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Phlegmon

Posted in Oulibouf on novembre 20th, 2014 by gerard – 3 Comments

Préambule

      Tout commence le 30 Septembre 2014 ! Dans l’après-midi, la tenue du gus m’ayant inspiré, je travaillais sur l’image ci-dessous en vue d’en faire un « comic » à paraître ultérieurement. Quand j’eus fini les deux distiques, je me suis dit qu’on pouvait faire mieux, et surtout davantage. J’ai commencé à jeter çà et là, sur des bouts de papier ou sur l’ordi, un tas de c…ies. Mais les idées affluaient, au bout d’un moment, une intrigue s’est mise en place et j’ai commencé à rédiger. Le lendemain, 1er Octobre, toujours dans l’après-midi, l’article oulibouffien était bouclé à 99%, donc, grosso modo, en 24 heures. Le 1% qui reste ne fut qu’ajustements mineurs jusqu’à aujourd’hui.

      Vraiment, les arcanes de la création sont impénétrables !phlegmon01

 « Et le désir s’accroît quand l’effet se recule »

Kakemphaton* célèbre de Corneille

(Polyeucte – A 1, sc 1)

* = Ci-après, les kakemphatons sont soulignés

PHLEGMON

ou

La démence des augustes

de

Gigue Happereauduc

Tragédie en UN acte

PHLEGMON……Roi de Montastruc, frère jumeau d’ANTHRAX

ANTHRAX………Prince oisif, frère jumeau de PHLEGMON

BLAISE…………Confident et ami de PHLEGMON, Commandant des gardes du palais

APPENDICITE…Etudiante en Droit constipée, jeune fille au pair et Princesse slovène

LEONARDA…..Confidente et amie d’APPENDICITE, au pair itou (mais avec RSA, CMU, etc…)

Des gardes…..Intermittents du spectacle, payés plein pot 9 mois pour 32 secondes de prestation*

  • = Oui, je sais, je suis menteur et de mauvaise foi, mais j’assume !

Les annotations et renvois sont du

Professeur Polycarpe Bouffémont, phlegmon03, O.phlegmon04

 Agrégé de Lettres Classiques, titulaire d’une chaire de Littérature à l’Université de Saint Cucufat, éminentissime spécialiste de l’œuvre de Gigue Happereauduc.

La scène se passe dans une salle du Palais de Montastruc.

Scène 1

PHLEGMON – BLAISE

PHLEGMON

Ah oui ! Je te revois et mon cœur est à l’aise.

Viens contre ce cœur que je t’embrasse Blaise (1)!

Tu avais disparu, c’est là qu’était le Hic,

La semaine à Paris pour voir la fashionweek.

Il s’est passé des choses au cours de ton absence

Où mon caleçon baissé n’a pas fait abstinence…

Lors, mais te voilà ce jourd’hui rentré au port,

J’attends, fier Capitaine, un fidèle rapport.

 BLAISE

Vous le saviez Seigneur, nous n’étions plus aux normes,

Et nos soldats voulaient de nouveaux uniformes.

Hélas ! Mon angoisse et mes peurs étaient fondées.

Et tous ces créateurs sont bien tous des pédés.

 PHLEGMON

Holà ! Il y a des mots, ici, qu’on ne profère !

Surtout en ce palais si on croise mon frère !

Oui hélas ! Plus ou moins gris et triste palais,

Où est la bonne humeur qu’on y voyait régner ?

BLAISE

C’est vrai, le castel n’a pas été toujours morne.

Il y eut des ris, des jeux, des liesses sans borne,

Quand la Princesse Carre et son mari Abcès

Avecque leurs enfants riaient avec succès.

Anthrax et vous jouiez avec la ribambelle.

Mais tout cela est loin… Maudite salmonelle

Qui les a tous occis par un plat de pétoncles !

(il lève les yeux au ciel)

Oui Dieux de l’Olympe, Anthrax et lui, ils furent oncles (2) !

L’un d’eux, devenu « tante », eut mignons à foison ;

L’autre, devenu Roi, fut accro aux jupons…

Il me souvient, Seigneur, de tous ces interdits.

Mais revenons à ces stylistes en body :

Pensez qu’ils proposaient un tas de fanfreluches,

Et même, dans le cul, une plume d’autruche.

Non mais ! Vous nous voyez en tenue de combat,

Au cœur de la mêlée, à rajuster nos bas ?

C’est pourquoi notre armée restera telle quelle,

Aux critères anciens refaisons la part belle.

PHLEGMON

Tu es spécialiste, on fera comme tu l’as dit !

Point n’est besoin de Régiment à l’air bouffi (3)!

Continuons à régenter ma populace,

Même si quelquefois c’est un job qui me lasse.

BLAISE

Mais vous parliez, Seigneur, de votre slip ouvert.

Que s’est-il donc passé quand j’étais à vauvert ?

PHLEGMON

Tu sais qu’en mon château, on marche à la lésine.

On a lors recruté tout un tas de frangines.

De toute l’Europe, ces jeunes filles au pair

Astiquent le palais pour lui garder son air.

Et figure-toi que, parmi ces jouvencelles,

Une m’est apparue, belle parmi les belles.

Sans mot dire, elle a ravi mon âme et mon cœur,

Faisant gonfler mon froc d’un énorme chou-fleur.

L’écueil cependant, de cet amour ancillaire,

Est de déroger. Mais j’aime trop son derrière.

Et je suis prêt à me mésallier céans,

Tant je suis épris de sa gorge et son séant.

Oui ! Je brûle désormais pour Appendicite,

Ce nom ancré en moi prédispose à l’orchite.

Doux ami, tu connais maintenant mon secret…

Tiens, je vais de ce pas prendre quelque décret !

BLAISE

Allez Seigneur ! Allez gouverner sans ambages

Car viennent par ici deux femmes de ménage.

(1) : Ecrit en 1669, on pense que c’est de cette époque que les écholalies de ces deux premiers vers sont devenues fameuses : « A l’aise Blaise ! »

(2) : Dans un article remarquable à propos de la pièce, Bourbillon De La Sanie, critique littéraire du XVIIème siècle, a écrit : « Ah ouais ! Escarre, abcès et furoncle, voilà les clous du spectacle ! Après phlegmon et anthrax, on n’en peut pus ! » Un autre critique, le Père Itonite De Bubon, fait observer qu’il y a ici la seule faute de forme de l’œuvre, à savoir deux distiques à rimes féminines qui se suivent, mais bof, les deux distiques suivants sont à rimes masculines, ceci compensant sans doute cela…

(3) : Ecrit en 1669, on pense que c’est de cette époque que les écholalies de ces deux vers sont devenues célèbres : « Tu l’as dit bouffi ! »

Scène 2

BLAISE – APPENDICITE – LEONARDA

APPENDICITE

Quelle honte pour moi d’avoir balai en main,

Léonarda ma mie, que de noirs lendemains !

Hélas ! Que j’endure ici tant de vilenies !

Quand reverrais-je un jour ma chère Slovénie ?

Venue à Montastruc étudier le bon Droit,

On m’a fourguée alors au plus mauvais endroit.

Je suis, dans ce palais, traitée comme une esclave ;

Je subis tant d’affronts qui jamais ne se lavent.

La pauvre Appendicite préposée aux carreaux !

Çà c’est vraiment déchoir, on est loin du Barreau…

Heureusement, en moi, une lumière est née :

Un beau Prince d’ici émeut mon périnée.

Et quand je peux le voir, j’oublie tous mes tracas,

J’en oublie quelquefois de faire mon caca.

C’est te dire à quel point je suis une amoureuse,

Et qu’à le voir parfois, cela me rend joyeuse !

