Archive for mai, 2014

El Desdichado dans tous ses états

Posted in Oulibouf on mai 20th, 2014 by gerard – 1 Comment

Pour une fois, on va faire dans le sérieux (…enfin, pas trop tout de même!) et le complilatoire. C’est Adhémar qui a synthétisé pour vous cette étude du fameux sonnet de Gérard de Nerval. Ecoutons le Maître: tatouage

« Je tiens à porter à votre connaissance (Mais non! Marie-France n’est pas en cause!) que je n’ai fait que vous prêter tout ça. Je vous demande donc de me restituer le Pausilippe et la mer d’Italie dans l’état où vous les avez trouvés, et dans les plus brefs délais, sous peine d’assignation par voie dûment règlementée d’huissier assermenté (Non mais des fois! Pas plus tard qu’hier, j’avais besoin du Pausilippe pour caler une chaise bancale et…oualou! C’est alors que je me suis souvenu vous l’avoir octroyé pour quelque temps; « Il faut rendre à Gésar ce qui appartient à Gésar ».)
Je vous donne ma bénédiction parthénopéenne,
San Genardo alias Adhémar
PS: Le sonnet palindromique, à mon avis, est un véritable tour de force. Chapeau signor Perry-Salkow! »tatouage_02

Et d’abord l’original : El Desdichado (le déshérité)

Je suis le ténébreux, – le veuf, – l’inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.tatouage_03

Rappelons qu’Adhémar avait déjà commis une parodie avec « Le maudit Nico » en Décembre 2012 ici: http://gigaproduction.fefaine.be/2012/12/20/parodies-06/

Manions céans l’art du contrepet : El Desdidocha (le désir été)

Je suis le très benêt, – le Veuf, sain, long, collé,
Le pince d’A qui traîne à la bourre au lit tas
Ma seule moelle est torte, – et mon long cul lesté
Sorte le loir nos payes de l’Amélie collant

Dans l’anneau du ton buis, Toi qui les consommas,
Pends-moi le rôt Silippe et la mire délita
La fleur qui plaisantait à mon corps de scellé,
Et la trouille et le Prose, à la lie près, salant.

Suis-je à mousse ou Fébur ?… Burignan ou Lison ?
Mon Front est courge en or du bérêt de la Zen ;
J’ai roté dans la grève où nie la reine sage…

Et j’ai, foi de vingt cons, traversé l’acquéreur :
Modulé tour à tour, faon sur la lyre d’Or
Les fers saints de la soute et les cris de la pie.
Ernard de Javeltatouage_04

Un peu de Géographie ne nous fera pas de mal : Delle Hesdin Bachos

Suisse Lège d’Evreux, d’Elbeuf ou Condolet,
Leuc Prince de Fontaine, de La-Tour, de Folies
Poiseul L’Étoile, Aigues-Mortes, Ermont, Luc, Castellet
Portes à Soleilhas Andelat et Sully

Dance Nuits du Tombeau, Toi Quie, Codolet,
Moirans* le Saint-Yliph et Laz Mère de Galy
Feurs Quie Plaisia Thaon, Domqueur de Cholet
Eth La-Treille où Rubempre Oo Valrose Sully.

Saint-Amour Houx Pétrus ?…. Frontignan ou Chinon ?
Domfront est Rouge en Corps du Baissey de l’Areines ;
Gets** Trévey dans la Brottes, Arnage et Chantereine

Hagedet Foix Vaincs Seur Traversères et Ablon :
Meaux du Lent Tours à Tours La-Neuve-Lyre de Fey
Ley Soupir de Laas Saintes et Crissey de Laffrey.
Guérard de Merval
 
* Inversion de mauvais aloi et de mauvais goût, comme le reste d’ailleurs, mais il faut Osée comme dit le prophète.
** Licence politique : la commune se nomme Les-Gets.tatouage_05

Tâtons un peu de l’occitan dans une traduction très libre : Lou sandon

Estous an Ténébro, – an Veu, – an méconsoul,
An archi des soudouest qué sa tour benaboul :
Mou niquos Stella clamps, – et mou lout y consteul
Pourte an Souli negro doul Maelsteul.
 
En la noï du Tombreau, Tou qui me boussolé,
Rend mé le Beau Philippe* tadla mère d’Athalie,*
Quête fleur cou plussez t’ au massour mausolé,
Et la breille hen le cancre hen la prose salie.

