Archive for septembre, 2015

Quatre évangélistes

Posted in Oulibouf on septembre 20th, 2015 by gerard – 5 Comments

     Les évangélistes américains racontent n’importe quoi, et il y a toujours une palanquée de chtarbés pour croire en eux et les suivre dans leurs divagations. Je ne vois pas pourquoi on ne croirait pas aujourd’hui aux belles paroles de nos quatre allumés.

     Une fois de plus, je présente mes excuses aux lecteurs situés au-dessus de Montélimar, mon texte étant bien farci de mots et expressions méridionales.

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     Sur les derniers contreforts occidentaux du massif des Alpilles, dans la commune de Saint Etienne du Grès plus précisément, et un peu en altitude, se trouve la pimpante et proprette maison de retraite « Leï prochans crevadous ». Tout y est à taille humaine : Une quarantaine de pensionnaires, pas plus.

     Malheureusement, si la gent féminine est sur-représentée, les éléments masculins sont très peu nombreux. En fait, ils ne sont que quatre hommes au milieu de toutes ces vieilles tchopes. Matthieu, justement originaire de Saint Etienne, Marc du Mas Blanc, Luc de Fontvieille et le dernier arrivé d’il y a huit jours, Jean, des environs de Beaucaire, et, même si ce dernier est à peine un peu plus jeune que les autres débris, il est desservi par une surdité sévère. Tous les quatre se connaissent depuis fort longtemps ; en fait, depuis toujours. Ils ont fait les quatre-cent coups du temps de la Communale, ont accompli leur service militaire ensemble et participé dans les années 50, en faisant les kakous, à un tas de « vogues » et de balettis dans le Nord-Ouest des Bouches du Rhône avant de se caser. Ce n’est qu’après leurs mariages respectifs qu’ils se sont perdus de vue. Aujourd’hui, ils sont octogénaires et veufs tous les quatre. Ils ont été tout heureux de se retrouver, après plus d’un demi-siècle, pour ressusciter leurs souvenirs communs.

     Il existe un banc isolé dans le parc de la propriété, loin des oreilles de ces bazarettes de bonnes femmes, et, lorsque la météo le permet, ils aiment se retrouver là, entre mâles, pour des discussions à n’en plus finir. A un peu plus d’un kilomètre, ils ont une vue plongeante sur le Rhône majestueux qui roule ses flots argentés, gris ou cacateux selon la saison, en tout cas jamais bleus.

     Aujourd’hui ils ont laissé tomber le football et la politique et, pour la énième fois, ils évoquent le bon temps de leurs amours de jeunesse. C’est Matthieu qui lance la conversation :

_ Tout de même, les poteaux, quand on était jeunes hommes, on en a connu des drôlesses dans les alentours. Est-ce que vous vous rappelez d’Elizabeth, dite Sissi, une noire américaine qui était la gouvernante de l’ancien notaire de Graveson, Maître Sauze ?

     Jean se risque à glisser :

_ Sissi ? La pute ?

_ Mais non, mais non, c’était une brave fille, voilà tout ! Mais il faut reconnaître que c’était une championne du fifre baveux. Ô la mort de mes os, qu’est-ce qu’elle a pu jouer comme partitions d’Arles jusqu’en Avignon et de Tarascon à Châteaurenard !

_ Ah que oui je m’en souviens, intervient alors Marc, elle avait fait de son talent une spécialité intercantonale. Elle avait même acquis une certaine notoriété cette vaillante pitchounette originaire de la Louisiane. A telle enseigne que je me souviens encore de son sobriquet : Miss-Sissi-Pipe. C’est bien ça, hein les gars ?

_ Tu dis vrai, s’exclame Luc ! Crévindiou, ce n’est pas les sinus qu’elle t’asséchait c’te tchopiasse, elle te vidait les bourses avec un doigté, un tact, une langue de velours que je m’en rappelle encore ! Avec elle, notamment avec ses énormes babines en rebord de pissadou, quand elle te faisait passer tes examens oraux t’avais toujours « mention Très Bien »!

     Puis Luc continue : « C’est pas tout ça, mais vous devez tous avoir encore en tête la belle Angèle qui avait un tchoul comme la Porte d’Aix s’pas ? »

     Jean se permet d’intervenir :

_ Angèle ? La pute ?

