Archive for janvier, 2014

Les parodies d’actualité d’Adhémar

Posted in Oulibouf on janvier 20th, 2014 by gerard – 3 Comments

C’est indéniable, Adhémar aime autant les pastiches que coller à l’actualité! Ce qui nous vaut toujours de bons moments d’humour, mais aussi d’admiration pour ce tripatouilleur de la métrique. Merci ami niçois qui jamais ne déçoit!les4_04

 Stances modernes du Cid

 Percé jusques au fond des bourses

D’une poigne fiscale, aussi bien que mortelle,

Misérable victime  d’une injuste gabelle

Et malheureux objet d’une  horrible rigueur,

Je demeure immobile et ma thune abattue

Cède aux impôts qui me tuent.

Réduit au triste choix ou de fuir à Lausanne

Ou de vivre en infâme,

Des deux côtés mon mal est infini !

O dieu l’étrange peine ! Faut-il rester et faire la manche ?

Faut-il s’enfuir, et traverser la Manche ? 

 

Ah je sens bien qu’ils me le mettent là !

A mes p’tits picaillons, ces gens-là s’intéressent.

Il faut cacher mon flouze ou périr de misère.

L’un me bouffe la tête, l’autre bouffe mes bras !

Réduit au triste choix, ou de montrer mes fesses

Ou de vivre en détresse

Des deux côtés mon mal est infini.

Faut-il survivre comme un pâle zombie ?

Faut-il mourir en maudissant leurs mères ?

 

Parents, maîtresses, honneur, amour,

Tout a bien disparu, oui tout est bien fini !

Tous mes plaisirs sont morts, et mon bonheur perdu.

Le fisc me rend haineux, Bercy me fait cocu !

Cruel persécuteur d’une âme malheureuse,

Qui fut pourtant joyeuse,

Ô féroce ennemi de mon bonheur ancien,

Fisc qui causes ma peine,

Me poursuis-tu pour me tondre à zéro

Ou bien veux-tu que je file à Lugano ?

 

Il vaut mieux courir à Zurich !

Je dois sauver mon blé et mon livret d’épargne.

Du fisc, en le faisant, je m’attire la hargne,

J’attire ses doigts crochus en ne le faisant pas.

A mes doux picaillons je suis encor fidèle,

Je protège mon escarcelle,

Ma peur augmente en voyant le percepteur.

Oui vraiment, mon cœur est en… Berne,

Allons, ma bourse, et puisqu’il faut mourir,

Mourons du moins près du lac de Lucerne.

 

Partir sans emporter mes sous ?

Rechercher un refuge indigne de ma poire,

Endurer que mes voisins imputent à ma mémoire

D’avoir mal défendu le fric de ma pension ?

Respecter un ministre dont mon âme effrayée

Voit l’épouvantable cupidité ?

N’écoutons plus ce penser lénifiant,

Qui ne sert qu’à ma peine.

Allons-y carrément, sauvons du moins l’argent

Puisqu’àprès tout il faut fuir no pénates.

 

Oui, mon esprit s’était perdu.

Je dois tout à mon fisc et je dois me soumettre !

Que je meure fauché, et me le fasse mettre !

Je rendrai mon pognon comme je l’ai reçu.

Je m’accuse déjà de trop de négligence.

Courons à la déchéance !

Et tout honteux d’avoir tant hésité

Ne soyons plus en peine !

Puisqu’aujourd’hui je n’ai plus un radis :

Mes picaillons sont partis à Bercy. 

Corneille (celui qui baye, comme Nathalie) alias Adhémar-2013brides01.jpg

 Corneille en rage…


Hollande, Ô désespoir, Ô stupide énarchie,
N’avons-nous tant voté que pour cette infamie ?
Et ne sommes-nous blanchis à tant et tant œuvrer
Que pour voir en un an fleurir tant d’insuccès ?

Nos cœurs qu’avec ardeur faisons battre « français »,
Nos cœurs sont las de vous et de tous vos compères.
Blessés, trahis, usés, l’ambiance est délétère ;
Une affaire survient et fait tout exploser.

 Ô cruel souvenir d’’une gloire passée,
Œuvre de tant d’histoire décimée le 6 mai,
Nouvelle hiérarchie fatale à nos espoirs,
Précipice abyssal où nous allons tous choir.