Sous-jimour ou pipraj ?… gnasilu ou belen ?
M’etron ousta rota del bizou del jehene ;
A pensu des Erotte ousque tremp el pisce…

Ousta moult agagnu uplou dam Anequempis :**
Luolur an tillur parmelage aboné
Suspiracion du gra hen hurlos den magré.
 
Grados de Novilladous
Note du traducteur : Il faut excuser le traducteur qui a appris l’occitan tout seul avec un dictionnaire uniquement occitan-français, par une méthode accélérée (L’occitan an tre dious). Travaillant jour et nuit seul le café de Vic-Fezensac (variante occitane de l’irish coffee) lui permit de tenir.
Notes de l’éditeur : * Le traducteur a hésité, ne connaissant pas le Pausilippe, mais il a osé un enjambement douteux.
** Manifestement le traducteur est à cran et ne tient que par le café.
Note sur la prononciation : Le « u » se prononce « ou » comme dans mou, en fin de mot ou se prononce « aou » comme dans maousse. Gn est mouillé. G est sec. J final = ï. Toutes les finales s’entendent.tatouage_06

Puis, dans le Calembourgeois ou l’Apeuprèrisme, on peut trouver: Aile des dix chapeaux
Description calembourique d’un Être déshérité, fabriqué de pièces rapportées aux allures animales et végétales, habillées d’étoffes colorées à double sens, lequel fut construit en maints lieux par le générateur d’équivoques d’un faux-abbé fatigué.
 
Je suis ténébreux d’Houilles,
Je suis veuf de pigeon,
Inconsolé de poule,
Et prince Monseigneur à la tour Magne à Nîmes.
Mon étoile de jute est morte Adèle,
Et mon anaco luth est con comme un balai stellé de coco*
Porte au Vecchio
Le soleil de plomb noir de geai
De ma mélancolie de vin.

Dans de loup la nuit du hibou
Du tombeau, lérot de Ravel
Toi l’amatla qui m’as l’autre eu, consolé Pidoptère
Rends-moi le de boeuf, le Pausilippe oh ! campe
La mer d’Athalie quête ;
La fleur de nave qui plaisait tant à cul-de-porc**
La treille où le pampre à l’ognan s’allie Monade.

Suis-je amour, melon ?… lusignan ou biron de jambe ?
Mon front est rouge et de l’Isle, encor de chasse de la reine des prés ;
J’ai rêvé, Ronèse, dans la grotte à Sion où nage d’écrevisses
La sirène Annie…

J’ai deux fois de canard
Vainqueur de laitue
Traversé tassé l’achéron ce veau
Modulant joue démon sur la lyre d’Orphée des râles
Les soupirs aux mânes de la sainte éthique
Et les cris Nocéros de la fée des rations.
 
Et c’est ainsi que tous ces faits néants ont feinte faim de fin comme un limier pour trouver un demi-cent de calembours.
Alnachard Nerskimot

* le balai aussi.
** noeud de marin.
D’après une idée de l’abbé Claude Chérrier (1658-1738) et ses « Polissoniana ou Turlupinades » (1722).tatouage_07

Voici le petit dernier du Maître, peu ou prou dévergondé, mais qui s’en plaindrait? 

Je suis le crapoteux, le bof, l’incontrôlé,

Le prince des fredaines à la tronche flétrie.

Ma seule couille est molle et mon cul dévasté

Porte les coups de dents de ma vieille toupie.

 

Dans le lit du Congo, toi qui m’as tant sucé,

Y’a pas de Pausilippe, ni de moule en folie,

Le cul qui plaisait tant à mon zob désolé

S’est enfui pour baiser avec Berlusconi.

 

Suis-je Arthur ou Olga ? Karl ou Boccolini ?

Ma bite est rouge encor des pipes de concierges.

J’ai rêvé dans la crotte parmi les cactus-cierges.

 

Et j’ai deux fois par jour niqué tutti-quanti !

Enculant tour à tour, sans souci de Morphée,

Le jeune rigolo ou la vieille paumée. 

Gérard le Nerveux alias Adhémar of course – 2014tatouage_09

Enfin un chef d’oeuvre dégoté par Adhémar:

Sonnet palindrome de  Jacques Perry-Salkow

Ô BOBO !

