Archive for mars, 2015

Raimondorama 14

Posted in Oulibouf on mars 20th, 2015 by gerard – Be the first to comment

 Foin de la gent nobiliaire et des artisanes de nos villages ( que nous retrouverons bientôt, soyez sans inquiétude)! Voici quelques inclassables de notre ami Raimondo.Raimondorama14_01

CONTE à la MAUPASSANT 

Grand père je t’en prie, ôte tes mains de là

Tu sais bien que cela ne m’intéresse pas.

 

C’est ainsi que Lily parlait à son grand père

Qui d’une main fouineuse caressait son derrière.

Cet aïeul connaissait dans toute la famille

Les fesses et les tétons de ses brus et ses filles

Qu’il avait maintes fois d’une main caressante

Pelotés tendrement de façon insistante.

Ce geste était chez lui emprunt  de  bonhommie :

Il était raffiné dans sa galanterie,

Et les filles bientôt ne rechignèrent point

Faisant un bon accueil à  ces sublimes  mains.

Seule aujourd’hui Lily refusait la tendresse

Que Papy  prodiguait à ses très jolies fesses.

 

Le Papy éconduit porta son attention

Aux formes rebondies de la belle Toinon

Une bonne à tout faire qui du soir au matin

Ne ménageait jamais sa peine et son entrain.

Mais Toinon fine mouche soumit à condition

Les gestes raffinés que souhaitait son patron

Et réussit ainsi, comme chez Maupassant,

A parler mariage à cet homme puissant.

 

Les enfants éperdus de cette folle union

S’unirent aussitôt afin de faire front

En voulant à tout prix empêcher cette idylle

A laquelle ils étaient absolument hostiles.

On raisonna l’aïeul, on le morigéna

Et l’on fit à Toinon de sévères tracas

 Mais tout cela en vain car ce vieux cabotin

Ne voulait surtout pas suspendre son dessein    

 

Il fallut recourir à des voies détournées

Et dans un grand asile on le fit interner.

Il y resta longtemps, et la vie peu à peu

Quitta l’aïeul vaincu au destin malheureux.   

Seule veillait sur lui  une  nonne, Gertrude

Qui l’entourait alors de sa sollicitude.

Et lorsque vint l’instant ou s’échappa sa vie

La nonne l’assista durant son agonie 

Très maternellement elle lui prit la main

La baisa tendrement, la serra sur son sein.

C’est alors que l’aïeul au sourire extasié

Entra avec bonheur dedans l’éternité. 

Raimondo – 2011Raimondorama14_02

Anecdote historique

Ce soir là à Versailles il y avait gala

Le roi  voulait fêter par une bamboula

Les exploits glorieux de sa vaillante armée

Qui avaient remporté de très nombreux lauriers.

Les militaires avaient pour cette occasion

Revêtu leur plus bel uniforme et leur plastron,

Et les femmes parées de robes en dentelle

Rivalisaient d’audace pour être la plus belle,

Celle que le grand roi de son œil avisé

Pourrait choisir ce soir pour être lutinée.

Car c’était bien ainsi durant ces temps anciens

Que l’on divertissait parfois les Souverains.

On ne lésina pas sur les décolletés :

Des profonds, débordant  de générosité,

Mais aussi des discrets ainsi que des plongeants

Qui étaient, il faut bien le dire, assez troublants.

C’est alors que le roi entraperçut soudain

Une belle inconnue, très jeune, et dont les seins

Opulents à loisir attiraient les regards

Des courtisans émus et aux yeux égrillards.

C’était une étrangère, la fille d’un marquis

Nouvellement venue dans notre beau pays.

Cette merveille-là il me faut l’acquérir

Et dans mon lit ce soir je la veux  voir venir.

Ainsi parla le roi et l’on s’exécuta, 

Et l’on mit dans son lit la fille aux fiers appâts.

Sire, dit l’ingénue, je suis immaculée

Et je dois le rester jusqu’à mon hyménée,

Car dans notre pays on doit selon l’usage

Garder pour son époux son précieux pucelage.

 Le grand roi submergé par sa passion charnelle

N’avait pas bien ouï les propos  de la belle ;

Comprenant  de travers le mot immaculé

Il crut qu’elle réclamait un chemin détourné.

Le roi s’exécuta avec beaucoup d’allant

Et la belle trouva tout cela bienséant.

