaires du bas-fort Saint-Nicolas ne s’y sont pas trompés en braillant très fort : 

« Tiens ! 

Voilà lou boutin !(ter) 

Pour les allaudiens, la Viste et ceux d’Arenc ! 

Quai des belges y’en n’a plus, (bis) 

Ce sont des pisseurs au tian ! 

Quai des belges y’en n’a plus, (bis) 

Ce sont des tireurs « Obut* » ! 

* = Marque réputée de boules de pétanque. 

Lou Moucemo : Nouvelle crèche marseillaise tant bien poulido de l’extérieur, mais remplie d’embarras d’oustaù à l’intérieur. On y trouve bon nombre de merdouilles à 3 francs 6 sous.. Comme pour une vraie crèche provençale qui ne brille que quelques semaines dans l’année, il est à craindre que celle-là, après avoir resplendit en 2013, ne s’endorme pour très, très, très longtemps…

L’armata de l’ombrièra (L’armée de l’ombre hier): Palanquée de santibelli toujours prête à donner la misère aux touristes : Essedéhèfos, pickpocketos, soit-disant « artistos dei rues » qui ne valent pas un clou, mendiants et clochards agressifs

L’ome et nous chient dans la colle (…ou, plus prosaïquement, « lou menucci ») : Santon au physique d’ange Boufareù, sonne lui aussi de la trompette pour rassembler avec difficulté sa coterie. Verbe très haut au contenu très bas, commettant gaffe sur gaffe (La Samia Galinette en sait coucarin!). Veut être Conse de Marsilho, devra peut-être se contenter des trois premières lettres… fetes02

 

 

Actu-m’en diras tant Décembre 2013

Posted in Actualités & hors-série on décembre 10th, 2013 by gerard – Be the first to comment

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 Les titres de l’Actualité auxquels vous avez échappé (« Personne n’obligera le pot de terre à taire ce que se permet le pot de fer de faire » Jean Brasier 1910-2003): 

1/ « On n’a pas le choix » ou « Tous coupables » : Inutile d’être grand clerc pour constater que ça va mal, ça va même très mal ! Nous ployons sous les taxes et les impôts. Pourquoi notre fiscalité est-elle en train de nous pressurer au maximum ? En fait, nous avons un niveau de vie qui ne correspond plus du tout aux richesses que nous sommes actuellement capables de générer. C’est un peu de notre faute : A force de grappiller à droite, à gauche des avantages sociaux, nous avons pris l’habitude d’un certain confort et nous ne voulons pas que l’on touche à nos privilèges, c’est humain. Mais depuis la fin des 30 glorieuses et le premier choc pétrolier de 1973, tous les gouvernements n’ont cessé d’emprunter aux banques pour maintenir nos acquits. Cette fuite en avant n’a cessé de s’aggraver avec les autres crises pétrolières, la mondialisation et l’habitude amorale que l’argent puisse produire de l’argent (je ne parle pas de nos petits livrets A aux intérêts riquiquis mais des gros spéculateurs professionnels). On a tout faux, et nos dirigeants le savaient, ils n’ont rien fait pour corriger le tir dans un but uniquement politicien. Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande n’ont pu faire que du replâtrage. Malheureusement, à moins de sabrer très fort toutes les sources de revenus (mais nous aurions la Révolution!), ils n’ont pu faire que… ce qu’ils ont fait ! Pour l’instant, il n’y a pas d’autre alternative.

     En effet, ce que propose le Front de Gauche est irréaliste : Taxer encore plus fort les patrons et le capital ferait fuir les investisseurs qui sont, hélas, le plus souvent les possédants et nous serions irrémédiablement entraînés vers le bas. Pour le FN, c’est encore pire en économie : Sortir de l’Europe et, par conséquent, de l’euro, nous ferait rétrograder pas au Moyen-Age mais presque.

     Par souci d’abaisser leurs frais de fonctionnement, les patrons ont délocalisé. Et nous sommes tout heureux de payer nos chemises ou nos chaussures très bon marché. Le hic, c’est que la France et le reste de l’Occident ne seront bientôt plus des puissances industrielles, de celles qui produisent les grandes richesses. Nous serons des puissances d’argent. Oui, mais pour combien de temps ? Un beau jour, les pays émergents refuseront nos monnaies (Saddam Hussein avait refusé les paiements en dollars, les américains, pris de panique, l’ont vite « corrigé » parce qu’ils étaient encore en mesure de le faire sans trop choquer l’opinion mondiale _ prétexte de l’invasion du Koweït_), ce jour-là il y aura un tel chaos que la crise de 1929 semblera une amusette en comparaison.

