Archive for juin, 2017

Adieu ami Adhémar !

Posted in Oulibouf on juin 28th, 2017 by gerard – 8 Comments

             Ce début d’après-midi du 22 Juin, en téléphonant à Raimondo, j’apprends tout à fait incidemment le décès de notre ami. Je n’étais absolument pas au courant ; un courriel avait bien été adressé aux correspondants habituels, mais comme vous ne l’ignorez point ma messagerie .yahoo.com est HS depuis au moins 2 mois. C’est donc Raimondo qui m’a appris la désolante nouvelle.

             Sa fille (que nous appellerons Misscelaneus, et dont on peut retrouver une façon de penser proche de son père dans son blog : http://mllecelaneus.blogspot.fr/ ) m’a transmis quelques phrases à votre intention :

L’immortel poète Adhémar est mort le 18 juin 2017 après une longue vie remplie d’aventures, entièrement dédiée à la connerie, la liberté, la poésie et la parfaite cuisson des magrets de canard.

Athée et anti-clérical enragé, sa devise était : « Pourquoi j’irais au paradis ? Je connais personne ! » Si vous avez une pensée pour lui, imaginez-le en train de botter le cul des diablotins et pincer les fesses des diablotines.

             Pour ce qui me concerne, j’ai fait plus long. Oh pas aussi long qu’aurait pu être « Quatre mariages et un enterrement » ! Sachez cependant qu’à la demande de la famille, il ne vous sera livré aucun nom, aucun prénom, aucune photo des membres (et ils sont nombreux, de ladite famille). Dont acte !

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             On l’appelait Adhémar… mais son vrai nom était Claude Batalla. Il vient de s’éteindre ce 18 Juin 2017 à Nice.

             Il était né en Basse-Navarre, dans le village de Saint Martin d’Arrossa dont une limite de la commune est à un jet de pierre de l’Espagne. C’était le 3 Octobre 1930. Il ne resta pas longtemps en Pays Basque car ses parents, aidés par les grands-parents, firent l’acquisition de l’hôtel « Beau Site » à Ax-les-Thermes (Ariège), c’est là qu’il passa le plus clair de son enfance jusqu’à l’âge d’aller au collège à Mirepoix.

             Il y rencontra Guy, mirapicien de naissance, et, comme cela arrive souvent, devinrent amis pour la vie à partir d’une dispute : Adhémar avait balancé les affaires d’école de Guy dans un caniveau plein d’eau. Ce dernier, pour se venger, lui cassa les rayons du vélo qui l’aidait dans le trajet logeuse-collège. Ce fut le départ d’une indéfectible amitié bien que leurs routes aient souvent été fort différentes. Il s’est trouvé que ce Guy se maria à la sœur aînée de mon épouse ; c’est de cette façon que j’en entendis parler et le rencontrai pour la première fois en Alger au printemps 1967.

             Brillant dans les études, on peut dire qu’il avait des facilités car ce n’était pas un foudre de travail ; bien au contraire, il adorait monter des blagues de toutes sortes, taquinait déjà Erato (Muse de la poésie) et endossait ce nom de guerre (ou de plume) d’Adhémar qui le suivra toute sa vie. Moi-même, je ne lui ai jamais donné d’autre nom que celui-là.

             Sa vie fut ultra-bien remplie, comme un long roman d’aventures auprès duquel les tribulations d’un Indiana Jones font bien pâle figure. C’était un garçon de santé physique robuste, il ne fumait pas, ne picolait pas non plus, son seul péché mignon résidait dans l’amour du sexe dit faible. Mais attention, toujours dans le respect de la légalité comme nous le verrons plus avant… En outre, il était doué naturellement pour un tas de choses (cuisine, maçonnerie, peinture, bricolage, etc…), mais surtout pour les langues. Il parlait très couramment l’espagnol, l’anglais et le catalan, mais avait aussi de solides bases en allemand, en portugais, en italien et en arabe.

             Sans doute trop limité et corseté dans l’environnement familial, il prit son envol à 19 ans en chipant et falsifiant le passeport de son père (rappelons qu’à l’époque, la majorité légale était fixée à 21 ans). C’était une seconde manie chez lui de subtiliser papiers à en-tête, formulaires administratifs divers, diplômes vierges et tampons pour faire rire ses petits camarades. Moi-même, j’ai réceptionné de sa part des attestations et des diplômes conséquents où je me retrouve récipiendaire de la Grand-Croix du Morpion doré, impétrant de la confrérie des Joyeux Michetons Finlandais, Président du Conseil Royal de Peta-O’Schnouk, membre titulaire à vie de la chaire de zoologie martienne à l’Université d’Oulan-Bator, etc…

             On le retrouve peu après à « La Gazette de Tanger », ville internationale donc polyglotte, où il y avait une presse en espagnol, en anglais, en français, en arabe, etc… Il fera ses débuts de journaliste d’abord à la rubrique des chiens écrasés puis, excusez du peu, à la chronique judiciaire (Oui môssieur !!!). Ses articles seront signés Adhémar de Thunder-ten-Tronckh (allusion au fameux Baron dans le « Candide » de Voltaire). C’est là qu’il rencontrera un autre grand ami: Jean Devos (dont je vous ai déjà parlé ici: http://gigaproduction.fr/2015/11/20/adhemar-a-travers-la-presse-dechainee/ ), celui qui se disait toujours « né en 20 » (Get it ?)

