Archive for octobre, 2016

Ingratitude

Posted in Oulibouf on octobre 20th, 2016 by gerard – Be the first to comment

HAUTE31

Mon ami, disait la Comtesse,
Pendant qu’elle branlait son mari
Je vous trouve d’une paresse
Et d’une inaction qui m’ennuient.

Autrefois, quand mes chaudes mains
Tripotaient un vit triomphant
Vous saviez de vos doigts câlins
Me donner du contentement.

Car vous n’hésitiez pas naguère,
Tant alors vous étiez curieux,
D’investir mes rondeurs fessières
De quelques touchers délicieux.

Vous exploriez avec tendresse
Cet intime  recoin secret
Et cette sublime caresse
D’un grand bonheur me ravissait.

Avec des gestes passionnés
Vous effleuriez mes seins pulpeux
Usant d’un habile doigté
Sur leurs tétons voluptueux.

Ces merveilleuses palpations
Me comblaient, faisant naitre en moi
Une grande jubilation
Qui suscitait un grand émoi.

Bientôt un orgasme naissait
Alors que le membre excité
Avec vigueur éjaculait
Une belle liqueur nacrée.
Désormais vous restez figé
Attendant que je vous procure
Le plaisir que vous espérez
Sans vous soucier de ma nature.

Le Comte ayant éjaculé
Il s’endormit profondément
Sans le moindre remerciement
A celle qui l’avait branlé.
Raimondo – 2015

Conseil de poète

Posted in Oulibouf on octobre 20th, 2016 by gerard – Be the first to comment

haute32

La Baronne à vrai dire n’était pas un canon
Oui, mais elle avait eu, du moins le disait-on,
Une vie débridée, de très nombreux amants,
Qui avaient apprécié son fort tempérament.
Elle était grassouillette, il faut bien l’avouer
Mais ces formes souvent étaient bien appréciées
Car cette femme avait, malgré cet embonpoint
De galantes idées qu’on ne refuse point.
Elle aimait accueillir dans ses seins potelés
Des sexes turgescents qui s’y faisaient branler
Et ne repoussait  point, s’offrant avec bonheur,
Une pénétration dans le trou du souffleur,
Qu’on nomme quelquefois, de façon peu commune,
Le petit mignonnet ou bien le trou de lune.
Bien sûr, avec les ans, elle s’était modérée,
Ses exploits n’avaient plus la splendeur du passé
Mais lorsque l’occasion parfois se présentait,
Sur l’air de la java elle chantait un couplet.
Et c’est ainsi qu’un soir, pour son anniversaire,
Un Duc de ses amis, paisible d’ordinaire,
Qui dansait avec elle un langoureux tango
Lui mit soudainement la main en bas du dos.
Ce geste déclencha des réactions en chaine :
La Baronne songea au temps de ses fredaines,
Elle eut soudain l’envie malgré ses septante ans
De recevoir en elle un joli compliment ;
Quand au Duc, dont les mains flattaient l’opulent cul
Il souhaitait ardemment trouver une peau nue
Sur laquelle il pourrait poser des doigts curieux
Et se perdre un instant dans des intimes creux.

Dans un bosquet voisin, cachés par les broussailles,
Ainsi qu’il se faisait autrefois à  Versailles,
Tous deux se retrouvèrent et ce furent folies
Qu’ensemble ils échangèrent au milieu de nuit.
On suça, titilla, branla avec ardeur :
A ces agaceries, on y mit tout son cœur,
L’on ne négligea pas, comme on fait à vingt ans,
Quelques acrobaties, au pouvoir bienfaisant.
Hélas, trois fois hélas, ces amants n’avaient plus
La belle agilité de ces temps révolus,
Ils chutèrent soudain, et pour se relever
Il fallu faire alors un effort obstiné
Qui brisa leurs envies et rompit la venue
Du succulent bonheur de l’orgasme attendu.