        Noir, benêt, nu l’été tel un ténébrion,
        Noir ou quel bistre vu ou vert si bleu qu’Orion,
        Élu à Pau Nevers Ys, revenu à Paule,
        Élu aimé jeté, ô poète ! je miaule.

        L’Italie vêle bleu. Quel bel éveil a-t-il,
        L’innomé dérivant navire de mon Nil ?
        Et le cellier tenu à une treille celte,
        Et le val au bétel, l’été bu à la velte ?

        Ni l’âcre si abrupt et pur baiser câlin,
        Ni avares ni âme : demain sera vain.
        Semi-auteur, ô mâle ! la morue tu aimes.

        La vertu, odeur, cri ! Ah chair crue d’outre val !
        L’Avre. Neige. Le lac. À l’élégie, Nerval !
        Sème opium, arioso, soir amuï, poèmes !

                        L’arène. Gérard, rare général.

pcc Jacques Perry-Salkow

On pourra prolonger sa réflexion avec d’autres parodies dans les liens suivants (surtout le dernier):http://211-i-bless.skyrock.com/1798678208-Parodie-du-poeme-El-Desdichado-de-Gerard-de-Nerval-dediee-a-la-211.html
http://xx-moimonmoi-xx.skyrock.com/3168235152-Travail-de-francais-la-parodie-de-El-Desdichado-de-Gerard-de-Nerval-25.html
http://www.graner.net/nicolas/desdi/debu
http://lewebpedagogique.com/leguide/2007/09/17/seconde-7-et-10-el-desdichado-de-gerard-de-nerval-1808-1855/
http://ardecol.inforoutes.fr/titivillus/style/abaclar.htm
http://graner.net/nicolas/desdi/abec#menu
http://www.gef.free.fr/oulipo8.html

C’est-y pas de l’érudition ça, les loulous?tatouage_08

Actu-m’en diras tant Mai 2014

Posted in Actualités & hors-série on mai 10th, 2014 by gerard – Be the first to comment

actu1405_01actu1405_02actu1405_03actu1405_04Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Productif, et Manuel Valls, ministre de l'Interieur se baladent sur les Champs Elysees.actu1405_06actu1405_07actu1405_08actu1405_09actu1405_10Cannon Barrelactu1405_12actu1405_13

 Les titres de l’Actualité auxquels vous avez échappé (« Personne n’obligera le pot de terre à taire ce que se permet le pot de fer de faire » Jean Brasier 1910-2003):

Les temps sont trop moroses à commenter. Je me contenterai de blagues ce mois-ci. Et d’abord, en français:

Sachant qu’une française sans seins s’appelle souvent une planche à pain,comment appelle-t-on une musulmane sans seins?
Une planche à voile!
Trois joyeux petits cochons, jouaient, chantaient… La porte s’ouvre brusquement, et un loup inconnu entre… Tous trois restent figés, apeurés… Le loup dit : “Salam Al Eikum !” Tous reprennent soulagés :
“Grâce à Dieu , il est musulman! »

Et quelques autres en anglais:  Arnold Swartzeneger and Sylvester Stallone are making a movie about the lives of the great composers. Stallone says « I want to be Mozart. » Swartzeneger says: « In that case… I’ll be Bach. » 

(NB: accent allemand recommandé): A guy was meeting a friend in a bar, and as he walked in he noticed two pretty girls looking at him. He heard one girl say to the other; “Nine.” Feeling pleased with himself, he swaggered over to his buddy at the bar and told him that the girl in the corner had just rated him a nine out of ten. “Sorry to spoil your evening,” said his friend, “but when I walked in they were speaking German” 

A man received the following text from his neighbor: « I am so sorry Bob. I’ve been riddled with guilt and I have to confess. I have been tapping your wife, day and night when you’re not around. In fact, more than you. I’m not getting any at home, but that’s no excuse. I can no longer live with the guilt and I hope you will accept my sincerest apology with my promise that it won’t happen again. »
The man, anguished and betrayed, went into his bedroom, grabbed his gun, and without a word, shot his wife and killed her.
A few moments later, a second text came in: »Damn autocorrect. I meant ‘wifi’, not ‘wife’. »

Viviane 02

Posted in Oulibouf on mai 10th, 2014 by gerard – 1 Comment

 viviane02

 Chapitre 2 : Récit des temps anciens 

Quelques années avant cette mémorable nuit, une femme demandait à être reçue par Maitre Montillac, notaire à Toulouse.