             J’ignore les détails de ses affaires, mais je ne me rappelle pas qu’il ait fait son service militaire, peut-être était-ce au titre de la coopération France-Maroc car on le retrouve enseignant, marié et père de famille quelques années plus tard dans une localité pourrie en limite du désert: Kerrando. C’est là qu’il commettra ses pires fredaines : l’ébauche d’un raid dans une caisse hors d’âge Maroc-Mauritanie-Nicaragua affublé de costumes locaux hauts en couleurs, il enverra son poing dans la gueule d’un inspecteur de l’Education Nationale (qu’il avait cocufié, il me semble), s’enfuira en passant par une fenêtre de la classe où il officiait, etc… C’est là, je pense, que « la Pepa », c’était le surnom de sa première épouse, eut un peu marre de cet olibrius. Elle demandera et obtiendra le divorce, puis émigrera au Canada où les deux garçons feront souche, notamment dans l’audiovisuel (télévision québécoise il me semble).

                Qu’à cela ne tienne, Adhémar se trouvera vite une nouvelle femme, nous l’appellerons n°2. Il se rapprocha un peu (si peu) de la civilisation en enseignant encore quelques temps dans la capitale mauritanienne Nouakchott. Cette épouse-là lui amena, cette fois, une petite fille. Tout ce petit monde rentra en métropole, mais le ménage battit de l’aile jusqu’à la rupture. Adhémar avait repris ses études à la Faculté de Lettres de Toulouse où il obtint une Licence d’Espagnol. Anecdote savoureuse à ce propos : Il se devait de réussir un Certificat d’Etudes Latines. Avec juste un niveau de lycée, avec une tchatche phénoménale et en zyeutant intelligemment sur les autres candidats, il décrocha ce sésame. Il obtint d’être nommé professeur d’Espagnol au lycée de Saint-Céré dans le Lot. C’est en faisant une reconnaissance de l’endroit quelques jours avant la Rentrée qu’il décida que, vraiment, l’éducation n ‘était pas sa vocation. Sans doute que l’austère bâtisse, datant de 1721, était des plus rébarbatives et ressemblait plus à un lieu de détention qu’à un temple de la connaissance…          

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              Je ne sais rien des divers métiers qu’il exerça par la suite, ni comment il rencontra, puis épousa n°3, mais les faits sont là : On le retrouve comme représentant en produits pharmaceutiques en Algérie dans la deuxième moitié des années 60. Il faut croire qu’il trouva son épanouissement dans le métier de visiteur médical. Moins de succès cependant pour ce troisième mariage qui, malgré la naissance d’une petite fille, se termina par le départ de l’Algérie en 1969 et un divorce confirmé en 1975.            

              Au début des années 70 Adhémar se tourne alors vers l’Afrique noire, tous ces états récemment indépendants étaient des aubaines pour les commerciaux de tout poil. Le niveau de corruption de tous ces nouveaux dirigeants, ainsi que leurs affidés était phénoménal. Il y avait un tas de rombiers plus malins que les autres qui, n’ayant même pas le niveau de 6ème, s’autoproclamaient Docteurs en Médecine, en Droit, etc… D’anciens caporaux de la Coloniale se « bombardaient » eux-mêmes Colonels, voire Généraux… Une vaste fumisterie que les anciennes métropoles colonialistes toléraient et entretenaient financièrement de crainte d’une expansion du communisme.

             Je me souviens d’une anecdote qu’il m’avait racontée : Un certain Hospice Coco, qui se disait médecin, avait en charge à l’époque le Ministère des Finances du Togo. Sachant que c’est toujours là où est l’artiche qu’il faut frapper à la porte, notre Adhémar était allé se présenter au chef des cordons de la bourse togolaise. Ministère désert, couloirs vides, personne assis devant les bureaux mais les gens couchés par terre : Ils faisaient une sacrée sieste prolongée ! On consentit à lui désigner le Ministre qui, en boubou, ronflait comme un sonneur à même le carrelage. Il faut croire qu’Adhémar sut trouver les mots et surtout le bakchich approprié car il emporta un important marché pour tous les hôpitaux du pays.

             Les affaires étaient florissantes et les commissions juteuses, mais Adhémar n’était qu’un salarié d’un grand groupe de l’industrie chimique. L’idée lui vint alors de s’émanciper, de commander des médicaments à la source, de les conditionner, les réguler et les ventiler sous sa propre marque « Karinpharm » avec siège social à, tenez-vous bien, Vaduz (Liechtenstein). Dans ce micro-état, on ignore encore aujourd’hui le vrai sens du mot « impôt » ! Il se constitua dans ce paradis fiscal un magot conséquent. Et notamment en faisant du business avec une poignée de cailloux au large de la Mauritanie et du Sénégal, plus communément connue sous le nom de République du Cap-Vert.