 

C’est ainsi qu’à Versailles fut fêté par le roi

Le glorieux succès français, de Fontenoy

                                                                                    Raimondo – 2013Raimondorama14_03

 La Veuve Joyeuse

 En hommage à Frantz Lehár 

Sans mentir je le dis, Monsieur le policier

Au sortir du marché, ce gredin m’a violée.

Je rangeais mes denrées dedans ma voiturette

Quand le monstre à surgit, soulevant ma jupette

Et ses doigts indiscrets se sont aventurés

Dans les replis secrets de mon intimité

J’étais prête à hurler pour qu’on me vienne en aide

Mais je sentis bientôt une bite très raide

Qui partait à l’assaut de ces masses charnues

Tentant de pénétrer mon petit trou du cul

Je me suis tue soudain car cette gentillesse

Fit s’exprimer en moi une folle allégresse

Qui allait s’accroissant sous de doux va et vient

Jusqu’au moment heureux ou le plaisir me vint.

Tel il était venu, cet homme a disparu

Et je n’ai pu savoir qui était l’inconnu

Qui m’avait apporté tant de félicité.

Il faut le  dire ici monsieur le policier,

Je suis veuve et  souvent je suis privée d’orgasme

Mais cet homme est venu pour calmer mon marasme

Alors je vous en prie trouvez ce bienfaiteur

Qui m’a tant apporté et qui fit mon bonheur.

Avec lui j’aimerais poursuivre ces délices

Et de ses mouvements me faire la complice 

Conclusion ad libitum: 

1)   Madame, il est connu ce violeur des marchés

Qui agresse souvent les femmes esseulées

C’est le roi du zizi, champion du braquemart

Nous le connaissons bien, il se nomme Gérard

 

2)   Madame, il est connu ce violeur des marchés

Qui agresse souvent les femmes esseulées

C’est le roi du zizi, champion du braquemart

Nous le connaissons bien, il se nomme Adhémar

 

3)   Madame, il est connu ce violeur des marchés

Qui agresse souvent les femmes esseulées

C’est le roi du zizi, champion du braquemart

Nous le connaissons bien, ce très joyeux fêtard

Qui manque,  je l’avoue un peu de politesse

Mais sait également procurer de l’ivresse

Raimondo – 2013Raimondorama14_04

Josette ou le solitaire 

En ce beau jour d’été  la Josette était parée

D’une robe aérienne et de souliers légers.

Soudain le vent fripon  souleva sa jupette

Et l’on put percevoir que la jolie nymphette

Ne portait ce jour-là sous  la robe ténue

Aucune lingerie et que son ventre nu

Dévoilait seulement une brune fourrure

Servant de vêtement et d’unique parure.

Tout mon corps fut saisi d’un immense frisson

Découvrant la beauté  qu’offrait cette vision.

J’avais le désir fou d’aller poser mes doigts

Sur ces trésors enfouis sous la robe de soie ;

Je voulais lui montrer par ces tendres caresses

Que j’étais amoureux de cette enchanteresse,

Dont le décolleté éblouissait mes yeux

Par la rotondité de deux seins généreux.

Mais hélas ces splendeurs  et toutes ces beautés

Je ne pourrai jamais un jour les caresser

Car je suis chargé d’ans et la vie bien cruelle

M’interdit désormais de courtiser les belles

Qui me repousseraient si j’osais demander

Un moment de bonheur ou quelque privauté.

Et quand à ces cachets que l’on dit merveilleux

Au  pouvoir  étonnant et à la couleur bleue

Je ne crois pas du tout à leur effet magique

Capables nous  dit-on de redonner la trique

 

Car on l’aura compris, je reste un solitaire.

Qui dois se consoler d’une vie bien austère 

                                                                                         Raimondo-2012Raimondorama14_05

Actu-m’en diras tant Mars 2015

Posted in Actualités & hors-série on mars 10th, 2015 by gerard – Be the first to comment

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France's newly-elected President Francois Hollande and his companion Valerie Trierweiler celebrate on stage during a victory rally at Place de la Bastille in Paris

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Les titres de l’Actualité auxquels vous avez échappé (« Personne n’obligera le pot de terre à taire ce que se permet le pot de fer de faire » Jean Brasier 1910-2003): 

1/ Incantations (Relevées par Adhémar): Liste des gadgets « socialistes » qui ne veulent rien dire :

la réserve citoyenne = bidasses à la noix

le choc de la simplification = la simplification (totalement bidon)

le renversement économique = magouilles différentes

le corridor tarifaire (Micron 2.2.2015) = un couloir mal famé

la courbe du chômage = un autre bidonnage parfait***

la « vente » des Rafales = épisode d’Alice au Pays des Merveilles

je suis Charlie = refrain destiné à masquer les trucages du gouvernement

Pourquoi appeler les choses par leur nom ? C’est bien plus rigolo en langage patapoufien.