LEONARDA

Madame, cachez cet amour sous le manteau,

Rappelez-vous qu’ici vous êtes incognito,

Car nul ne doit savoir que vous êtes Princesse

Au Pays. Sinon, ça barderait pour nos fesses !

Votre père, le Roi, n’ayant plus un kopeck,

A trouvé ce moyen, ayant sa bourse à sec,

Pour que sa fille chérie soit étudiante.

Et même si la vie est devenue chiante,

Rendons-lui encor grâce de ce subterfuge…

Et pour votre caca prenez un vermifuge…

Pensez aussi que vos études en Faculté

Amoindrissent les maux où l’on est confronté.

Et puis, pensez encor qu’inscrite en Gymnastique,

La pratique des sports nous rend moins lunatiques…

Quant à cet amour, vous l’annoncez impromptu,

Je dois avouer que j’en reste sur le cul.

Ainsi donc, vous aviez des pensées polissonnes ;

Et que vous ne faisiez partager à personne…

BLAISE

Excusez-moi Madame, je dois intervenir !

Cette histoire d’amour ne peut que bien finir,

J’ai ouï malgré moi cette belle romance,

Je crois qu’on peut envisager une alliance…

APPENDICITE

Quoi ! Vous étiez là à entendre mon aveu !

Et donc… vous y verriez un dénouement heureux ?

BLAISE

Madame, si vous êtes vraiment d’un sang noble,

Celui que je sers dansera le paso-doble.

Oui ! Car il a pour vous la même inclination,

Et tout se règle donc pour nos satisfactions…

Concernant vos transits, pourquoi pas Microlax ?

APPENDICITE

Ah Monsieur c’en est trop : Suis-je aimée par Anthrax ?…

BLAISE

Anthrax ? Anthrax Madame ? Je vous prie, soyez nette,

Et soyez bien précise pour ma comprenette.

APPENDICITE

Mais oui, assurément, c’est de lui qu’il s’agit,

Pour qui croyez vous donc qu’en mes draps je vagis ?

BLAISE

(en aparté)

Alors là, j’en ai vraiment le sourcil qui fronce,

Et je pressens déjà la cata qui s’annonce.

LEONARDA

Madame ! Madame ! Voici le Prince que je vois !

Et toi, beau Capitaine, viens donc avec moi !

Scène 3

APPENDICITE – ANTHRAX

ANTHRAX

Houlà ! Houlà ! Houlà ! Pourquoi fuir Capitaine ?…

Hélas, il est parti. Me voilà à la peine !

J’aime son port altier et tout son corps poilu ;

Et quand je pense à lui, je suis tout éperdu.

APPENDICITE

Prince, honorez-le, car il vient de m’apprendre

Que votre cœur au mien décide de se prendre.

ANTHRAX

Quoi ma fille !? Tu déraisonnes à tel point

Qu’on peut penser que tu viens de fumer un joint.

Qu’est-ce qui a bien pu te faire accroire

Que de m’afficher avec toi, j’aurais quelque gloire ?

Et ne t’adresse point à moi avec aplomb,

Avec tes godillots à semelles de plomb !

Prends bien garde, souillon, de voir à qui tu parles !

Je ne suis point roture ! Et je ne suis point Charles (4) !

Et quand bien même, de cet amour averti ;

Je n’en ai rien à foutre car je suis inverti !

APPENDICITE

Ah ! Tout s’écroule en moi, et je suis une ruine !

Adieu rêve d’amour ! Adieu belle combine !

ANTHRAX

Ce que je sais de toi, tout le palais le sait,

On connaît tes soucis d’aller au cabinet.

Reste donc à ton rang. Et moi, je me défile,

Car je vois venir mon frère, cet imbécile.

Je préfère partir que de souffrir ses mots,

Il risquerait encor de me traiter d’homo.

(4) : Ecrit en 1669, on pense que c’est de cette époque que les écholalies de ces deux vers sont devenues illustres : « Tu parles Charles ! » A noter que dans le Royaume de Montastruc, un paysan s’appelait, par dérision, « un Charles », alors que dans le Royaume de la doulce France, le même cul-terreux avait le sobriquet de « Jacques ». A noter encore que dans l’Empire lithuano-guatémaltèque, on disait « un Mangiafazzula », mais çà, tout le monde s’en fout !

Scène 4

APPENDICITE – PHLEGMON

APPENDICITE

Ah que je suis à plaindre ! Ah mais quel sort infâme !

Et tout s’éteint en moi, il n’y a plus de flamme.

PHLEGMON

Madame, je sais tout, Blaise vient de me briefer,

M’apprendre que mon cœur vous venez de griffer.

Son début de récit ne m’apportait que joie.

Tout tressaillait en moi, et mon cœur et mon foie…

Il parla aussi de vos problèmes intestins,

Mais d’autre chose encor qui scelle mon destin.

J’étais pourtant heureux de vous rendre visite ;

Elle est de sang royal, la douce Appendicite !

Et je rends grâce au ciel de cette intervention

Qui aurait lors permis si belle opération (5) !

Hélas ! J’apprends aussi vers qui votre cœur penche,

De mon frère il s’agit, celui que l’on emmanche !

Allez, réfléchissez, changez de décision,

Car pour Anthrax le sexe a quelque imprécision.

Nous sommes jumeaux en tout à propos du physique ;

Mais moi pour le beau sexe, moi, j’ai toujours la trique !

Dites, pour votre choix, qu’a-t-il de plus que moi ?

Moi qui serais pâmé de tomber sous vos lois !

APPENDICITE

Il a un déhanché que, pour moi, nul n’égale.

Un parler doucereux qui fait que l’on s’emballe.

Si c’est vrai qu’en aspect, il est votre miroir,

Il sait si bien porter ses babioles en sautoir.

Mais je viens d’apprendre qu’il est contre-nature,

Et je bannis dès lors toute pensée impure.

Il ne me reste plus qu’à trouver des raisons

Pour quitter illico-presto cette Maison :

Vais-je faire la malade ? Prétendre quelque phtisie ?

Ou m’exiler très loin, peut-être en Tunisie ?…

PHLEGMON

Non, non, il ne faut point que d’ici vous partiez.

J’en aurais ma superbe réduite de moitié.

Songez : Que le jour s’en vient, que le jour nous quitte,

Sans que je puisse voir la belle Appendicite (6)!

Restez, je vous en prie, quitte à vous faire Anthrax ;

Même si, dans mon coin, je pleurerai un max.

APPENDICITE

Il ne sied point à un Roi de faire le Jocrisse.

Ma décision est prise, il faut que je me trisse !

Et pour votre gouverne, il faut que vous sachiez.

Ores, dans ce palais, vous faites tous chier !

(elle sort)

PHLEGMON

(il sort en la poursuivant)

Madame, je vous supplie : Evitez l’exit,

Surtout que sont réglés vos ennuis de transit !

(5) : Les mots terminaux de ce quatrain ont fait florès, depuis des siècles, dans le milieu médical :  « visite, appendicite, intervention, opération ».

(6) : Un obscur théâtreux, mais un fieffé plagiaire, un certain Racine, s’est inspiré de ces deux magnifiques vers dans son « Bérénice » ; c’est d’ailleurs ce qui a permis de dater le chef d’œuvre magistral que vous avez sous les yeux. « Bérénice » eut sa « première » le 21 Novembre 1670 ; on peut donc raisonnablement penser que « Phlegmon » est antérieur à cette date, logiquement c’est 1669 qui s’impose !

Scène 5

BLAISE – Des gardes

BLAISE

Cherchez ici !… Où cours-je ? Et dans quel état j’erre (7) !

Voilà qu’Anthrax céans veut se faire la paire !

Mon Maître, quant à lui, me paraît anormal !