Cette femme au visage ridé et émacié accusait une soixantaine qu’elle n’avait sans doute pas mais que la maladie avait vieillie prématurément.

–         Maitre, je me nomme Thérèse Rigaud, j’ai un cancer très avancé et l’on me donne quelques mois à vivre ou peut-être quelques semaines.

Le notaire, d’ordinaire très affable avec sa clientèle fut déconcerté par la brièveté du propos formulé d’une voix sèche. Après quelques secondes d’étonnement il redevint professionnel.

–         Je suis désolé d’apprendre cette terrible nouvelle, mais bien souvent notre charge doit faire face à ces situations douloureuses et croyez que le personnel de mon étude se tiendra à votre disposition pour répondre efficacement à vos demandes. Je suppose que vous désirez faire un testament ?

–         En effet ; je suis célibataire, sans enfants et je souhaite que mes biens soient légués à ma sœur cadette.

–         Rien n’est plus simple ; nous allons rédiger un contrat que vous signerez en présence de votre donataire, la personne à qui vous destinez vos biens.

–          Malheureusement cela ne va pas être possible, je ne sais ce que ma sœur est devenue…

Et devant l’air étonné du tabellion,  Thérèse conta l’émouvante histoire de deux sœurs que la vie avait séparées.

« Mes parents possédaient une scierie à Buzet, non loin de Toulouse ; mon père avait acquis le droit d’entretenir  les bois de la région dont il tirait des revenus confortables. Avec la guerre, le marché noir aidant ainsi que la collaboration avec l’occupant lui permirent d’acquérir une véritable aisance, qu’il sut mettre à l’abri avec les sages conseils d’un vieux comptable qui l’épaulait depuis toujours.

Avec la fin du conflit vint le temps des représailles. Ma mère, accusée d’avoir eu de coupables relations avec des officiers allemands, reçu le châtiment courant en pareil cas : obligée de parcourir la cité, le crâne rasé, le visage couvert de croix gammées, huée par la horde des badauds rigolards exerçant par leurs salaces quolibets une impitoyable vengeance. L’horrible punition la choqua tellement que dans les jours suivants, elle fut emportée par un infarctus. A l’époque, les secours d’urgence n’étaient pas encore implantés et les malaises cardiaques se terminaient souvent par une issue fatale.

Mon père  reçut de nombreuses lettres anonymes le menaçant de tous les maux en représailles de sa collaboration avec l’occupant et à la bienveillance  qu’il avait montrée  face à l’ignoble conduite de son épouse  Un soir il se tua dans un accident d’automobile et si  l’enquête montra que le véhicule avait été saboté, la gendarmerie  mit peu de  zèle à retrouver le coupable.   

Restée seule avec ma sœur Anne, de dix ans ma cadette, je repris les destinées de la scierie paternelle assistée  par une bonne équipe d’ouvriers. Après les années de guerre le pays se reconstruisait, le travail reprenait de plus belle et les commandes affluaient. A l’époque je connu Joël, le contremaitre : il fit battre mon cœur et  m’éveilla à l’amour. »

Thérèse se tut. Elle devait sans doute revoir les lointaines images d’un autre temps, ce temps heureux où elle s’était donnée à ce bel éphèbe musclé, qui lui avait fait découvrir les frissons de l’extase sexuelle. Elle n’avait connu jusqu’alors que de fugaces bluettes, d’insipides flirts  faits de timides baisers, qu’on échangeait à profusion dans les ruelles sombres. Parfois, un amoureux un peu plus hardi avait, au travers de son chemisier caressé ses seins, frôlement qu’elle  appréciait, mais  elle s’était toujours refusé à offrir davantage ces appâts qui attirent les mains des hommes et moins encore à franchir le pas qui ferait d’elle une femme, lorsqu’un audacieux aventurait ses doigts sur ses cuisses nues jusqu’au recoin le plus intime de sa féminité.