 Faut-il, par votre faute, voir ce pays crever
Et souffrir sans un mot ou souffrir de dégoût ?
Hollande ! Il est grand temps de redonner à tout,
Une plus grande exigence et un plus grand projet.

 Président, la fonction n’admet point d’à peu près.
Et les faux pas nombreux que vous accumulez
Les erreurs, les mensonges et cette suffisance
Font déborder la coupe de notre tolérance.

Le moment est venu où tout peut basculer.
Évite la débâcle, sauvegarde la paix.
Va, quitte donc l’Élysée, en voiture ou en train,
Et laisse le pouvoir en de meilleures mains.

Adhémar – 2013belles01

 CE QUE L’ON VOIT A DAMAS

 Damas est en fureur. Chaque jour, la mitraille

Déchire le méchoui, le couscous, les murailles.

Tous ont fui. Le féroce Bachar, l’affreux Ali Baba,

Sont terrés sous le sol, au fond de leurs Kasbahs.

 

L’horrifique El Assad, avec les autres carnes,

Se montre quelques fois aux « étranges lucarnes ».

Il maudit l’amer Lokh, le menace du pal,

Lui fait des bras d’honneur et un toucher rectal.

 

Le Raïs et sa femme, avec leurs Oulémas,

Maudissent l’occident  et Barack Obama.

Un dentiste étonnant examine à grand peine

Les restes de méchoui qui gâtent leur haleine.

 

Ils se cachent, ils tremblotent, avec tous leurs Pachas.

Dans les rues dévastées, on ne voit plus un chat !

Ça canarde devant, ça canarde derrière,

Ça canarde partout, même dans leur postère.

 

Le canon à morpions, venu droit de Denver,

Projette des morbacs à tort et à travers.

Des canons plus puissants, venus des Appalaches,

Lancent des rats crevés et des bouses de vache.

 

On est saisi d’horreur par l’éventre-tomate,

Mais on craint encor plus le canon à patates !

Les autres armements, dus au grand Boris Vian,

Massacrent les Fatmas et tuent tous les enfants.

 

Là-bas, dans son gourbi, nommé Pentagaga,

Le Barack pète un coup et ça pue à Damas.

Ce n’est rien dit Flanby, l’odeur que vous sentez

N’est pas due au sarin, mais au jus de mes pieds.

 

Les chars que vous voyez au centre de la ville,

C’est pour offrir des fleurs à vos petites filles.

Et les mecs en treillis qui courent dans les rues

Ce sont de braves gens de l’armée du salut.

 

Ça brûle à Lattaquié, ça rôtit vers Alep,

Palmyre a disparu, comme  Jérimanep (1).

A demi cuits, les morts étalent leurs entrailles

Et les affreux  vautours viennent faire ripaille.

 

Terrés dans leurs bunkers, les pauvres journalistes

Comptent les macchabées et en dressent les listes.

On les sens dépités. Mais tous comptes bien faits

Cela vaut beaucoup mieux qu’être décapités.

 

Un obus vient de choir au quartier d’Al-Khalson

Et quarante fellahs exhibent leur côlon.

C’est le foie, dit Galien. Mais non, dit Hippocrate,

C’est le duodénum ou peut-être la rate.

 

Le cheikh de Lattaquié s’enfuit jusqu’à Kirkouk :

On l’a chassé d’ici car il pue comme un bouc.

L’Oronte veut rugir, mais, sec complètement,

Son lit sert de dépôt aux trafics d’armement.

 

Un tas de policiers, putréfiés déjà,

Jonchent le sol sacré du centre d’Antalya.

Les imams crient au feu et les muftis l’éteignent.

Bachar veut tout gazer, méchant comme une teigne.

 

La divine Aïcha a perdu ses clients !

Les « os » qu’elle rongeait jadis à belles dents

Ont pris des dimensions bien trop microscopiques,

Tant la peur a réduit leur aspect héroïque.

 

Le palais de Bachar est en capilotade.

Les vergers de Damas sont remplis de… grenades.

Inch’ Allah, dit le fkih. Mektoub, répond l’imam ;

Et tous deux sont cachés au sous-sol du hammam.

 

Les sunnites sont là. Ce que font les Chiites,

C’est très exactement ce que leur nom indique.

Quant aux belles houris, du boxon de Saddam,

Elles sont maintenant dans les rues d’Amsterdam.