Jamais je ne lui vis un si piètre moral !

Je sens qu’un mauvais coup près de nous se prépare ;

J’ai peur qu’il ne se fasse sauter le cigare !

Tous ! Ils sont tous chtarbés, et vont nous le prouver !

Allez ! Fouillez les gars ! Il faut les retrouver !

(ils sortent en courant)

(7) : Ce vers est emprunté à la tragi-comédie « Le bahut en folie » (69 après J-C) de l’auteur latin Potache-le-Jeune, dit « Roicco » (D’ailleurs, il ne faut pas confondre Roicco et ses frères : Potache-à l’ancienne, dit « Magie » ; Potache-aux-vers Michel, dit « Quenor » ; Potache-ou-Con sommé, dit « L’Hiébigue », etc, etc… mais tous avaient pour géniteur le célèbre, mais désordonné, géomètre antique : Potache dit  « Brouillon Cube»).

 Scène 6

LEONARDA

LEONARDA

Ô douleur ! Ô carnage ! Tout ici est démence !

Des dénouements affreux viennent faire émergence.

On n’imagine pas les ravages d’Amour

Et ses dommages collatéraux à l’entour (8).

Car de hanter ces couloirs je reviens tout juste,

On y sent le malheur et aucun geste auguste (9).

La décadence est là, plus rien ne la défend

Contre tous les excès . Satan est triomphant !

Pourquoi faudrait-il donc que le Diable se gêne ?

Il n’y a pas de plaisir là où est la géhenne (10)!

Si fait ! On voit en ces lieux l’œuvre du Malin

Par ce qu’il fait à l’autre, et ce qu’il fait à l’un (11) !

Oui, tout autour de moi, où que mes yeux se portent,

Rien de désopilant ne me secoue l’aorte.

Ô cruauté des Dieux ! Fais de nous des pantins,

Et viens en récolter le sinistre butin

Dans ce palais désert où ont fui tous ses hôtes,

Où les malheurs pleuvent comme à Gravelotte (12)…

Cette noble Maison est au bord de la ruine,

Princes de Montastruc partant en biberine !

Phlegmon, qu’ insupportait la fuite d’un amour,

A donc résolu de mettre fin à ses jours.

Car, à faire le Roi, il en renie le rôle,

Et transperce son flanc avec une espingole.

Ma maîtresse, valise et pruneaux à la main,

M’a donc fait des adieux qu’on veut sans lendemain.

Ma chère Appendicite ! Partie pour Tatahouine (13),

En clamant haut et fort :  « Je veux me faire gouine ! »

Anthrax, quelle folie, décampe en tenue d’Eve,

Se retrouve maintenant maqué avec Dave !

Blaise, devenu gay, assure l’intérim.

Quant à moi, de ce pas, je m’en vais à la gym…

(rideau)

(8) : On utilise fréquemment ce vers, depuis des siècles, pour illustrer le substantif « pléonasme ».

(9) : Ecrit en 1669, on pense que c’est de cette époque que les écholalies de ces deux vers sont devenues mémorables : « Tout juste Auguste ! »

(10) : Tripatouillé pendant des générations, on se demande encore présentement comment ce vers a pu donner dans la tradition orale : « Là où y’ a d’ la géhenne, y’ a pas d’ plaisir »…

(11) : Bien que probablement écrit en 1669 (Mais on commence franchement à s’en tamponner le coquillard!), on s’explique mal le bide noir qu’eurent les écholalies de ces deux vers : « Malin, Alain ! »

(12) : Cet anachronisme, au milieu de tant d’autres, est le plus criant. Comment Gigue Happereauduc a-t-il eu une telle prescience ? Encore aujourd’hui, les sémantologues s’interrogent et aucune réponse pertinente n’a été trouvée… NDLR: Seul, le présent blog, en citant Heidegger, peut apporter une réponse aussi claire que du jus de boudin: Se référer à l’introduction de http://gigaproduction.fr/2009/11/20/la-vdm-de-ge-zu-1ere-partie/

(13) : Ben tiens, en Tunisie justement !

Gérard – 2014phlegmon02

Variations montastrucoises 02

Posted in Perlouzes solitaires on novembre 20th, 2010 by gerard – 3 Comments

Comme pour la 1ère fois, tout ce qui suit est dédié à Vincent M., notre habitant de Montastruc dont le sens de l’humour et l’esprit de tolérance ne sont plus à démontrer. Salut Vincent, notre amical salut à tout le Conseil Municipal dont Monsieur le Maire qui doit être, à n’en pas douter, un bien brave homme!

Amis lecteurs, avec Adhémar, nous vous engageons vivement, si vous êtes sur Facebook, à rejoindre sans tarder, ainsi que vos parents et amis, « Les amis de Montastruc la Virtuelle ». Plus on sera nombreux, mieux cela vaudra!

Avertissement coutumier: Tout est faux! Montastruc-la-Conseillère est une villégiature admirable: tout ce qui est dégoisé ici l’est uniquement pour rigoler. 

RONDE ENFANTINE (Vers libres)

Danse danse près de la fontaine

Comme le fit le Grand Duc

Celui qui vola tes mitaines

Dans l’église de Montastruc

Et la faridondaine

Et la faridondon

Hurle hurle dans la cour de l’école

Où l’on apprend des tas de trucs

La maîtresse est à moitié folle

A l’image de Montastruc

Et la faridondole

Et la faridondon

Chante chante les chansons égrillardes

Qui glorifient les trouducs

Il y a donc des personnes paillardes

Qui habiteraient Montastruc

Et la faridondarde

Et la faridondon

Cite cite les produits de la terre

Dont tu connais tous les sucs

Ville-dortoir ou cimetière

On fait des choses à Montastruc

Et la faridondaire

Et la faridondon

Saute saute rivière ruisseaux et liquides

Il n’y a là aucun viaduc

Le Maire a empoché les subsides

C’est ça la vie de Montastruc

Et la faridondide

Et la faridondon

Ouille ouille la sécurité y règne

Tout en prenant des coups sur la nuque

Mais la Police dit que tout baigne

Tout est OK à Montastruc

Et la faridondaigne

Et la faridondon

Siffle siffle tout un tas de bouteilles

Y compris l’exquis vin de Montluc

Et autres bons jus de la treille

On est soulots à Montastruc

Et la faridondeille

Et la faridondon

Cause cause la Conseillère

Qui parle quelque volapuk

Comme à la Légion Etrangère

Cosmopolite est Montastruc

Et la faridondère

Et la faridondon

Gérard 2010

Week-ends au pays de la soif.

Lien utile (voire indispensable): Picoll Club Montastruc sur facebook)

A Montastruc, ils ont, comme partout ailleurs,

Un Comité des Fêtes qui mène et se démène,

Il est, n’en doutons pas, ni pire ni meilleur,

Mais toute année ayant cinquante deux semaines,

C’est la croix, la bannière pour occuper les gens

En permanence. Et, malgré tout leur entregent,

Toute continuité fait qu’elle se scinde,

Et qu’il n’y a rien à foutr’ pour de nombreux ouiquindes(1).

Que doit faire la Jeunesse pendant ces temps morts?

A Montastruc, on a trouvé! Ah! Ils sont forts!

Et c’est donc à la bière qu’ils font une cure,

Ainsi qu’un tas d’alcools pour la Grande Biture!

Dès le Vendredi soir, on voit ces trous du cul

Beuglant, déjà beurrés comme des Petits LU;

Et ça continue le Samedi de plus belle,

Où ils sont tous bien ronds comme des queues de pelle.

Je saute le Dimanche où ils sont tous fins saouls,

En squattant les recoins pour « appeler Raoul »!

Ah! Cette belle Jeunesse montastrucoise

Qui carbure grave à la blonde munichoise!