Joël éveilla en elle de profonds désirs et le flirt qui s’était ébauché entre eux, tourna vite à la joute amoureuse. Elle n’hésita pas, perdant toute pudeur et toute retenue,  à  s’offrit passionnément,  à celui qui avait fait naitre des envies jusqu’ici inconnues. Se laissant guider dans les méandres de l’amour elle parvint au moment fabuleux où elle connu enfin le miracle de cette explosion qui change tout dans la vie d’une femme

Malheureusement, Joël eu l’occasion de côtoyer  la jeune sœur, une très belle  adolescente aux formes confirmées : Anne. Aguicheuse, elle avait le don de  mettre en valeur par la façon recherchée de se vêtir, un corps désirable qui semait le trouble chez la gent masculine du pays. Comme beaucoup d’autres, Joël tomba dans le piège tissé par cette séductrice et lui fit des compliments qui n’étaient pas, on s’en doute du goût de la grande sœur. Ce qui devait arriver  arriva : après l’ainée, Joël connut (au sens biblique du terme)  la cadette, une précoce coquine qui avait depuis longtemps perdu sa virginité et qui se montra très expérimentée  en matière d’érotisme, magnant avec brio ses mains expertes ou sa bouche gourmande. L’homme apprécia les ardeurs de cette charmeuse ; il en vint à faire des comparaisons et délaissa dès lors Thérèse. Entre les deux sœurs ce fut la guerre, la lutte de deux femmes, se disputant les faveurs du même mâle. 

Quelques semaines plus tard, Anne s’aperçut qu’elle était enceinte, ce qui n’arrangea les rapports entre les sœurs et même les envenima. Les disputes incessantes au sujet de la conduite à tenir en l’occurrence se multiplièrent  jusqu’au jour où Anne disparu et Joël également ; on supposa que tous deux avaient  fugué ensemble.

–         Depuis ce jour, je n’ai pas revu ma sœur, ni eu de ses nouvelles. Cela fait plus de 30 ans…

Maitre Montillac  effaré par ce récit, se demandait comment régler au mieux la demande de Thérèse. Il s’énerva un peu : 

–         Mais enfin, n’avez-vous  jamais cherché à savoir ce qu’était devenue votre sœur ?

–         Quelques années plus tard, lorsque ma colère s’est apaisée j’ai déposé un avis de recherche auprès du service des personnes disparues. Vainement.

–          C’était à prévoir.

***

Quelques semaines après cette visite à l’étude notariale, Thérèse mourut.

Dans les mois qui suivirent, Maitre Montillac entrepris les  recherches nécessaires pour retrouver la trace d’Anne et de Joël. Ce ne fut pas aussi évident que cela. Le service des personnes disparues  avait depuis longtemps archivé un dossier pour lequel la recherche avait échoué ; quant à Joël, le patronyme de Dufour assez répandu ouvrait un champ de recherche immense que le notaire ne sentait pas d’aborder. Fort heureusement, sa fille Dorothée, qui poursuivait ses études de droit afin de lui succéder un jour, se proposa pour mener une enquête en reprenant les recherches à partir de Buzet, lieu d’origine des protagonistes. En faisant cette proposition, la jeune fille souhaitait s’éloigner un peu de l’étouffante atmosphère familiale à la mentalité bourgeoise qui n’avait pas encore pris conscience des bouleversements de mai 68.

A Buzet, la scierie fonctionnait toujours ; elle appartenait désormais à un homme qui, autrefois, y avait travaillé comme apprenti sous les ordres de Joël ; il ne  gardait pas de lui  un excellent souvenir. Le contremaitre se montrait très dur avec le personnel et du fait de son attache avec Thérèse, se comportait comme le maitre des lieux et le patron de l’atelier. Lorsqu’il quitta le village, on ne regretta pas son départ, seules quelques jeunes filles qu’il avait courtisées, versèrent la furtive larme des amantes abandonnées. 

Dorothée avait eu une excellente idée en se rendant ici car en parlant avec les anciens du village elle glana quelques renseignements et en particulier on évoqua une certaine Jeanne, une étudiante  en pharmacie, venue faire un stage, que Joël  avait dit-on fréquentée. Cette jeune étudiante, dont nul ne se souvenait du  patronyme n’était restée que quelques semaines à Buzet avant que de s’en retourner à Albi où vivait sa famille. Dorothée pensa qu’elle pourrait peut-être en cette cité, trouver quelques renseignements utiles à ses recherches, et décida de s’y rendre dès le lendemain.