_ Ow Jeannot, mais tu divagues là, riposte Matthieu, on ne peut pas dire une chose pareille ! Bon, c’est vrai qu’elle était sacrément portée sur le radada à moustache et la bête à deux dos, mais noun dé Diou dé noun dé Diou qu’est-ce qu’on a pu s’envoyer en l’air avec elle ! Elle y avait gagné le surnom de « l’horizontale » tant elle experte dans l’art de voir les feuilles à l’envers. En ce temps-là, où j’étais en pleine forme, je me la faisais facile, pas farouche la frangine d’après moi !

_ Ouais, une sorte de « lève-Angèle selon sain Matthieu » quoi, ricane Luc!

_ Oh toi et tes jeux de mots pourris ! Mais c’est égal, capelan de bonsoir ! Aquèou quieù, il m’arrive d’en rêver encore.

_ Maman, quel tafanari, plussoie Marc ! C’est bien simple, quand tu pratiquais la levrette avec elle, t’avais l’impression de conduire la Pacific 231 !

_ Et si tu avais le malheur de faire zéro à ta partie de pétanque, et qu’il te fallait « baiser Fanny » ; t’avais pas intérêt à ce que l’Angèle soit dans les parages ! Ton visage semblait alors se perdre, je dirais même s’engloutir, entre ses éléphantesques fesses comme le gars qui s’enlise dans le sable mouvant entre deux dunes gigantesques.

_ Et ce ramdam qu’elle faisait, ajoute Matthieu ! Au jeu du « prends-moi toute », elle faisait plus de boucan que du Honegger revisité par Wagner et joué par dix orchestres symphoniques en même temps ! Je me rappelle qu’une fois le curé avait fait sonner le tocsin car il croyait à une tonitruante manif’ de la CGT contre la guerre d’Indochine. L’ Angèle était seulement en train d’être besognée par cinq valets de ferme piémontais à au moins deux cents mètres de l’église.

     Après quelques instants de calme à se remémorer la gourgandine, Marc rompt le silence :

_ C’est pas tout ça les aminches, mais on ne peut omettre Delphine Caussemille, la femme du Maire de l’époque.

Jean tente de s’immiscer dans l’échange qui ne manquera pas de se produire :

_ Fine ? La pute ?

_ Tout de suite les grands mots, riposte Luc! Non, non, non, non, elle était plutôt bravette et pas timide la Fine !

_ Ah çà, tu peux le dire clame Matthieu ! Elle y avait gagné le surnom de « Triplette », car, le plus souvent, elle s’envoyait les bonshommes par fournée de trois pour colmater, en douceur et profondeur, toutes ses écoutilles!

_ Ô pute borgne ! Comment pourrait-on l’oublier c’te radasse, lance Marc? Ses spécialités sortaient tout droit d’un claque expérimenté et catalogué « cinq étoiles ». Après une séance avec elle, « Paris-Hollywood » t’apparaissait aussi mièvre et aussi fade qu’un roman de Delly ! C’est pas dans l’eau de rose que t’avais la tête, mais plutôt dans la lave d’un volcan ! Faut dire que son fada de mari avait quasiment vingt-cinq ans de plus qu’elle, et qu’à force de faire l’important aux quatre coins de la commune, il en oubliait de jeter un œil sur sa légitime pétasse qui ne se privait pas de lui faire porter des cornes aussi hautes que des pylônes à haute tension.

     Matthieu renchérit :

_ Et la fois où on célébrait le 8 Mai de la Victoire ? Pendant que son calu de mari faisait le discours d’usage, elle était derrière le mur du monument aux morts en train de se faire Boundgi, l’idiot du village, mais qui était monté comme un âne cévenol. Bien cachée, il y avait là la table de la sono, mais les trépidations des deux fornicateurs n’arrêtaient pas de faire bouger ladite table, créant ainsi des interférences qui mirent tous les assistants en gaîté. « …et ce fut la victoires sur les hordes nazies… Heillll ! gueulait la Fine !… », « …la fine fleur de notre jeunesse tombée au champ d’honneur… Rhââââ ! beuglait-elle… », «…tous ces sacrifices faits par nos mères, nos sœurs, nos fiancées et nos épouses… Rogntudjuuuu ! qu’elle était en train de braire la légitime du Maire… » et caetera, et le pauvre Caussemille avait beau tapoter inlassablement son micro, on eut droit à un mixage des plus croustillants.