             Vers 1975, ses habitants venaient juste d’accéder à l’indépendance en se débarrassant de l’emprise coloniale portugaise. Avec ses collègues visiteurs médicaux, tous avaient d’abord négligé 300 000 habitants répartis sur près de 4 000 km2 en une dizaines d’îles principales et une palanquée d’îlots, déserts la plupart du temps. Adhémar, avec un flair incroyable, se dit que puisqu’il s’agissait d’un pays neuf, il y avait tout à faire en matière de Santé. Et c’est ce qu’il fit ! La capitale, le petit port de pêche de Praia, comptait moins de 50 000 âmes, mais là aussi des apparatchiks à la grosse tête, d’une vénalité hors du commun, se mirent à vomir sur tout ce qui rappelait l’héritage colonial portugais. Adhémar s’engouffra, tout seul, dans la brèche et se fit les testicules en platine iridié ! « L’arrosage » conséquent de tous ceux qui avaient un quelconque pouvoir décisionnaire dans ce pays du tiers-monde lui apporta littéralement la fortune ! Ses médicaments et ses appareils médicaux inondaient, au prix fort (mais là, c’était en grande partie les portugais ou les Nations Unies qui casquaient) des localités sorties à peine du moyen-âge.

              Le temps passait, les picaillons s’amoncelaient et notre Adhémar n’était pas homme à cacher son flouze dans des lessiveuses. C’est alors qu’il rencontra en 74 une écossaise… Je te plais, tu me plais, et hop, on convole dès que possible en justes noces pour la quatrième fois. Toujours très Grand Duc, Adhémar fera quasiment faire le tour du Monde à sa nouvelle épouse dans les meilleurs palaces de la planète. Cela dura quelques années, le temps de voir naître une petite fille. Puis il fallut mettre la pédale douce car l’argent filait trop vite. Est-ce que Madame s’en aperçut ? Toujours est-il qu’elle finit par demander le divorce, emportant dans ses entrailles le dernier rejeton d’Adhémar, un fils en l’occurrence.

             Cet épisode freinera considérablement le côté globe-trotter du bonhomme. Mais, après quelque temps de réflexion, il se dit qu’il devenait trop vieux pour s’user au travail, et qu’il était temps de faire trimer les autres. C’est ainsi qu’il avait fait l’acquisition, dès 74, sur les Ramblas de Barcelone, non pas d’un mais de deux hôtels admirablement placés grâce aux restes encore superbes de sa fortune primitive (Hotel des « Naciones Unidas » et hôtel « Fornos »). Ce fut une époque bénie pendant quelque temps, mais les gérants de ses hôtels, véritables escrocs, firent ensuite péricliter les affaires en essayant de le filouter. Adhémar s’en aperçut et revendit alors les deux établissements. Avec l’argent, il resta en Catalogne et se fit rejoindre par la fille de la troisième épouse. Adolescente puis étudiante, elle partagea ces années de rigolades, de banquets, de fêtes tardives, etc… sous le ciel (mais surtout la nuit) catalan(e). La demoiselle grandissait et accrochait bien à l’état d’esprit de son papa. Nous étions alors autour des années 82/83… Ce qui fait que lorsqu’il quittera définitivement l’Espagne il ne regrettera rien, dans le fond, du bon temps qu’il venait de passer.

             C’est la troisième Madame Batalla de nom, qui l’accueillera gentiment dans son appartement de Nice. Pour arrondir les fins de mois, Adhémar fut un temps l’Homme aux clefs d’or du Grand Hôtel Negresco sur la promenade des anglais. Sa parfaite connaissance des langues étrangères le rendant exceptionnel, il s’acquitta de cette tâche assez longtemps, et principalement en service de nuit.

              Homme de grande Culture, il avait accumulé pendant des décennies des milliers de bouquins qui dormaient un peu partout : garde-meubles, garages divers et variés, valises pleines confiées à des amis… Enfin, l’idée lui vint de réunir sa seule et vraie richesse, c’est-à-dire ses livres, dans un endroit unique. C’est pour cela qu’il acheta à Vidauban (Var) un appartement dont le sous-sol se révéla, outre sa fonction première de garage, plein de magnifiques extensions : Des soubassements qui sont certainement les fondations d’un temple romain, un immense four à pain qu’il aménagea en chambre, tout un complexe de moulin à huile avec deux merveilleuses presses à vis encore en bon état, des bacs aux grands carreaux provençaux vernissés magnifiques pour recueillir les différentes pressions à froid (huile vierge, huile catégorie courante) ou à chaud (l’enfer)… Outre au moins trois chambres, il y a aussi les ébauches de deux couloirs souterrains, l’un partant vers l’église toute proche (de l’autre côté de la rue), l’autre vers la place du marché un peu plus haut. Par souci de sécurité, Adhémar mura ces deux tunnels. Mais le plus admirable était la place occupée par les livres : Il y en avait partout, sauf dans la salle de bain, mais tout reste était tapissé d’un bric-à-brac hétéroclite depuis de beaux livres reliés ou rares pour bibliophiles jusqu’aux guides Michelin de toutes les époques en passant par un nombre incalculable de romans, essais, livres d’Art, etc… Et on trouve ça dans le séjour, les couloirs, les chambres, le WC, etc… Partout je vous dis !!!