 

Le barbier, il se barbe, et c’est les murs qu’il rase !

Tous ont fui par milliers, ô nouvelle Anabase !

Ceux qui restent à Damas se regardent en biais.

Y’a des guérilléros dans les moucharabiehs.

 

Plus de couscous, hélas ! et la viande est si rare !

Le tajin fait défaut et le méchoui se barre

Avec le Rondi-Bey, avec le Ras-Dada,

Comme disait quelqu’un (je le nommerai pas).(2)

 

Devant tout ce chaos, Bachar dans sa tanière

Sourit à belles dents, et gratte son postère.

Il est fier, il est grand, il est même serein.

Dans les rues de Damas flotte le gaz sarin. 

Adhémar, Prince des Poètes (11.11.2013) 

(1) = Si Victor Hugo a inventé Jerimaneth, je peux

bien inventer Jérimanep ! 

(2) = C’est ce vieux Paul Reboux, grand-maître du pastiche. Pastiché lui-même par un certain Paul Guenel (1947)autoprom (36)autoprom (35)

 

Actu-m’en diras tant Janvier 2014

Posted in Actualités & hors-série on janvier 10th, 2014 by gerard – 2 Comments

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A moins que vous ne préfériez cette image qui, à peu de chose près, est toujours dans l’esprit de la description de ce facétieux « traducteur »:actu1401_02

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 NB: Vous pouvez retrouver tous les comics 2013 d’Adhémar (plusieurs n’ont pas été publiés ici) en cliquant sur ce lien: https://plus.google.com/photos/103049758112423513804/albums/5962639100002162769?authkey=CPiF7tjGo8ifLw#photos/103049758112423513804/albums/5962639100002162769?authkey=CPiF7tjGo8ifLw 

CdG – La chute de la maison SNCM : Ils l’ont bien cherché ! Depuis le sous-arpète en chaufferie jusqu’au PDG, tous se sont goinfrés. Sous prétexte de « continuité territoriale », cette compagnie de navigation a empoché indûment d’énormes subventions que vous et moi avons payé, faussant ainsi le jeu de la concurrence (avec Corsica ferries notamment, et dire que la CGT envisage de déposer plainte contre elle pour… _ vous allez rire _ concurrence déloyale ! On croit rêver !). Ce n’est que justice que la Communauté Européenne leur demande une fraction de ce qu’ils devraient réellement rembourser. Car des privilèges et des monopoles, ils en ont eu des palanquées : priorités diverses, aides à l’achat ou à la location de nouveaux bateaux, interdiction à Corsica ferries de relâcher à Marseille, avantages sociaux aux salariés, etc… Malgré ce favoritisme, ils étaient toujours dans le rouge et le contribuable devait chaque année mettre la main à la poche pour qu’ils puissent continuer à se la couler douce. D’autant plus que le syndicat dominant, la CGT, n’arrêtait jamais de brailler que ses bras-cassés étaient pressurés par leurs patrons, on ne compte d’ailleurs plus leurs jours de grève, il y en a trop ! Quels hypocrites !

Vous voulez un exemple, en voici un garanti authentique et que les plus hautes instances politiques connaissent: Les gérants des différents bars embarqués introduisaient clandestinement un tas de bouteilles d’alcool à bord des navires. En faisant leur service (surtout sur les lignes avec le Maghreb), ils se gardaient bien de produire un quelconque ticket. Et pour cause ! Leurs bouteilles personnelles étaient débitées au prix fort aux clients, générant d’énormes bénéfices « au noir » qu’ils empochaient. Pour que ce système perdure, il faut la complicité de l’équipage : les serveurs, les matelots, les officiers mariniers, les dirigeants syndicaux… et peut-être même les responsables (commandants, patrons) étaient au courant et fermaient les yeux. Chacun était d’ailleurs plus ou moins « intéressé » dans ce lucratif business. Etonnez-vous après ça que la compagnie soit déficitaire !

Un autre exemple ? OK. Lorsque le Napoléon Bonaparte a rompu ses amarres pour aller se fracasser une centaine de mètres plus loin, il y a eu enquête. Mais les matelots et les lamaneurs du port autonome (même syndicat) ont été blanchis. La CGT gueulait que ce n’était pas la faute de ses travailleurs. On a tout mis sur le dos du Mistral et, ni vu ni connu je t’embrouille !