     Et Marc rajoute en se marrant comme un bossu :

_ Oh fatche ! Et ça avait même continué pendant qu’on chantait tous « La Marseillaise » : « …Le jour de gloire est arrivé… Ouiiiii ! qu’elle vociférait… », « …L’étendard sanglant est levé… Dard ! Dard ! Dard ! aboyait-elle… », «…entendez-vous dans nos campagnes mugir… Meuhhhh ! braillait la Fine… ». Le maire était rouge comme un gratte-cul et cherchait un trou de souris où se réfugier !  C’était l’hilarité générale, tu m’as compris tu m’as !

_ Ah ouais ! Qué rire, s’estrasse alors Luc! Le premier magistrat de la commune, il a rasé les murs pendant deux mois après ça. Mais les gens ne lui en ont pas voulu. Au contraire, il était chaque fois réélu triomphalement. Peut-être qu’il s’était dit finalement que sa femme était son meilleur agent électoral…

     Un ange passe… Et c’est Marc qui reprend :

_ Quand même les gars, on attige un peu là, c’était pas toutes des salopes ! Souvenez-vous de la très mignonne Sœur Agnès du Sacré Cœur de Jésus ! Toujours à visiter les malades et les affligés, à venir à domicile faire soins et piqûres gratos, toujours un mot gentil,… une vraie sainte, une vraie de chez vraie!

     Triomphant, Jean se croit autorisé à s’insinuer dans le débat :

_ Agnès ? La pute ?

     Alors, visiblement agacés et excédés, trois visages se tournent vers lui, et le même cri part des trois poitrines :

_ Oui là !!!

Gérard – 2014

Actu-m’en diras tant Septembre 2015

Posted in Actualités & hors-série on septembre 10th, 2015 by gerard – 2 Comments

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Les titres de l’Actualité auxquels vous avez échappé (« Personne n’obligera le pot de terre à taire ce que se permet le pot de fer de faire » (Jean Brasier 1910-2003):

1/ Ascenseur à sens unique : Gérard Holtz est l’ami d’Emmanuel Valls, sinon pourquoi aurait-il reçu la Légion d’Honneur ? Mais l’histoire de favoritisme ne s’arrête pas là, la demie-portion qui commente le Tour de France a une compagne, Muriel Mayette, qui fut la première femme à diriger la Comédie Française de 2006 à 2014. Voilà-ti pas que cette brave dame se trouva sur la touche pendant quelques mois. C’était sans compter sans l’ami régalien de la famille : Et hop ! Le Premier Ministre a déclaré cet été en Avignon, devant des professionnels du monde de la Culture : « Muriel Mayotte aura un grand poste ! » Ben tiens mon c.., je vous laisse deviner qui vient d’être proposée pour diriger la prestigieuse et lucrative villa Médicis à Rome (ce serait également une première fois pour une femme). Mais là, le piston est tellement énorme que ça a rué dans les brancards… Affaire à suivre…

2/ Le petit syrien noyé échoué sur le rivage : Nous sommes tous des hypocrites qui s’émeuvent sur une photo! Comme si ne savons pas que des milliers de gens, dont des enfants, trouvent la mort chaque jour dans leur tentative d’émigration. Staline avait synthétisé la situation en déclarant un jour : « La mort d’un seul homme, c’est une tragédie. La disparition de millions de personnes, c’est de la statistique. » Ca me rappelle aussi un film de 1951 de Billy Wilder avec Kirk Douglas qui s’appelait « Le gouffre aux chimères » (« The big carnival ») où il était question de manipulation journalistique.

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3/ « VIEILLIR » C’EST QUAND… (vu sur le web)

« VIEILLIR » C’EST QUAND… ton dentier lui-même perd ses dents!

« VIEILLIR » C’EST QUAND… ta femme dit : « Chéri, montons à notre chambre faire l’amour, » et que tu réponds, « Chérie, je ne pourrai pas faire les deux! »

« VIEILLIR » C’EST QUAND… tes amis te disent que tu as des beaux souliers en crocodile et que tu es nu pied !

« VIEILLIR » C’EST QUAND… tu es tout excité devant une belle fille et ton « pacemaker » ouvre soudainement la porte du garage.

« VIEILLIR » C’EST QUAND… tu ne veux plus savoir où va ta femme et que tu n’es pas obligé de l’accompagner.