             Passionné de lecture (il affirmait, et je le crois volontiers, avoir lu tous ses livres!), friand de l’actualité, inconditionnel du « Canard enchaîné », il commencera un troisième âge riche et constructif. Avec cette même épouse n°3, ils entreprirent quelques voyages où le culturel l’emportait sur toute autre considération (Je pense notamment à ce séjour en Libye, à Leptis Magna, juste avant que le pays ne s’embrase et que Khadafi n’y meure en 2011)…

             L’âge venant, Adhémar voyait partir un à un ses plus vieux amis. C’est ce qu’il advint avec mon beau-frère Guy en 2001 et Jean Devos en 2007 ! Le fait que je fus bientôt à la retraite nous fit correspondre par mails plus souvent. Et vas-y que je te balance des c…ies plus grosses les unes que les autres… Et vas-y que je te rétorque avec des images détournées, photoshoppées à mort ou des clips déjantés de BombayTv ! Nous faisions partager à nos correspondants nos blagues de potaches, ça ne volait pas haut mais on s’amusait bien…

             Et puis, il y eut l’intervention de Fefaine (Delphine de son vrai prénom), une jeune femme belge que je n’ai jamais vu en vrai, mais qui se révéla d’une serviabilité et d’une gentillesse à toute épreuve. C’est elle qui nous hébergea, Adhémar et moi, pour faire partager à davantage d’internautes nos couillonnades enfiévrées ! C’était le premier numéro de Gigaproduction sur le web, nous étions le 1er Novembre 2008. Depuis, sa collaboration sans faille, son esprit incisif, sa maîtrise de la langue ont fait merveille et Michel pendant un temps, mais surtout Raimondo et moi avons sans cesse été en admiration pour cet homme exceptionnel dans sa modestie et son talent.

              Fin Novembre dernier, il chopera une méchante grippe dont les mauvaises séquelles vont s’égrener en chaîne. Il ne reviendra que pour quelques jours, courant Janvier, dans l’appartement niçois. Mais décidément trop affaibli, il sera ramené à l’alitement en milieu médicalisé aux soins de plus en plus intensifs. Sa masse musculaire fondant, il ne pouvait plus se tenir debout, des complications pulmonaires vinrent encore noircir le tableau. Des tas de poches lui apportaient la survie physique. Mais c’est surtout le moral qui était au plus bas ; en fait, il n’avait plus envie, même pas de lutter, mais de vivre. Se voyant ainsi diminué il n’aspirait plus qu’à tirer définitivement sa révérence.

              Adieu ami Adhémar, dans la vraie vie, on se s’est pas rencontré souvent mais, par le téléphone et surtout par l’écriture, on s’était découvert une communion de pensées dont je suis très fier et honoré aujourd’hui. Merci pour tout ce que tu m’as donné sans jamais rien demander en échange. Merci, merci, merci !

              Adhémar a été incinéré le 20 Juin à 16 h au crématorium de Vidauban, selon sa volonté ses cendres ont ensuite été dispersées dans le jardin du souvenir…

(Ci-dessous: quelques facéties inédites d’Adhémar)

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Posted in Oulibouf on juin 20th, 2017 by gerard – 2 Comments

Une royale visitehaute51

Le Comte était monté au sommet du donjon
Et de son œil aigu il scrutait la région.
Soudain dans le lointain, soulevant la poussière,
Il  vit se déplacer  une horde guerrière,
Précédée d’oriflammes aux blasons colorés
Que portaient des hérauts sur leur blanc destrier.
Il reconnut bientôt, d’azur aux lis ardents,
La bannière du Roi qui flottait dans le vent.
Aussitôt du castel s’ouvrit le pont-levis
Pour accueillir le Roi avec cérémonie.
La Comtesse s’en vint, elle fit la révérence
Au vaillant souverain qui dirigeait la France,
Et le Roi constata d’un regard avisé
Que cette femme là rayonnait de beauté,
Ayant aux bons endroits les rondeurs nécessaires
Capables de combler les chaleurs de la chair.
Disons plus simplement, usant de mots succincts
Qu’elle avait un beau cul et de très jolis seins,
Sur lesquels ce grand Roi aurait aimé poser
Ses généreuses mains afin de les tâter.
L’époux étant présent, ce geste chaleureux
Aurait pu chagriner un mari ombrageux ;
Aussi pour éviter une telle occurrence,
On éloigna le Comte qu’on chargea en urgence,
Sur les ordres du Roi d’aller au bois voisin
Préparer une chasse prévue le lendemain.
Et pendant ce temps là le Roi et  la Comtesse
Purent batifoler, se faire mille tendresses,
Se toucher, se sucer, s’offrir avec passion,
Les intimes présents de la fornication.
Le Roi fut enchanté de voir que cette femme
Savait comme un brandon devenir une flamme
Et par tous les effets d’une science avérée
Offrir à cet amant le plaisir d’exulter.