O lecteur mon ami, si tu as un grand âge
N’agit pas, je t’en prie, comme ces personnages.
Sache qu’en ces moments, il ne faut point chercher
Ces caprices d’antan  qui nous ont transportés,
Et l’avenant  accueil d’une couche douillette
Doit  être  préféré aux folles galipettes. 
Raimondo – 2015

Le bal des gens biens*

Posted in Oulibouf on octobre 20th, 2016 by gerard – 2 Comments

haute33

Au grand bal des gens biens*, Madame la Comtesse
Rencontra un Marquis de très vieille noblesse,
Un bel homme racé, bien tourné, élégant
Qui se montra bientôt assez entreprenant.
Permettez-moi, Comtesse, de vous féliciter
Pour vos charmants atours qui nous laissent admirer
Les rondeurs affirmées d’un buste généreux
Qui enchante ma vue et fait bander mon nœud.
Certes, on en conviendra, il manquait au propos,
Un brin de poésie dans le choix de ses mots,
Mais pourtant la Comtesse, loin de s’en offusquer,
De ce beau compliment se trouva enchantée.
Elle était très moderne et depuis bien longtemps
Elle avait délaissé un vieux phrasé d’antan
Et savait au besoin, dans son vocabulaire
User des expressions de moderne manière.
Cher Marquis, lui dit-elle, ainsi donc vous bandez,
Peut-être serait-il urgent d’y remédier ;
Il nous faudrait trouver un petit coin désert
Où nous pourrions tous deux nous envoyer en l’air :
Croyez-moi, les effets d’une bonne branlette
Ou ceux tout aussi bons d’une dive sucette
Soulageront ce vit, alerte et sémillant
Qui cherche pour frémir un endroit accueillant.
On trouva un recoin pour jouer les fripons
Et mettre enfin un terme à cette bandaison.
On donna libre cours aux plus folles caresses
On gratta le minou, on tripota les fesses
On libéra les seins, titilla les tétons,
Et les mains s’égarèrent au niveau des roustons ;
Sur les préparatifs on ne lésina point
On fit monter l’envie avec le plus grand soin
S’efforçant d’apporter, chacun à sa façon,
Diverses fantaisies suscitant le frisson,
Jusqu’au moment venu où partant en vadrouille
Le Marquis s’enfonça dans la chaude cramouille
Pour le très grand bonheur de cette noble dame
Qui feula de plaisir pour exprimer sa flamme.
Mais elle constata, après ce bel exploit
Que le vit n’avait pas encor atteint sa joie
Aussi elle se tourna et offrit sans manière
Les splendides beautés de ses rondeurs culières
Et là notre Marquis, devant ces doux appâts,
Allègrement passa de Charybde en Scylla.

L’histoire ne dit point ce qu’il advint ensuite,
Si après ce grand bal se trama une suite,
Tout laisse à supposer que postérieurement
Les amants se revirent pour prendre du bon temps.
Raimondo – 2015

* = « les gens bien » ou « les gens biens », les deux versions sont correctes mais, de nos jours, la notion adjective aurait plutôt tendance à disparaître pour laisser la place à l’adverbiale « bien ». Raimondo écrivant dans une langue du Grand Siècle, cette licence est donc admise.

Les céphalées de la Comtesse

Posted in Oulibouf on octobre 20th, 2016 by gerard – Be the first to comment

haute34

Ce soir là, la Comtesse ayant mal à la tête
N’offrit à son époux qu’une simple branlette,
Un petit va et vient rapidement bâclé,
Vite fait, sans façons et sans trop fignoler.
Le Comte assurément s’en trouva fort déçu
S’il était soulagé, il n’était pas repu.
Ce gentil tripotage d’une grande fadeur
Ne pouvait, tant s’en faut lui réjouir le cœur.
Même si l’on donnait dans la simplicité,
Par le fait d’une tête souffrant de céphalées,
Le Comte eut préféré bien d’autres arguments
Pour jouir de plaisir et de contentement :
Une bouche goulue, une langue lécheuse
Auraient pu apporter une fin plus heureuse
D’une autre qualité, et d’un tout autre style,
De facture très noble, d’allure plus subtile.
Il dut se contenter de ce succédané
Que sa main personnelle aurait pu lui donner.

Il repensa alors à ses amours d’antan
Les amours ancillaires, celles de l’étudiant
Celles avec la Baronne ayant le feu au cul,
Celles du bobinard de la belle Lulu,
Et les jeux interdits avec tant Hildegarde
Lui révélant joies de la fesse gaillarde,
Ou l’exquise rondeur de ses seins généreux
Dont la douce chaleur faisait couler son nœud.