Admirez donc ces biberonneurs, ces pochtrons

Descendant « en danseuse » tout un tas de litrons!

Rétamés, torchés, imbibés comm’ des éponges,

Et se gaussant bien des cirrhoses qui les rongent.

Sous l’effet de la cuite, ils font le coup de poing…

La Police, elle, s’en fout, bourrée comme un coing,

Elle cuve, elle aussi, tant elle est quasi raide,

C’est pas de ces gars-là qu’il faut attendre une aide!

D’ailleurs, que vous soyez en raison ou en tort,

Passez votre chemin: Ils sont pétés à mort!…

Revenons à ceux qui, tout abreuvés de pintes,

S’en foutent plein la vue et plein la coloquinte,

Tout ça, c’est demi-mal s’ils ne prennent un volant.

Que d’hécatombes dues au Gaillac gouleyant!

Ici, le croque-mort jamais ne se repose

De tous ces conducteurs, cornacs d’éléphants roses!

C’ n’est pas le Maire qui noircira… le tableau,

(Mais il est lui aussi, notons le, alcoolo!)

Si ses administrés sont blindés ou pompettes,

Il les incite à faire le plein et la fête!

Il a fondé, pour eux, le Parti des Poivrots

Qui conclut ses meetings par un concours de rots.

Ah parlez-moi encor de la Jeunesse folle!

De ces adolescents vénérant la Picole,

Las! Le Dimanche soir, encor dans le colletar,

Arriveront au turf, Lundi, bien en retard.

Gérard C. 2010

(1) = Signifierait « fin de semaine » dans cette région bien spécifique d’Occitanie.

RETOUR AU PAYS

ou

MONDO CA(R)NE

A Raimondo,

pour lui dire combien ce n’est pas difficile

d’écrire sur le Moyen-Age.

« Fatalitas fatalitatum! »

(Tarsien le Sensible,

« Vies des 12 Escartefigues »)

Il ne se souvenait pas que la région fut si froide. Nous étions à la fin de Janvier de l’an de grâce 1278 , au coeur d’un hiver particulièrement rigoureux. Jeannet PLINLECOUL De MOUNTASTROUC rentrait chez lui après trois douzaines de Noëls passés à guerroyer dans toute la chrétienté d’Europe et dans ce que furent plus tard les Echelles du Levant. Il les avait tous servi, ces seigneurs qui s’offraient des mercenaires comme d’autres s’offrent un coup de Gaillac ou d’Armagnac à l’estaminet du coin: Les Ducs de Xamburgie, l’Electeur de Polkh, les Margraves du Tchorkassy, le Prince de Fellazzione, le Président des Peseurs-Jurés de Marselha, les Barons du Wilttenstein, il Sindaco della Hansa de Pola à Otrante, le Grand McFlunch (…à la petite frite toutefois!) et son clan des Kouiqueburgés, le Comte d’Antwerpjam, et aussi Tamer, le Grand-Maître de l’Ordre des Chevaliers Tektonik, et encore l’Alcade-Sénéchal de Guardalacojones… Il y en eut tant que Jeannet s’était résolu à en effacer un bon nombre de sa mémoire. C’est en grande partie pour cela qu’il avait fini par parler une sorte de sabir étrange, salmigondis brouillon fusionnant toutes sortes de langues. Il pensait à ça depuis une heure environ; en fait depuis qu’à la pointe du jour, il avait quitté cette cabane de charbonnier, à la sortie de Toulouse, juste après le franchissement du Girou, mais surtout, juste à l’entrée de la Grande Forêt. Le brave homme qui lui avait offert l’hospitalité pour la nuit, avait également essayé de le dissuader de traverser l’immensité végétale; principalement en cette saison où les loups sont affamés, les congères traîtresses et les chemins rendus méconnaissables. Plein de nostalgie, bouillant d’impatience, il avait passé outre l’avertissement, mais, maintenant qu’il commençait à être sous le couvert des bras squelettiques des grands ormes et des châtaigniers imposants, il se demandait comment le pays avait pu tant changer depuis son départ. Gêné par les branches basses, il descendit de son cheval pour continuer désormais sa route à pied; la brave bête, ainsi allégé, péta de contentement.

Il n’allait pas vite, il avait perdu une jambe à la bataille de Skoronej, et le pilon qu’on lui avait ajusté ne lui permettait pas de se déplacer comme lorsqu’il avait 16 ans… Ah ses 16 ans! Où étaient-ils? Il maudissait la destinée qui l’avait fait naître cadet dans une famille de six filles, mais de seulement deux mâles. Il avait dû s’effacer, se retirer sine die pour que son aîné, Cassoul dit « le-laid », puisse régner sans partage sur le petit bailliage de MOUNTASTROUC. Las! Les lois de l’indivision n’avaient pas joué en sa faveur, et il avait dû aller tenter sa chance ailleurs… « Crac! » Une énorme branche gaînée de glace venait juste de s’abattre derrière lui, à l’endroit exact où ils étaient, son cheval et lui, il n’y avait pas deux secondes. La pauvre bête péta de frayeur rétrospective.

Heureusement que le bruit fut proche, car Jeannet entendait fort mal depuis qu’à la bataille de Gringolocos un biscaïen, récente invention du Démon liée à la généralisation de la poudre noire, lui avait emporté l’oreille droite. Et c’était tant mieux, parce que, les hurlements de loups dans les lointains, ce n’était pas ce qui manquait ce matin-là: Et d’entendre ces lugubres mélopées ne lui aurait pas arrangé le moral… Ces mêmes oreilles avaient pourtant été bercées par les mélodies ravissantes que lui psalmodiait Bertrande-Esclarmonde D’AYGRAUSSE-TESTASSE, la très jolie demoiselle qui enchanta ses 17 ans, lui fit tâcher ses draps et lui donna un ticket dans la file d’attente de ses soupirants. Comme il avait le numéro 137, il finit par se dire que, ses chances d’être l’élu du coeur de la donzelle étant minces, il valait mieux laisser tomber ce genre de compétition. Un revers de fortune de plus… Il revint un instant à la réalité pour constater que ce que laissait tomber Mastapur, son aérophagique destrier, était loin d’être comparable aux parfums de l’Orient (du nard de l’Arabie heureuse au vomi de phacochère de Saba) … C’est en s’arrêtant à Toulouse, il y avait à peine un couple de jours, qu’il avait appris ce qu’était devenue Bertrande _ sa Bertrande, son amour de jeunesse! _ Elle avait fini par épouser un de ses amis d’enfance, Septime SAYMY, Chevalier D’ ESCLOUX-HANPAGAILLE, un hobereau certes beaucoup plus riche et plus titré que lui, mais aussi une immonde crevure, un gros phlegmon qui ne prenait un bain que tous les 29 Février. Bertrande fut emportée par une furonculose géante à seulement 23 ans!

Il tenait la bride de son compagnon par la main gauche, car il lui manquait quatre doigts à la main droite depuis le grand carnage de Spoutarnak où, avant de le tuer en le perçant de part en part avec son arme d’hast, un géant gueulard de la tribu des Gougolgeeks avait eu le temps d’user d’une énorme hache pour le mutiler. Il lui restait le majeur, mais l’évêque d’Augsbourg lui révéla, par la suite, que c’était plutôt indécent d’avoir ce doigt brandi en permanence, et qu’il valait mieux le cacher. Jeannet finit par ne plus s’en servir que pour savoir d’où venait le vent, après l’avoir humecté avec sa bouche, ou pour rentrer ses hémorroïdes au bercail. Hélas! Mille fois hélas! C’est grande pitié qu’historiquement parlant, dans les incunables des moines, les grimoires des clercs, les palimpsestes des alchimistes ou les parchemins des chroniqueurs du temps, aucun ne soit capable de préciser objectivement dans quel ordre chronologique s’effectuaient ces deux opérations… Mastapur n’avait sans doute pas de problème de ce côté-là mais, putentraille, il en avait certainement un autre au niveau des pétarades qu’il délivrait maintenant à un rythme soutenu!