Ce ne sont que deux exemples, mais il doit y avoir encore d’autres magouilles (mettant en cause les patrons cette fois : pots de vin des avitailleurs pour avoir les marchés, contrats bidonnés sur les fournitures de combustible…) que nous ignorons. Alors, aujourd’hui travailleurs surprotégés et patrons surpayés viennent pleurer que l’Etat doit leur venir en aide (encore une fois), qu’on ne doit pas remiser ces merveilleux outils de travail, qu’il y a leurs familles, les sous-traitants, la renommée de la ville qui sont en jeu. Je ne suis pas d’accord. Je ne dirai pas « Crève salope ! » parce que voir de l’emploi qui disparaît dans ma ville me brise toujours le cœur. Mais p… je clamerai haut et fort « Héo les salariés de la SNCM ! Vous avez appris à l’école ce qu’est l’honnêteté ? Et votre conscience (professionnelle), elle ne vous tarauderait pas un peu l’estomac de temps en temps ? Ce qui arrive est dû à 25% à la crise économique, mais pour les 75% restants, un peu de franche introspection ne vous ferait pas de mal! »

S’il y a liquidation, il y aura éclatement, et le plus drôle (Enfin, façon de parler!) se produira en Corse. Le Syndicat des Travailleurs Corses (STC) envisage déjà de faire racheter quelques navires par leur Région et leurs Conseils Généraux pour des sommes symboliques (le manque à gagner sera pour ta pomme, cochon de payant!), et de créer une nouvelle compagnie. Comme les mentalités ne changeront pas, il y aura encore non-rentabilité. La Région et les Conseils Généraux ne pourront pas tout colmater, ils feront alors appel à l’Etat « colonialiste » qui se trouvera assez couillon pour les sortir, une fois de plus, de la merde qu’ils auront provoquée.

Allez, après un coup de gueule, il est bon de retourner à la rigolade. Voici donc quelques blagues en anglais. Et nous commencerons par deux amusettes sur le mot Mississipi:

1/ A bus stops and two Italian men get on. They sit down and engage in an animated conversation. The lady sitting behind them ignores them at first, but her attention is galvanized when she hears one of the men say the following:
« Emma come first. Den I come. Den two asses come together. I come once-a-more. Two asses, they come together again. I come again and pee twice. Then I come one lasta time. »
« You foul-mouthed sex obsessed swine, » retorted the lady indignantly.
« In this country … we don’t speak aloud in public places about our sex lives …
« Hey, coola down lady, » said the man. « Who talkin’ abouta sexa? I’m a justa tellin’ my frienda how to spella ‘Mississippi’. »
 

2/ I used to work in a drug store, and there was a doctor across the street, Dr. Sipi. I always wondered what his wife would say her name was if he got married…

Mrs. Sipi?

Maintenant, une blague anglaise à l’accent français: 

When Charles deGaulle decided to retire from public life, the British ambassador and his wife threw a gala dinner party in his honor. At the dinner table, the Ambassador’s wife was talking with Madame deGaulle: « Your husband has been such a prominent public figure, such a presence on the French and international scene for so many years! How quiet retirement will seem in comparison. What are you most looking forward to in these retirement years? »

« A penis, » replied Madame deGaulle. A huge hush fell over the table. Everyone heard her answer… and no one knew what to say next.

Le Grand Charles leaned over to his wife and said, « Ma chérie, I believe ze English pronounce zat word, ‘appiness!' »

Une très courte pour finir: 

I was going to visit the Camouflage Museum yesterday – I couldn’t find it…

Emeline et Adalbert 20

Posted in Oulibouf on janvier 10th, 2014 by gerard – 1 Comment

     Et voilà le dernier chapître du fabuleux roman médiéval de ce sacripan de Raimondo. Merci l’ami! On a bien ri, on a bien été émoustillé, et même on a appris bien des choses sur cette période. Je vous invite tous à laisser un petit commentaire sur ces parutions depuis Novembre 2010. Cela fera certainement chaud au coeur de l’auteur.

     Mais vous allez retrouver bientôt d’autres pages de Raimondo dans le droit-fil de toute la verdeur des propos dont il est coutumier. Je n’en dis pas plus, ce sera une surprise…emelineT

 XX

       Et les ans ont passé.