Une si belle action, méritait récompense ;
La visite du Roi eut quelques conséquences :
La Comtesse et l’époux furent nommés marquis
Et quelques mois plus tard, un enfançon naquit…
Raimondo – 2015

Conjugaisonhaute52

Esseulée, la Comtesse en son petit salon,
Très délicatement caressait son bouton
En songeant au Marquis qu’elle avait rencontré
Chez une sienne amie au cours d’une soirée
Où les gens du beau monde parfois sont réunis
Pour discuter de rien et tromper leur ennui.
Cet homme très courtois, charmant et policé
Sut par son entregent, vivement l’intriguer,
Et depuis ce soir là sans cesse en son esprit
Elle se remémorait le délicieux Marquis ;
Et même elle fantasmait au point d’en arriver,
Comme c’était le cas, jusqu’à se masturber.
Alors elle décida qu’il serait préférable,
Au lieu de ce frottis plutôt inconfortable
D’imaginer des jeux un peu plus passionnants
Que l’on peut faire à deux sur de jolis draps blancs.
Et c’est ainsi qu’un jour en un charmant logis,
Où se cachent en secret les couples interdits,
Ils purent à loisir lutter passionnément,
Et avec frénésie se donner du bon temps.
Le Rubicon franchi, ce fut le Capitole
Qu’on atteignit bientôt en quelques cabrioles
Et l’on n’hésita pas après ces doux assauts
A tenter le parcours du fringant matelot
Ainsi que la ruée de la biche aux abois
Ou  le doux va et vient du hussard franc-comtois.
On apprécia aussi, l’indicible douceur
De ces recoins replets et tout faits en rondeur
Objets  des frénésies du joyeux tabellion
Ou du charivari de la grosse Marion.
On s’aima follement et à maintes reprises
Sans jamais se lasser, sans jamais lâcher prise,
Jusqu’au moment fatal où l’on dut constater
Que l’on manquait d’ardeur afin de persister.
On s’arrêta un temps pour retrouver courage,
Et créer en rêvant quelques nouveaux rivages
Permettant de reprendre un délicieux combat
Et poursuivre à loisir les licencieux ébats.

Pour ces deux amants là, ce jour fut mémorable
Où très souventes fois on se remit à table
Et où  des heures durant, du joli verbe « aimer »
On conjugua les temps de façon passionnée.
Raimondo – 2015

Triplettehaute53

Madame la Baronne un beau jour s’aperçut
Que sa petite bonne avait un joli cul,
Ce n’était pas en soi un fait trop étonnant
Mais elle se rendit compte que ce beau fondement
Constituait pour elle un attrait singulier
Qui la poussait parfois à vouloir le tâter.
Elle eut bien volontiers soulevé la jupette,
Caressé, les rondeurs de ces fesses replètes,
Laissé courir ses doigts dedans les chauds recoins
Que pourrait découvrir une fouineuse main.
Cette constatation la gêna quelque peu :
Aurait-elle en amour préféré d’autres jeux ?
Pourtant, quand le baron lui offrait sa quéquette
Elle aimait sans détour lui faire grande fête
Acceptant les folies qu’en de pareils moments
On n’hésite jamais à faire communément.
Que ce soit par devant ou même par derrière
En levrette, à genoux, en toutes les manières,
Rien ne la rebutait et avec le Baron,
Le bonheur jaillissait sans cesse et à foison.
Elle se décida donc, en cette circonstance,
A  requérir d’un psy une docte assistance,
Et sur un grand divan, elle confia ses tracas
A cet homme de l’art qui sans faire d’embarras
Lui révéla alors qu’elle était devenue
Par quelque coup du sort une étrange ingénue
Dont le corps s’enflammait en toutes occasions
Pour celui d’une femme ou celui d’un garçon.
Quand le Baron apprit semblable nouveauté
Son esprit eut bientôt une sublime idée ;
Et c’est ainsi qu’un soir dans un petit salon
Ils se trouvèrent à trois pour jouer du piston,
De la viole d’amour et de la turlurette
Ainsi qu’au va et vient  du joueur d’épinette.
Et, de la ritournelle aux grands airs d’opéra
Ils purent décliner de multiples arias,
Echangeant à loisir les douces privautés
Que chacun dispensait à la communauté.
Ce fut un vrai régal, un moment délicieux
Moment durant lequel on découvrit des  jeux
Tout nouveaux, inconnus, mais extraordinaires,
Apportant à chacun un bonheur salutaire.

Il se forma ainsi un groupe inattendu
Que d’aucuns trouveront peut-être incongru
Mais  beaucoup sans le dire aimeraient une fois
Tenter cette expérience et faire l’amour à trois.
Raimondo – 2015

La Fille du Baronhaute54

Au collège déjà, la fille du Baron
Faisait la grande joie de tous ses compagnons :
Dès que ses petits seins se mirent à gonfler
Elle prit un grand plaisir à les faire contempler
A quelques bons amis qui eurent le bonheur
De pouvoir caresser ces mignonnes rondeurs.
Avec le temps les seins prirent de l’envergure
Dont les habits moulants accusaient la courbure
Et chacun regardait d’un œil émerveillé
Ce buste généreux qu’on rêvait de tâter.
Quelques uns eurent droit à cet insigne honneur
Mais ne purent prétendre à nulle autre faveur,
Car si elle permettait qu’on caresse ses seins
Il n’était pas question que l’on aille plus loin
Et radicalement  les cuisses se serraient
Lorsqu’une main glissait vers des recoins secrets :
Elle avait décidé qu’avant le mariage
Elle garderait intact un précieux pucelage.
Et quand elle épousa, sur l’avis de son père,
Un duc de ses amis un homme un peu austère
Mais hautement titré et plutôt fortuné
Elle apporta en dot une virginité,
Ce qui, en notre temps est assez peu courant
Pour que l’on puisse ici l’affirmer hautement.