La forêt devenait de plus en plus impénétrable, le couvert était tellement dense que les flocons n’avaient pu atteindre le sol, ils étaient restés en suspension sur les houppiers de certains arbres. Par pesanteur, ces amas de neige finissaient à un moment par tomber, mais cela se faisait dans un grand silence qui n’altérait en rien l’atmosphère feutrée du sous-bois. Nous étions aux premières lueurs blafardes du matin, et pourtant on se croyait presque encore à la nuit dans les profondeurs de ces frondaisons. Nulle réverbération, les chênes sombres alternaient avec les noyers violacés et les bouleaux noirâtres…

C’est à peine si l’on distinguait fort vaguement le mauvais chemin que suivait l’équipage. Puisqu’on parle vision, il faut préciser encore que Jeannet était borgne et que son oeil valide n’avait plus les qualités d’il y avait seulement cinq ans. Il pensa à cette malchance _ Une de plus! _qu’il eut à la bataille de Ninissanlegod où lui et quelques camarades se trouvèrent encerclés par une horde conséquente de trabugondes. Ils ne pouvaient que demander merci; Putoulthan, le seigneur des trabugondes, fit les choses en règle: Il ordonna qu’on empalât, sur des lances enduites de tabasco (une plante locale), tous ceux qui étaient roturiers. Pour les nobles, il fit envoyer des courriers (en latin s’il-vous-plaît!) à cheval (re-s’il-vous-plaît!) dans tout l’Occident pour réclamer des rançons. Beaucoup de temps passa dans les geôles putrides de Krassépèss, la capitale des trabugondes. Jeannet voyait ses codétenus partir un beau matin soit sur leurs pieds car les familles avaient craché au bassinet, soit les pieds en avant car les conditions de détention étaient loin de remplir les impératifs du cahier des charges de la Convention de Genève qui, de toute façon, ne serait promulguée que près de sept siècles plus tard… Et pourtant, pour ce qui le concerne, une réponse de son frère aîné finit par arriver: Maniant fort médiocrement le latin, à la demande de rançon, Cassoul-laid avait répondu par un petit dessin qui représentait, lui aussi, le majeur de sa main droite. (Une tradition familiale qui était en train de s’instaurer télépathiquement sans doute?) Putoulthan le prit assez mal et, la première année, lui fit couper la langue aux deux tiers; la deuxième année, il lui fit casser pratiquement toutes ses dents de devant; la troisième année, il lui fit couper les génitoires (ses compagnons de misère affublèrent alors Jeannet du patronyme de « Rienasecouer »); enfin, un peu las et surpris de l’endurance du bonhomme, la quatrième année, il lui fit crever un oeil avant de le relâcher pour qu’il aille se faire pendre ailleurs. Jeannet était en effet le dernier prisonnier restant, et le seigneur, tarabusté par son acariâtre épouse, envisageait de récupérer l’espace pénitentiaire pour faire une cuisine d’été, voire même une piscine…

Il marchait, il marchait… Il ne reconnaissait rien des vues qui avaient égayé sa jeunesse. Le bois était toujours aussi épais. La matinée s’avançant, il baignait maintenant dans une espèce de lueur glauque qui était propice à vous donner des hallucinations. Il pressentait confusément que les trolls de la sylve étaient tapis près de lui, parés pour une embuscade maléfique; qu’ils le dépèceraient avant qu’il n’ait eu le temps de s’emparer de son épée. Son cheval devait avoir aussi la même impression car il n’arrêtait pas de péter de peur. C’est curieux, comme l’âge venant, il était de plus en plus enclin à croire au magique et au surnaturel. On lui aurait dit qu’une bande d’elfes était à ses trousses pour le transformer en aumônière ou en saucisson d’âne, il l’aurait cru sur le champ! Alors que trente ans auparavant, il aurait bien ri de ces billevesées irrationnelles.

Ah oui, son épée! Il lui revenait en mémoire comment il avait quitté Krassépèss, quasi nu, sans aucun bien matériel si l’on excepte son collier de mauvais cuir au médaillon d’un mauvais bois, quelques minables guenilles loqueteuses (un ensemble plus que « harde », je dirais « très pléonasmique »!) sur le dos et c’est tout. Pour survivre, il avait eu l’idée d’esbaudir les populations des villages qu’il traversait en se positionnant son pilon dans le fondement, ce qui amusait à coup sûr ces gens un peu frustes. Il y gagnait très souvent quelques piécettes, mais immanquablement le gîte et le couvert. Il faisait son trou, comme il disait, mais c’était seulement une image. C’est ainsi qu’arrivé à Mouchigorsk, il avait repris du poil de la bête et avait suffisamment gagné d’argent pour se vêtir de façon plus convenable. La grande foire annuelle de la Saint Vlourch de Mouchigorsk battait justement son plein, il s’inscrivit au Grand Concours du lancer de bouse de yak. Le premier prix était un séjour, frais d’ hébergement compris, à la Tour de Londres pour 2 personnes pendant 8 ans. Manquant d’exercice, Jeannet (sous le pseudonyme de « Vudautres ») ne décrocha que le troisième prix qui était une épée d’occasion qui avait appartenu, disait-on, à Phichkapour-le-diabétique, ce dont tout le monde se fichait éperdument. Mais Jeannet ne fit pas son sucré, et jugea, lui, de bon augure d’avoir désormais une épée à son côté. Il allait de nouveau pouvoir vendre ses services aux nobles en mal de stipendiés pour les causes les plus extravagantes. C’est ainsi qu’on le retrouva, moins d’un an plus tard, à la solde du Marquisat d’ Ochcobourg. Hélas! Il n’avait plus le même allant que naguère! C’est surtout la perte de son oeil qui était le plus sérieux handicap. Il était plutôt mal latéralisé, et dans les batailles, il pourfendait aussi bien l’ennemi que la gent alliée… Cette petite imperfection lui valut d’être de moins en moins employé, et, si c’était le cas, d’être de moins en moins bien rémunéré. La dernière fois qu’il fit une prestation, ce fut à Mouchamerd-sur-Aytron, pour les Moines-Soldats du Saint Prépuce des Premiers Jours, et on le paya en nature avec un mauvais bidet prêt à partir chez l’équarrisseur. Mais c’est également à Mouchamerd qu’il rencontra deux jeunes et nouveaux confrères, les jumeaux Yvan et Loup MESSOUCY, qui étaient, eux aussi, les cadets de MESSOUCY, donc par conséquent mercenaires, et originaires des environs de MOUNTASTROUC. Ils apprirent à Jeannet que son frère était mort l’été de la grande canicule, de la chtoucrate scrofuleuse, déjà veuf, sans descendance et intestat. Ce qui intronisait « de facto et de jure » Jeannet nouveau seigneur de MOUNTASTROUC et de ses dépendances (surtout celle au fond du jardin). Enfin une opportunité plutôt bénéfique!!! Notre ami prit alors le chemin du retour. Le bilan de sa longue errance existentielle n’était pas bien reluisant (Yes, I know, ça ne veut rien dire, mais vous savez, D’Ormesson a certainement écrit bien pire; non Monsieur, pas la mère Veil! Elle n’a jamais rien écrit, elle! Et ces deux-là sont Immortels! Nul doute que l’Acacadémie ne pourra faire autrement que de m’accueillir pour faire la juste moyenne…): Il allait revenir au nid bien diminué physiquement, avec une épée de deuxième main et un cheval péteur…