« VIEILLIR » C’EST QUAND… « un petit peu d’action » veut dire que t’as pas besoin de manger 2 bols de céréales aux fibres aujourd’hui.

« VIEILLIR » C’EST QUAND… « être chanceux » veut dire te trouver une place de stationnement du premier coup.

« VIEILLIR » C’EST QUAND… « passer une belle nuit… » veut dire que t’as pas eu à te lever pour faire pipi.

« VIEILLIR » C’EST QUAND… tu enlèves ton soutien-gorge et que tu n’as plus une seule ride dans le visage et le cou !

Jeune ou vieux ? La jeunesse c’est 4 membres souples et un raide ; la vieillesse c’est 4 membres raides et un souple.

Viviane 10

Posted in Oulibouf on septembre 10th, 2015 by gerard – 2 Comments

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Chapitre 4 : Aucassette et Nicolin

     Pour la première fois de sa vie  Ancelin osait avouer à une femme qu’il était impuissant, incapable d’avoir une saine réaction aux avances d’un joli minois. Toute son adolescence, il fut l’objet de quolibets de la part des filles du village qui s’étaient rendu compte de son incapacité à bander. Quelques unes, plus charitables, redoublant d’effort, usant de  subtiles cajoleries, n’avaient pas réussi à le tirer d’une mollesse qu’elles déploraient. Car Ancelin n’était pas vilain garçon ;  sa belle allure, ses yeux charmeurs attiraient bien des jeunes filles qui malheureusement ne pouvaient tirer aucun avantage substantiel de ce beau damoiseau.

Las des lazzis que suscitait cette infirmité, il disparut du village, décidant de se fondre dans le plus strict anonymat en d’autres lieux. Recueilli par des moines, il apprit à lire et écrire et petit à petit, s’essaya à la composition pour laquelle il montrait des dispositions certaines. Et c’est ainsi qu’il mit son talent au service de ces baladins qui croisèrent son chemin.

Viviane fut émue par la confession de son ami et loin de se montrer railleuse, comme beaucoup, elle lui offrit des mains généreuses qui parcoururent son corps, s’attardant sur un sexe qu’elle tenta d’animer par de longs va et vient. Elle lui fit même l’offrande d’une bouche gourmande qui ne lésina pas sur son talent ;  si ces attentions ne semblaient pas désagréables à Ancelin, il n’en tirait cependant, aucun bénéfice.  Quant à Viviane, elle déplorait cette inertie, frustrante pour elle, mais ne se montra pas vaincue pour autant. Elle apprit à Ancelin comment on peut palier certaines difficultés par l’usage  de petits doigts câlins et d’une langue fouineuse qui se révèlent d’excellents  moyens de faire des miracles. En bon élève, Ancelin se mit à l’ouvrage et réussit des merveilles. Viviane  connut bientôt un fantastique orgasme, ce qui ne lui était pas arrivé depuis quelques temps et dont l’absence commençait à la tourmenter.

La tournée des baladins se poursuivit et la belle histoire d’Aucassette et Nicolin, connu un succès certain dans les villes et les châteaux  ou l’on faisait halte. On parcourait alors les terres des Comtes de Champagne, région viticole réputée pour la qualité de son vin. Ce n’était pas encore le délicieux nectar pétillant qu’un certain Dom Pérignon produira ultérieurement, mais un vin qui jouissait déjà d’un certain prestige. Ce soir là, au manoir d’un baron,  propriétaire d’un petit vignoble, on donna une fête à l’occasion de la fin des vendanges à laquelle la troupe des baladins devait se produire. Les convives apprécièrent bien plus le vin nouveau que la belle histoire d’amour d’Aucassette  et Nicolin. L’auteur en fut ulcéré ; remâchant sa colère, il quitta la fête qui prit bientôt des allures de saturnales et s’éloigna dans la nuit. Au petit matin, on le découvrit : il s’était pendu à un arbre, n’ayant pas admis ce qu’il pensait être un échec. Viviane fut la seule à constater  une inhabituelle  tumescence au niveau du bas ventre :   Ancelin  avait eu en la pénible circonstance,  pour la première et dernière fois de sa vie, une assez belle érection.

Ce pénible évènement sema la perturbation dans la troupe des baladins. Il devenait impossible de poursuivre les représentations de l’historiette imaginée par Ancelin car on voyait mal pour le moment qui pouvait le remplacer. Devenue inutile, Viviane songea à s’en retourner à Courcy, auprès de sa famille. C’est alors que le baron lui proposa généreusement l’hospitalité. Il vivait seul dans son manoir et la présence d’une jeune dame apporterait un peu de soleil dans sa vie.