 A l’hôtel où elle avait pris pension pour la nuit, l’un des clients présent ce soir-là, lui fit une cour discrète et sans doute pas tout à fait désintéressée. Il était joli garçon et Dorothée aurait volontiers succombé à son invite mais, allez savoir pourquoi, elle fit sa timide et regagna sa chambre, toute seule. Elle eut du mal à trouver le sommeil, regrettant d’avoir éconduit un peu vite ce soupirant au sourire enjôleur, qui devait avoir plusieurs cordes à son arc érotique. Elle ne put s’endormir qu’après s’être donné un petit plaisir solitaire usant de ses doigts fouineurs qui firent un miracle sur son petit bouton d’amour. Dorothée n’hésitait pas à s’abandonner dans les bras d’un garçon, mais elle savait à l’occasion combler le manque par des moyens appropriés que tôt où tard les femmes finissent par découvrir. Le résultat n’est pas tout à fait semblable à celui que procure un bon divertissement à deux, mais pour un temps, cela soulage. 

Dorothée ne fit pas en Albi un voyage inutile. Elle retrouva la trace de Jeanne Alban qui y tenait une officine de pharmacie. C’est elle qui lui apprit entre autre chose, que Joël était incarcéré à la prison centrale de Muret.

***

Viviane se préparait à quitter Clermont Ferrand pour se rendre à la convocation de Maitre Montillac. Alors qu’elle préparait une valise avec des effets pour quelques jours, elle reçu la visite de Paul. L’amoureux était venu pour mettre fin au malentendu qui s’était créé entre eux lors de leur dernière entrevue. Il avait pour se faire, apporté un énorme bouquet de fleurs, les plantes restant assez souvent le moyens de mettre fin à une discorde. Ce ne fut pas le cas ce jour-là et malgré les avances de Pierre, malgré ses mains caressantes qui s’approchaient dangereusement des rondeurs de Viviane, celle-ci resta de marbre.

–          Au diable les frivolités,  je pars à Toulouse pour affaire et pour l’heure  je n’ai pas la tête à la bagatelle.

–         Mais enfin ma douce…

–         Ta douce a passé des moments exquis  avec toi, tu es un bon amant, tu baises bien, et mon petit minou en garde de bons souvenirs, mais des circonstances nouvelles vont peut-être changer le cours de ma vie et comme tu le vois, je m’apprête à partir.

–         Et l’on ne se reverra plus ?

–         Je n’en sais rien encore ; je me laisse porter par les évènements.

–         Tu n’as pas une petite minute à m’accorder ?

–         Je t’en prie, je dois partir et  j’ai horreur de faire l’amour à la va vite. Alors, tu prends ton bouquet de ces jolies fleurs dont je n’ai plus que faire, tu vas les offrir à ta secrétaire, en avançant une quelconque raison et toute heureuse de cette attention elle te fera une petite gâterie pendant que tu caresseras ses cheveux.

Et sur ces bonnes paroles, elle regagna sa petite 207, laissant Paul décontenancé avec ses fleurs à la main.

Raimondo (à suivre) – 2014

Il vaut mieux en rire…

Posted in BombayTV on mai 1st, 2014 by gerard – Be the first to comment
…sinon il faudrait trop pleurer:
mariage01 

Douloureuse séparation

Posted in Remixito on mai 1st, 2014 by gerard – Be the first to comment

La Valérie est en colère …et pas qu’un peu!http://www.remixito.fr/tv-cinema/emission-serie/soap-mexicain/douloureuse-separation-1.htmlmariage02

Le bon boulot

Posted in BombayTV on mai 1st, 2014 by gerard – Be the first to comment
A peine exagéré:
mariage03

La téléréalité

Posted in Bmovie-TV on mai 1st, 2014 by gerard – Be the first to comment
Sans doute pas intéressante pour votre attention, mais qui peut intéresser votre porte-monnaie…
mariage04

Pauvre Ed!

Posted in Bmovie-TV on mai 1st, 2014 by gerard – 1 Comment
Le cheval qui parle passe de horsesteak à beefsteak: 
mariage05

Livraison tardive

Posted in ClassicTV on mai 1st, 2014 by gerard – Be the first to comment
Au resto, les gens n’ont plus la patience d’attendre:
mariage06