     Le marquis Adalbert Flavien Gaétan de Courcy, Grand Veneur royal, frise la soixantaine. Il n’a plus la superbe d’autrefois ; ses longues équipées à cheval ont fragilisé ses reins qui de temps à autre le font souffrir. Aussi use-t-il désormais pour se déplacer d’une litière, assez large pour y accueillir  une jolie fille chargée de lui tenir compagnie ou  lui offrir une petite gâterie qu’il apprécie à sa juste valeur. Certes, en matière de quéquette, il n’a plus la vigueur d’autrefois mais il se révèle tout de même un amant dont on apprécie le savoir-faire, à cela près que   les interludes sont plus nombreux et durent de plus en plus longtemps.

     Emeline, son épouse bien aimée, de vingt ans sa cadette a atteint la maturité mais reste toujours aussi pimpante ; on cherche vainement le moindre signe disgracieux sur sa peau, ses délicieuses rondeurs font toujours recette et sur le plan de l’amour elle reste très  performante,  une prouesse qui ravit ses nombreux admirateurs et aux nombre de ceux-ci : Guillaume.

     Le notaire a épousé la fille d’un collègue des environs, une union concertée, charge au couple de faire un héritier, qui reprendra le moment venu, l’Etude notariale. Cette brave Noémie, ainsi se nomme cette conjointe,  n’a absolument rien de bandant, et les efforts de son mari n’ont jamais réussi à la faire exulter. Ses amies lui avaient pourtant dit que l’on ressentait, dans ces moments d’intimité, de bien délicieuses sensations, mais elle n’eut jamais l’occasion de s’en rendre compte et ne chercha même pas à faire preuve d’imagination pour parvenir à améliorer les choses. Aussi, face à une désespérante situation, Guillaume n’hésita pas à se réserver quelques bons moments avec son amie Emeline, qui ne demandait pas mieux de se faire lutiner le minou, titiller le tétin ou ramoner le fessier.

     Suivant sa bonne vieille habitude, la marquise n’hésite pas à apporter, en matière d’amour, toutes les lumières de son expérience à de jeunes adolescents qui découvrent avec une telle pédagogue, les grandes joies de l’existence. Emeline s’est réservé  dans les combles du château une accueillante salle de classe ou elle dispense un enseignement de qualité qui a ravi bien des écuyers des environs. Si cette chambrette pouvait parler, elle conterait tout ce qu’elle a pu voir durant des années : des sucettes, des branlettes, des levrettes et autres galipettes, toutes ces figures de l’amour, qui pour n’être pas  courtois, apportait grande satisfaction  à ceux et celles qui le pratiquaient.

     Florian a organisé, au grand contentement de son roi, la place forte de Pouancé, dont il est désormais par édit royal, devenu le Comte.  Plusieurs fois par an, il vient à Coursy, afin de rendre visite à  sa fille, la petite Ondine, qui a trouvé refuge auprès de Renaud et Albine et leurs enfants Arnoul et Viviane. Les 3 rejetons ont grandi ensemble, instruits par un savant précepteur,  moine dans un  couvent voisin ; ils ont partagés les jeux de l’enfance puis ceux de la jeunesse. Aujourd’hui, il semble que d’autres jeux attirent particulièrement Arnoul et Ondine, jeux qui ont dépassé le stade de l’amour fraternel, pour celui d’une plus chaude intimité. A plusieurs reprises Emeline les a surpris  en quelque recoin du château, dans une attitude ne laissant aucun doute sur l’existence d’intimes relations.  Passade ou sentiment plus profond, Emeline et Albine se sont concertées au sujet de cette relation.

–         Oui Marquise Emeline, j’ai moi aussi constaté que leurs relations avaient pris un tour nouveau : des chuchotements, des promenades de plus en plus fréquentes   dans les jardins ou des retours de plus en plus tardifs, m’ont alerté. Renaud mon cher mari semble faire fi de mes craintes, mais j’appréhende, quant à moi  que cette amourette ne devienne pour nous, source de problèmes.

–         Mais enfin, quels problèmes craindrais-tu ?

–         Une naissance inattendue et en tout cas hors de propos.

–         Et pourquoi donc hors de propos ?

–          Parce que notre petite Ondine, que nous avons élevée et que aimons comme  notre fille, a tout de même un père ; il souhaite peut-être pour elle une union plus conforme à son rang.

–         Je ne sache pas que Florian se pose de tels problèmes, mais à sa prochaine visite nous lui en parlerons.