Qu’importe! Il le ressentait maintenant physiquement: Il approchait du but! Il était patent que son fainéant de frère n’avait rien fait pour conquérir de nouvelles terres arables en défrichant la forêt. Au contraire, bien des soles étaient retournées à la sauvagerie, et les arbres, surtout d’énormes pins, ne s’étaient pas gênés pour reprendre possession de l’ager. Encore une bonne heure de marche excessivement pénible, et il aperçut, sur le mitan du sentier, une forme noire qui semblait figée. Il assura son épée dans sa main valide et s’approcha à pas mesurés. « Macarel de capindiou dediou dediou dediou! », se répétait-il, ébranlé, « Mais c’est ce grand escogriffe de Pignolat De MAIN! », le collecteur-mégisseur de peaux-de-mouton de toute la contrée. Il avait vieilli, bien sûr, mais Jeannet le remettait bien; c’était d’autant plus facile qu’il était noir, chose assez rare à cette époque dans toute l’Occitanie. Mais nonobstant cela, il l’aurait quand même reconnu, comme tout un chacun, à l’odeur. Il l’interpella jovialement: « Oh niaouique arbuchasse aouatoul costron médol! » L’intéressé ouvrit de grands yeux, puis la bouche encore plus grande, et détala à la vitesse d’une flèche sarrasine en criant comme cent mille diables: « Belzébuth! Belzébuth est sur nous! Fuyons! » S’il est bien une chose dont il savait se servir depuis le temps, c’était de l’épée. Jeannet la lui balança dans les jambes (avec son fourreau toutefois, précisons-le), pour faire tomber l’autre abruti. «  Putindiou! _ songea-t-il _ J’oublie chaque fois que le peu de langue qui me reste me rend plus qu’incompréhensible, disons infailliblement inintelligible! » Il s’approcha de l’homme à terre, terrorisé, qui n’arrêtait pas de se signer en recommandant son âme à Saint Sissettuit, le patron des causes en cascade; il ouvrit son col de chemise, dégagea son collier, et montra au pauvre bougre son médaillon qui représentait les armes de MOUNTASTROUC: Deux pétasses de gueules sur le sable, sans fourrure aux flancs, mais au coeur d’artichaut, couronnées au chef d’ ovaires, de ver en dévers, sur envers de vair et les cantons portant, eux, des conseils généraux*. Voilà quelque chose que tout le monde, dans la région, devrait reconnaître au premier coup d’oeil, à moins d’être bredin comme une basse pute du Frontonnais. Aussitôt, l’étalé prit une mine déférente, il passa de la position horizontale à la génuflexion mielleuse en susurrant: « Hé bé, merdédidiou, ça fait un bout de temps qu’on vous attendait! On se demandait même si vous étiez pas crevé comme votre putassier de frère!… Bon, ça va, vous êtes sur la bonne route! Continuez, moi, j’ai un tas de moutons à tanner dans le coin! Adiou mounsignour! » Aaah l’accent du pays! Même énoncé par quelqu’un certainement natif des côtes sénégalaises, ça mettait quand même du baume au coeur!

La forêt était toujours aussi enténébrée, mais il sentait pourtant, au-dessus de sa tête, que la course du soleil avait bien progressé. De temps en temps, à travers les ramures noueuses et les feuillages persistants de certaines essences d’arbres, il y avait un rayon de soleil qui illuminait pour un moment une petite superficie de mousses sur le sol. De toute évidence, Jeannet approchait une zone marécageuse, l’humidité glacée de l’air et des miasmes pestilentiels plus entêtants que les vents de sa monture en témoignaient. Heureusement que nous étions en hiver, et que tout cela était en grande partie pétrifié par un gel impitoyable. Il était évident qu’un tel périple à la saison chaude se serait terminé asphyxié par les émanations de méthane ou d’autres gaz fétides, ou enseveli sous une fondrière, ou noyé dans des lises mouvantes, ou rendu exsangue par les piqûres de myriades de moustiques… Il se rappela qu’en bas de la butte que constitue le Mont Astruc, il y avait une petite rivière, presque un ruisseau (qui admet plusieurs graphies en langue d’oc: vallat, valade, valadou, valadon, etc) qui paressait… Mais oui, c’était bien ça! Et même, à senestre, il devait y avoir le vieux cimetière d’origine gallo-romaine qui abritait la dernière demeure de quelques-uns de ses plus lointains ancêtres. C’était effectivement là! Le muret de pierres sèches (façon de parler!) qui entourait la petite nécropole était palpable sous sa rude main gauche. Les lichens, les stèles et les croix moussues qu’on devinait plus qu’autre chose, la grande voûte des arbres rendaient ce lieu encore plus noir et plus sinistre. Mais Jeannet sentait, par toutes ses fibres, les présences bienveillantes d’Angügüs, Petrus dit Lanusse, Colombin-le-moulé, Sigismond-des-parpaïouns, Michou-la-fofolle, Renaud-le-touingaud, etc… Ils étaient tous là, les ectoplasmiques de sa lignée, pour le voir retourner au pays! Il éclata d’un rire sonore qui, se répercutant d’écho en écho sous les grands couverts végétaux, affola Mastapur, lui faisant produire une émission gazeuse encore plus tonitruante. Si intense que toute la forêt sembla alors reprendre vie, si fort que de Pampérigouste on en huma le fumet!

 Jeannet n’en avait cure (…Tiens! A retenir ça: Du genre Jeannet Rienacirer), il hâta le pas de son mieux. Oui, la forêt inamicale allait prendre fin. Tiens! Voilà le premier contrefort pour attaquer la montée vers MOUNTASTROUC, le fameux mur d’Angalinat, les champs bien lisses, le village, le Château, la vie quoi! Il leva la tête de nouveau, mais cette fois, la vue était dégagée car elle dépassait le faîte des arbres. On devait être aux alentours de midi et un franc rayon de soleil de Janvier faisait flamboyer d’un ocre rassurant le rempart Sud du castel. Sa joie éclatait! Le cheval se mit à l’unisson de son maître et il pétouilla longuement de bonheur, lâchant rafale sur rafale! « MOUNTASTROUC ! _ pensa-t-il _ Moun païs! The MOUNTASTROUC nadin’trouk! Fuck dello skata groumije! Nasdrovié van porca Madonna der schweïne bastard di mierda! MOUNTASTROUC! J’y suis arrivé! Montjoie! Noël! Noël! » C’est là qu’il se pressa un peu trop, son pied valide glissa sur le verglas, la jambe de bois ripa de même. Il tomba la tête en avant sur des petites stalagmites de glace et l’une d’elles lui creva l’ oeil unique qui lui restait!

Cette fois-là, le canasson regarda l’allongé d’un air interdit et se retint de péter, mais c’est Jeannet qui laissa échapper, dans une interminable et terrible flatulence, le trop-plein des rancoeurs qu’il avait en lui depuis tant de décennies.

Jeannet Plinhanrézerve alias Gérard 2010

 

* = Ces magnifiques armoiries, viriles et éclatantes, furent remplacées par une mièvrerie aseptisée sous les Chiracovingiens, pendant le règne de Jacques Ier; je vous demande un peu: Un pommier sur un tertre avec une devise cucul-la-praline: « Mangez des pommes! » (cf l’illustration dans « Le Mont Astruc » )

Concours permanent: Apport personnel 1

Posted in Uncategorized on juillet 1st, 2010 by gerard – Be the first to comment

J’espère que les comics strips vous aurons stimulés et motivés! Il est plus que temps, pour vous, de participer à ce Concours (tous les matériaux sont disponibles en cliquant ci dessus dans le 3ème onglet). Quelle joie ce serait de présenter, dans un futur proche, vos créations!  Allons, courage, ce n’est pas bien difficile, la preuve…

Enjoy my friends! On peut faire beaucoup mieux!