Par la suite elle pensa à ces jeux du passé
Et quand elle revoyait les amis du lycée
Elle ne se montrait plus comme autrefois sévère
Ouvrant très largement des cuisses hospitalières.
Raimondo – 2015

Le Kamasoutra de la Comtessehaute55

Le Comte bandait mou, et sa femme excédée
De trouver un époux aussi peu empressé,
Aborda les problèmes et sortit le grand jeu
Afin de réveiller ce sexe laborieux.
Très énergiquement elle prit le vit en main
Et le combla d’abord de quelque va et vient,
Accompagnés bientôt d’un gratouillis charmant
Qui s’en vint caresser de gros roustons pendants ;
Pour faire bonne mesure une bouche affamée
Se mit à suçoter ce gland inanimé.
Ce fut un vrai miracle et après un moment
La bite se dressa  alors très fièrement
Et le Comte sentit venir les sensations
Précédant l’arrivée d’une belle explosion.
Aussitôt la Comtesse chevauchant son époux
Prit le membre dressé pour le mettre en son trou :
Elle agissait ainsi, comme dans l’ancien temps,
Un certain duc d’Aumale, un fils des Orléans,
Pratiquait en amour avec ses concubines
Cette belle façon pour soulager sa pine.
Dans le Kamasoutra La Comtesse avait lu
Toutes ces positions qui sont les bienvenues
Apportant en amour de nouvelles manières
Pour échapper enfin au terne missionnaire.
Et ce soir là le Comte, ne put qu’être ravi
D’étrenner quelques poses en matière de déduit.
Il goûta les bienfaits du boa constrictor
Ainsi que les remous du grand conquistador
Sans oublier les joies du notaire de Royan
Et les doigts égarés du coquin père Adam ;
Mais ce qui le combla et le fit exploser
Ce fut des Walkyries la folle chevauchée,
Qui généra enfin la furieuse tempête
Emplissant les ognons en vidant les roupettes.
Et ainsi soulagés, ils fermèrent les yeux
Attendant un réveil encor plus luxurieux.
Raimondo – 2015

Actu-m’en diras tant Juin 2017

Posted in Actualités & hors-série on juin 10th, 2017 by gerard – 2 Comments

Comme chaque année, je me vois contraint de vous prévenir de certains changements en Juillet et Août, c’est-à-dire pendant les vacances d’été: Disparition de « Actu-m’en diras tant » (…et puis, sans l’aide, pour l’instant, d’Adhémar, je suis incapable d’assurer la minimale dizaine d’images), réapparition des comic-strips (blagues en plusieurs images) et des frasques de cette brave Dora. Pour cette dernière, je rappelle qu’un Concours est toujours ouvert… mais bon, ça fait des années que je prêche dans le désert…20170601actu

Concernant les photos qui mettront, dans l’avenir, Madame Macron sur la sellette, je tiens à préciser que c’est la loi du genre.Je n’ai rien de personnel contre cette brave dame mais elle est dorénavant sous les projecteurs de l’actualité, et elle devait bien s’attendre à être brocardée en cas de succès électoral de son époux. Donc, mes excuses anticipées si cela vous choque mais ce gandin-grande-gueule de Chirac, ce nain-agité du bocal de Sarko et le look de commis-épicier au QI de ragondin d’Hollande sont déjà passé par là, je ne vois pas pourquoi il y aurait exception pour le couple Macron !actu20170610

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Viviane 20

Posted in Oulibouf on juin 10th, 2017 by gerard – 2 Comments

20e épisodeviviane20

Chapitre 7 : retrouvailles

            Le samedi 27 janvier 1515, Viviane faillit perdre son pucelage…

           La veille, on s’en souvient, elle avait appris le secret de ses origines, et dès lors, une fois pour toute, elle chassa de ses pensées l’oncle mercier dont elle souhaitait radier de son esprit la parenté, de même que le joli cousin aux yeux bleu ; quoique celui-ci pour un petit encas… Viviane comme toutes les filles de son âge, avait quelquefois du vague à l’âme, un peu ailleurs également…

            Cependant, si ce cousin avait des yeux magnifiques, elle restait, comme beaucoup de rémoises, subjuguée par l’admirable Roi à la fière allure qu’elle avait aperçu alors qu’il défilait sur un noir destrier dans les rues de la ville. Elle pensait d’ailleurs, et n’en était pas peu fière, que ce monarque était pour elle un très lointain cousin, certes de la main gauche, mais cousin tout de même, puisque tous deux avait en commun un aïeul, le Roi Jean II, le vaincu de la bataille de Poitiers durant la guerre de Cent ans.