Le baron Adelmar de Cumières avait hérité d’un domaine viticole acquis par un aïeul engagé autrefois dans l’armée de Godefroy de Bouillon lors de la première croisade. Cet ancêtre se moquait bien de libérer les Lieux Saints de l’occupation turque, il partait là-bas pour faire fortune et s’en revint nanti d’un confortable pécule qui lui permit de  bâtir un agréable  manoir et tirer bénéfice des produits de la vigne qu’exploitaient pour lui les moines de l’abbaye d’Hautvillers.

Adelmar, était veuf depuis quelques années. Il n’avait jamais songé à reprendre épouse, se contentant d’une agréable vie de célibataire et les filles du village pouvaient suffire à éteindre les ardeurs de son corps ; il était bel homme et de ce fait les candidates étaient nombreuses à la porte de sa chambre, songeant peut-être à un mariage, qu’aucune n’avait contracté jusqu’ici.

En découvrant Viviane, un trouble particulier le prit : elle était jolie et l’on sentait dans ses propos la marque d’un esprit ouvert et d’une certaine culture.  Bien vite il la désira, mais évita de brusquer les choses : ce n’était pas comme avec les damoiselles du village avec lesquelles il ne montrait pas autant de retenue. Avec Viviane, il prit le temps de l’apprivoiser, de se montrer conquérant sans être belliqueux, d’être chaleureux en évitant d’être envahissant. De son côté Viviane, que ces attentions ravissaient, ne voulait paraitre ni distante ni trop pressée, bien que depuis quelques temps elle ressentait les déplaisants effets de la continence.

Et un soir, alors qu’ils se délectaient au salon  devant un feu de cheminée très apprécié en cette période automnale, chacun fit preuve d’initiative. Un serrement de main fut le prélude à des jeux plus intimes, plus coquins, plus appropriés au désir que chacun éprouvait pour l’autre. On  ôta pour plus de commodité les vêtements devenus superflus, on se caressa avec ferveur. La fièvre les tenaillait depuis des jours  et les préliminaires furent réduits : le sexe d’Adelmar  se comportait déjà fièrement avec une triomphale raideur, prêt à s’engouffrer dans l’humide   grotte au plaisir que Viviane lui avait offerte en levant bien haut ses jambes. En quelques impulsions, le bonheur arriva pour les deux amants, ponctué de cris, ou  plutôt de hurlements d’un plaisir qu’ils souhaitaient impatiemment. Avec grande satisfaction, Viviane constata qu’Adelmar restait,  fidèle au poste, déjà prêt à récidiver ; et une fois encore ils exultèrent.

Après une courte trêve, le désir se réveillant, on prit alors le temps de faire les choses plus posément. Adelmar se rendit compte que la nature avait doté Viviane d’un magnifique buste, aux seins fermes, assez opulents sans être volumineux et disgracieux, dont les tétons savouraient le moindre titillement, créant chez elle des ondes bienfaisantes. Il sut se comporter en galant homme soucieux  d’apporter à ces magnifiques attributs tout ce qu’une femme est en droit d’attendre. Viviane sut lui montrer qu’elle était une partenaire rêvée, attentive à  créer par d’intimes effleurements  les réactions qui conduisent à un bienfaisant  orgasme.

La grosse bûche de chêne avait fini de se consumer et lorsqu’il s’éveilla dans le petit frais de la nuit, Adelmar se rendit compte qu’une bouche s’affairait sur son sexe produisant un petit miracle. Bercé par cette douce gâterie il rejoignit le pays des rêves, après avoir évacué un trop plein d’énergie.

Les jours qui suivirent furent, on s’en doute, merveilleux. Les deux amants se soulèrent de baisers de caresses ; apprenant à mieux se connaitre ils imaginèrent diverses figures au gré de leur imagination débordante. Les sentiments avaient été bannis, ou du moins, réduits au minimum : on s’appréciait, on se désirait, on se le montrait.