Régionales (point final?)

Posted in Actualités & hors-série on mars 1st, 2010 by gerard – Be the first to comment

Pour enfin clouer le bec à tous ceux qui parlent la langue de bois, voici enfin du concret et du réaliste:

http://www.acapela.tv/goodolddays-105358234_c13da7321bfa6.html  (à noter qu’à mi-clip, si vous repassez plusieurs fois le lien _cliquez sur « replay »_, les décors changent) 

Variations montastrucoises

Posted in Oulibouf on décembre 20th, 2009 by gerard – 4 Comments

Ce fichier est dédié à Vincent M.

Montastrucois et bon vivant,

(Le ciel fasse qu’ils soient tous comme lui!)

vincent01

Rappel: Il ne faut voir ici aucun atome de méchanceté, pas une once de malveillance, c’est uniquement pour le fun, vu? 

Folie… printanière. 

Ma mie, les frondaisons forment d’accueillants lits,

Gambadons dans les prés, roulons nous sur l’herbette,

Avant d’aller cueillir des monceaux de courgettes,

Et remplir nos paniers de nouveaux brocolis.

 

Notre pays est plein d’avantages jolis,

Vois! Il est riche d’oignons, d’ail et de sebettes.

De tout ce qui rendra ton haleine proprette

A dégommer en masse moustiques et fourmis.

 

Ah! Louer les charmes de la Haute-Garonne!

Se sentir anobli du Printemps qui fleuronne,

Parader avec toi, fier comme un archiduc,

 

Comme si on avait découvert l’Amérique!

Puis, te ramener à l’asile psychiatrique

Qui fait la renommée de notre Montastruc.

                    Gérard 2009

Véloccitanie

VELO01

Pour ce jour d’exception, le troquet est banni,

Car, de tout le canton, on vient pour des gamelles(1),

Ils sont là, tout suant, et vrillés à leur selle.

Grande course annuelle, fête des panaris,

 

Dotée du grand enjeu: Un beau filet garni!

Pensez donc: Une boîte de thon, un pack de vermicelles,

Et un vrai bon d’achat pour quatre sacs-poubelles.

Et même un ouvre-boîte vous est, en sus, fourni!

 

Regardez ces coureurs se magner la rondelle,

Tripotant leur braquet, trempés jusqu’aux aisselles,

Gravissant « en danseuse » des ponts et des viaducs.

 

Admirez les foncer, ces rois de la pédale,

Ils vont, comme le vent, disputer la finale,

La ligne d’arrivée c’est, bien sûr, Montastruc.

                    Gérard 2009

(1) = « Gamelles », vous avez dit « gamelles »? Cf le document ci-dessous:

gamelles01

D’un intérêt merveilleux: http://www.youtube.com/watch?v=RfBPtt8QBaE&feature=related

Passionnant: http://www.youtube.com/watch?v=UN4NMzY__cM

On ne s’en lasse pas: http://www.youtube.com/watch?v=ci-ecK4mAt8&feature=related

Qu’est-ce-que c’est beau: http://www.youtube.com/watch?v=5Wqv7Zrl414&feature=related

…et dire qu’il y en a d’autres encore sur Youtube! (Parti vomir…)

La Championne nullissime inter-galaxies. 

Depuis Alpha 14, ils observent la Terre,

Les petits gnomes verts au QI de 500.

Et les voilà pleins de déception pour l’instant,

Car ils n’y voient que des débiles délétères.

 

Sur la planète bleue, tout y part en galère,

On y décèle tant d’humains à l’air gnangnan;

Nul n’a la stature d’un jeune padawan.

Rien que des beaufs au charisme de pomme de terre.

 

Quêtant le Zéro dans ce kaléidoscope,

Ils vont doper à mort leur super-télescope…

…Bingo pour ce panneau jouxtant la bétaillère!

 

Oui, le Néant est là, l’aliéné absolu!

Et sur ledit panneau, faisant un zoom pointu,

On peut y lire: « Montastruc-la-Conseillère ».

                    Gérard 2009

Montastruc-la-conseillere-1

Le grand guerrier 

En baroudant vingt ans, il conquit la planète,

Il a violé des vierges, étripé des enfants,

Il a tordu le cou à des vieux implorants,

Et à ses prisonniers, il a coupé la tête.

 

Il l’avait dit souvent: « Le carnage est ma fête! »

En torturant les gens, il jouissait du sang

De pauvres ennemis tombés sous ce tyran.

Les rafales sont belles comme des mines qui pètent!

 

Il a crevé les yeux de jeunes estafettes,

Sectionné des claouis en chantant à tue-tête…

Aujourd’hui, il est las, la mort n’est plus son truc.

 

Il a jeté au feu ses médailles en brochettes,

Et regagne, frileux, dans sa chaise à roulettes,

Son asile de vieux niché à Montastruc.

                    Gérard 2009

VIEUX02

Tout à fait autre chose, et pour l’anecdote: Un général, Edouard de Castelnau, mourra le 19 Mars 1944, à 92 ans passés, à Montastruc-la-Conseillère. Catholique exalté (dit « le Capucin botté », puis, par Clémenceau « le général de Jésuitière »), Versaillais, anti-Dreyfusard, peu républicain… Une belle tête «A droite! Fixe! »

Le Mont Astruc

blasongrand

C’est dans le monde étrange d’un onirisme glauque,

Que j’ai rêvé la nuit d’un mont de grand format.

Au pied de la montagne, irradiant ses chakras,

Se tenait une femme et qui, d’une voix rauque,

Informait, à tous ceux que tentait l’ascension,

Des néfastes périls d’une telle intention.

Il est vrai que dompter ce tertre formidable

C’était, à tout le moins, tenter cent fois le Diable!

Les gens obéissaient à la vieille sorcière,

Et la remerciaient, l’appelant « Conseillère ».

Alors, tournant le dos au donjon minéral,

Ils fuyaient au plus vite cet univers spectral.

Je m’approchais quand même, j’aperçus une sente

Qui paraissait partir à l’assaut de la pente.

Oh! C’était loin d’être un chemin de Paradis,

Ni un charmant « sentier de roses », comme on dit.

Des pierres coupantes, des ronciers gigantesques,

De noires déjections sur la route dantesque…

Oui! Tout vous rebutait à la vouloir gravir.

On pressentait que des démons, prêts à sévir,

Vous feraient regretter une telle entreprise.

La Conseillère aussi semblait toute surprise,

Elle me demanda pourquoi j’étais tenté.

«_ Ben, pour voir ce qu’il y a de l’autre côté! »

Etonnée que j’élise ce chemin de bouses,

Elle mit derechef sa hargne en sommeil,

Et me donna alors ce chaleureux conseil:

« Monte à ce truc*, mon gars, et tu verras Toulouse! »

                    Gérard 2009 

*= Altitude maximale de la commune: 242 mètres (Wikipédia dixit) mdrroule05

Anniversaire (suite)

Posted in Oulibouf on novembre 10th, 2009 by gerard – 1 Comment

L’anniversaire de Gigaproduction n’a pas fini de faire causer dans les chaumières, Pensez donc, une notoriété pareille finit toujours par interpeller qui de droit. Et ce qui devait arriver a fini par se produire: L’artère principale de Marseille en a fait les frais (mettre le son):

http://www.lavoixduvieuxport.com/blog.php?article=801dc1643b10513a86611304fc5596d0

De la même façon, on pouvait se douter qu’Adhémar ne pouvait passer sous silence un tel événement. Il a embouché la trompette de la renommée que le vieil Hugo lui tendait(1), et ça a donné un nouveau chef d’oeuvre.  «Un de plus! », direz-vous, que voulez-vous, il est tombé dans l’Oulibouf quand il était tout petit!  