***la fameuse réserve citoyenne (je ris !) va permettre de retirer 100.000 ou 150.000 clampins des listes du chômage. Ils ne seront plus chômeurs, ils seront « membres de la réserve citoyenne ». Et toc !!!!

Quel triomphe pour Patapouf !!!! 150.000 chômeurs en moins d’un seul coup !!!!!! Et inutile de dire que ces « réservistes » voteront à gauche, pour conserver leur indemnité. 

2/ Pierre de Ronsard (1524 -1585) :     
France de ton malheur tu es cause en partie,
Je t’en ai, par mes vers, mille fois avertie.
Tu es marâtre aux tiens, et mère aux étrangers.
Qui se moquent de toi quand tu es au danger.
Car la plus grande part des étrangers obtiennent
Les biens, qui à tes fils, justement appartiennent.

J’dis ça, j’dis rien, s’pas ? 

3/ Cours de linguistique: C’est quand on devient presbyte qu’on voit pubien ! On ne dit pas le tout petit poivrot Mais l’ivre de poche ! On ne dit pas verre solitaire mais monocle ! Quand le schizophrène, ça ralentit ! La religion, c’est aussi évident que dieu et dieu font quatre ! Qui a un parachute doré se prépare à un atterrissage de fortune !Vendetta n’est pas une flatulence présidentielle ! Quand on dit Eurêka ! On cryogénie ! Qui goûte à un chaud lapin peut connaître l’amour du râble ! L’attribut du sujet n’est pas toujours le sexe du serviteur ! On ne dit pas Amadeus est ici mais Mozzarella !La bourrée auvergnate n’est pas une pochetronne du massif central ! Quéquette en décembre, layette en septembre ! Une Biroute n’est pas une route à deux voies! Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde les fesses ! Donner c’est donné, Repeindre ses volets ! Une bonne cuite vaut mieux qu’une servante crue ! Mieux vaut une allumette intelligente qu’un sot briquet ! Un air coquin n’est pas un vent tripotant ! Ne dites pas La nonne nymphomane mais dites L’amante religieuse ! Ne donnez jamais de Bol aux niaises ! Qui mange un chien Chie houa houa ! Une femme qui se dérobe ne se déshabille pas forcément ! Deux yeux qui voient un cul ne valent pas le doigt qui le touche ! Si elle tombe à l’eau, la corbeille a pas pieds !Chez les déménageurs il vaut mieux lâcher une grosse caisse que se péter le dos ! Mieux vaut un papa au rhum qu’un gâteux sec ! Une boule de flipper n’est pas un testicule de dauphin ! Le lion et la lionne sont félins pour l’autre ! Ne pas confondre Sexe débridé et mœurs asiatiques ! Une personne qui n’assume pas le fait d’aimer les deux sexes est un Bi Qui Nie ! Les mots rendent les cris vains ! Les Abyssins ne sont pas les vêtements du pape ! Une chèvre diplomate n’est pas un bouc émissaire ! Les habitants de Papeete sont sujets à l’aérophagie ! Un discours de dame pipi donne souvent un récit pissé ! Pas de chauve à Ajaccio ! Mais à Calvi si !

4/ Adhémar communique: Le 7 mars 2015, à 16h35, sur BFMTV, l’analphabète de service nous déclare : « François Hollande et  Boubacar Keita « ont convenu » de mesures spéciales contre le terrorisme au Mali ».
Je dirais « sont convenus ».