***

     La disparition de Viviane avait cependant préoccupé ses proches : son frère Arnoul bien sûr, l’étudiant Diégo l’amoureux transi, la reine elle-même qui avait apprécié les services de son habilleuse. Cette dernière s’en ouvrit au roi son époux après une partie de jambe en l’air  particulièrement réussie et dès le lendemain, le souverain convoqua le Prévôt, lui enjoignant de mener une enquête « sérieuse ». Il insista sur l’adjectif, laissant entendre qu’il n’admettrait aucune réponse dilatoire, passible du gibet de Montfaucon ; le Prévôt, craignant cette épouvantable éventualité, se mit à l’ouvrage. Il houspilla ses soldats du guet, leur laissant entrevoir des sanctions rigoureuses en cas d’échec ; ceux-ci se retournèrent vers les indicateurs (il en existait déjà à cette médiévale époque),  charge à eux d’apporter tous renseignements utiles.

Cette prise de conscience générale apporta ses fruits. On retrouva dans un premier temps Arthur et ses malfrats, on les soumit à la question et le bourreau, par ses techniques habiles leur tira d’utiles informations sur le groupe des romanichels dont ils étaient issus. Moyennant quoi, leur présence étant devenue inutile, on les pendit haut et court  au gibet de Montfaucon, et l’on se mit en quête de retrouver la vieille Marie. Des chevaucheurs prirent la route ; Ce fut un peu plus difficile mais avec persévérance on retrouva la piste du manoir de Cumières.

Le roi, accorda à Arnoul, la possibilité de rejoindre sa sœur et s’en vint chez  son épouse pour lui faire part des positifs résultats de l’enquête. La reine était en étude catéchistique avec Frère Diégo. Le souverain n’appréciait guère ce moine fantoche et profita de l’occasion pour le renvoyer dans ses foyers, compte tenu de sa flagrante inutilité, ce qui agréa la reine importunée à la longue par  la catéchèse  et même par les instants d’intimité dont elle  commençait à se lasser. Pour remercier son époux d’avoir mit tout en œuvre pour retrouver Viviane, elle lui proposa une petite récréation amoureuse. En temps ordinaire, on était à l’heure où le souverain allait tenir conseil ; mais l’occasion était trop tentante et il remit à plus tard les affaires du royaume pour se consacrer à son épouse. On évita d’aller jusqu’au lit : la reine releva sa robe offrant son généreux fessier au souverain ravi.

Et l’on se divertit d’une savoureuse levrette de bon aloi.

***

     Avant de partir pour Cumières, Arnoul fut convoqué par le roi:

— Marquis, je vous charge, puisque allez parcourir les terres du Comte de Champagne, d’ouvrir l’œil afin de me rapporter quelques enseignements dont je pourrais tirer parti. Ce féodal Champenois requiert une attention particulière. Il est riche, puissant et sa loyauté ne me parait pas toujours évidente, et je veux le réduire à l’obéissance.

Arnoul quitta la capitale et prit la route de l’est vers le fief des puissants Comtes de Champagnes, par la route que les rois prennent pour se rendre à Reims à l’occasion de leur couronnement. De temps à autre, il faisait halte dans des auberges relai, afin de changer de monture et se restaurer en dégustant d’excellentes cochonnailles accompagnées de ce petit vin du cru, qui avait fait  la fortune des abbayes viticoles et par voie de conséquence celle des comtes champenois. Quelquefois, au clos et au couvert, les hôtesses ajoutaient un brin de tendresse, une invite non déguisée à prendre un peu de bon temps, à se détendre pour effacer les affres de la solitude. Au cours de ses voyages, Arnoul évitait en général  de répondre à ces offres, se réservant pour sa jeune épouse. Parfois cependant,  la chair se faisant trop tyrannique il succombait alors à la tentation et goûtait avec ravissement ce repos du guerrier.

En quelques jours, il approcha du but de son équipée, et il perçut enfin dans le lointain, le  castel de Cumières flanqué de ses 4 tours. Alors qu’il approchait du château, il remarqua d’une jeune femme assise au pied d’un arbre : elle était en pleurs. Avec stupeur Arnoul reconnu sa sœur Viviane.

Il apprendrait  bientôt qu’elle était enceinte.

Raimondo (à suivre)

Jean-Claude Roméra 07

Posted in Livres on septembre 4th, 2015 by gerard – 1 Comment

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Et voilà! C’est tout chaud messieurs-dames, ça vient juste de paraître! Le dernier livre de mon ami Jean-Claude Roméra « Seuls Les Chanceux Vieillissent » est désormais disponible.  Vous pouvez le commander chez votre libraire,  aux Éditions Les Presses Du Midi, par internet.  Également, le gérant de la librairie « Des Livres Et Vous », 50 bd de Saint Loup 13010 à Marseille, réassort tous ses ouvrages.