            Et c’est en suivant les défilés, afin de voir de près son « beau cousin », qu’elle remarqua un bel écuyer de la suite royale. Une fois encore, son cœur sensible frémit à sa vue ; il était jeune, beau, vêtu de jolis atours et tenait un écu portant en armoirie le blason vairé de Bretagne, emblème  dévolu à la jeune Reine de France qui avait hérité de cette province léguée par sa mère Anne de Bretagne. Viviane lui sourit, fit un léger signe de la main que ne manqua pas de remarquer le beau damoiseau.

             Le hasard, (mais était-ce bien le hasard ?) fit qu’ils se rencontrèrent le jour suivant et qu’ils lièrent conversation. Aymeric, ainsi s’appelait-il,  lui proposa de visiter les écuries, une grande bâtisse aménagée au cours des siècles par les moines de l’abbaye de Saint Rémi,  pour recevoir les nombreux chevaux qu’on devait héberger et soigner durant les jours de sacre. Viviane accepta volontiers cette invite d’autant qu’on était en hiver et que la température  n’était pas très clémente pour rester trop longtemps à l’extérieur.

            En lui tenant la main pour la guider, Aymeric  lui montra l’impressionnante file de stalles ou reposaient les destriers ; un peu plus tard  il enserra sa taille et profita bientôt de cette position pour se montrer plus hardi glissant sa main sur un sein, dont il sentit la fermeté à travers le lainage de sa robe. Le cœur de Viviane se mit à battre un peu plus fort. Elle avait jusqu’à ce jour connu quelques amourettes gentilles, celles que connaissent tous les préadolescents, mais cette fois le garçon se faisant plus pressant et même profitant d’un recoin destiné à entreposer le foin des destriers, il la renversa sur cette molle  litière,  glissa une main sous sa robe à la recherche d’une intime peau nue. Elle eut peur. Elle se doutait bien, les années passant, que les petits flirts deviendraient à la longue plus poussés, qu’une  intimité naitrait, faite de caresses et de privautés, mais elle voulait choisir le moment de sauter le pas et en aucune façon ne voulait laisser ce coquin agir comme un soudard.

            Viviane se rebiffa, repoussant tant bien que mal la main importune qui cherchait à l’envahir en violant son intimité ; elle poussa un cri guttural qui se répercuta sous la voute du bâtiment, cri que  perçut un lad  se trouvant dans les parages, pour accomplir ses tâches quotidiennes. L’homme approcha et aussitôt comprit la situation. Calmement il prit Aymeric par le cou et le tira violemment en arrière ; il avait une force peu commune et l’écuyer se retrouva piteusement sur le sol, les quatre fers en l’air. Malgré la douleur que la chute avait provoquée, il eut l’audace de s’adresser avec morgue à son agresseur :

        De quoi te mêles-tu, manant, sais-tu bien qui je suis ?

        Oui bien sûr je le vois, tu n’es qu’un malfaisant qui se conduit de façon ignoble avec une jeune fille.

        Je suis écuyer au service de la Reine et je te défends de m’interpeler sur ce ton.

        Eh bien Monsieur l’écuyer au service de la Reine, je vous prie de bien vouloir déguerpir d’ici rapidement, sinon je vais vous rosser de si belle façon que notre souveraine aura du mal à  vous reconnaitre après les  petites attentions que je vous réserve.

             L’homme était grand, fort, un colosse à la  voix de stentor ; tout en lui donnait à réfléchir. Aymeric eut assez de sagesse pour s’éloigner très lentement, non par bravade, mais tant les os lui faisaient mal après sa chute.

             Le lad s’en vint alors vers Viviane qui sanglotait, lui prit paternellement la main et par de douces paroles parvint à la rasséréner. Elle se calma, sourit à ce sauveur à la douce voix lénifiante.

        Merci Monsieur, d’être intervenu.  Que serait-il advenu si vous ne m’aviez pas prêté main forte ?

        Oublions tout cela, voulez-vous. La nuit va bientôt tomber et si vous le souhaitez je peux vous raccompagner chez vous.  

             Bien sûr, elle accepta. Elle ne connaissait pas ce colosse, mais tout en lui respirait la bonté, la bienveillance ; sa longue chevelure grise, rappelait les patriarches que Jehan, son enlumineur de père, avait dessiné pour illustrer une bible qu’un noble mécène lui avait  commandée.

             De retour au logis avec son sauveur elle fut le témoin d’une péripétie  pour le moins inattendue et   incompréhensible pour elle. A peine se virent-ils que le lad et Jehan se jetèrent dans  les bras l’un de l’autre, dans une amicale étreinte.

        Jehan, mon ami, que je suis heureux de te revoir !

        Guillaume, par quel miracle, te trouves-tu ici ?

             Certes ces manifestations d’affection étonnèrent Viviane, qui resta bouche bée et stupéfaite de la situation. Son père éclaira sa lanterne et une fois encore  elle découvrit un pan de sa vie qu’elle ignorait.

        Ma petite Viviane, ce charmant monsieur est un ami de longue date, que j’ai connu lorsque nous vivions au château de Tournehem. Il est le mari de Guillemette, cette femme qui t’a allaitée durant les premiers mois de ta vie. Au castel, c’est lui qui s’occupait des écuries de l’oncle Antoine de Bourgogne en veillant d’excellente façon  à l’entretien des chevaux. A l’époque, nous nous sommes  liés d’amitié et j’ai bien regretté que depuis notre retour à Reims l’occasion de nous revoir ne se soit pas présentée.