Ce blog avait un an…

 

Ce blog avait un an ! Giga remplaçait Sartre.

Déjà les ronchonneurs tressaient des poils de martre.

De nos rhétoriqueurs déjà, en maints endroits,

Le délire verbal  creusait le front étroit.

Alors, dans Mont…espan(2), ville bien tartignolle

Jetée comme un morbac sur mes deux roubignolles,

Naquit, voix de Phocée, voix de Nice à la fois,

Un blog miraculeux qui nous laissa babas.

Et bien qu’il fût sublime et divin et fantasque

Honni par les podzobs, béni par les ézasques,

Et que son style osé, fils de Georges Fourest,

Le rendît jouissif jusques à Budapest,

Certains godelureaux, que l’enfer les confonde,

Osèrent protester à la face du monde.

Mais la gloire, aux clairons doublés de maillechort

Leur coupa le sifflet et déchira leur short.

 

Si parfois de nos blogs s’envolent nos pensées

Nos vastes couillonnades aux  WC dispersées,

S’il nous plaît de railler les cons et les sous-offs,

Et l’imbécillité des yankees, des popoffs,

Et si nous ébranlons(*) les puissants de la terre,

Les crétins chevronnés aux nez en pom’ de terre,

Si nous entre-choquons des vers de mirliton

Pour bien mieux nous gausser des tarés et des cons,

Si nos têtes, fournaise où la folie bouillonne,

Jettent les vers d’airain qui fustigent les connes,

Dans la blague insensée, rigolade d’ado,

D’où s’échappent toujours, strophes dignes d’Hugo,,

Les gags, les contrepets, les vers, les bonnes blagues

Qui font rire aux éclats d’Oran à Copenhague,

C’est parce que Giga, cet enfant au berceau,

Qui n’a qu’un an mais plie déjà sous les bravos,

Fait reluire et vibrer nos âmes de cristal

Et provoque l’émoi de Pépin d’Héristal.

Le bon roi Dagobert lui-même crie hourrah

Pendant que Cunégonde lui commente Giga.

 

Qui dira le bonheur du lecteur bourguignon

Venu jusqu’à Phocée voir où les bœufs en sont ?

Qui dira le plaisir du lecteur de Pantruche

Très inquiet de savoir où ô Hugo tu t’huches(3),

Mais satisfait de voir qu’ici ses sosies sont ? 

Totor Gogo

  pcc Adhémar 2009

    (*)=Attention, j’ai dit ébranlons, avec un « é ».

ciel01

Ajouté par Gérard:

(1)= cf http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/ce_siecle_avait_deux_ans.html

(2)= Quelle pubibonderie, quel tact chez cet auteur délicat et bien élevé! Notez bien qu’il évite, avec adresse, de citer nommément la ville de Montauban, à moins que ce ne soit Montbéliard, ou Montalivet, bref Mont-quelque-chose…

(3)= « Que c’est « quand donc au Corps qu’Académique on nomme »,

Que l’Adhémar, à bout, aura-t-il un fauteuil?

N’attendez plus longtemps, cacochymes bonshommes!

Sinon, comme vos ongles, il en fera son deuil, »

Parseval-Grandmaison (cf http://www.dicoperso.com/term/adaeaead5e60a3565d,,xhtml ) pcc Gérard

Un anniversaire gâché

Posted in BombayTV on novembre 1st, 2009 by gerard – 1 Comment

La roche tarpéienne est près du Capitole:

http://www.grapheine.com/bombaytv/movie-fr-7de419475a3150070337b474ff09ecdd.html

veritee

La curée

Posted in BombayTV on novembre 1st, 2009 by gerard – Be the first to comment

Visiblement, le site ne plaît pas à tout le monde:

http://www.grapheine.com/bombaytv/movie-fr-fecbafc5742ab55fd66f1f52e57ec357.html

veritef

Parodies 02: Verlaine

Posted in Oulibouf on octobre 15th, 2009 by gerard – 5 Comments

Voici donc une nouvelle fournée de pastiches qui, nous l’espérons, vous fera passer un moment agréable et jubilatoire. C’est Adhémar qui commence avec cette libre adaptation (vers libres au lieu du sonnet traditionnel) de « Mon rêve familier » de Paul Verlaine. Pour l’original:

 http://garp.feelingsurfer.net/poesie/Verlaine.Reve.html

 Rêve familier et vénérien 

Je fais souvent un rêve étrange et dégoûtant

D’une femme inconnue, qui me hait et m’abhorre

Et qui n’est chaque fois ni tout à fait Aurore

Ni tout à fait Eléonore,

Et ne sait même pas faire cuire un merlan !

 

Oui je fais, comme fit Verlaine,

Un songe qui va lentement

Vers l’aine,

Mais s’arrête au dernier moment.

 

Elle est là devant moi, bécasse,

Est-elle brune ou blonde. Chi sá ?

Quand je regarde en son tanga

Je doute un peu de sa tignasse.

 

Son regard est pareil à celui des morues,

Et pour tout couronner elle louche féroce,

Parfois je la compare à la fée Carabosse.
Elle n’a pas l’inflexion des voix qui se sont tues.

 

Vient-elle de l’enfer ? C’est probable !

Elle se rit de moi, elle rit de mon truc,

De mon nez, de mes yeux, de mon rable

Et veut me renvoyer mourir à Montastruc.

 

Elle ne me comprend pas et mon cœur palpitant

Pour elle seule, hélas ! prête à la rigolade.

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front fade

Elle seule les sait aggraver en riant.

 

Mais sur mon … cœur de bon apôtre

Elle ne fait ni tout à fait

Un autre

Ni tout à fait le même effet. 

                                                   Adhémar du String 1951

cartum015

 

Parodies 02: La Fontaine

Posted in Oulibouf on octobre 15th, 2009 by gerard – 1 Comment

Là encore, il s’agit de vers libres comme les affectionnait le Maître des Eaux et Forêts de Château-Thierry:

Le marseillais et le Grand-Duc.

 

Un marseillais, d’un fort bel âge,

Habitait le Vieux-Port (ou bien dans ses parages);

Un Grand-Duc, d’au moins vingt-cinq ans,

Squattait un vieil ormeau du pays Occitan.

Les deux se la pétaient en faisant des « Hou! Hou! »

_ Près de la Canebière, c’était plutôt « Zou! Zou! »_

Quoiqu’il en soit, d’internet c’était des adeptes,

Et ils s’abrutissaient à fréquenter l’inepte.

« _ Moi, je suis un Grand-Duc,

Et branché Montastruc! »

« _ Moi, je suis un cacou,

Je surfe comme un fou! »

Lors, les deux fêlés, sur la toile informatique,

Se rencontrèrent un jour dans un chat psychotique.

Et vas-y que je balance des racontars

A des heures indues (Je veux dire très tard!).

Mais la loi Hadopi qui cerne les pirates,

Fit qu’à l’aube, on les arrêta dans leurs pénates.

Ils finirent au cabanon,

Avec une belle amende

De plusieurs millions.

Sous le joug poulaga, les voilà camarades,

Se débattant tous deux dans la même panade.

Il s’en fallu de peu qu’on ne les pende,

Ou bien qu’on les trucide à coups de fusil,

Sans la grâce de Sarkozy.

Moralité:

Même si tu habites le trou du cul du monde,

Ou le divin joyau de la planète ronde,

Les sbires de Sarko, ta fête ils te feront.

Pour eux, les gentils geeks ne valent pas un rond.

Gérard 2009

rockcover