–         Il va sans dire que dans l’immédiat j’aurai un entretien avec mon fils à ce sujet. D’ailleurs je suis trop jeune encore pour devenir grand-mère.

     L’expression fit bien rire les deux femmes.

     Aude et ses baladins ont souventes fois, l’occasion de faire halte à Coursy à la grande joie d’Emilie. Les deux femmes se réservent alors quelques  moments de cette douce intimité qui perdure au fil des  années. Emeline aurait aimé que son amie reste au château et devienne sa dame de compagnie, à la suite du décès de la vieille Aglaé, mais trop habituée à la vie itinérante des bateleurs, elle n’a pu se résoudre encore à opter pour une vie sédentaire.

     L’arrivée de ces saltimbanques ravit toujours la jeune Viviane qui s’émerveille de leurs prestations, rêvant secrètement de participer à leurs jeux ; la jeune fille a sans doute hérité des chromosomes d’une  maman issue de la tribu des gens du voyage.

* * *

     Emeline profite toujours de la douce intimité du lit pour deviser avec Adalbert et l’informer sur la vie et les évènements se déroulant au château. C’est ainsi que ce soir, après quelques savoureuses gâteries, elle a abordé le sujet des amours, d’Arnoul et Ondine.

     Apprenant ce fait, Adalbert garda le silence durant un long moment, songeant sans doute aux conséquences possibles de cette nouvelle. Emeline, attendait une réponse, un avis, et pour rompre ce mutisme, pour inciter son époux à parler enfin,  elle entreprit ce délicieux va et vient qui, en général, incite aux confidences. 

–         Finalement, ces deux jouvenceaux ont devancé un projet que je ressasse depuis quelques temps. 

–         Un projet dont vous ne m’aviez pas entretenue, fit Emeline, en suspendant sa caresse.

–         J’attendais le moment opportun pour vous en faire part, très chère. Donc, dès demain nous nous rendrons chez votre ami Guillaume le notaire, afin d’y consigner, noir sur blanc, quelques dispositions.

–         Pourrais-je enfin les connaitre, si cela n’est pas trop vous demander ?

–         Ma mie, ne soyez pas si pressée, sachez prendre votre temps, et dans l’immédiat, poursuivez avec votre délicieuse bouche, la caresse que vous aviez entreprise il y a un instant.

     Emeline répondit aux désirs de son époux, tout en songeant à la sibylline expression qu’il avait prononcée : « votre ami Guillaume ». Que voulait-il faire entendre par-là ?  Elle poursuivit cependant sa besogne avec application jusqu’à ce que survienne le bienfaisant orgasme, qui mit fin à toute conversation.   

     Au réveil, ce fut Adalbert qui reprit l’entretien de la nuit.

–         Ma très chère épouse, le Ciel n’a pas voulu que nous ayons des descendants et à présent,  mon âge ne me permet plus d’espérer un héritier. Aussi serait-il bon de prévoir l’avenir ; je veux éviter que ce fief légué par mes aïeux ne soit purement et simplement  intégré au domaine royal, faute d’un porteur du nom pour me succéder.

–         Y a-t-il alors un moyen d’éviter cette confiscation possible ?

–         Il en existe, à coup sûr, et c’est la raison pour laquelle, nous allons nous rendre auprès de Guillaume le notaire,  pour y recueillir un avis circonstancié. A ce que j’en sais, c’est un homme bien sur lequel on peut se fier.

     Autrefois, cette conversation matinale se serait soldée par quelques fantaisies de bon aloi. Hélas! A cette époque, les matins d’Adalbert n’étaient plus aussi triomphants…   

     Quelques semaines plus tard le marquis, suivant les sages conseils de Guillaume signa un document, sorte de testament chargé de régler une situation post mortem.

Je, soussigné, Adalbert Flavien Gaétan de Courcy, en l’absence d’hoir, déclare vouloir reconnaitre pour fils adoptif, Arnoul l’enfant  de Renaud mon majordome et de son épouse, et lui léguer à mon décès mes biens et titres et s’il plait au Roi ma charge de Grand Veneur. A cette  donation est jointe Ondine, la fille de mon cousin Florian de Pouancé qui deviendra son épouse, ainsi que les descendants légitimes de cette union.