             Guillaume à son tour leva, pour Viviane et Jehan, le voile du passé. Après le décès du Grand Bâtard,  son petit fils Philippe hérita du manoir ; militaire, toujours par voie et par chemins, il y venait rarement.

        Il nous chargea, Guillemette et moi d’entretenir les lieux en bon état, ce que nous avons fait et continuons de faire. En outre, les moines de l’abbaye de Saint Rémi font toujours appel à mes services lors du sacre de nos Rois pour m’occuper des chevaux de tous les nobles venus en la circonstance. C’est le troisième sacre durant lequel j’officie, et certainement le dernier, car notre Roi est jeune, il a un long avenir devant lui et je quitterai ce monde avant la venue de son successeur.

             Sur ces entrefaites, Flore arriva et en un premier temps s’adressa à sa fille.

        Voyant que la nuit allait tomber je me suis inquiétée pour toi et je suis allée voir si tu n’étais pas chez ta marraine.

             Ce fut Guillaume qui intervint :

        Sachez, petite madame, que j’ai eu le plaisir de croiser dans la rue cette jolie jeune fille et n’écoutant que mon bon cœur, sans même savoir qui elle était, je me suis proposé pour la raccompagner chez elle.

             Flore reconnut alors cet ami d’autrefois et à son tour se jeta dans ses bras, heureuse de le revoir après de longues années.

             Ce jour-là on fêta les retrouvailles à l’Auberge des trois canards, et Eliette fut de la partie. On se régala ; on ressassa de vieux souvenirs ; on évoqua le Grand Bâtard de Bourgogne qui avait traversé leur vie. Eliette, l’incorrigible Eliette remarqua que ce Guillaume avait somme tout fière allure et qu’il devait être un excellent complice dans l’intimité. Elle imagina beaucoup de choses et cette nuit-là, se déroula une magnifique chevauché qui la fit crier de bonheur. Malheureusement pour elle, ce n’était qu’un rêve…

***

             En quelques jours la ville de Reims retrouva son calme habituel après le départ du Roi et de tous les participants que le sacre avait attirés. Les bourgeois de la cité, comme le veut la tradition, payèrent les frais engagés pour les diverses cérémonies, les défilés et la décoration de la cathédrale et des rues de la ville. Comme à l’accoutumée, ils se plaignirent des sommes exorbitantes  qui leur furent demandées, oubliant que ces fêtes attiraient beaucoup de monde et que les divers commerces avaient pu  en ces jours, remplir très largement leur escarcelle.   

             La cité ne sait pas qu’il lui faudra attendre 32 ans pour organiser le prochain sacre. Elle ignore encore que dans quelques mois le Roi François se couvrira de gloire à Marignan. Elle ne se doute pas qu’après cette retentissante et inoubliable victoire qui fera florès à l’avenir, viendront les revers, la défaite de Pavie, les démêlés du souverain avec l’ignoble Charles Quint. Elle méconnait aussi qu’à travers toutes les vicissitudes du règne, le royaume, après un long Moyen Age, va connaitre une ère nouvelle avec La Renaissance.

***

             L’année suivante Viviane se rendit à Tournehem, à l’invitation de Guillaume. Flore sa maman  l’accompagna en ces lieux  dont la jeune et jolie jeune fille ne gardait  qu’un souvenir très vague et qu’elle rêvait de revoir avec des yeux d’adultes.  Elle fut heureuse de retrouver Guillemette cette femme qui l’avait nourrie dans les premiers mois de sa vie.

             Le château restait de facture médiévale et malgré les bons offices de Guillaume, il commençait à accuser son âge ; de gros travaux auraient été nécessaires afin de rénover les toitures en mauvais état et les murs aux pierres érodées. Le propriétaire se souciait peu d’y réaliser les grands travaux indispensables ; d’ailleurs il n’en avait pas les moyens.

             Néanmoins, l’intérieur avait encore un certains charme que Tristan lui fit découvrir. Tristan était le fils de Guillaume et Guillemette, donc son  frère de lait ; à quelques jours près, ils étaient du même âge et bien vite une certaine camaraderie s’établit  entre eux. Tristan  lui fit visiter les combles où l’on pouvait admirer les magnifiques charpentes de chênes, œuvre du savoir faire d’autrefois, les échauguettes, les mâchicoulis et autres meurtrières. On était en été et le soir, les deux jeunes gens aimaient parcourir au clair de lune la campagne environnante. Avec la complicité de la nuit leur camaraderie se fit alors plus intime, un flirt s’ébaucha  se mua bientôt en amourette ; on échangea quelques baisers de plus en plus tendres et l’on osa des caresses qui, les jours passant, devenaient passionnées. Tous deux  étaient à l’âge où l’on a hâte de connaitre quelques nouveautés.

             Le lundi  7 juillet 1516, Viviane perdit son pucelage.

Raimondo – Fin de la IIIe partie (mais… toujours à suivre)

Blagues Juin 2017

Posted in Actualités & hors-série on juin 1st, 2017 by gerard – Be the first to comment

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Hors-série Mariages 01

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