Viviane 07

Posted in Oulibouf on mars 10th, 2015 by gerard – Be the first to comment

     Pour « rattrapper » le décalage dû à l’actualité de Janvier (cf tueries à Charlie-Hebdo), voici dont le 7ème chapitre de Viviane. On retrouve donc, à partir de ce jour, le rythme normal de parution (un tous les deux mois), rendez-vous alors le 10 Mai pour le 8ème épisode. Et, bien sur, un grand merci à Raimondo de nous régaler de sa prose!viviane07

 DEUXIEME PARTIE

     Viviane, après une enfance malheureuse et assez perturbée, a enfin trouvé son équilibre. Héritière des biens de la famille elle peut dorénavant vivre à l’aise, sans avoir à se soucier de l’avenir. Elle a retrouvé un frère avec lequel elle entretient désormais des rapports plus conformes aux liens familiaux qui les unissent. Elle s’est bien gardée de contracter une alliance durable avec qui que ce soit : des rencontres occasionnelles, en général de courte durée, suffisent à son bonheur en lui apportant l’équilibre sexuel réclamé par son petit trou d’amour.

     Ce que Viviane ignore, c’est qu’elle est issue d’une longue lignée de femmes qui portaient le même prénom et dont les aventures furent particulièrement remarquables.

     Il est bon de les rencontrer à présent, et en particulier la jeune Viviane qui avait passé son enfance au château de Courcy.

(Cf. Adalbert et Emeline paru précédemment sur ce site)

Chapitre 1 : Il était une autrefois

     Tout le jour, Viviane avait, sillonné les bois attenants au château. Comme à l’accoutumée, elle trouva dans cette promenade bienfaisante, le calme et la quiétude ; si la vie au château lui apportait un bien être certain, voire une incontestable aisance auprès de parents aimants, depuis le mariage de son frère, elle se sentait un peu seule et parcourait de plus en plus les sentiers à l’abri des feuillus. A plusieurs reprises, sa mère l’avait mise en garde, car il se disait que des rôdeurs malveillants s’y promenaient, à la recherche de femmes seules. Viviane n’avait cure de ces avertissements, se sentant apte à affronter tout importun aux mauvaises intentions.

     Ce jour-là cependant, elle ne vit pas l’homme qui depuis un moment la suivait sans se faire remarquer et qui soudain la ceintura et la plaqua au sol. Avec vigueur, elle se débattit pour échapper à l’étreinte de l’individu dont elle sentait le souffle chaud sur la nuque. Il releva le bliaud pour dénuder deux rondes fesses dodues qui attiraient une bouche vorace. En sentant cette insane caresse, Viviane, en un sursaut de vigueur se cambra afin de désarçonner son assaillant. Elle réussit ainsi à se libérer et en courant lui échappa.

     Malheureusement, elle n’alla pas loin : buttant sur une pierre elle se tordit la cheville et une douleur violente interrompit sa fuite. Incapable de poursuivre son chemin, elle allait se résigner à devoir subir les odieuses exigences de l’homme, quand soudain vint le salut : les aboiements d’un chien qu’une femme incitait d’une voix stridente :

– Allez Miraud, chasse-moi ce malotru, mords-moi le cul de ce gougnafier.

     Le chien obéit obligeant l’odieux personnage blessé par les morsures de l’animal à filer sans demander son reste.

– Ma belle damoiselle, je crois que nous sommes arrivés au bon moment. Je suis Marie et je ramasse des herbes pour faire mes décoctions.

– Merci bonne dame, et merci à toi Miraud, poursuivit-elle en caressant l’animal tout heureux de cette aimable attention.

     La vieille femme faisait parti d’une tribu de ces gens errants qui parcourent les routes de ville en ville proposant les services d’ordinaire dévolus aux romanichels : médicaments à base de plantes, affûtage des couteaux, des faux et autres outils coupant, vente de divers objets confectionnés à partir de rotin ou d’osier. Les plus jeunes femmes, pour quelques sols, lisaient dans les mains l’avenir des chalands, pendant que les jeunes gens s’attaquaient aux aumônières des bourgeoises : bref toute une industrie de seconde zone assez lointaine souvent de la probité.

– Nous allons de ville en ville et ce soir nous avons fait halte dans la clairière de  l’Arbre mort ; tu vas venir avec moi et je te donnerai un onguent pour soigner ta cheville.

     Il fallu par contre se rendre à l’évidence : Viviane se révéla incapable de mettre le pied à terre.

– Repose-toi ici sous la garde de Miraud pendant que je vais chercher du secours.

     Marie revint peu après en compagnie de deux solides jeunes gens ; avec précaution ils l’installèrent sur une sorte de palanquin et la portèrent jusqu’à leur campement. Et Viviane, qui avait été élevée dans un magnifique castel, décida, sans même songer à prévenir les siens, de changer sa façon de vivre en s’intégrant dans ce groupe de gens itinérants et en adoptant peu à peu leurs coutumes.