     Une vraie solution ? Désolé, je n’en vois pas. Peut-être que les travailleurs soient moins arc-boutés sur leurs principes et moins manipulés par des syndicats aux arrière-pensées politiques, peut-être aussi que les patrons soient moins accros à leur sacro-sainte loi du profit à tout prix… Mais nous entrons là dans le monde de la Morale qui, comme chacun le sait, ne fait jamais le poids devant la réalité immédiate. Je plains mes enfants et, plus encore, mes petits-enfants.

2/ Enorme choc : Ma dentiste a enfin renouvelé le stock de magazines dans sa salle d’attente, les anciens dataient tous du siècle dernier ! Pour ce qui est de mon docteur, ses hebdos m’ont donné d’intéressantes nouvelles sur le naufrage récent du « Titanic ». Quant à mon coiffeur ses revues ont toujours les mots-croisés en français du Moyen-Age ! 😀

3/ CdG contre la plouquerie : Il y a deux secteurs de la paysannerie que je conchie depuis longtemps : les céréaliers et les viticulteurs. Les premiers parce que c’est eux qui raflent la quasi-totalité des subventions européennes et qu’ils râlent encore ; les seconds parce que, sans trop forcer, leur production a la plus forte valeur ajoutée et qu’ils se plaignent toujours.

     A côté de ça, il y a tout le reste du monde agricole qui trime et qui est vraiment à la peine (ex : éleveur en montagnes, voilà du contraignant et du peu payé). Toutefois, je nuance mon propos en affirmant que le monde rural est sur-représenté dans les divers niveaux politiques. Il faut quelquefois moitié moins d’électeurs pour élire un sénateur (vote indirect) ou un député (vote direct) dans les campagnes qu’en milieu urbain. Héo les ploucs, vous n’êtes pas les garants de nos valeurs ! A partir de trois ou quatre générations en arrière, nous appartenions tous à 90% à la paysannerie. Alors ne venez pas me casser les burnes avec vos bonnets rouges à la con et vos tracteurs à 100 000€ qui bloquent les grandes voies de communication ! Je ne vous reconnais absolument pas comme donneurs de leçon ; les gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, font ce qu’ils peuvent pour répartir les taxes. Ce n’est pas facile, et vous ne me persuaderez pas qu’abattre des portiques et démolir des radars (que nous finiront tous par payer) résoudront vos problèmes qui, quoi que vous en pensiez, sont aussi les nôtres !

 

Spécial Culture-Marseille-2013 10

Posted in Actualités & hors-série on décembre 10th, 2013 by gerard – 1 Comment

culture97culture98culture99culture100culture101culture102culture103culture104culture105culture106     Le Jeudi 7 Novembre, j’ai enfin rendu visite aux nouvelles infrastructures autour du Fort Saint Jean, et notamment le Mucem et la villa Méditerranée.  Je dois avouer que les volumes sont très réussis, les architectures sont audacieuses mais équilibrées. La proximité immédiate du Vieux Port va rendre ces lieux incontournables pour les touristes. Bravo!

     Par contre, et comme je le craignais, le contenu du musée est fort décevant. Il y a tout, et souvent n’importe quoi. C’est le salmigondis brouillon d’un tout venant, d’un bric-à-brac que les textes indicatifs ont beaucoup de mal à justifier pour donner un semblant d’unité. De plus, et c’est surtout ça qui m’a fait bondir, beaucoup d’objets sont des copies, des répliques. Cela va encore quand il s’agit de reconstituer une hutte ou un bateau antique; mais c’est de la malhonnêteté lorsqu’on expose des documents écrits, imitant les originaux anciens, à base de résine synthétique qui pourront abuser la majorité des visiteurs.

     La mise en perspective didactique, pour les scolaires par exemple, est cependant à louer. Enfin, si le Mucem est un musée National, l’ensemble me paraît riquiqui: En une heure de temps, en moyenne, on en a vite fait le tour…

Anecdote totalement fausse(1):

Ils sont deux sénateurs, l’un à droite et l’autre à gauche.

Et lorsque le Sénat a fini sa session,

Un beau billet gratos pour Marignane en poche,

Ils voyagent, bien sûr, en première, en avion(2).

 

L’un a manipulé de louches officines,

L’autre a eu un cadavre dans sa piscine.

Mais foin de tout cela ! Rien ! Rien ne les accuse !

On se tutoie, on rit, on plaisante, on s’amuse !

 

C’est comme s’ils avaient, tout deux, un dossier vierge.

_ Nul besoin, à la Bonne Mère, d’offrir un cierge._

Que voilà une paire de joyeux lurons !

On les dirait vraiment copains comme cochons.

 

« Reprendras-tu, cher Jean-Claude, encore un whisky ?

— Et toi, cher Jean-Noël, tu restes au Martini ? »

La fiesta continue devant un tas d’hôtesses.

Mais quand on atterrit, c’est la fin de la liesse.

 

Ce n’est qu’en gagnant leur voiture avec chauffeur

Qu’on se rappelle n’être pas du même parti.