S’endormant ce soir là dans les bras de Morphée,
Il rêva de ce temps où avec Aglaé,
Une sienne cousine un tantinet experte,
Ils firent tous les deux de belles découvertes
Tel, les doigts en vadrouille, le cornet à piston
Et le vit enflammé  dansant le rigodon.

Et un matin d’été couchés dans les herbages
Ils perdirent tous deux leur précieux pucelage.
Raimondo – 2015

Conte d’autrefois

Posted in Oulibouf on octobre 20th, 2016 by gerard – Be the first to comment

haute35

Comme elle se promenait dans les bois du château
La Comtesse croisa un charmant damoiseau
Qui sur son destrier parcourait les chemins.
Il était jeune et beau, revêtu de drap fin
Et l’on pouvait penser, de par son élégance,
Qu’il était à coup sûr de très bonne naissance.
Sautant de son cheval, il prit courtoisement
La main de la Comtesse qu’il baisa galamment.
Se présentant alors avec civilité :
Je suis le fils du Roi, son enfant premier né,
Je ceindrai en son temps la couronne royale
Ainsi que le manteau paré des fleurs liliales.
En parcourant ces bois, je me suis égaré
Mais je bénis le ciel d’avoir pu rencontrer
Une femme si belle au regard  séducteur
Qui trouble mon esprit et fait battre mon cœur.
Et la Comtesse émue par ce doux compliment
Invita au château ce fils du Roi régnant.

Il y resta trois jour  et durant tout ce temps
Auprès de son  hôtesse il se montra galant,
Et un soir sous la lune dans la cour du manoir
Cette femme jolie se laissa émouvoir
Et s’offrit sans réserve à ce bel enjôleur
Qu’elle accueilli en elle avec grande chaleur.
Il se passa du temps et quelques mois plus tard
La Comtesse enfanta un fils au doux regard
Et le Comte exulta tant il était comblé
De transmettre son titre à un bel héritier ;
Il ne se doutait pas qu’en ce beau chérubin
Coulait un sang royal, celui d’un souverain.

Et les années passèrent…

Lorsque le Roi mourut, il eut pour successeur
Celui qui séduisit la Comtesse au grand cœur.
Le nouveau souverain,  ignora à son tour
Qu’il avait engendré un enfant de l’amour.
Raimondo – 2015

Actu-m’en diras tant Octobre 2016

Posted in Actualités & hors-série on octobre 10th, 2016 by gerard – 4 Comments

actu1610

Les titres de l’Actualité auxquels vous avez échappé (« Personne n’obligera le pot de terre à taire ce que se permet le pot de fer de faire » (Jean Brasier 1910-2003):

La phonétique et l’écriture:
Les instits et les profs vont être étonnés…!
On ne m’a jamais présenté les pluriels comme ça, mais c’est très sympa !

Un rat ? Des goûts
Un cas ? Des colles
Un pont ? Des râbles
Un flagrant ? Des lits
Une voiture ? Des mares
Un évier ? Des bouchers
Un scout ? Des brouillards
Un bond ? Des buts
Une dent ? Des chaussées
Un air ? Des confits
Un beau ? Des cors
Un mur ? Des crépis
Un vrai ? Des dalles
Un valet ? Des curies
Un drogué ? Des foncés
Une jolie ? Des gaines
Un crâne ? Des garnis
Un frigo ? Des givrés
Une moue ? Des goûters
Un brusque ? Des luges
Un ministre ? Des missionnaires
Une grosse ? Des panses
Un propos ? Des placés
Une cinglante ? Des routes
Un fâcheux ? Des agréments
Un patron ? Des spots
Un délicieux ? Des cerfs
Une bande ? Des cinés
Un sirop ? Des râbles
Un argent ? Des tournées
Et ne pas oublier…
Une bière ? Des haltères !

Viviane 16

Posted in Oulibouf on octobre 10th, 2016 by gerard – 4 Comments

Comme me l’a fait gentiment remarqué mon vieux camarade Raimondo, j’ai omis le mois dernier la sacro-sainte alternance tous les deux mois d’un épisode de « Viviane ». Je me confonds en excuses auprès de lui et de vous, et je répare l’offense qui lui a été faite avec la parution de ce jour.