     Très vite, elle ressentit pour l’un des jeunes hommes qui l’avaient secourue, une certaine attirance, un attrait, une incoercible pulsion qu’elle n’avait jamais éprouvée jusqu’alors. Arthur, ainsi se nommait-il, était un beau gars, grand, musclé ; bel éphèbe à la chevelure frisée,  il avait l’allure de ces héros de la mythologie grecque, un mélange de Narcisse et d’Ulysse assorti d’un soupçon d’Achille. Très vite, des confidences furent échangées, des serrements de mains que l’on ose dans des recoins plus sombres, jusqu’au moment où l’on risque un baiser furtif et bientôt celui plus profond des gens qui se désirent.

     A l’abri des curieux, isolés dans leur monde, ils s’offrirent l’un à l’autre, goutèrent leurs chairs, partirent à la recherche de replis intimes qui s’éveillèrent sous ces tendres attouchements et bientôt s’enflammèrent jusqu’au moment où le flot de l’orgasme les fit exploser. Viviane était devenue une femme ; elle avait pu constater que cela était fort bon et prit la résolution de renouveler les tendres moments au cours desquels elle avait découvert le monde du plaisir. Elle réitéra souvent avec Arthur ces intimes ébats. Avec le temps, vint l’expérience : ils découvrirent des horizons nouveaux non moins agréables et mirent leur énergie à en trouver sans cesse d’autres, qui les comblaient de plaisir et limitaient le danger d’une maternité non désirée.

     Viviane était heureuse avec ces nouveaux amis qui l’avaient accueillie avec tant chaleur, ces gens dont on se méfie à cause de leur façon de vivre hors du commun mais dont la générosité est manifeste lorsqu’il s’agit de partager avec l’étranger dans le besoin. Auprès de la vieille Marie, avec laquelle elle partageait désormais la roulotte, elle apprit à rechercher les herbes nécessaires à la confection des tisanes et des onguents dont la vente procurait de réels subsides à la collectivité. A son tour, suivant ses moyens, elle apporta sa quote-part, aidant les jeunes femmes qui lisaient la bonne aventure, en général peu instruites, à peaufiner leur langage afin d’attirer plus facilement une clientèle sensible à un parler correct. D’un goût certain, elle sut choisir pour elles des tissus chatoyants et des formes originales pour leur bliaud ; on prête plus aisément attention à une jolie femme vêtue avec élégance et de ce fait l’on regardait avec moins de sévérité ces gens d’ordinaire soumis à la suspicion.

     Bref, tout était pour le mieux. Jusqu’au jour où un petit rien vient troubler une belle harmonie. La troupe se dirigeait vers la capitale ; elle voulait participer à la foire du Lendit pour y vendre les produits élaborés en vue de cette manifestation commerciale de renommée : les juleps de la vieille Marie ainsi que les objets en osier fabriqués par les anciens. A cette occasion on rencontra de nombreux amis de toutes origines qui, comme eux, parcouraient les routes du pays. Cette rencontre sonna la fin de la belle romance tissée par Viviane et Arthur. Ce dernier entrevit une magnifique jeune fille aux grands yeux charmeurs, au sourire séduisant, vêtue avec recherche dans ses habits chamarrés, qui le chamboula complètement : difficile de rester insensible à tant de beautés. De son côté la belle ne chercha pas à résister aux avances qu’il lui fit, et elle succomba sans hésiter, sans même songer aux dommages que cette passade générerait. Car ce fut bien une passade. La foire terminée, on se sépara : la belle repartit avec les siens et Arthur se retrouva seul, car Viviane n’avait pas attendu son retour pour disparaître.

     Ainsi, elle avait connu sa première déception amoureuse. Passé un court moment de rancœur envers celui à qui elle avait offert sa virginité, après quelques larmes compréhensibles, elle décida de ne pas s’enliser dans l’affliction, excluant de se laisser envahir par la mélancolie ou la désespérance. Bien au contraire elle fit face et décréta que désormais elle ne se laisserait plus jamais submerger par la passion et chercherait à ne retrouver en elle que l’apaisement des sens, évitant de sombrer dans une exaltation qui cesserait tôt ou tard. Désormais elle mènerait les amours à sa guise, demeurant la maitresse du jeu sans avoir à subir le quelconque dictat d’un partenaire.