Le récit entremêle,  à travers une affaire de meurtre,  la complexité du don d’organes,  la singularité associée à l’enquête et le relativisme lié à la culpabilité. Ce qui, souvent chez Jean-Claude en fin de roman, amène quelque surprise (…que je vous laisse découvrir!). J’ajoute que, comme ancien licencié de la Fédération Française de Tir, je me suis régalé de détails techniques concernant la pratique du tir sportif à la cible.

L’ami Jean-Claude est également tireur, il sait de quoi il parle. De la même façon, il a approfondi son savoir pour rendre son récit vraisemblable: Il a participé à la journée du don d’organe, à des réunions menées par des associations et à un colloque destiné à la transplantation rénale. L’ouvrage,  lu et préfacé par l’éminent professeur Henri Vacher-Coponat, attaché  au centre de néphrologie et transplantation rénale de l’APHM, confère à l’ouvrage une assurance de rigueur et de véracité.

L’écriture est toujours aussi merveilleuse de fluidité et de précision. C’est un amoureux de la langue française et on sent cela à chaque page. Comme son précédent roman, je l’ai lu en avant-première, c’est-à-dire sous sa forme primitive de tapuscrit, et je vous le recommande.

Quelques mots pour la Rentrée 2015

Posted in Uncategorized on septembre 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment

      Je suis toujours dans l’incertitude pour faire perdurer ou non le présent blog. Avec la nouvelle adresse URL, la fréquentation a chuté d’une quarantaine à une quinzaine de visiteurs par jour. C’est à dire que ceux qui avaient l’ancienne adresse dans leurs « favoris » ne l’ont pas rafraîchie. J’ai beau me dire que c’est normal, que le chiffre ne pourra qu’augmenter, cela me laisse un peu perplexe et morose.

      D’autre part, les clips BombayTv et Remixito sont quasiment usés jusqu’à la corde. Au Printemps dernier, Mathias de « Graphéine » (créateur de BombayTv, ClassicTv, FootballTv, etc…) m’avait annoncé une grande transformation mais, des mois après, je ne vois rien venir… Il se pourra donc qu’à court, non pas d’inspiration, mais de supports ad hoc, je remplace les clips du début de mois par autre chose, des comics par exemple.

       Enfin, je lance de nouveau un appel à de nouveaux rédacteurs. Vous aimez écrire, vous avez de l’humour ou êtes prédisposé(e) à la grosse rigolade peu importe, vous raffolez de commenter l’actualité sur un ton sarcastique mais comique, signalez-vous dans un quelconque commentaire avec votre adresse e-mail _ ce dernier ne sera pas publié et sera visible uniquement par moi _ .

      Bonne Rentrée à toutes et à tous, jeunes et moins jeunes !

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Empapaoutage en profondeur

Posted in Abitboltv on septembre 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment

Là où « se faire voir par les grecs » prend tout son sens :

http://www.grapheine.com/abitbol-tv/movie-fr-7525d8cae199e2fb83e0126811bb7079.html

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La crise paysanne

Posted in BombayTV on septembre 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment

La plaie des intermédiaires, la rapacité de la grande distribution, aux deux bouts de la chaîne ce sont les paysans et les consommateurs qui se font avoir :

http://www.grapheine.com/bombaytv/movie-fr-67e224d95287759de4baab61c53e8989.html

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Tous à contribution

Posted in Remixito on septembre 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment

Enfin… quand je dis « tous », je veux dire les lampistes, pas les profiteurs de tous poils :

http://www.remixito.fr/tv-cinema/scene-culte/shining/tous-a-contribution.html

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Dormez braves gens !

Posted in BombayTV on septembre 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment

Circulez, y’a rien à voir !

http://www.grapheine.com/bombaytv/agence-fr-74fe1c75e1d7e6cc908cca4f38f12c4a.html

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L’argent a une odeur

Posted in Bmovie-TV on septembre 1st, 2015 by gerard – Be the first to comment

Publicité hélas mensongère :

http://www.grapheine.com/bmovie-tv/movie-fr-f34b219836b3eaf4272d4b3ec78a9c3e.html

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