Viviane16

16e épisode
Chapitre 3 : Où l’on parle d’avenir

            Viviane s’était réveillée aux premières lueurs du jour.
Elle se remémora les merveilleux moments qu’elle avait vécus dans les bras de Jehan et songea avec délices que pour la première fois de sa vie, elle avait dormi, nue, aux côtés d’un homme. Si ces pensées lui procuraient grand plaisir, elle n’oubliait cependant pas la décision paternelle de la voir entrer au couvent, puis réalisa soudain qu’hier soir elle n’avait pas rejoint la demeure familiale et se demanda quelle avait pu être la réaction de sa famille, constatant cette absence nocturne.
Une impulsion irraisonnée la poussa à quitter l’atelier de Jehan qui pour l’heure dormait profondément du sommeil du juste et les sens en repos. Elle ne voulait pas l’importuner plus longtemps avec ses sordides histoires de famille.
Elle se retrouva dans une ville encore déserte ; désemparée elle parcourut les ruelles avoisinant l’abbaye, avant de se retrouver sur la place, bien connue de tous les rémois qui venaient s’approvisionner à la fontaine coulant en permanence. Quelques jeunes femmes, servantes dans les familles bourgeoises, s’y trouvaient déjà pour s’approvisionner en eau potable. Viviane les regarda avec une certaine envie, pensant qu’elles jouissaient d’une liberté dont elle-même serait bientôt privée. Elle n’était pas capable d’imaginer qu’au-delà cette apparente liberté, le sort de ces femmes, n’était pas toujours enviable : corvéable à merci, souvent harcelées par un maitre salace qui posait sur elles leurs libidineuses mains. Viviane ne savait rien des tourments de ces femmes que ni son milieu bourgeois ni les religieuses ne lui avaient fait découvrir.
Soudain, une voix que Viviane reconnaissait entre mille vint la tirer de sa torpeur.
– Que fais-tu ici à pareille heure ma petite Viviane ?
C’était Flore, son amie de toujours, avec laquelle elle avait poursuivi des études au couvent de Cormontreuil. Flore, on s’en souvient, avait quitté Reims pour vivre à Tournai auprès d’un mari qui lui avait été imposé par sa famille.
Heureuses de se retrouver les deux amies se jetèrent dans les bras et s’étreignirent tendrement. Elles ne s’étaient pas revues depuis de longs mois et bien sûr avaient mille choses à se raconter. Elles s’éloignèrent donc de la fontaine et gagnèrent un coin isolé, sous de grands arbres séculaires.
Flore conta sa malheureuse vie à Tournai. L’homme auquel on l’avait unie avait tout du parfait égoïste. Il ne montrait pour son épouse aucune sollicitude, aucune gentillesse. Il avait prit femme pour l’assister dans son travail et surtout pour qu’elle lui fasse un héritier. En sanglotant, Flore évoqua une nuit de noce qui n’eut pas le charme que d’aucuns lui prêtent d’ordinaire. Sans ménagement, son époux la prit, ne pensant qu’à décharger son sperme fécondateur, sans se soucier du ressenti de sa jeune épouse. Le plaisir ne fut pas de la partie. Ce fut plutôt un supplice qui se renouvela ainsi, chaque soir, durant des semaines, sans que l’héritier ne se fasse annoncer. Dès lors, l’homme devint hargneux, clamant qu’on l’avait été grugé en lui offrant une vierge stérile ; après la hargne, s’affirma la méchanceté et bientôt une abominable cruauté.
Flore décida de fuir ce diabolique époux dès que possible et profita d’une de ses absences, pour quitter Tournai en catimini. Elle avait trouvé un roulier devant se rendre à Reims, et comptait retourner auprès des siens. Malheureusement pour elle, la famille ne l’accueillit pas avec ferveur : elle était mariée, donc sa place était auprès de son époux, et on lui enjoignit de vouloir bien tenir ses engagements matrimoniaux et s’en retourner auprès de lui.
Ne sachant que faire en cette ville désormais hostile pour elle, Flore trouva cependant refuge auprès de Gaspar. C’était un couturier, quinquagénaire qu’elle avait toujours connu puisqu’il vivait non loin de la maison de ses parents dans le quartier Saint Jacques. Il eut la générosité de l’héberger quand il apprit ses pénibles péripéties. Ce soir-là, cela ne lui était pas arrivé depuis plusieurs jours, elle put se restaurer convenablement et profiter de la couche moelleuse que Gaspar lui abandonna, se réservant pour lui une modeste natte étalée à même le sol.
Au petit matin, Flore s’éveilla et sa triste situation lui tira des larmes qui alertèrent son hôte ; l’homme, s’approcha d’elle, et par de douce paroles tenta de la rasséréner. Ce qui risquait d’arriver arriva. Gaspar posa ses mains sur cette juvénile chair qui reposait près de lui ; mais ses gestes étaient pleins de douceur, et n’étaient en rien répugnants. Flore ne repoussa pas ces attentions, elle était même prête à s’offrir à ce bienfaiteur qui se montrait certes entreprenant, mais avec une délicatesse qu’elle n’avait jamais connue jusqu’à présent. Elle allait ôter la chemise qui la couvrait, mais Gaspar l’arrêta ; il répugnait à poursuivre une caresse née d’une pulsion irraisonnée. Il s’en excusa même en lui baisant paternellement la main.
– Il est tôt encore ma Florette, dors pendant que je termine une jolie robe neuve que je te destine, pour remplacer la tienne qui est en piteux état.
Flore s’endormit. Elle rêva qu’un beau damoiseau posait, tout comme Gaspar ses mains sur elle, cherchant même à la pénétrer. Et soudain le beau jouvenceau prit l’aspect de l’époux abject qu’elle avait quitté.
Ce cauchemar la réveilla…