     Elle refusait cependant d’entrer dans le cycle infernal des amours tarifées comme certaines femmes de la tribu, qui outre l’activité de chiromancienne, offrait pour une piécette quelques minutes de bonheur à des âmes esseulée. Pour Viviane, l’amour était synonyme de plaisir, ce que ces femmes ne trouvaient certes pas dans cette particulière activité.

     Quant à s’en retourner auprès de sa famille, il n’en était pas question ; non qu’elle l’ait rejetée à jamais, mais parce qu’elle avait décidé de prendre sa vie en main et de ne revoir les siens qu’après avoir montré ce qu’elle était capable de réaliser par elle-même. Dans l’immédiat elle décida de regagner Paris, la capitale du royaume de France, où de nombreuses possibilités s’offraient aux courageux que le travail ne rebutait pas.

     Elle confia à Marie qui avait été si bonne pour elle, la teneur de ses projets, lui recommandant de n’en rien révéler à Arthur qu’elle voulait définitivement effacer de son esprit. Elle s’intégra à un groupe d’étudiants rigolards qui traditionnellement accompagnait le recteur venu à la foire pour s’approvisionner en parchemin. En fait c’était pour eux l’occasion de festoyer, de boire, de ripailler et profiter de cette opportunité pour nouer quelques intimes moments avec les Flamandes descendues du nord pour vendre les produits de leur industrie drapière, ces grassouillettes femmes dodues dont les gorges avenantes excitaient toujours la lubricité des jeunes universitaires.

     Viviane n’était pas la seule femme de ce joyeux groupe ; quelques égrillardes bateleuses se mêlaient à cette horde : elles animaient les festivités par leurs chants et leurs facéties. Peu farouches, elles n’hésitaient pas à se montrer généreuses apportant parfois à ces intellectuels, une culture moins spirituelle peut-être, mais d’une indéniable saveur.

     Parmi ces jeunes fêtards, Viviane distingua la présence d’un garçon plus timide et plus réservé que ses compagnons : Diégo. Elle se lia d’amitié avec lui. Il s’ébaucha entre eux un flirt gentillet au cours duquel furent échangés quelques baisers discrets et quelques légères caresses, mais on n’alla pas plus loin et ce jouvenceau, tout juste sorti de l’adolescence, se contenta de ces miettes d’amour qui lui apportèrent un petit bonheur capable de meubler ses souvenirs dans l’attente de franchir le grand saut au cours duquel une femme lui ravirait son pucelage.

     On entra enfin dans Paris et progressivement le groupe se défit. Viviane se laissa porter et sans trop savoir comment, se trouva soudain face au magnifique château- forteresse, le palais de la Cité, qui à l’époque abritait la cour royale. Elle resta ébahie en découvrant ce monument noirci par le temps mais qui conservait, du fait de la présence royale un réel prestige.

     Perdue dans ses pensées, elle n’entendit pas venir à elle un homme qui l’interpella :

Viviane, que fais-tu ici ?

Raimondo (à suivre)

Loi sur la parité

Posted in BombayTV on mars 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment
Combat d’arrière-garde pour les machos:
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Nota Bene: Les illustrations des 6 clips de ce mois anticipent d’une semaine la Journée de la Femme qui aura lieu le 8 Mars. J’en profite pour rappeler que ces images n’ont aucun rapport avec le clip lui-même. C’est juste une série sur un thème commun…

Nouveau Trésorier à l’UMP

Posted in BombayTV on mars 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment
Un emploi qui demande la dextérité d’un faiseur de passe-passe:
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Lepaon/Martinez même combat

Posted in BombayTV on mars 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment
Péter dans la soie plutôt que dans son bleu de travail, c’est quand même mieux:
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C’est malheureusement vrai

Posted in BombayTV on mars 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment

 

Faut-il que nous soyons c… tout de même:
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Ca roule…

Posted in BombayTV on mars 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment

 En France, on estime entre 300 000 et 2,5 millions de conducteurs sans permis:

http://www.grapheine.com/bombaytv/movie-fr-5b7e3caa92d8371156f41117c3c5ba26.htmljournéefemme_05

Reflexe de Pavlov?

Posted in BombayTV on mars 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment

 L’appétit vient en matant:

http://www.grapheine.com/bombaytv/movie-fr-56448531d97679deff426512b2421068.htmljournéefemme_06