Les bénéficiaires assureront à mon épouse un usufruit prélevé sur les revenus  de la propriété, afin qu’elle puisse vivre décemment jusqu’à la fin de ses jours.

     Suivaient la signature d’Adalbert le donateur, et celles d’Emeline et Florian, témoins consentants des termes de cette donation.

     Cette formalité accomplie, et pour répondre au sentiment profond qui unissait Arnoul et Ondine, on songea à préparer le mariage des tourtereaux. On profita de l’occasion pour rénover la chapelle du château assurant des réparations que l’on avait trop négligées jusqu’ici. Les religieuses du couvent voisin des Clarisses s’attachèrent à broder un trousseau pour la jeune mariée et confectionner une robe blanche ornée de dentelle. On était en été et Emeline se fit confectionner pour la circonstance  une fine robe de tulle qui mettait en valeur ses rondes beautés corporelles. Florian et Adalbert mirent sans compter la main à l’escarcelle, ne lésinant jamais sur les frais que cette fête pouvait entrainer. Au cours de ces mois de préparation, Adalbert ressentit quelques malaises qui inquiétèrent son épouse, des étourdissements qui nécessitèrent l’intervention d’un apothicaire.  Ses juleps apportèrent un léger mieux, mais au fond de lui, le Marquis craignait de ne pouvoir assister à ce mariage. Il hâta donc les choses   avant que l’inéluctable ne se produise.

     Enfin le grand jour arriva ; Florian conduisit sa fille à l’autel et devant une nombreuse assistance les mariés prononcèrent le « Oui » sacramentel. L’évêque d’Orléans prononça une homélie de haute volée, souhaitant aux nouveaux époux tout le bonheur du monde au cours d’une longue vie illuminée par la présence d’une nombreuse descendance.

     Puis on fit ripaille : on dégusta les volailles rôties et la venaison fruit des battues que l’on avait effectuées dans la forêt voisine. La boisson coula à flot : le vin offert par le duc de Bourgogne, et l’élixir du Père Not que le chevalier Géraud, invité pour la circonstance, apporta en guise de cadeau. Puis on dansa la carole ; à l’époque, le branle n’avait pas encore été inventé, mais la branlette avait cours et dans les bosquets du parc quelques invités, à l’abri des frondaisons, n’hésitèrent pas à l’utiliser pour se donner du bon temps.

     A la nuit tombée, on accompagna en grande pompe les nouveaux époux jusqu’à la plus belle chambre du château, d’ordinaire réservée au roi, pour faire face à toute visite inopinée du souverain. Ondine avait revêtu, comme cela se faisait autrefois, une longue chemise de nuit en linon, nantie au niveau du bas ventre d’une large ouverture. Ce vêtement destiné  à ménager la pudeur de la jeune mariée, laissait cependant au mari la possibilité d’atteindre sans encombre le petit recoin secret qu’il avait enfin le droit de visiter. (*)

(*) Cette lingerie existait effectivement autrefois et il me faut remercier le propriétaire du château de Fontariol dans l’Allier qui m’en a  fait connaitre l’existence.

     Ondine eut tôt fait de se débarrasser de cet encombrant vêtement pour mieux ressentir les caresses de son Arnoul, qui à plusieurs reprises firent merveille.

     Quelques semaines plus tard, Adalbert ressentit de nouveaux malaises qui le contraignirent à garder le lit. Plus les jours passaient, plus il s’affaiblissait et bientôt, il entra en agonie. De temps à autre, il semblait reprendre vie, échangeant quelques paroles avec ceux et celles qui le veillaient. C’est ainsi qu’un soir, alors qu’Albine se trouvait à ses côté, il murmura dans un souffle :

–         Ma jolie Albine, tu es toujours aussi belle, comme au bon vieux temps où je t’ai connue palais du sultan Tacule. Combien  je regrette de n’avoir pu alors faire l’amour avec toi…

     D’un tendre geste, il  posa sa main sur les seins de cette femme qu’il connaissait depuis bien longtemps, mais dont il n’avait jamais gouté au plaisir de la serrer dans ses bras.  Quelque peu gênée, Albine n’eut pas  la cruauté  de repousser cette caresse, laissant à l’agonisant un dernier petit bonheur terrestre. Durant la nuit, son esprit s’en fut retrouver ses aïeux, au pays des trépassés.