***

             A l’écoute de ce récit, Viviane, ne put retenir ses larmes. Elle serra très tendrement contre elle cette amie de toujours et retrouvait en cet instant la délicieuse complicité de leur adolescence. Elle n’osa pas, bien qu’en ayant grande envie, caresser comme autrefois tous ces coins intimes où naissait le frisson de plaisir. Le lieu ne s’y prêtait pas.
A son tour elle conta le bonheur qu’elle avait trouvé auprès de Jehan, les moments délicieux qu’il lui avait apporté dans leur intimité et les plaisirs de la chair qu’elle avait éprouvé. Mais elle fit part également du projet familial la vouant au triste sort d’une vie monacale qui ne lui convenait pas.
– Décidément ma pauvre Viviane, nous ne sommes, ni toi ni moi destinées à un avenir serein.
– En ce qui me concerne, il est hors de question que j’endosse la robe de bure des nonnes.
– Quand à moi, je ne me vois pas subir les caresses d’un époux qui n’a même pas été capable de faire naitre en moi le moindre frisson…
Les deux amies devisaient et ne virent pas approcher l’homme qui se dirigeait vers elles. C’était Jehan.
– Mais que fais-tu ici, ma Viviane ? Quelle mouche t’a piquée pour quitter mon logis où tu te trouvais en sureté ? Sais-tu que tout le quartier Saint Jacques est en émoi et te recherche ?
Viviane allait s’expliquer mais Jehan fut catégorique :
– Avant que les soldats du guet ne se mettent à fouiller toute la ville, il est temps que tu te caches chez moi.
Et il ajouta, avec un sourire de connivence :
– Ainsi que cette charmante personne qui, je suppose, doit être Flore…