Maire et Président retrouvent leur froideur :

L’un a pour nom G… et l’autre G…

  1. = Relire éventuellement la page « A propos »… Et puis, je n’ai pas envie d’avoir un procès sur le dos. Tout ça est donc absolument fictif.
  2. = …Quelquefois en TGV aussi (mais toujours en 1ère classe).

 -oO=Oo-

C’est voté ! Patrick Menucci sera le candidat socialiste tête-de-liste face à Gaudin (qui a joué les coquettes jusqu’au 22 Novembre pour se déclarer). J’ai commis ce petit pastiche qui ne respecte pas du tout la métrique avec des vers très irréguliers. Mais on sait que dans bon nombre de chansons le phrasé rééquilibre le nombre des pieds (en plus ou en moins). Mes plus humbles excuses aux puristes :

Menucci aussi

(Pour l’air : http://www.youtube.com/watch?v=vmW44d1PPho ) 

C’est en visitant « L’émeraude »(1)

Que j’ai aperçu Menucci

Pour sortir j’avais le code

Cet estordi m’a suivi

« Sors moi de cet asile

Et châle (2) moi au centre-ville ! »

 

Ma Clio était en rodage

Avait du retard à l’allumage

Menucci aussi

On croisa un clodo en chandail

Son haleine sentait l’ail

Menucci aussi

Arrivés à l’Evêché (3)

Les flics étaient empégués (4)

Menucci aussi

On est vite descendu

On s’est tous bougé le c..

Menucci aussi

 

Il a alors voulu faire un discours

Comme Gaudin mais en plus court

Son accent était à couper au couteau

Et on comprenait nib à ses propos

Il jactait à en perdr’ haleine

Comm’ un éléphant dans d’la porcelaine

 

Il moqua Samia (5) d’arbi

S’demanda qui était babi (6)

Menucci aussi

Puis s’en prit après Gaudin

L’traitant d’enfant d’ p…

Menucci aussi

Mon Dieu quel vocabulaire

Pour un typ’ patibulaire

Menucci aussi

Il railla aussi ses alliés

Qu’étaient c… comm’ un balai

Menucci aussi

 

Mais c’est surtout envers Guérini

Qu’il fit son grand déballage

Salissant le socialiste et l’ami

Qu’il renia sans ambage

Et pour montrer qu’il était honnêt’ député

Se refit une virginité

 

Il dit que ce drôl’de gars

Dépendait de la mafia

Menucci aussi

Tout’ en « arrosant » l’OM

Et qu’il avait un Système

Menucci aussi

Et que ce ne serait que raison

Que Jean-Noël soit en prison

Menucci aussi

Qu’il n’y avait pire que F.O. (5)

Qui tout le temps parlait faux

Menucci aussi

Et que lorsqu’il serait maire

Il leur f’rait pleurer leur mère

Menucci aussi

 

(1)= Célèbre clinique psychiatrique à Marseille.

(2)= Transporte moi (parler marseillais).

(3)= Hôtel de Police de Marseille.

(4)= Ici, sens de « ivres » (parler marseillais).

(5)= Authentique.

(6)= Italien (parler marseillais).

-oO=Oo-

Marseillais! Une idée de cadeau pour les fêtes? Je vous suggère le DVD de « Madame Olivier » avec les Tchapacans, pièce de théâtre qu’il me fut donné de voir un soir de Février à La Destrousse, et dont voici la bande-annonce: http://www.youtube.com/watch?v=XPXmX_wTONc Ô fatche la fendade!!!

Noël riquiqui cette année?

Posted in Bmovie-TV on décembre 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
Redressement productif mon c..! 
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Restauration rapide

Posted in BombayTV on décembre 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
Brillat-Savarin doit se retourner dans sa tombe:
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La télé-réalité

Posted in BombayTV on décembre 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
Tu passes à la télé, tu trépasses en réalité!
Newly recruited female marines take their lunch with fellow soldiers inside the marine headquarters Ternate

Plus qu’une simple bouteille Allah mer…

Posted in Remixito on décembre 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
Pas besoin d’être le Prophète pour deviner que c’est vrai: 
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A force de tirer sur la corde…

Posted in BombayTV on décembre 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
…elle finira par céder un jour:
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Hilarantes identifications

Posted in ClassicTV on décembre 1st, 2013 by gerard – Be the first to comment
La grande famille des Kirikanton continue…et on ne parle pas des Dominique, Janique, Frédérique, Chrysopompe, Philippe, Lucrèce, etc… NB: Ce clip est la reprise plus ou moins fidèle de celui du 1er Mars 2009 ( cf http://gigaproduction.fefaine.be/2009/03/01/hilarantes-identifications/  ) qui a disparu quand la promotion de Gang Universal Mobile s’est arrêtée et que je viens de rebaptiser en « Identifications hilarantes » pour ne pas le confondre avec celui de ce jour:
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