     On lui fit de somptueuses funérailles, auxquelles participa, pour honorer sa fonction de Grand Veneur un équipage de vènerie, et c’est au son des cors de chasse que le cercueil d’Adalbert fut conduit jusqu’à la crypte de l’église paroissiale.

     Emeline ressentit amèrement la disparition de son compagnon pour lequel, malgré une vie parfois dissolue, elle vouait un profond amour. Durant plusieurs mois elle se comporta en honnête veuve s’obligeant à une parfaite continence, évitant de se montrer coquette avec les hommes de son entourage, vêtue de parure blanche selon l’ancestrale tradition. Mais petit à petit la solitude lui fut difficile à supporter et son  minou, laissé à l’abandon, semblait vouloir réclamer un peu d’attention. Elle eut bientôt  recours à ses petits doigts agiles, puis un matin, n’y tenant plus, elle se rendit chez Guillaume qui assura à son amie un retour à l’équilibre.

     Et la vie continua.

    Viviane, depuis le mariage de son frère, ressentait une solitude qu’elle supportait de plus en plus mal. Un matin on s’aperçut qu’elle avait quitté le château sans même avoir avisé quiconque. On la rechercha vainement ; elle avait sans doute, incitée par l’exemple de ses aïeux, pris la voie d’une vie errante.

      Mais ceci est une autre histoire. 

Raimondo – La Courneuve/Vincennes – 2010/2013emelineU

Bilan 2013: La chute!

Posted in Uncategorized on janvier 10th, 2014 by gerard – Be the first to comment

     Snif! Nous sommes en train de devenir « Miniproduction ». Est-ce l’effet de la crise économique? Le français moyen a-t-il perdu l’envie de rigoler (voire tout simplement de lire)? Les visiteurs ont-ils fait assez de battage auprès de leurs correspondants? … Bref, les résultats sont en baisse, nos actionnaires n’auront comme dividende, pour l’exercice 2013, qu’une arête de poisson cette année:bilan2013      Plutôt que de se couvrir la tête de cendres et d’aller pleurer auprès du Ministre du Redressement Productif, tournons nous résolument vers l’avenir en espérant des jours meilleurs. Je vous propose, pour vite oublier cette déconvenue, d’examiner le tableau ci-après qui récapitule, du 1er Novembre 2008 au 31 Décembre 2013, les visites spécifiques faites aux différents articles publiés (exception faite des « pages »):top01

      Et là, il y a une surprise de taille « Angélique Wehrmacht » écrase, et de loin, tous les autres articles! Pourquoi ce succès? Je pense qu’il doit y avoir quelques sites d’accros au Militaria de la seconde guerre mondiale ou de nazillons révisionnistes, où un de leurs membres a fait une visite chez nous, qu’il en a certainement publié le lien, et ses petits Kamarades se font un petit break de fun en venant faire un tour sur Gigaproduction.

      Le premier clip le plus visionné est « Identifications hilarantes », c’est d’autant plus étonnant que ce clip est « mort » depuis longtemps. Sans doute s’agit-il de ces deux mots que l’internaute lambda tapote sur son portail Google… Heureusement, que j’en ai fait un remake récemment.

      Une dernière requête pour finir: Nous sommes friands de vos commentaires. Quels qu’ils soient, ils seront toujours les bienvenus!

Voeux 2014

Posted in Sites de sous-titrages et de personnalisations on janvier 1st, 2014 by gerard – Be the first to comment
Un mignon petit lapinou vous renouvelle nos voeux (Je rappelle que les clips « acapela » ne durent que 5 à 6 semaines):
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Manipulations…

Posted in Bmovie-TV on janvier 1st, 2014 by gerard – 1 Comment
…pour ne pas dire « tripatouillages nauséabonds »:
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Entre centristes…

Posted in BombayTV on janvier 1st, 2014 by gerard – Be the first to comment
Là aussi, il y a des courants différents, donc incompatibles:
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Fausse clinique – Vraie banque

Posted in ClassicTV on janvier 1st, 2014 by gerard – Be the first to comment
Quand l’exemple vient d’en-haut… 

La drague

Posted in BombayTV on janvier 1st, 2014 by gerard – Be the first to comment
Y’en a qu’ont dû sauter une ou deux générations:
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Galanterie intéressée

Posted in BombayTV on janvier 1st, 2014 by gerard – Be the first to comment
La rivière sans retour:
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