           Tous trois se retrouvèrent chez Jehan et l’on s’expliqua. Une conclusion s’imposait : puisque les deux femmes se refusaient à suivre les obligations imposées par le dictat familial, il leur fallait quitter Reims. Mais comment et pour aller où ?
– J’ai peut-être une idée. Il est parfois bon d’être bâtard de grande famille.
Et sur ces paroles sibyllines, Jehan quitta son atelier.
Restées seules, les deux amies retrouvèrent tout naturellement les gestes d’antan. Elles se mignotèrent comme autrefois, avec la même passion, la même fougue. Comme autrefois elles ressentirent le plaisir que deux femmes peuvent se donner ; et si Viviane reconnaissait que les caresses de Jehan, lui apportaient d’autres ravissements, elle trouvait avec Flore une jouissance toute aussi agréable à éprouver. Elle en vint à se demander si elle pourrait ressentir tels plaisirs avec une autre femme.
En attendant le retour de Jehan, avec, on s’en doute une réelle impatience, elles parlèrent de tout et de rien, comme deux amies que le destin à séparé depuis de longs mois, et qui éprouvent le besoin de tout connaitre des évènements qu’elles ont vécus. Et soudain Flore, posa la question que seule l’amitié pouvait permettre.
– Dis-moi, que ressent-on quand on fait l’amour avec un homme, pour qui on a de l’attirance ? Est-ce comme nous deux ?
Viviane sourit. Elle s’apprêtait à lui répondre, lorsque Jehan arriva.
– Mes petites mignonnes, j’ai de bonnes nouvelles pour vous.
Et il conta.
Pour le sacre royal, on avait convié le grand bâtard Antoine de Bourgogne, fils du duc Philippe le Bon. On avait, pour ce grand guerrier, ayant servi avec loyauté les rois Louis XI et Charles VIII, quelques égards ; et si le duché de Bourgogne, indépendant de la royauté n’existait plus, les notables rejetons des derniers ducs, fussent-ils de souche adultérine, étaient toujours traités avec considération.
Jehan avait eut l’occasion de côtoyer, ce personnage, qui se trouvait être son oncle, en réalisant pour ce mécène des arts quelques enluminures. Il en avait apprécié la beauté et une certaine connivence à la fois artistique et familiale s’était établie entre eux. Aujourd’hui, Jehan s’était permis de lui rendre visite puisqu’il s’était déplacé à Reims pour le sacre du roi, afin de requérir son aide. Homme de décision, malgré son grand âge, il proposa d’offrir l’hospitalité à Viviane et Flore, dans son château de Tournehem, en attendant de trouver une solution en ce qui concerne leur avenir.
– Demain matin, mes chères petites, vous ferez partie du convoi quittant Reims pour rejoindre la Flandre. Et pour l’heure, nous allons fêter cette heureuse nouvelle car je vous invite à souper dans une auberge où nul ne viendra vous importuner.
Après ces agapes joyeuse, Flore s’en revint à l’échoppe de Gaspar pour lui annoncer toutes ces bonnes nouvelles, tous ces projets qui allaient désormais changer sa vie. Elle ressentait pour cet homme qui l’avait accueillie lorsqu’elle était dans le besoin, la plus grande estime. Elle éprouvait pour lui la déférence qu’on doit à un bienfaiteur en y ajoutant une once d’amitié mêlée d’une certaine tendresse. Souvent, ces derniers jours elle s’était remémoré les images toujours vivaces en son esprit, de ce matin au cours duquel Gaspar avait posé sur elle une tendre main. Elle lui sut gré de n’avoir pas poussé plus loin l’impulsion qu’elle aurait peut-être regretté à cet instant là.
Aujourd’hui, les circonstances n’étaient plus les mêmes : Flore voulait lui montrer sa gratitude mais elle souhaitait sceller par un geste particulier tout ce qu’elle ressentait en ce soir.
Sans dire un mot, elle se dénuda et se donna à Gaspar. Celui-ci comprit que le choix de Flore était réfléchi, et qu’elle ajoutait à la reconnaissance l’envie d’une femme désireuse de connaitre le délicieux moment où le plaisir rejoint la tendresse.
Ce soir là Flore ressentit enfin le bonheur qu’une femme souhaite trouver dans les bras d’un homme à qui elle a offert son corps.

Raimondo – 2016 (A suivre)

Comme ils sont à plaindre !

Posted in BombayTV on octobre 1st, 2016 by gerard – Be the first to comment

Mon cœur saigne de tant de misère :

https://www.grapheine.com/bombaytv/movie-fr-b899bdfa124f68f6743d24e4fdb393a3.html

fouille01

Les primaires? Pas si simple!

Posted in BombayTV on octobre 1st, 2016 by gerard – Be the first to comment

La notoriété ne suffit pas, c’est évident ! Et les challengers ne vous feront pas de cadeau !

https://www.grapheine.com/bombaytv/movie-fr-227aa95565e4cba6954b53894483bd41.html

fouille02

Afghanistan: le pays de la collusion, de la corruption, etc…

Posted in Bmovie-TV on octobre 1st, 2016 by gerard – Be the first to comment

Les américains pourront y engloutir des milliards, ça ne changera pas grand-chose :

https://www.grapheine.com/bmovie-tv/movie-fr-0a4f829d9e645e3e7710be7f38244137.html

fouille03